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 Parfois il faut atteindre le fond...

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MessageSujet: Parfois il faut atteindre le fond...   Mer 30 Avr - 8:20

...pour mieux reprendre son essor.

[PV: Mirahil, du moins dans les premiers temps]

Tomber, se relever... Tomber encore... Toujours la même chute, la même silhouette chétive et vacillante qui à pas incertains se dirige sur cet hasardeux chemin d'une vie oubliée qui ne peut que la mener, irrémédiablement... fatalement... vers l'abîme abhorré. Vers l'abîme adoré. Et pourtant, cette fois, plutôt que se laisser glisser dans les bras du désespoir, la danseuse a choisi une autre cavalière, une soeur pour laquelle elle trouve la force et le courage de se relever, encore et encore, encore et toujours, malgré le terrain parfois glissant, malgré le corps qui s'effondre et vient se mêler à la pluie et aux feuilles parsemées au sol comme autant de vestiges, comme autant de vestales d'une nature détrônée, d'un temple abandonné comme autant de victimes d'un univers impitoyables formant comme un matelas humide et sale à cette enveloppe amaigrie... Se relever malgré les genoux qui parfois s'égratignent, les doigts fins, bien trop fins qui se parent de boue... Pourquoi est-ce que cela l'épuise... Un pas... puis un autre... alors que chacun lui arrache des gémissements, lui extirpe cette plainte presque inaudible et pourtant poignante... Parfois elle s'arrête, trouve appui contre le tronc d'un arbre esseulé, sa respiration presque sifflante la faisant ressembler à quelque reptile perdu loin de sa forêt natale...

Un pas... puis un autre... Il faut continuer d'avancer... Tomber, puis se relever...
Un pas... puis un autre... et cette poitrine trop mince qui se soulève, toujours plus, toujours plus difficilement, cette bouche qui comme une grotte enneigée laisse entendre ce souffle comme une bise hivernale
Et toute cette eau qui ruisselle, épouse son corps, glisse, impudente, curieuse, avide dans sa découverte impérieuse de ces formes faméliques, la recouvre ainsi qu'une robe et pourtant semble la dévêtir alors que ses vêtements trempés moulent sa silhouette gracile et révèlent au regard ces courbes frêles... bien trop frêles...

Lutter, continuer cette lente et pathétique marche qui devient un parcours laborieux alors que le ciel déverse sa rage et sa fureur contre son dos ployé ainsi qu'une fleur fragile se courbe et laisse s'abattre les foudres d'un dieu châtiant cette innocence déjà corrompue et qu'elle ne mérite peut-être plus...

Tomber, se relever...
Métaphore cruelle, dessin grandiose d'une existence humaine... Mais alors...
Pourquoi...
Pourquoi est-ce que, elle...

Pourquoi tombe-t-elle si souvent...?

La hargne, la rage dessine sur cette frêle bouche le rictus d'une vie passée à se sacrifier, chuter... dans ces ombres d'amertume, ces ténèbres d'oubli... pleurer face au soleil, face à la lumière... intense... trop intense... Cette lumière qu'elle attend mais n'espère plus... ce foyer qui réchauffe les coeurs mais qui a déserté le sien...

Pandore esseulée se lamente, regrette... Pandore ne sait plus que haïr, parfois... les dieux, cette foutu boîte, ce passé fichu, tout ces instants pleurés que l'on ne rattrape plus.

Et toujours cette lumière...
Cette lumière qui émane d'Elle, vient la toucher, l'effleurer... La fuir, se replier... attirée, se baigner dans cette aura chaleureuse...

Onénorelle...
Bel oiseau de nuit, ton nom rime avec ailes...
Alors pourquoi restes-tu désespérément accrochée à ton perchoir, gisant dans cette cage de tourments, flottant sur ce duvet de tes propres rêves éparpillés, dans cette lie à laquelle tu t'abreuves et que tu prends pour réalité.
L'eau est plus claire au-dehors ces barreaux brumeux, la source limpide invite par son chant à nourrir ton gosier, sublimer la mélodie que transporte cette voix à présent devenu râle sifflant alors que le volatile s'acharne et s'épuise...

Elle vient s'échouer enfin sur ces débris de mémoire, gît affaiblie sur le parquet de ce lieu gardien de savoir, plancher détrempé par la silhouette pleurant presque, le corps maculé de toute cette eau et cette boue puante, ses cheveux noirs formant comme des filaments d'espoirs filandreux affalés sur ces rivages de bois, son chignon défait pendant misérablement alors, son visage caché contre cette odeur de foyer qui lui manquait tant et qu'elle ne reconnaît plus... Sa poitrine se soulève sans pourtant arborer plus de formes, lui arrachant un nouveau souffle qui résonne comme un sanglot, comme un reproche muet contre cette vie qui lui échappe, qui la ronge comme une maladie... elle pleure presque, mais comme toujours...

ses larmes passeront inaperçues au milieu de la pluie.
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Mirahil
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MessageSujet: Re: Parfois il faut atteindre le fond...   Mar 6 Mai - 20:32

Elles tombent, se relèvent sales, boueuses mais la pluie les lave avant qu’elles ne retombent encore et encore. Mirahil se tait, silencieuse elle laisse son corps se fatiguer s’esquinter, relève sa sœur de cœur avant de tomber elle aussi. Elles s’entraident, puis reprennent leur marche.
L’eau, la boue, les arbres sont contre eux.
Où est donc passer le temps où elles dansaient, folles, invisibles parfois dans la neige et sur les arbres ? Où tel des ombres elle se muraient dans un plaisir joueur et désespéré ? Où elles pouvaient être libre et sans entrave ? Ne faire qu’une avec la vallée ?

Il est loin ce temps, elles ne s’en souviennent même plus. Il était beau ce temps, avec ses désespoirs, ses frustrations et les mutilations de la belle. Malgré les lambeaux d’espoir qui tenaillait leur cœur gris et glacé. Quand il faisait froid mais qu’elles avaient chaud.
Quand elles étaient belles ….
Et terriblement cruelle …

Te souviens tu de la guerre ?
Avec Myst ? Avec Sélène ?
Et Vincent ?
Te souviens tu de Vincent ?
L’être que tu as aimé le plus pendant ton séjour au manoir.
Comme Myst, ta danseuse, la femme qui alimentait tes jours, qui vivait auprès de toi, guerrière farouche qui souvent t’as sauvé la vie. Comme tu as sauvé la sienne.
Et Vincent,
Ton frère de meute, ton frère de coeur, ton cœur et tes tripes, ta douleur ton désespoir et ton bannissement.
Celui qui a vu en toi le premier, non comme un amant mais comme un frère, un père, un ami.
Et que tu as lâchement abandonné alors qu’il allait au plus mal.
Te souviens tu de toi ?
De tes phrases mordantes et de ton cœur gelé ?
De ta facilité a prendre, à voler ?
Du sang sur tes mains, du sang dans ton cœur ?
Et puis de Souffre ?
De ta gentillesse gelée ?
De tes désirs d’alliance ?
Et de tes départs ?
Ton cœur à briser bien des choses.
Ton cœur s’est brisé.
Heureusement que tu ne t’en souviens pas … Tu n’es pas encore prête et là devant ce chemin ardu tu ne doute même pas que toutes ses chutes c’est peut-être ton corps qui les exigent.


Pour pas que t’y aille là-bas, vers la vérité. Vers cette Mary qui ne t’aime pas. Vers cette Mary que tu n’aimes pas.
Elle t’agace, te sidère, t’épuise, te rend de glace.
Elle va bientôt te tuer peut-être …
Elle t’énerve, te donne envie de gerber et de mordre à la fois.
Elle ne t’a rien fait, tu l’as même aider autrefois.
Pas pour elle.
Mary va te tuer sans doute.
Profiter de t’avoir quasiment sans défense.
Profiter de t’avoir quasiment sans souffle.
Ou pas.
Et si elle te sauve, sa ne changera rien.
Rien du tout.
Il y a déjà entre Mirahil et Mary, ce respect. Mary se bat pour les siens, Mirahil aussi.
Et puis elles sont toute deux femmes de caractère.
Ne manque ni de courage ni de volonté.
Pourtant jamais elles ne pourront s’aimer
Ce n’est plus une question de deux races.
Ni même d’espionnage, ou de guerre.
C’est la nature même de leur essence.
Un choix peut-être au début : L’une à voulu les rênes, l’autre est rester dans l’ombre.
Et puis, surtout, son loup s’est détournée d’elle pour rejoindre Mary et la tenir. Mary, Sa proie. Mary cette femme ne manquant pas de beauté alors qu’elle la perdait au fil de ses mésaventures.
Elle l’aurait tué.
Elle, l’ombre qui ne tuait plus, elle qui prônait l’alliance.
Oui, massacré …

Mais c’était l’histoire d’une autre époque, dans des temps bien lointain pour l’ombre et bien proche pour Mary. Et l’humaine avec ses pas difficiles, avec Onénorelle près d’elle avait bien piètre allure. Rien à voir avec l’ombre dansante.
Rien à voir avec Rien.


Rien, le vide devant elle, le vide derrière elle. Onénorelle si proche.



« Je … j’ai … Onénorelle … »


Puis plus rien, ses forces comme tuée par un contre coup. Son cœur comme affaibli brusquement. Sa fatigue qui la laisse choir. Allongée, juste devant la bibliothèque. Mirahil a lutté, lutté pour tenir. A forcer, forcer sans savoir. Que son corps de femme n’est plus celui d’une ombre. Qu’il faut pas forcer si fort ni si longtemps. Par habitude.
Par simple habitude.

Allongée au sol, on aurait pu la croire morte si son souffle ne soulevait pas sa poitrine. Yeux clos, elle semblait dormir, attendant son prince charmant.
Oui elle était morte … morte de fatigue …
A bout de force …


Tu l’aurais massacré, mais maintenant tu t’en souvenais plus …
Tu serais aller au manoir des ombres et tu aurais été en sécurité …
Tu n’aurais même pas eu besoin d’abri …
Et même cette beau ne t’aurais pas rendu moins translucide, et n’aurait réussi a t’attacher au sol.
Tout avais changé …
Ta vie étais en danger, bien plus qu'auparavant.


Mais il te fallait toucher le fond ...
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MessageSujet: Re: Parfois il faut atteindre le fond...   Mer 7 Mai - 5:44

Se traîner... Elle attrape ses doigts, cherche à se raccrocher... à tout et n'importe quoi... mais surtout à elle...
Amie... Comme la mèche et la cire brillante...
C'est tellement nouveau, tellement beau... Elle en souffre, de ce bonheur refusé aux âmes souillées, aux coeurs corrompus et glacés...


"Mirahil... Ce n'était pas... Ce que tu voulais dire..."

Comme tout ceci est piteux, laborieux...

"mais..."

Pourquoi t'escrimes-tu, t'acharnes-tu petit être?
Si insignif...


"Tu m'as moi."

Un silence...
Elle ne peut pas...
ce serait trop demander.

Une main toujours tendue qui une fois attrapée, par souci de bienveillance, vous entraîne en sa sombre souffrance... La cage en récompense à la délivrance. C'est beaucoup, c'est peut-être même trop... Pour elle, pour ce dont elle est capable... mais rien qu'une fois...
Elle veut essayer.

Se souvenir ce que cela fait que d'aimer.
Pas elle, pas de cette manière... Non, juste offrir parfois, une oreille, un mot, un regard. C'est peu et pourtant c'est l'univers entier.
Ce n'est pas la chaleur de deux corps qui se trouvent, la passion de deux coeurs construisant à la faveur de leurs sabots le sentier dallé de traces d'été... Ce n'est pas l'amour immodéré d'une mère, ses consolations, sa tendresse, le refuge de ses bras, une odeur qui vous apaise et vous inspire...
C'est juste...un peu.
Mais pour elle, c'est encore beaucoup.

Elle a lutté, interminablement, regretté, appelé, supplié... qu'on lui rende son aimé. Et ses doigts ternis, maculés d'eau et de terre comme pour mieux lui rappeler que non, tout ceci n'est pas un cauchemar, non tu es bien réelle et cette vallée aussi... en vain ont tenté d'étouffer à force d'espoirs ces pleurs devenus finalement arides.

Elle a oublié...
Ce qu'elle est... leurs retrouvailles... sa venue...
Comme... amputée d'elle-même, elle ressemble à l'un de ces malades qui boîtent et traînent derrière leur jambe invalide la gangrène rendant leur vie insipide. Quelle ironie n'est-ce pas...? Un nouveau supplice pour cette jouvencelle déjà fânée.

Elle y croit... Elle veut apprendre, comprendre... les autres, ce qui fait qu'elle a tant de mal, tant de peine à les voir s'entre-tuer, se déchirer, se recoudre des merveilles à la place des membres, la raison et la folie, ce qui fait que certains sont jours et d'autres nuits... Elle veut savoir pourquoi elle-même n'est rien, pas même loyale ou fidèle, étrangère à toutes ces notions essentielles pourtant à l'humanité.

Alors elle résiste et ose avancer sa main pour inoculer, malgré les résidus noirâtres infiltrés sous ses ongles un peu de l'espoir qu'elle sent vacillant mais...
Qu'elle ressent depuis longtemps...
Pour la première fois.
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MessageSujet: Re: Parfois il faut atteindre le fond...   Sam 10 Mai - 17:20

Être le leader des séparatistes, c’est pas un poste qui vous occupe son homme. D’abord, dans cette foutue bibliothèque qui suinte l’humidité par toutes les pores, on ne sait pas vraiment qui est loyaliste et qui est séparatiste, franchement. Hormis Mary et Ideal, qui sont les deux sur lesquels on ne peut pas se tromper puisqu’ils sont fièrement chef de leur parti, les autres humains cloîtrés ici oscillent. Un coup ils sont loyalistes, un autre ils ne le seront plus. Et puis il y en a quand même beaucoup qui ne savent pas quel parti est préférable – et qui pensent que là n’est pas la question. Ne pas perdre espoir, faire attention sous la pluie, calmer les tensions, observer les chimères et les ombres…
Bordel, qu’est-ce qu’on s’emmerde !
Ideal est encore une fois accoudé à la fenêtre de la bibliothèque, sur la coursive, mâchoires serrées dans son habituel masque d’agacement et de nervosité mélangées. L’inaction ne lui va pas, et ces derniers temps, il n’a pas trop eu l’occasion de sortir. Il a bien été faire deux-trois tours sous la pluie rien que pour énerver Mary qui disait que c’était dangereux et qu’il fallait éviter, mais il n’a rien trouvé de spécialement intéressant à faire, alors il reste enfermé à l’intérieur. Énervé comme un loup famélique aux crocs pointus qu’on aurait mis en cage, il grince des dents derrière la fenêtre, regardant les gouttes d’eau laisser de longues traces inintéressantes. Quand un bruit se fait entendre en bas, il se détache de la fenêtre, et va s’accouder négligemment à la rambarde en observant silencieusement les deux femmes qui se traînent sur le parquet. On peut pas dire qu’il a l’air très paniqué ou concerné ; il a coincé son menton contre sa main, et regarde dans les profondeurs de la bibliothèque si quelqu’un va rappliquer pour les aider.

Au bout de dix bonnes minutes d’attente, il finit par se dire qu’il est peut-être bien le seul à avoir remarqué leur entrée, et que ce serait si ce n’est gentil, au moins civil d’aller aider les deux femmes épuisées qui halètent sur le parquet. Non sans pousser un long soupir, il attrape deux couvertures qui traînaient dans la coursive, et descend les escaliers avec bruit. D’un geste large, il couvre chacune d’entre elles avec les couvertures, puis se penche vers Onénorelle pour l’aider à se relever. Il constate assez vite qu’il faudra un peu plus que d’aide, et il passe le bras mince de la danseuse contre sa nuque, le sien propre contre la taille, et il la soulève pour la remettre debout.
Il décide rapidement d’emmener Onénorelle vers un matelas qui, miracle, est abandonné en bas. Vu son poids, la porter dans les escaliers n’aurait pas été un vrai problème, mais l’Ideal est un être méfiant qui préfère ne pas introduire trop rapidement des inconnus dans son repaire – il a au moins cette qualité-là. La danseuse est bientôt allongée sur le matelas crevé – raison de son stationnement ici, sans doute – et Ideal en revient à Mirahil, qu’il soulève de même, et pose à côté de son amie.
Ceci fait, il crache des ordres à une femme qui passait : « va me chercher de quoi boire, toi ! », et il revient s’accroupir devant les deux échouées, avec un léger sourire toujours un peu fou.

« Voilà, ça devrait aller mieux maintenant. Vous venez d’arriver, c’est ça ? » Pour lui, c’est difficilement autre chose. Il ne les connaissait pas quand elles étaient ombres. « J’m’appelle Ideal. Vous êtes arrivées au campement humain, et si jamais elle se bouge… » Là, il se redresse pour surveiller ce que fait la fille à qui il a demandé quelque chose à boire pour les deux jeunes femmes. « Bon je vais y aller ça ira plus vite… »

Après un petit tour, et une petite gueulante, il revient armé de deux tasses de thé, ou de café, il sait pas trop. Soit c’est du thé très concentré, soit c’est du café très dilué, il a un petit doute. Dans tous les cas, il en a goûté un peu, par prudence, et apparemment c’est pas du poison. A nouveau accroupi devant le matelas, il pose les tasses au sol non loin d’elles.
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Mirahil
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MessageSujet: Re: Parfois il faut atteindre le fond...   Sam 10 Mai - 21:43

Elle sombre dans l'inconscience, la femme sombre, la femme claire.
Celle qui porte l'espoir comme flambeau et le désespoir comme arme.
Allongée sur le sol, belle au bois dormant, qu'on l'embrasse et qu'elle se réveille auréolée de lumière.
Qu'on l'embrasse et qu'elle se colore, de rose, de blond et de bleu. Une palette de couleur pour la grise...

Elle dors la femme grise, mi blanche, mi noire. Elle sombre dans le néant, un néant sans souvenir.
Une main s'accroche à la sienne, elle la sens et la serre doucement. Elle va se réveiller, elle est aux portes du réveil. Mais il y a quelque chose, une ombre au dessus d'elle. Un homme qui desserre leurs doigts et prends Onénorelle. Il y a cette couverture qu'on pose sur elle et la réchauffe.
Mirahil se renfonce dans les affres du sommeil.

Belle aux bois dormant, belle aux yeux saignants.
Tu cri, tu cri dans ton rêve, mais ce n'est pas son cri, à lui. Cet hurlement qui se répercute contre toi, et ses crocs si blancs et cette gueule si sombre.
Tu cris et plus seulement dans ton rêve, tu trembles et délires. Reprends toi la grise, relève toi de ce cauchemar, file vers le réveil.

Ce sont les ténèbres soudain, la douleur incandescente. On te brûle on te brûle de l'intérieur.
Dis qu'est-ce cette douleur la grise ? Qu'était-ce ce défi ridicule ? Ta douleur. Ton défi.
Va, va à l'encontre de toi.
Mais tu refuses, tu te débat et griffe celui qui te porte,; tu l'attaques sans même réussir à sortir de son emprise, sans même réussir à te réveiller. Une furie, une furie endormie. La belle au bois dormant se meurt, ne reste que la sauvage.
Et le cauchemar prend possession de toi. Et tu cesses de crier, tu gémis juste. Et tu cesses de griffer, tu te recroquevilles dans les bras de ton sauveur.
Et tu as peur, la grise.
Tu trembles de violence, tu ressens la douleur dans chaque partie de ton être.
O mon dieu on t'a volé les yeux.
O mon Dieu on t'a violé ton coeur.

Dis, dis pourquoi tu refuses ?
Accepte, accepte toi !
Accepte l'ombre et l'humaine, pas juste l'humaine, la bien fausse humaine.
Tu n'es qu'un mensonge, un mensonge tu entends ?
Ne te bat pas contre moi, petite chose.
Ne te bat pas contre toi.

Ideal la porte sur le matelas. Mirahil se colle à Onénorelle, se calme et enlace la danseuse.
Il part, il part l'humain.
Il part le cauchemar et le réveil reviens.
Elle se réveille toute perdue.
Dans un endroit qu'elle ne connaît pas.
Sur un lit qu'elle ne connaît pas.
Entre quatre murs, entre quatre murs, entre quatre murs....
Et ça se répercute contre elle. Les barrières la fracassent et ses yeux brûlent.
Plus rien ne compte en cet instant que les murs. Elle a oublié son cauchemar, et n'en garde qu'une fatigue sourde. Et des yeux fatigués...

Mirahil tremble de nouveau et serre de plus belle Onénorelle comme pour la garder auprès d'elle, pour que la danseuse jamais ne s'envole et la laisse seule.
Seule ici, en cage, piégée.

Et puis Idéal reviens, et Mirahil se souviens qu'elle lui a parlé, qu'elle lui a répondu avant de se rendormir, un peu.



"Où ici ? Ce n'est qu'une bibliothèque inhabitée non ?"

*Faut croire que non.*

"Mirahil c'est mon nom."


Phrase mécanique, l'oiseau s'est vite envolé, pour revenir peu de temps après. Il la calme, instinctivement. Ideal les a sauvé, aidé. Mirahil n'a plus peur des murs même s'ils la gênent toujours. Elle n'est pas prise au piège et se sens mieux.

La grise desserre son étreinte et s'éloigne. Elle attrape les deux verres et en donne un à Onénorelle. Puis elle se redresse un peu et les cernes sous ses yeux semblent plus durs, mais ce n'est que la lumière qui les dévoilent et les accusent.



"Raconte moi, la bibliothèque, les ombres, les chimères, les humains depuis le début Ideal."


Un voix posée, proche et distante à la fois. Sa voix d'espionne, grave et enjôlant. sa voix qui veut tout savoir et ses oreilles si attentives. Elle soupire puis murmure.


"Je ne comprends pas ..."


Et ses lèvres sombres se brûlent au feu du thé. Et ses sens s'amplifient et acceptent l'espace clos.
Malgré cette panique, qui est là, enfoui, humaine.
Malgré cette panique et le fragile équilibre de leurs vies.
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