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 Naître

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Chahîd
Chimère Sauvage - livré avec hachoir et psychose
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MessageSujet: Naître   Mer 26 Mar - 11:29

les bras du coton sale imbibé
le clapotis de la flache, elle te lèche
les jambes des ballots de paille pourris,
ta carcasse s'égoutte sur le sol
la mélasse d'herbe de mousse de vase un pansement mal fait, trempé, t'entre dans les narines
mèches dans la bouche,
tu tètes la kératine et la boue
l'odeur de la terre,
moite et grasse
odeur acre
du fer qui rouille
du sang
de la pluie,
la petite pluie qui creuse le sol et te glace jusqu'aux os
la petite pluie
doigts dans le trou que façonne ton visage,
clapote sous ta joue, un ruisselet qu'elle creuse et chatouille ta pommette
où s'écrase un insecte momifié

il pleut...

et j'ai dormi

rétrécit

il a tant plu que ça ne s'arrêtera plus
dans la boue tu dors tu l'enlaces et la fouille
l'embrasse
ses lèvres froides se décomposent sous tes baisers
des bulles éclatent sous tes narines

ce que je pourrais être
un homme de terre


un petit homme de terre

tu as mal au crâne, tu as rétréci, ce que tu crois
ces vêtements ne sont pas à toi
il n'en reste pas grand chose d'ailleurs
haillons haves
qu'est devenue ton épaisse pelisse de loup

Tu essuies tes yeux pour mieux voir
la boue n'a jamais le temps de sécher ici bas
ce monde informe ne ressemble à rien de ce que tu as connu
tout y est liquide,
placentaire et froid
tout ce que tu hais

mal aux genoux
aux bras
aux poumons de ces choses là dont tu devras réapprendre l'usage
l'ancien support de ta rage
tu regardes tes membres avachis sur la glaise
tu sens plutôt que tu ne vois
tu te demandes ce que tu fais là
pourquoi la colère t'as quitté
cette colère qui te tenait debout parfois

ce que tu fais là monstre de l'hiver car tu n'es rien dans le clapotis de cette eaux sale et femelle
tes mains comme des mollusques
invertébrales anémones brunes qui cherchent quelque chose auquel s'accrocher
des écorces, des débris, un reste de naufrage, un arbre, sa peau
elle s'écarte et s'émiette entre tes doigts sans griffes

Il pleut
la terre molle ne te porte plus
elle t'épouse
elle t'englobe
sa caresse poisse ta peau imberbe

tu as le visage trompeur des enfants qui ouvrent les yeux pour la première fois sur l'horreur du monde

tu ne sais pas ton nom
ou quelques bribes
quelques images
quelques morceaux de verres dans ta chair qui s'enflamme


des voix
l'odeur ténue d'une femme qui flotte autour de toi

comment faire confiance à tes sens
toi qui n'as rien perçu du changement
tu ne connais pas cette odeur et pourtant tu la cherches

tu veux voir
si c'est elle dont tu as encore rêvé
dans ce qui te sert encore de sommeil

la boue te pique et colore le bleu cruel qui capte toute la lumière dans tes yeux
tu es un homme comme les autres
ou presque


De ta mémoire fracassée que peut il bien rester
tu te réveilles comme un chien
tout est noir et blanc tout s'est effacé du temps d'avant
aquarelle triste
des images grisonnantes dansent sur ta rétine
et juste une flaque de sang, un caillot dans ta gorge et ton doigt immobile sur le papier froissé, il bégaye, il hésite, plein d'effroi
dans le sang
dans la flaque
les mots disparaissent
dans ce vieux journal qui parle de toi qui tournoie dans le caniveau et qui te sert de torchon pour essuyer ton couteau


un animal s'approche
écoute
la reptation de ce corps

tu es un chasseur
et tu ne te souviens pas que tu l'es
ça reviendra vite....

un bruit de pas léger un affreux suçotement
des pieds qui s'embourbent, légers, monotones, comme une musique ancienne, dont tu as rayé le disque

quelque chose viens te lécher les mains, gluant, glacial
quand tu te crois à l'abri dans l'épave imaginaire qui te sert de refuge.


Est ce que tu l'aimes l'horreur de cette petite pluie qui te cogne le front ?

tu la hais n'est ce pas
c'est un ancien supplice que tu connais bien
cela finit par rendre fou si cela n'arrête pas

oui tu la crains comme les larmes de ta mère
comme tu as toujours crains les caresses

ça finit toujours par t'arracher la peau si ça insiste trop


où sont les neiges glaciales qui t'ont vu naitre
tu n'es pas fait pour cette bouillasse qui t'entoure
non toi tu aimes le désert froid et sec
celui qui cisèle
tes chairs

Tu te redresse
tu t'assois
je t'oblige à t'assoir
douleur dans ta colonne
au fond de ton échine
tes doigts effacent les dernières traces de boue sur tes yeux
tu craches
et tu demanderais presque à un Dieu ce que tu as fait pour mériter un tel affront
la pluie s'écoule le long de toi comme dans une gouttière

tu te palpes, tu ne reconnais pas l'habitacle qui te porte
as tu une âme ?
ton corps, ton être tout entier rétracté à l'intérieur comme dans une sphère
tu n'as pas d'issue , pas d'autre issue que cette eau morne et noire que tu regarde comme un naufragé

le témoin des témoins, c'est le nom que tu t'es donné dans un hôpital de Mostar
je suis ta marionnettiste, je suis ton supplice et ton plus grand bien
c'est moi qui te guide
c'est moi qui te souffre
c'est moi
Chahîd
je t'engendre à chaque seconde

je suis ton dieu de poussière



Tu étais encore un enfant quand j'ai pris possession de toi,
tu ne te rappelle pas
Mostar, juste Mostar peut être
quand j'ai tiré tes nerfs
quand j'ai pris l'ascendant


il ne m'aura suffit que d'une seconde pour te saisir
une simple seconde
d'inattention


Arrêtes!

Je suis ton daïmon


Dernière édition par Chahîd le Mar 6 Mai - 18:54, édité 3 fois
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Mirahil
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MessageSujet: Re: Naître   Jeu 27 Mar - 21:24

Il y a un loup qui traîne, un loup qui avance, la devance.

Elle, la louve dans son habit de catin, sans sa peau de givre et son aura de mystère. Juste une femme qui a mal. Qui ne sait pourquoi, qui ne sait pas sa douleur et ne la sens que dans ces quelques rares instants comme …
Comme au petit matin, quand enfin un bruit la réveille, Elle, l’enfermée, la prisonnière de ces cauchemars. Elle qui les aimait tant mais les a oublié en même temps que son nom, son nom si beau dans le murmure de son loup, dans son cri.
Elle la oublié, comme les autres, pire que les autres. Car elle a tout tué de lui, elle s’est formater, blesser pour ne plus rien attendre, pour ne plus souffrir en vain, pour ne plus être ce qu’elle était. Ne plus le voir, ne plus l’entendre, ne plus le sentir.

Rien, juste du vide….

Et des fantômes …

La belle avance, sans pensées, la tête vide, si vide, si pleine à la fois, si elle savait elle en hurlerait. Mais elle n’en sait que trop rien, alors elle arpente, avec le calme méfiant de la proie, avec l’assurance de celle qui fut ombre, qui fut prédatrice et qui fut la femme au dragon, celle qui embrasa son cœur un cours instants, qui fut voler de lui. Celle qui fuit sa proie, celle qui sus qu’elle mourrait de lui. Mais quand est-il désormais ? Où est le dragon, son dragon, leur dragon ? Où est l’ombre ? La prédatrice ?

Perdue.
Si perdue est la belle.

La vallée se joue d’elle, alors que crevé, elle avance. La fatigue est un nœud dans son ventre, un brouillard devant ses yeux, un tremblement dans ses jambes et son esprit cassé. La fatigue est là si forte.


Pourquoi vallée ?
Pourquoi ne la laisses-tu pas dormir ?
Pourquoi ses cauchemars ?
Pourquoi a-t-elle peur de ses rêves ?



Un monstre joue, le monstre, l’horrible juste devant elle. Une seconde : un millier d’années, une seconde qui dure, qui prend des dimensions en dehors de toute réalité ... La fin si proche, inéluctable. Rien, rien ne l’arrêtera, rien n’éloignera la bête. Le dragon est sur elle, le dragon la prend …
Un dragon, une bête, si grande, si forte, si puissante, si belle. Elle l’aime. Elle l’aime elle et l’autre là-bas.

Pourquoi ?
Pourquoi cette peur si profonde, pourquoi ce hurlement, ce réveil en sursaut ?
Pourquoi ce sentiment lors de l’attaque ? Un mélange de peur et d’attente, une voie de défi qui retentie. Est-ce elle ? Elle ?
Non …
Ce n’est juste qu’un cauchemar.
Et puis Lui n’existe pas. Elle l’a tué. Juste tué. Ce n’était qu’un fantôme, pensée parasite, pensée qui s’éternise juste le temps d’un claquement de cils. Des cils qui se ferment précipitement, si fort pour éviter de voir. Elle ne la pas vu, elle n’a rien vu. Pendant la microseconde où elle aurait pu. Non rien, juste du vide, juste du vent. Du vent froid qui la réchauffait, du vent si froid…

Sans pluie, sans ce gris, avec ce blanc, ce nuage, ce jeu en noir et blanc. Sans ce gris, celui qui obstrue sa vision.

Même sans mémoire, Mirahil sens qu’elle n’est qu’un reflet de la pluie, un gris sans chaleur, sans couleur. Dans le noir et blanc elle était belle, elle était vivante. Elle n’est plus que du gris, dans le paysage, sans vraiment tournée la page. Mais obsolète, terriblement obsolète. Avant elle était ombre, elle était morte et elle était le vent, la neige et l’arbre sur lequel elle jouait. Maintenant elle n’a que cette amertume appelée espoir au creux de son cœur, que la pâleur et le vide de ses jours sans sens.

Rien juste du vide.
Rien.
Même pas du beau.
Même pas du droit.
Une humaine banale sous une pluie infernale …



Dis vallée sa te suffit ?
Non ?
Pourquoi donc c’est toi la responsable ?
Tu n’écoutes pas les dames ? Tu n’écoutes plus ?
Tu joues ….
Avec ta poupée cassée que tu as recollé en oubliant d’y mettre un cœur. Ce n’est pas Lui qui l’aidera, ce n’est pas Lui qui la tuera, ce n’est pas Lui …

Pourtant si, chaque pas la rapproche. Arrête, ARRETE !
Pourquoi tu n’arrêtes pas ?
Elle ne veut plus le voir !
Elle ne veux plus aimer !
Elle ne sait même plus le sens de ce mot.

Chaque pas, vers cet être dans la boue, vers cette être vide qui se remplie au rythme des secondes, celui qui a été et deviendra celui qu’elle aime. Non, faut plus jouer trop avec sa !
Tu sais la remplir de chagrin ne l’aidera pas à être pleine.
Même si bien sur, oui, même si c’est Lui, Lui, ce monstre qui a la petite clé. La toute petite clé.

Dames, nous sommes les dames. Comme toi.
Toi si sombre, sur ton cheval qui trace une ligne qu’elle suit, sans même la sentir. Comme Alhem qui pleure, là-bas pâle fantôme, si blanche, si pure, à l’image de son amour damné.
Et puis, la dame que jamais la belle n’a vu. Les gouttes de pluies dessinent mes courbes, je suis pourtant un être de neige, l’air se refroidit à mon contact. Je suis le fantôme de son existence, le vol, le joyau.

Tu m’obliges à être loin, attend notre courroux. Tu m’obliges à parler sans son entends donc ma rage, qu’un jour elle te piétine.

Tu veux qu’elle Le voit, elle, tu veux qu’elle Le voit, tu veux qu’elle L’aime.
Pour en rire plus tard ….

Attend donc …
Attend donc …




La grise, est là, immobile, glacée jusqu’à la moelle de ses os. Un fantôme, il y a un fantôme. Un instant il lui semble voir quelque chose, quelqu’un puis tout s’éteint. Un frisson la soulève, ses bras se serrent contre elle, mais rien n’y fait. Pétrifié, elle reste sans voix, sans mots, sans force. La pluie lui a joué un tour, elle a cru voir quelqu’un, quelqu’un dans la boue.
Folle, elle devient folle.
Il faut qu’elle rentre.
Mais ses jambes sont lourdes, son corps statufié.
Immobile, sans regard, elle tremble.

Puis se remet, doucement.
Ce n’était qu’une illusion, un mauvais tour.
Juste.
Il faut qu’elle parte…



Pourtant immobile, elle attend …




Pourquoi Vallée ?
Pour jouer ?




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Chahîd
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MessageSujet: Re: Naître   Ven 28 Mar - 13:57

Tu entends?











dis moi petit monstre tu entends ce qui approche?
La pointe de ton désir enfouit, ce qui te tient comme une colère sourde
tu entends? ce petit pas léger devenu plus lourd aujourd'hui
comme habité, mortel
ce corps de terre semblable au tiens
ta

Arrêtes...



Elle vient comme un banc de sardine, brillant au soleil
comme une morte charriée par les flots
une sirène....




VIENS!








Arrêtes! Arrêtes!



ta jumelle d'âme!

tu ne la reconnais pas petit monstre mais tu la sens pourtant,
sens bien la douleur qui te pince entre les omoplates!
regarde comme ta peau s'irrite à son approche comme tes muscles se bandent pour être debout pour l'accueillir dignement,
comme un homme!
ou presque

Allez debout ! debout et fais face! affrontes tes chimères!



un bruit
qu'il entend
il se lève
observe
la marée noire qui menace de l'engloutir
la pluie qui le troue
et la femme qui se tient lovée comme un serpent dans ses bras, immobile
une statue



Oh la merveille bouseux!
tu sais pas quoi faire de tes doigts dis!


La regarde longtemps avec ce sentiment désagréable de déjà vu
cette douleur d'un être cher disparu qui viendrait le visiter pour le faire

payer?



Bouge ta carcasse vieux singe c'est pas parce que tas l'air d'un jeune homme que tu n'as plus ton age
tu en sais bien des choses
tu en as connu bien des cas, là-bàs.


Il sourit
il montre ses dents

son torse est nu
et la pluie le lave doucement, péniblement
ses cheveux gouttent sur son visage
ses bras ne bougent plus
comme une balancier qui a trouvé son centre
la juste mesure des poids.



Il redresse la tête vers le ciel et ouvre la bouche
laisse la pluie tapoter ses dents, puis sa langue, chatouiller son palais
il déglutit
avale l'eau bourbeuse et s'essuie le visage d'un revers de sa main
puis la regarde encore


Approche, vas!

Il retire ce qui n'est pas à lui
rien n'est à lui


Regarde moi.... je n'ai plus rien...
je ne suis plus qu'à toi....


ses chaussures
son pantalon

il sait qui elle est
malgré lui
malgré la Vallée

il fera connaissance avec cette femme
il fera alliance pour une seconde ou une heure
il a décidé, contre la voix qui le persécute

il laisse la pluie laver son corps, bain de jouvence douloureux et atroce
il ose sa nudité devant l'inconnue
il chérie l'humiliation que cela lui procure parcequ'enfin il est sans défense
juste partager ce baptême salutaire
nettoyer sa crasse
et celle de toute créature.

Il l'observe à nouveau et il tend la main vers elle et il ne sait pas pourquoi
l'eau clapote sur son bras, coule le long de son coude
attend, suspendue, comme au bout d'un fil
et s'écrase sur son pied



Je vais passer de l'autre côté , je vais....
voulez vous...Tu veux venir. Dis moi que tu veux venir.
Est ce que je peux approcher?
enlever tes guenilles
que nous soyons peut être encore innocents...

Est ce qu'il y a encore des vivants ?
Est ce que nous sommes encore vivants?
Est ce que je peux sentir ton être et toi le mien? Est ce que ça existe?
...



L'eau coule sur ton visage, tu es laid, tu es laid parce que tu as peur, peur de l'inconnu, du vide qui te rempli
tu as peur de ta solitude aujourd'hui
tu as oublié
oublié la bête

chasse la!

l'humain que tu es est une erreur et tu le sais
bien mieux que moi.
Dis lui de venir! Prends là! Emmènes là! Que tout s'achève pantin!



Il ne bouge pas , fascinée par sa beauté juvénile
par les visions d'elle qui le hantent
elle plonge avec lui et l'eau qui l'accueille la féconde
elle la tue

qu'elle devienne la femme de ses rêves pour qu'il ne rêve plus
pour que cesse sa vie incessante que ce cœur arrête de battre malgré lui
qu'il périsse avec elle
dans les eaux sombres
qu'ils deviennent semblables à cette eau mortelle















VIENS!





Sa main toujours tendue vers elle tremble légèrement,
de l'écume s'est formée à l'endroit d'une ancienne morsure qu'il s'est faite en dormant
troublé
il est l'eau trouble qui veut tout confondre
par amour, par haine, par désespoir


On pourrait... juste y aller .... toi et moi... cette fois


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Mirahil
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MessageSujet: Re: Naître   Dim 30 Mar - 15:51


La belle ne se souvient plus de son roi.
Juste de son absence.

Le roi se souvient d’elle.
Juste d’elle.
Plus de lui.

La belle regarde l’être, debout devant elle, qui se tient comme un roi, un roi inconnu. La grise n’a jamais vu son visage, elle le découvre alors que la pluie lave la boue, alors que ses larmes perlent sur son visage.
Elle pleure, elle pleure sa mort et la sienne, leurs séparations, et leurs misères.
Elle pleure son cœur, son âme détruite pour lui.
Elle pleure la pluie qui coule sur eux, sans nettoyer leur impureté.
Sans même connaître la raison de ses larmes, ne sentant que ses chaleurs salés sur son visage. L’impression de le haïr, de le mépriser pour ce qu’il est, pour ce qu’il a été.
La belle en veut terriblement à son roi.
A cet inconnu devant elle qui se tiens, esquissant un sourire.

Un enfant, un gamin, son loup, pas vraiment sain, pas vraiment roi. Ses yeux se lèvent, son visage tourné vers le ciel, il boit l’eau qui n’arrive pas à la dégager de son immobilité, à la dégeler. Elle reste de glace, complètement perdue, sans autre arme que son mépris, que son désir de revanche et son amour qu’elle se cache.

Un grand gamin, ivre de liberté, elle l’observe sans bouger, sans même oser respirer trop fort de peur de briser quelque chose. Puis il la regarde et redeviens un homme. Il la séduit de nouveau, avec ses yeux, son regard et ces souvenirs qui restent, fantômes à la limite de sa conscience, elle aimerait le frapper. Il parle, de ces mots qui font mal. Elle reste immobile. Paralysée devant l’offre, devant l’appel de son loup.
Son loup qui ne s’en va pas, pour une fois.
Qui ne disparais pas.
Qui se donne juste, qui se donne entier et sans questionnement.
Pour la première fois.

La pluie le lave, la pluie le lave de tout ce qu’elle voudrait lui arracher. Un enfant qui regarde le ciel et qui se donne des ailes. Des ailes blanches ou noires, mais des ailes pour voler et qui demande, qui demande à celle qu’il veut, de le suivre, de voler près de lui jusqu’à atteindre le bonheur.

Bonheur, ce mot si étrange, ce mot si bizarre, devant cette demande elle aimerait s’effondrer et disparaître dans la boue.

Alhem est là, elle est déjà dans les bras du roi. Seulement elle n’est rien, que du vide, juste du vide. Un fantôme blanc, de la couleur de sa douleur. Elle accepte, elle accepte de renoncer à sa vengeance.

La main reste levée, les mots chantent dans la tête de la femme.
Elle ne se souvient pas de son loup.
Juste de son absence.
De son attente.
De leur perte …
Rancoeur et desepoir, elle a douter de lui, mais maintenant qu'il reviens à elle, elle n'arrive à detourner ses yeux de son visage.

ET le fantôme s’approche de la belle, qui garde les yeux ouverts, regard brûlant de milles sentiments contradictoire, elle aimerait le tuer, l’aimer et partir avec lui… ou ne plus jamais le revoir. Non il est trop tard pour cela, l’humaine connaît le loup de l’ombre, plus qu’un souvenir plaisant, il serait une obsession. Elle est prise au piège.

Alhem enlace la grise, puis doucement n’arrachant qu’un gémissement, elle entre en elle et l’envahi de son amour. Le mépris se transforme, la douleur s’épanouie et fait d’elle une vivante, une vivante avec ce souffle près d’elle qui la grandi. Le souffle de la bête avec l’espoir de l’homme, un mélange d’illusion et de rage, de douleur et d’amour.
Malgré Tout.
Malgré Lui.
Malgré elle.
Elle l’aime.



VIENS!


Un ordre ou une supplication, elle pourrait détourner le visage, utiliser ses dernières forces et marcher jusqu’à en perdre la raison.
Pourtant ce sont ses doigts qui glissent dans la main de Chahîd, c’est son cœur qu’elle laisse à sa protection. Elle s’approche de lui jusqu’à sentir l’eau de son corps se mélanger à la pluie qui laboure le sien. Jusqu’à parler en le touchant des bouts des lèvres à chaque mot.

Empli d’une force qu’elle ne se connaissait plus, elle murmure, menaçante :



« N’oublie pas que tu ne t’appartiens plus. »


Sur ces yeux passent un brouillard, elle ferme les yeux. Elle l’entend, elle l’entend partir, elle l’entend hurler son nom et s’en aller. Elle s’entend se maudire. Elle se réapprend. Mais ce n’est qu’un brouillard qui s’efface sitôt les yeux ouverts, ne laissant qu’une légère amertume et qu’un désir de le faire payer. Alors prenant sa dague d’argent, elle la pose sur la gorge du loup et attend. Puis doucement la grise laisse une goutte de sang se poser sur la dague et avant que la pluie ne l’éloigne la pose sur les lèvres du loup. Puis rangeant la dague elle se laisse aller contre lui, soutenir, le front contre son torse, fermant les yeux forts pour que jamais ne disparaisse cet instant, pour que jamais plus il ne la laisse, se promettant de le tuer la prochaine fois.


« Allons. »


Elle lui donne les cartes du jeu, elle suivra le fou écarlate, elle suivra même sa descente aux enfers ou sa montée au paradis ...
Sans autre mot pour se déclarer, pour s'offrir. Sans éloquence pour se traduire, Mirahil sait juste qu'il suara lire entre ses gestes, entre ses mots sans tendresse. Lire dans son coeur, dans son âme comme il le fit la première fois.
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MessageSujet: Re: Naître   Dim 30 Mar - 18:33

Le fil
la première brulure
la première trace
ses doigts fins et longs s'enroulent autour des siens
un premier contact avec le monde
un toucher qui défie tout ordre, toute mesure
un petit morceau d'existence qui se tisse dans le noir


juste se concentrer sur les rainures qui strient ses paumes
le bout de ses doigts qui font qu'elle est unique

Le fil brulant d'une attache
la chaine qui retient le navire immobile sans plus de capitaine au cœur de la tempête
le gouvernail tourne et grince de droite et de gauche et les vagues glacées qui le fouettent ne parviennent pas à apaiser le feu qu'elle fait naitre au fond de lui ses pieds s'engluent dans la terre la pluie les recouvrent parfaitement

un épais lambeau de ciel s'est déchiré, échoué sur leur être



tu te souviens de la première brulure
du premier contact
du premier détachement
de la première lumière qui t'éblouit
celle qui fit si mal
celle qui creuse encore son sillon
que tu crois être un espoir
ton unique folie



....j'ai si mal..... j'ai déjà eut si mal....


Tes yeux la dévisagent


Il n'y a que le bruit de l'eau, partout
qui clapote
ta peau frissonne contre la sienne
sa robe longue entortillée autour d'elle comme un lierre


une fleur naissante


Tu la dévisage
Tu n'arrive pas à lui dire
Oui c'est vrai ce qu'elle dit




La lame qui t'entre dans la gorge t'es bien plus douce que ces yeux plein de sauvagerie
une goutte de sang qu'elle pose sur ta lèvre que la pluie efface si facilement

tu te gouttes
tu gouttes ce qu'elle arrache de toi pour voir si son gout peut être différent
tu la regardes encore plus intensément quand tes lèvres aspirent le millilitre de sang

sa robe éponge ton corps

la boue monte le long du tissu qui brunit


Tu écoutes sa respiration
Ce qu'elle sait de toi

toi qui ne sait plus rien


plus de colère
Il n'a plus de souvenir que la brulure, sa brulure et celle de cette naissance au milieu de rien
ses mains glissent le long de son corps il épouse sa tête dans sa poitrine son cœur bat et ses mains ne tremblent plus et sous le feston lourd qui s'égoutte sur ses bras ses jambes se dérobent doucement une jument rétive mais si doucement comme un jeu elle recule un peu ses bras s'engagent sous la robe et accrochent sa peau luisante et douce mouillée saisit la toile comme du plomb la soulève jusqu'à ses hanches son bassin étroit la courbe de ses reins granuleux de cette terre qui partout dissémine sa plaie dégrafe de l'intérieur le dos son échine cambrée qui cherche à s'enfuir ses bras disparaissant dans les kilomètres de coton sales qui la recouvrent puis ses épaules il se colle tout près si près que son souffle fait bruire l'eau qui dort dans le creux de ses clavicules et elle peut sentir cette brulure qui le ronge tout contre elle ses doigts dans sa nuque contre ses épaules la robe cède cette fois et se déchire doucement sous la pression de ces deux corps qu'elle ne peut contenir maintenant trop proches pour en supporter l'ouvrage
mouvement simultané des deux poignets il retourne le drap la découvre et nue l'offre à la lumière grise et basse prend le risque
le fait passer par dessus sa tête

crissent ses long cheveux mouillés

bruit lourd sur le sol

la robe s'évase
tombe
s'évase
ouvre sa vaste corole
s'écarte et sombre
une femme évanouie
doucement glougloute dans la boue

il lui redresse la tête
baisse la lame qui menace de l'éventrer
redresse son menton vers le ciel et lui ferme les yeux pose son visage et nettoie et baise ses lèvres

il ne fuira plus jamais

qu'elle boive à sa source que la pluie lave son corps comme elle a lavé le sien il l'attire contre lui respire ce qu'il peut attrape son visage et l'embrasse buvant dans sa bouche calice la pluie du ciel et l'eau de ses lèvres tous ses sens en éveil il rit presque contre elle et lui chante des mots d'amour plein de furie et de fièvre sa peau contre la sienne son désir mis à nu d'une main de fer d'une poigne légère il rit l'entraine jusqu'à l'eau noire et glaciale l'attirant sans cesse contre lui dès qu'elle fait un écart pas de dérobade
plus jamais sans elle plus jamais il ne fuira



Donne moi ton nom et tue moi si je le mérite mais laisse moi te connaitre







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Mirahil
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MessageSujet: Re: Naître   Dim 30 Mar - 20:23

Elle a froid un instant, mais déjà ses mains la réchauffent, font fondre en elle cet éloignement. Elle lui appartient, sa louve, sa louve pour l’éternité. La mort les a prise une fois, et l’humanité qu’un instant on leur a rendu n’est qu’un mirage sans sens. Sans autre sens que le leur unis par leur espoir et leur amour grandissant. Unis pour l’éternité ou quelques jours elle n’accepterait de le voir partir demain.

Il la déshabille tout doucement comme pour ne pas la blesser. Elle ferme les yeux pour sentir ses baisers plus intensément encore. Et la pluie qui les unis, tout deux nu, sans pudeur, sans défense. Elle l’aime pour ce qu’il fait d’elle en ce moment, son joyau qu’il enrobe de baiser, qu’il nettoie de ses caresses et de ses lèvres. Elle aimerait naître en ce jour et ne rien connaître de son passé. Elle aimerait ne vivre que pour lui, et chaque jour se coucher tout contre son corps.

Il parle, il chante, ses mots la subliment, près de lui elle se sent belle, forte, près de lui elle pourrait être capable du meilleur et du pire. A chacun de ses baisers elle lui répond avec fougue, s’éloignant parfois comme dans un jeu, pour revenir plus flamboyante encore.

La joie l’envahie comme une marée ardente, le bonheur comme un navire vole librement sur les flots. Folle elle danse entre les cordages, l’entraînant à sa suite. Et elle apprend. Elle apprend le bonheur comme on apprend la vie. Un soleil dans son cœur rayonne au rythme des mots, elle menace d’exploser, violente dans son ardeur mais toujours douce dans ses gestes.

Chacun des gestes de son loup éloigne sa rancœur, ses secondes d’éternité où elle s’est tué pour cesser de l’aimer. Il lui arrache et la lave, l’exposant à la pluie. La laissant comme au premier jour de sa naissance nue. Soignant son enfance en lui proposant un nouveau jeu, soignant son cœur pour se l’approprier sans ses impuretés. Pour qu’elle puisse le lui offrir sans se perdre de nouveau.


Ils entrent dans l’eau, elle n’a plus froid. Sous la pluie elle disparaissait, prise par le gris, obsolète ou irréelle. Dans l’eau froide et sombre, son gris redevient celui de l’ombre, elle se sent bien, l’humaine n’a pas froid. Comme des fous ils entrent dans l’eau, ne s’arrêtent que pour se parler un instant, jouent comme de grands enfants. Enfin elle vit, dans ses bras, à chacune des fois où il la rapproche d’elle de peur qu’elle ne s’échappe. Elle se rie de ses pas de côté, se laisse entraîner puis fuis un instant, juste d’une enjambée, pour qu’il la rattrape. Et quand enfin il lui parle Mirahil le regarde droit dans les yeux.



« Alhem. C’est Alhem mon nom. »


Alhem, Alhem un mot qui prend la place du sien, elle ne comprends pas, elle ne cherche pas. Près du lac de Gaia, près du lac de la vérité, elle sait que c’est ainsi qu’elle s’appelle, qu’il l’appelle.
Alhem, sa avait un sens, elle l’a oublié. Alhem cela lui plait et la fais sourire.

Elle ne le tue pas, l’envie est passé au-dessus d’elle et s’est enfui comme une âme en peine. Non la grise préfère l’empoigner et utilisant tout sa force, le faire tomber dans l’eau. Mirahil le retiens un instant dans l’eau alors qu’il se laisse faire puis le relève, tenant sa tête comme un précieux fardeau, le caressant du bout des doigts, la belle lui murmure :



« Tu es pardonné. »

Malicieuse elle l’embrasse l’empêchant de répondre. Dominant leur étreinte comme une louve aimante. Elle s’éloigne un instant pour lui permettre de se redresser, de reprendre pied.

« Il va falloir tout me dire. »

Elle ne connait pas son nom ...

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Chahîd
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MessageSujet: Re: Naître   Mar 1 Avr - 15:08

Ahlem
ce prénom du rêve





à chaque signe de ton parcours je suis là
face à toi
en toi
tu m'excèdes tu me maudis tu tentes en vain de me fuir tu ris amèrement de moi
avec toute la force de joie de rage quand mon visage déclenche dans ton œil cette pénible vision qui vient masquer la sienne
regarde moi bien!


car je te hais plus que tout autre dans ce monde et dans l'autre







tu me décèles dans ta maladie
tu me maudis dans le mendiant que tu es
tu m'exècres dans la pensée jalouse qui tente de te faire renoncer à ton âme
tu me sens au-dehors et au-dedans de ton corps
je te dis que je suis partout
que je ternis tout
que je suis la fin du grand projet d'Hypnos
ça aussi tu as oublié....



espèce de con






Il la serre contre lui.


Je pèse ma jeunesse avec la tienne.... Ahlem... je suis heureux dans tes bras.


Ton dégout ramollit tes muscles
tu ne vois pas que ce sont les voies de martyr que je te réserve!






Il glisse entre ses jambes longues et fines, il entre dans le giron blanc.


Il me semblait que tu étais devant moi comme une épée de feu pour me refuser l'amour.... Puis tu es venue, je n'ai vu que ta chevelure, une lumière qui te suivait, le poids de la vie dans un songe, j'ai cru au bonheur, j'ai cru en moi puisque tu lisais dans mon cœur à travers mes yeux. Puis la tristesse....

Je suis trop près de l'amour pour le comprendre



Dans ta gorge je suis aujourd'hui l'exégèse
dans ta gorge je suis aujourd'hui la parodie
dans ta gorge je suis aujourd'hui la dérision
dans ta gorge je suis le pinson étouffé
la colombe déplumée
l'aigle encagé





Il soupire.

Tu es la seule créature qui me donne le regret réel et profond de la vie....

Il chuchote






Ahlem.....



Tu es tétanisé à l'idée de dire
de dire ce qui attend dans ta gorge
tu as peur de te mettre en péril
tu as peur de la perdre
tu as peur de perdre le reste de ta vie
et tu perds ta vie
et tu te dis que tu n'as pas opposé à ce qui te dégoute à ce qui te révolte à ce qui te révulse à ce qui t'amoindrit à ce qui te pourrit à ce qui veut ta mort
ta danse
ta somptueuse parade nuptiale




Dans ce prénom la totalité de sa vie, recroquevillée, un paquet de noeuds
Il a si peur qu'elle lui échappe cette fois






Depuis quelques jours ton image m'éveillait des traits connus, aimés, que l'on retrouve dans le vague du souvenir, mais où se raniment soudain avec la dernière précision des détails vivants et purs, ton visage a trouvé le rêve pour me toucher. Ces visions me font si mal, elles m'émeuvent tant qu'elles me trouvent un peu triste comme si elles avaient donné un gout amer au présent.Je me demande si j'ai le pouvoir de te faire aimer ce que j'aime, si je peux t'ouvrir mon cœur dans mes paroles.
j'ai le désir de te toucher, de rendre ton visage tout à fait transparent au souvenir que j'ai de tes paroles.
Que tu sois la première à partager ma confiance dans ... dans...


dans ta gorge il y a la glaise des jours futurs
dans ta gorge il y a Eros et ton autre toi-même
dans ta gorge il y a l'émergence d'Eve
dans ta gorge il y a la marée qui remonte
dans ta gorge il y a les prometteuses fondations d'Hypnos
dans ta gorge il y a le retour de dieux


et des hommes....





Ton corps est fait pour mes yeux, ta personne est rêvée dans la mienne.
La lumière est amoureuse en moi du jour qui est dans tes yeux.
Je t'aime, avec tout ce qui n'est plus en moi qu'idée du plaisir.....

Comprends.. tu



dans ton torse il y a cette femme qui souffle furieusement sa rage



L'eau noire et glaciale les entraine, une main avide les tire vers le large tandis qu'il poursuit l'aveu,
l'aveu qu'elle a souhaité.






C'est l'histoire d'une jolie fille qui, à force d'innocence, avait horreur de son corps.
elle haïssait sa beauté qu'elle croyait monstrueuse.
elle peignait, humiliant ses longs chevaux noirs et devant son miroir soupirait de douleur et détestait sa chair dont la blancheur ensoleillait le secret.

je veux l'aimer.
je l'ai aimé, je l'ai vu!
Je l'aimerais malgré elle....
Me suis tu...... Jusqu'à présent tout s'est combattu.
Mon amour m'agenouillais devant toi, m'invitait à aimer l'expression de ton visage, à y reconnaitre mon rêve.
Mais une morsure bizarre dans ma chair me disait autre chose, quand je m'enfonce dans la nuit du désir, quand je m'efforce d'y reconnaitre ma nature d'homme dans toute sa barbarie, il se trouve que l'idée de femme où je prends conscience de ce qu'il y a de plus sauvage en moi est celle dont tu es l'incarnation


Ecoute bien ce que je te dis....




Tu te souviens du coquelicot
tu regarde le genêt le genévrier qui poussent dans ses cheveux
tu regardes l'aubépine sur son bras
le tilleul aux vertus de douceur qui croit de ses lèvres



Des larmes perlent sur son visage tandis qu'il resserre encore l'étau de ses jambes autour d'elle



Je..... m'appelle Yoshe... Mandelstam.... je... suis... psychiatre...
je me suis réveillé sur mon lit d'hôpital après avoir tenté de mettre fin à mes jours

je vais me réveiller



je tenais dans mes bras un mannequin recouvert de kilomètres de soie
je ne savais pas toucher la peau
j'avais peur de la flétrir
de la mordre
de la dévorer

je...

j'ai soigné
j'ai tué
j'ai tué
j'ai tué l'homme en moi pour qu'il ne souffre plus
et le voilà qui revient me hanter....


Si je me trouvais ramené à mes années de guerre, avec toute la frénésie d'alors et qu'un hasard m'amène au sein d'un village d'une ville prise, si , avec la folie du sang aux yeux, je cherchais une fille à violer, à martyriser, à mettre en croix, un corps où unir lumineusement toute la sauvagerie et toute la douceur qui sont miennes, ce serait une fille comme toi que je chercherais.


Pas par ressemblance avec toi
...
par nature par la bête par l'homme par l'homme qui est mort en moi et qui renait



Celle que je nomme Ahlem

Celle que tu es dont je me souviens comme d'un souvenir d'enfance


Je n'arrive pas à retrouver l'ordre des choses


J'ai toujours su que tu étais le seul être que je pouvais aimé... depuis notre première rencontre... depuis le jour de notre mort.....



Pour la première fois son cœur et sa pensée parlent la même langue.






Tu dors et voici que l'aurore se glisse sous tes paupières
que tu t'étires
que ton beau rêve de la nuit
avec toi s'étire
de tous tes membres radieux
et moi daîmon affreux
déjà je me suis glissé dans ton rêve
et te tenant la main je fais glisser la lumière sous tes paupières
dans cette eau noir qui t'engloutit avec elle

voici que tu t'assieds sur le bord de ton lit d'hôpital
comme t'asseyant au bord du monde
que tu rassemble tes esprits éparpillés
et tu te lèves
tu la regarde et tu crois te lever
tu poses le pied sur le sable ancestral
tes jambes s'enfonçant dans la vase en réalité
le sable où a reflué la mer
et moi je me glisse sous tes pas
pour t'aider à maintenir la tête droite après l'aveu monstrueux que tu viens de lui faire
à cette femme
la femme de tes rêves
tu as peur
tu te demandes quel est le sens de tout ceci
tu voudrais rester couché au chaud blotti contre elle
mais l'eau est glaciale
l'eau est en train de vous tuer
mais la vie t'attend dehors
et moi j'agite les grelots du grand effroi
et je tintinnabule avec amour
avec cruauté
mon pantin, mon petit homme
tout mon grand vent je te l'offre pour que tu puisses aimer enfin
afin de te donner du courage pour affronter la suite
tes mains lucides
font une trouée dans le suaire qui entour son corps
écartèlent le noir à l'est et à l'ouest
tout ce noir qui l'emprisonne
jusqu'à ouvrir une baie limpide dans ses chairs
sur les merveilles bleues et jaunes de votre création

alors tu plonges avec elle
pour qu'elle ne réponde pas
tu appuie sur sa tête pour qu'elle ne t'écoute pas
dans le tumulte des flots noirs, et tu as froid
et tu as si froid
tu plonges avec elle dans ce tumulte dans lequel tu dois vivre pour accomplir tes miracles
tu plonges et tu dis bonjour à la vie
à tout ce que tu aimes et qui n'est pas mort en toi
ni en elle
tu remontes à la surface en lui tenant la tête comme une enfant qui ne sait pas nager
et tu souris sous la pluie
tu souris aux arbres
aux ramages de la sève suintant par tous les pores de ta vie
tes pensées ennemies même
tu les honores pour l'amour de cette femme du plus noble de tes saluts
la somme de tout ce qui te constitue.

Avec toi plonge l'écorce de la terre toute entière
avec toi s'éveille le monde
avec toi plonge le saumon d'antan étendant ses branchies jusqu'à la surface de ta conscience
avec toi plongent les animaux de ton cœur qu'en arche tu as su construire
toutes les attentes dorées
tous les espoirs ruisselants
avec toi plongent dans cette eau noire qui te donnera la mort si tu ne te réveilles pas
Chahîd
Car ton nom est Chahîd


et tu l'as oublié



et moi je m'infiltre
je m'infiltre dans chacun de tes gestes
je m'infiltre dans chacune de tes paroles
je suis enceinte d'une charge d'amour dont je te somme d'être l'accoucheur
je suis le point d'origine de tous tes actes et de toutes tes pensées dans lesquels se joue l'étincellance de ce que tu oses prétendre lui donner



je veille.....



à la bonne marche des choses
et tu ne sais plus qui je suis
parceque tu es fou
parceque tu l'es devenu pour me fuir ce jour de combat à Mostar

où tu appris la langue musulmane qui a créé Ahlem
Je pourrais me faire si petite....
parles maintenant
parle encore et dis lui
maintenant que tu sais mon visage
maintenant que tes démons te délaissent entrevoir ta marionetiste
petit juif.
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MessageSujet: Re: Naître   Sam 5 Avr - 21:07

Tous ces mots qui ouvrent mille portes, la dégageant d’un labyrinthe, éloignant le vide qui la tenaillait. Eloignant le sens même de sa vie. Elle l’écoute, elle l’écoute parler les yeux fermés ou flamboyant dans les siens.

Il l’aime.
Plus que rassurée, plus que sublimée, plus que tout. L’amour avec un grand A, sans ses ennuis et ses problèmes. Quoi qu’il arrive désormais, rien ne pourra l’éloigne de son loup, rien ne pourra l’obliger à baisser les yeux.

Malgré la mort qui les observent.
Malgré l’eau qui les emmène.
Malgré le vent et le froid.
Malgré tout, elle reste insensible.
A lui, toute à lui.

Elle l’écoute énoncer sa vie sans la connaître, énoncer la sienne à demi mot. Elle plonge dans son cœur tandis qu’il s’y noie, elle le relève de ses mains sauvages sur son être. Elle le laisse la broyer, la tordre dans ses bras.

Puis la grise, se colle à lui, si fort pour qu’il ne la lâche pas, entre dans l’eau se laissant porter la tête. Ils plongent mêler l’un à l’autre, les cheveux de la belle recouvre leurs corps, voile si sombre dans les eaux de la vallée. Ses cheveux argentés reluisent par instant, reflet de la lune. Ils brillent de la lumière de leur amour dans les ténèbres de l’eau. Ils vivent, laissant leur cœur battre la même allure, si intensément parfois. Dans le silence de l’eau elle l’entend, le sien, le leur, ce rythme que toute chose possède, ne serais-ce qu’en mémoire.

Tendit que Yoshe les ramène tout doucement, dans le bruit, le bruit de la pluie sur l’eau, mélodie mêlée d’un battement plus rapide. Ses cheveux se pressent contre eux, les quelques bijoux d’argent mêlés tintent doucement, puis se taisent. Heureux son homme sourie au monde, à la vie. Perchée à son oreille elle murmure, si doucement que la mélodie de la pluie semble l’écouter, faiblir un instant pour mieux l’entendre.



« J’aime la bête, comme j’aime l’homme. Leurs rages et leurs silences, leurs mots si beaux et leurs sourires. J’aime les griffes qui me saignent, l’homme qui m’embrasse si doucement que son baiser ressemble à une caresse. J’aime mes yeux dans les tiens, la couleur de ta peau et celle de tes os.
Ce que l’on devine au plus profond de toi si on prend le temps de sombrer dans le bleu de tes yeux. Si bleus, un cristal à protéger, un cristal à soigner.

Et je resterais.
Je demeurerais près de toi, quoi qu’il arrive, attachée à toi comme un lierre à la pierre, comme une louve à son loup.
Même la mort ne pourrait me séparer de toi.
Même toi. »



Ses doigts s’amusent a passer dans les cheveux de son loup, mouillés, courts. La grise se redresse s’arrachant à l’eau qui les retiens, sans même se soucier du courant qui les entraîne. Elle se laisse porter par Chahîd, porter par lui pour lui. Le regardant droit dans les yeux, souriant comme s’il était un ange. Son ange, son diable tout à la fois. L’être parfait, l’être au centre de ces contradictions de ses paradoxes. Celui qui aurait pu ne jamais la regarder, la violer ou la tuer. Celui qu’elle aurait pu séduire, incendier, puis empoisonner.
Mais leurs existences ne se sont pas croiser.



« Si je me réveillais, je tuerais de nouveau, userait de mon corps pour séduire et détruire. Comme une grande dame la mort, sans sa prestance. Là-bas je n’avais pas de nom. Pas de vrai. J’étais la putin du quartier ou celle des plus hauts. Celle qui ne demande pas d’argent, tu sais.
Les pires.
Et l’amour était un feu dans les yeux des hommes que je jouais aux cartes et tuait d’une lame ou un poison.
Si je t’avais croisé, peut-être ne t’aurais-je même pas regardé. Sauf si tes yeux s’étaient posés sur moi, qu’il m’aurait arraché à mes petits jeux pour me faire rentrer dans son rang. Je me serais débattu un instant peut-être, je me serais peut-être même enfui.
Mais rien n’aurait changé.
Car ton cœur se lis dans tes yeux parfois avec une sincérité et ce mélange de violence sourde et de douceur légère qui est le tien.
Et je serais restée, marquée à vie.

Comme la première fois où je te vis. »



Parler même s’il n’entend pas, parler pour elle, parler pour Lui. Parler pour eux si proche, elle pourrait presque lire ses paroles sur ses lèvres avant qu’elle n’arrive. Des siennes elle lui ferme la bouche, l’embrassant.



« Yoshe, comme un écho dans mon crâne,
Une lueur dans mon cœur,
Une caresse sur ma peau.
Yoshe, comme tout ce qui me fut beau et qui me fascina.
Effrayé par l’homme autant que par la bête.
Si belle, si beau.
Je te veux tout entier.
Ta violence, ta douceur.
Je veux sentir tes doigts sur moi, la caresse de tes mots au creux de mon oreille, la brûlure de tes griffes sur mon dos.

Mon loup, mon roi, le souverain de tout ce qui est moi et qui t’appartiens.
Tout, sans limite je m’offre.
Sans même la barrière d ‘un secret.
Les ombres et les joies.
Les douleurs et les douceurs.
Sans même un regret, sans même une perte. »



Elle le regarde, de ce regard profond qui semble tout voir. Ses yeux étranges et son visage gris sont traversés par les remous de l’eau, les ombres qui se reflètent sur elle et la maquille.
La grise le regarde confiante, sans chercher à inscrire l’instant dans sa mémoire, l’instant serait tellement long … Un instant éternel à partir de ces secondes, depuis son refus de le voir jusqu’à l’infini qui se dresse devant eux. Il ne la quittera pas, plus jamais. Elle peut le lire sur son visage, dans ses yeux si bleus, si clairs et dans son regard qui la transperce, la sublime. Elle le sert dans ses bras.

Inconsciemment, elle désire un instant mourir ainsi, emporté par les flots de la vallée, redevenu ombre et lui chimère. La grise, entière, parfaite, sublime dans son aura de glace et de violence, dans cette faim lui ravageant par moment les traits, dans cette pénombre qui est la sienne à jamais.
Mais il y a Lui. Yoshe, son loup, celui qui désira l’humanité plus que tout autre, celui qui vivant se tiens dans ses bras et ne désire pas redevenir une bête, sa bête à part entière.
La mort ne ferait que lui voler encore ses rêves, elle ne peut se résoudre à perdre le bonheur dans ses yeux, à perdre l’espoir tout entier et sa présente lucidité. Se serait le trahir que de se laisser mourir. Mourir alors qu’elle peut attendre, l’attendre. L’ombre qui veille en elle peut se taire, peut lui laisser croire qu’elle désire la vie alors qu’inconsciemment c’est redevenir ombre qui lui plairait le plus. Ne faire plus qu’une avec la vallée, cesser d’être obsolète pour redevenir celle qu’elle était.
L’existence or de la vallée n’intéresse plus que l’humaine, qui se croit encore pleinement vivante, qui se croit encore désireuse de repartir alors que déjà Yoshe la rattache doucement.

Pour lui elle attendra.
Même une éternité entière s’il le faut.
Même si elle aurait aimé cesser de vivre entre ses bras, dans ses eaux.




« Dis Yoshe, où tu m’emmènes ? »



La vivante te la morte se mèlent, doucement, par petite touche, elle redeviens peu à peu la Mirahil de Vincent, celle de Maxime et de Sélène, de Xarha et de Chahîd.

Sans restriction, pour la première fois, la femme aime. Et l'incendie qui la brûle toute entière fais briller ses yeux et son visage. Lamour avec un grand A celui qui fais peur, celui qui fais mal. Elle a déjà tant souffert pour lui et si peu aussi. Elle ne s'est jamais senti aussi bien, detenant la clé de son coeur tout contre elle. Sortie du labyrinthe elle respire l'air pur et s'y consume.


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MessageSujet: Re: Naître   Mer 30 Avr - 21:44

[Hem... Le prenez pas mal, mais je préviens, je la joue minable, mon niveau se trouve quelques milliers de kilomètres sous le niveau du lac de Gaïa. *S'échauffe les doigts*]

Petite déferlante dans les eaux, juste poussée par le vent et vite démembrée par la pluie.
Elle tombe, sur les eaux, se mêle, redevient entière pour bercer les êtres en son sein.
Belle vallée enlacée par la pluie, partageant l'étreinte d'une vie nouvelle, d'une renaissance.
Belle renaissance pour mieux laisser à nouveau mourir, confondre les sentiments, se perdre dans une certitude et oublier l'irréalité.
Elle est là, la vie simplement, une nouvelle palpitation, des coeurs qui s'éveillent même si finalement ils ne s'étaient pas tout à fait endormi.


Et elle?
La chose, celle qui appartient à la glace et à l'eau, à la vallée et à la pluie, à l'essence même de ce qui a vu naître l'enfer de ce monde?
Elle est là.
Il est là.
Le monstre, la bête, le cruel qui jamais ne verra sa cruauté et sa faim s'apaiser, qui jamais n'aura de repos, ses sens les plus pervertis exacerbés par la pluie.
La glace n'est plus, mais lui est toujours, et plus encore, tout finalement. Tout ce qui est autour de lui est lui.


Et personne ne peut le voir.


Mais lui il voit, il dévore des yeux, ressentant en lui par avance le délice de dévorer ensuite des crocs.
Il avance, sans marcher.
Il approche sans esquisser de pas, il se dessine invisible pourtant. Il est la pluie.


Mais la pluie qui est sienne est plus froide.
Si froide!
Une tendre mère qui ne rêve que d'étreinte glaciale, qui ne rêve que d'étouffer les amants dans quelque chose de plus douloureux encore que le désespoir.
La mort.
Ce doit être ça, ou quelque chose de similaire, quelque chose qui s'enfonce dans les chairs, quelque chose qui transperce les eaux, enserrent les coeurs.
Jolis coeurs si étroitement enlacés..


Mais la rage est telle qu'il se révèle.
La rage et la haine, la faim et le désir, la volonté impossible à retenir, tout qui pousse le monstre à se montrer, déviant les gouttes pour redessiner les contours de son pelage d'eau, le relief immonde de ses yeux de métal aux reflets violents, affamés.
Les lèvres se retroussent, les crocs apparaissent, les imposantes pattes armées de lames tranchantes.


Il avance, devient Moïse, la sombre part du Messie qui écarte les eaux, qui devient les eaux, qui relève ses pattes dans un bruit écoeurant de sussions.
La tête baissée, les bosses de ses épaules qui roulent le rendent magnifiquement horrible.


Il veut jouer.


Juste jouer avec le couple enlacé, baigné par les bras froids de leur mère à tous, de sa mère à lui.
Il les veut, il doit la satisfaire, celle qui l'a vue naître, celle qui en appelle au sang et à l'horreur, à la folie et aux désespoir.


Il va lui offrir ce qu'elle veut, baignant son ventre d'immondices de de sang, la fertilisant par les morts pour qu'elle obtienne ce qu'elle désire et plus encore.
Ce qu'elle veut, le pouvoir sans limite, le pouvoir qu'il veut lui donner, qu'elle lui a donné.


Le pouvoir d'être seul prédateur, d'être le sommet de la chaîne alimentaire.


Et aujourd'hui, mêlé au lac et à la pluie, il veut lui faire honneur.



Je...
Suis...
Le Commencement...
... Et la fin.




[Top chrono! Au prochain post, j'agresse.]
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MessageSujet: Re: Naître   Jeu 1 Mai - 17:36

Englouti par ses bras, l'eau a le gout amer des pissenlits.
Englouti par ses mots, ses lèvres et sa peau presque enfant.
Des choses qui ramènent si loin et cette affreuse sensation de perdre pied de ne plus avoir pied du tout et le froid, un mirage,
cette sensation du froid.
Ses yeux brillants, son odeur cette proximité si insoutenable.


Pourquoi est ce que tu changerais petit pantin
Tu n'as jamais été foutu d'approcher vraiment une femme
De lui donner ne serait-ce qu'une parcelle concrète de toi
Les mots
les mots
toutes ces choses qui enrobent
comme de la soie
Tu te rappelles
oui
Bien sur que tu te rappelles
toutes ces choses




..........................................

- Dis papy, pourquoi il faut mourir?
Pourquoi un jour tu vas mourir et puis, un autre jour, c'est moi qui vais mourir ?
Oui papy, dis moi, pourquoi un jour tu vas mourir?

.....................



Son corps brûle et pourtant il a la chair de poule.
Il voudrait répondre mais les mots ne viennent pas, ne viennent plus.
Sa main se crispe sur sa hanche, il voudrait la broyer.
Cette horrible envie de la faire disparaitre....



................................................

- Je vais te répondre, mais je voudrais que ce soit un secret entre toi et moi Yoshe.
- Pourquoi?
- Parce que toi, tu vas comprendre. Les autres, les grands, ils risquent de ne pas comprendre.
Tu sais des choses qu'ils ne savent pas.
Tu vois des choses qu'ils ne verront sans doute jamais.

.....................................



La noyer, c'est cette seule idée qui l'obsède.
Pour ne plus l'entendre.
Pour ne jamais souffrir de cet amour là.
Pour qu'il dure une éternité.



Il n'y a rien sur l'autre rive
Tu le sais




...........................................................


- Pourquoi ils ne comprendraient pas?
- Parce qu'ils savent beaucoup de choses, ils ont beaucoup de bruits dans la tête, pas comme toi, dans ta tête à toi tout est neuf,
et tout est encore silencieux..
ou presque.
Dans leur tête c'est un peu comme dans une salle quand il y a beaucoup de brouhaha et on ne comprend rien. Toi, tu as un bruit dans la tête, et puis un autre,
et après un autre.
Ils ne se mélangent pas.
Quand tu vas grandir, il y en aura de plus en plus et ils vont commencer à se mélanger.
et puis, un jour, tu apprendras à les séparer,
à ne pas les laisser parler tous ensemble,
et surtout tu apprendras comment retrouver le silence dans la tête.
- Alors, c'est quoi ton secret.


................................................


Cette "chose" qui se rapproche, quelque chose qui le met mal à l'aise,
quelque chose qu'il sent et ne peut définir
familière pourtant
il la serre contre lui, la déplace, la fait tournoyer,
le courant froid les emporte, les attire vers l'autre rive.

Celle qu'ils ne doivent pas rejoindre.



..............................................

- D'accord, c'est un secret ? Bon! Le voici: peut-être qu'il faut mourir pour pouvoir vivre.
- Je ne comprends pas. C'est vivre ou c'est mourir dont tu parles.
- Les deux. C'est lié.
- Quand tu seras mort, tu vivras plus.

......................................



Ses muscles se contractent.



....................................

- Regarde cette feuille morte, là, elle a dû tomber aujourd'hui ou hier.
Elle est encore jaune.
A côté, tu vois, il y en a beaucoup qui sont déjà marron ou presque décomposées.
Beaucoup de personnes disent qu'elles sont pourries, mais je préfère dire qu'elles se décomposent.


......................................



Ses lèvres bleuissent.



.......................................

- ça veut dire quoi qu'elles se décomposent.
-C'est comme avec ton Lego.
Tu construis un château, tu le composes en prenant des pièces et en les emboitant les unes dans les autres.
Et puis un jour, tu veux construire autre chose, alors tu enlèves un par un les Lego, tu décomposes le château, tu récupères les éléments.
Ils deviennent de nouveau disponibles pour que tu construises quelque chose d'autre.
Dans la feuille, il y a beaucoup d'éléments.
par terre, ils se décomposent, ils redeviennent disponibles.

.......................................




"Je t'aime. Je...."


.....................................


- A quoi ils vont servir?
- Avec les pluies de l'automne, ils vont entrer dans la terre, ils vont nourrir la terre.
Ils vont servir à faire pousser d'autres plantes qui vont donner de la force au printemps qui viendra après l'hiver,
et aussi à l'été qui viendra après le printemps, avec tous ses fruits.



......................................



Il la saisit derrière la nuque doucement et il tremble.


"Je vais t'emmener loin d'ici, on doit partir d'ici, je...
il y a une chose... cette chose.... qui me dérange....
Je ne sais pas mais je crois qu'il ne faut pas aller de l'autre coté pour le moment"



..................................................

- Oui mais toi tu n'es pas une feuille.
- C'est vrai, mais regarde la pomme qui est par terre là-bas.
Elle n'est pas une feuille, mais elle se décompose aussi.
Tu sais que dedans il y a des pépins.
Quand la pomme sera complètement décomposée, pourrie si tu veux, les pépins pourront entrer dans la terre et germer.
Elle n'est pas morte, la pomme.
Elle prépare tout ce qu'il faut pour que les pépins deviennent un nouveau pommier qui donnera de beaux fruits.


...................................................


Ses dents claquent.
Ses yeux se détachent d'elle et il scrute l'horizon blafard et brouillé comme une pellicule passée.
Quelque chose s'approche d'elle.
Qui veut lui arracher.
Quelque chose qui peut la faire disparaitre.
A jamais.


Et ça ce n'est pas
envisageable.



..................................................

- Mais toi, tu n'es pas une pomme, alors pourquoi tu dois mourir?
- Non, je ne suis pas une pomme, tu as raison, mais attends un peu.
Regarde maintenant le lapin qui est dans son clapier près du mur.
En ce moment on le fait grossir avec des carottes et de l'herbe.
Un jour, on va le tuer, il va mourir.
On le fera cuire et sa viande te donnera de la force pour grandir et m'en donnera aussi.
On pourrait continuer.
Après la feuille, la pomme, le lapin, on pourrait parler de toi,
de moi.

..................................................




ça te rappelle quelque chose ?
Est ce que tu aimes que je réveille tes souvenirs ?
Dans l'enfant, ce n'était pas un "pourquoi ?" qui se préparait.
Il regardait son grand-père avec une confiance et une candeur qui m'auraient presque fais prier la terre et les galaxies qu'il soit à la hauteur de ce qui allait venir,
son vieux.

Mais lui, ce n'était pas mon pantin.
Ma créature me surprenait toujours c'était incontestable.
L'enfant n'était pas mort, et ne mourrait jamais, pas comme ça.

Un instant j'ai cru qu'il allait abandonner,
arrêter ce qui avançait en lui,
mais il se mit à rire
tu te souviens comme tu as ri ce jour là?
Cela fait combien d'années que tu n'as pas ri vraiment, Chahîd ?

Quand tu as demandé :



.......................................


- Et toi papy, quand tu vas te décomposer, comme tu dis,
tes Lego,
ils serviront à quoi?
- Ta question elle intéresse beaucoup de personnes.
Elle m'a intéressé autrefois.
Maintenant elle ne m'intéresse plus.
Pourquoi?
- Oh c'est difficile. Peut-être parce que ce n'est pas la bonne question ou alors parce qu'il faut la poser d'une autre façon
- Tes Lego ils vont servir à quoi? Comment tu la poses ta question?
- Je crois que je ne me la pose plus.
Autrefois, je me la suis posée.
Maintenant non.
- Et c'est pour ça que tu n'as pas peur de mourir ?

.................................


L'eau se retire doucement d'abord, imperceptiblement.



........................................

-Quoi?

..........................................



L'eau noirâtre s'écarte défaisant doucement
sournoisement leur étreinte.



......................................

- Oui toi, on dirait que tu as pas peur de mourir.
C'est pas comme le grand-père de sarah.
Il vient la chercher tous les jours à la sortie de l'école.
Souvent, il fait les courses avant et on l'aide à porter les sacs.
A la maison, chez eux, il dit souvent
"chienne de vie"
- Tu sais les gens qui disent souvent "chienne de vie",
ils peuvent avoir une "chienne de mort".

.....................................


Ses pupilles s'agrandissent, et ça lui échappe


"Je veux pas de celle là!
Pas la chienne de mort!"
Celle qui s'approche, est ce que tu sens
est ce que tu sens cette chienne qui approche!




.......................................................

- Et pourquoi, tu as pas peur de mourir?
- Parce que c'est normal de mourir.
Je ne suis pas une pomme, tu as raison, mais ma mort, elle est aussi naturelle que la mort de la pomme ou que la mort du lapin.
- Mais après qu'est ce que tu vas faire?
- Ce n'est pas moi qui vais faire quelque chose.
Toi tu penseras à moi c'est vrai....

......................................................



Une larme, ses yeux se dilatent, sa bouche se déforme



"Mais moi je veux pas que tu meures
tu peux pas mourir
pas sans moi.
On peut pas être séparés."



Comme s'il avait vu le diable.


......................................

..... Quelque fois tu auras l'impression que nous continuerons à parler ensemble.
Tu poseras des questions et tu te diras
"Papy, il aurait répondu cela"
D'autres fois, tu auras l'impression que c'est moi qui t'ai répondu.
Mais moi, celui que je suis aujourd'hui,
je n'aurai plus rien à faire, pas moi.
Mes éléments, mes Légo comme on disait, eux,
ils pourront servir à faire quelque chose.
-Tu m'as dit à quoi ils vont servir les Legos de la pomme,
et ceux du lapin.
Savoir à quoi ils vont servir les tiens, ça t'intéresse pas ?


...................................





"ça m'intéresse pas de toute façon à quoi pourraient servir tes Légo Ahlem!"



Les larmes inondent son visage, noyées par la pluie, il regarde fasciné, paralysée, l'énorme masse qui avance vers eux, et se redresse comme l'immonde Leviathan.
Il la serre contre lui, plaquant son visage contre sa poitrine, appuyant ses yeux si fort qu'il sent l'arrête de son nez lui entrer dans la chair.



................................................

- Autrefois oui.
Mais je crois que je me trompais en voulant savoir.
La pomme, le lapin, mais aussi notre chien,
et ton chat,
ils ne se demanderont pas à quoi ils vont servir après leur mort.
On dit qu'ils sont moins intelligents que nous.
Je me demande s'ils ne sont pas plus sages.
tu apprendras un jour à l'école qu'il y a beaucoup de peuples,
autrefois,
qui représentaient leurs dieux avec des têtes d'animaux.
peut être qu'ils avaient compris quelque chose que nous, nous avons oublié.


..........................................


L'ignoble gueule liquide la traverse sans un bruit, juste,
cette lente et douloureuse aspiration qu'il sent jusqu'au fond de sa moelle épinière.



..............................................

- Moi, quand je démolis un château,
c'est pour faire autre chose, et je sais pas quoi.
- Il arrive aussi que tu démolisses le château pour ranger les Légo dans la boite.
Ils seront disponibles et ils attendront.

.................................................



"Ne pas savoir à quoi je servirais après ma mort....
Ni à quoi tu servirais, toi ......"



Ce n'est pas envisageable.



..........................................

- ça me plait pas.
- Est ce que tu sais ce que tu vas faire demain à cette heure-ci?
- Non, peut être jouer dans le champs avec des copains ou venir te voir comme aujourd'hui.
- Moi c'est pareil. je ne sais pas à quoi serviront mes éléments quand je serai mort et qu'ils seront redevenus disponibles.
Je crois même qu'on ne peut pas le savoir et qu'être sage,
c'est accepter de ne pas le demander.
On se le demande parce qu'on attache beaucoup d'importance à soi.
Je vais te dire une chose maintenant,
mais à condition que tu respectes notre secret.
D'accord?"

..........................................


"J'en ai rien à foutre de tes secret Ahlem, je veux juste pas que tu vois ça, je veux pas savoir pour la suite, je veux juste que tu reste avec moi"


Et il plonge sa tête sous l'eau grise.

"Je te veux pas de mal mon amour je te veux pas de mal je veux juste que tu arrêtes de me parler de ces Légo."



Chhhhhâaahiiiddd
Chhhhhâaahiiiddd
Tu fais des bêeeeeeeeeetiissssssessssss


.............................................

- Oui.
- La pomme qui est là-bas, quelquefois,
je l'envie.
Elle se décompose, elle ne se demande pas à quoi elle va servir quand il ne restera rien de visible d'elle,
mais elle prépare la vie d'un nouveau pommier.
Si elle s'interrogeait sur ce qu'elle va devenir,
elle risquerait de ne pas se préparer aussi bien la vie qui va venir.
Peut-être qu'elle préparerait un pommier moins fort et qui donnerait pas d'aussi belles pommes.
Parfois, je me dis que c'est elle qui a raison.

............................................



"Oui, tais toi! Tais toi! Je veux plus rien savoir! Ahlem, Ahlem....."


Dernière édition par Chahîd le Jeu 1 Mai - 21:58, édité 7 fois
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MessageSujet: Re: Naître   Jeu 1 Mai - 19:46

Tout va si vite, cette mémoire cruelle qui revient et se confond avec Elle.
Avec la bête.
Avec la mort qu'elle apporte.
Avec cette mâchoire prête à lui arracher la grise.

Et lui se protège, et lui enfonce encore sa tête sous l'eau froide.
Il croit la protéger aussi
dans le corps de la Vallée.



..........................................

- Alors, tu vis quoi!!!!
Et mourir, ça ne te préoccupe pas!
- Oui, en gros, c'est ça.

..........................................



"Mais c'est dégueulasse tout ça!"


Un voile passe sur le visage de l'enfant qui s'est un peu reculé.
Un voile passe sur ton visage aujourd'hui encore.
Est ce que tu sais ce que tu fais?
Chahîd.
Elle va mourir.
Celle qui t'es si chère va mourir
et ce sera toi.
Toi.
Qui l'auras tué
encore une fois.


...................................................

- Tu as dis que le lapin, quand on le tuera et qu'on le fera cuire, sa viande me donnera de la force et à toi aussi.
c'est parce qu'il est jeune et que sa viande sera bonne.
toi, tu es vieux, tes éléments, ils ne peuvent pas donner de la force.
- Toi et moi nous avons beaucoup d'autres éléments que nos muscles,
notre peau et nos os.
ton sourire, c'est un élément de toi.
Et ton rire aussi que j'aime tellement.
et ton amour pour ta maman et ton papa.
et bien d'autres choses qui font que tu es toi, et pas un autre.
ce sont eux, les élements importants qui sont en toi.
- Et tes éléments importants à toi, ils seront disponibles?
-Oui.
-C'est de ceux-là dont tu t'occupes?
Pas des autres.
c'est pour cela que tu manges si peu.
On peut dire comme ça si tu veux.
- Pour la viande du lapin, je comprends.
Pour ces éléments importants, non.
- D'un certain côté tu as raison parce qu'il y a quelque chose de plus important que les éléments.
Il y ace qui les fait tenir ensemble, ce qui les réunit.
je vais essayer de t'expliquer.
Ce n'est pas facile....


........................................



"Non, non, non, tu ne vas rien m'expliquer."


La gueule lui fait presque face maintenant.
Et son corps se met à trembler.
Elle se débat sous lui.
L'air lui manque
Elle, lui manque.



..................................

.... Tes éléments, les miens, s'ils restent ensemble, s'ils forment ton corps,
ton esprit, ou les miens,
c'est parce qu'il y a des forces, des énergies,
j'aime mieux ce mot là, qui les réunissent,
qui les aident à former un tout.
ce sont ces forces,
ces énergies qui sont importantes.
et, quand on veut,
on peut travaille pour que ces énergies soient les plus belles possibles.
si on y arrive, alors le jour où les éléments se décomposent,
le jour où on meurt,
ces énergies sont disponibles pour quelque chose de beau.


..................................................




".... De beau, de beau DE BEAU!!!!! Non mais tu te foutrais pas un peu de ma gueule!!!!!"


Il lui arrache la tête de l'eau
des gerbes d'eau acre giclent
et l'embrasse
pour étouffer encore
pour lui demander pardon
et l'eau s'écoule de sa bouche violette




"de beau ce qu'il y a de beau ce n'est que toi... toi..... vivante"




........................................


- ça va pas ce que tu me dis!
Quand on est vieux, on n'a plus de forces.
-On perd des forces physiques, oh oui, c'est vrai,
mais on peut travailler pour mettre en soi des forces qui, elles
ne sont pas physiques.
Disons, si tu veux, des forces qui ne sont pas dans les muscles,
mais dans la tête et surtout
dans le coeur Yoshe.
Tous ceux qui se lamentent parceque que, veillissant, ils perdent leur forces physiques, ne remplacent pas ces forces par d'autres forces.
C'est triste.
Les autres, ceux qui travaillent pour y arriver,
ils deviennent riches de beaucoup de choses qui n'ont rien à voir avec les forces physiques.
Mais tu sais, je vais te dire un autre secret:
il faut commencer très tôt,
sans attendre d'être vieux, parce que, si on attend, après,
il est trop tard.

...........................................



"Trop tard... pas être trop tard..."

...........................................

- Alors, il faudra que je commence bientôt,
moi aussi.
-Oui.
- Comment ?
- Ah, ça, c'est une autre histoire mon petit Yoshe!
Une belle histoire!
Ce soir on n'a plus le temps de commencer à la raconter.
Il faut que tu rentres dîner.
Mais on la racontera quand tu voudras.
Demande-le moi et on commencera.
peut-être qu'il faudra plusieurs jours pour la raconter, mais ça ne fait rien,
on a le temps.


....................................................



"Moi je ne veux pas qu'il soit trop tard.
ALORS, NAGE!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!"


















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MessageSujet: Re: Naître   Dim 4 Mai - 13:12

Il n'y a rien sur l'autre rive
Tu le sais



*Oui
Ni pour toi ni pour moi
A part la mort, ce n’est pas une bonne solution.
La mort totale, c’est retourner dans notre corps là-bas et se faire enterrer.
Il faut attendre.
Il faut attendre le bon vouloir de la vallée …*







"Je t'aime. Je...."


Son loup l’aime, elle aimerait rugir de contentement mais son regard est vague, brûlant, apeuré sans doute. Il a peur d’elle, d’elle et de sa mortalité. Il a peur de la perdre, il a peur de la voir avec un autre, il a peur qu’elle ne l’aime plus. Il a peur et rien ne pourra le rassurer complètement sauf …
Sauf sa mort à Elle, Mirahil le comprend à l’instant même où il pose sa main tremblante sur sa nuque et la serre. Comme la main de l’Ankou, aussi aimante, aussi violente, aussi douce. Comme la main de la faucheuse sans la peur de la voir disparaître.
Elle l’aime.



"Je vais t'emmener loin d'ici, on doit partir d'ici, je...
il y a une chose... cette chose.... qui me dérange....
Je ne sais pas mais je crois qu'il ne faut pas aller de l'autre coté pour le moment"



Il est perdu, comme un gamin aux yeux écarquillés devant l’inconcevable. Un homme perdu devant la femme et la mort. La mort si proche qui nage vers eux. Mirahil n’a pas peur, juste pour lui. Elle reste, silencieuse, apaisante et rassurante.
Elle sens cette chose elle aussi, pas comme le sentirait un humain. Mais la grise sens le danger.
Il promet encore, toujours. Dans sa gorge ses mots, il aimerait tant pour elle. Pourtant la grise ne veut rien, juste lui. Elle l'a déjà, le reste l'importe. SOn désir de revenir sur terre la tenaille, mais différament. Elle se rend compte qu'elle ne veut plus, qu'elle préfère affronter le pire, affronter l'enfer près de lui qu'être loin de son loup.



"Je veux pas de celle là!
Pas la chienne de mort!"
Celle qui s'approche, est ce que tu sens
est ce que tu sens cette chienne qui approche!



Il a peur. Il tremble, l’enfant a peur du noir. L’adulte a peur de la mort. Il parle, il murmure, les sons crient parfois. Sa se passe dans son esprit et elle reste aux abords, sans voir les souvenirs. Elle voit juste les conséquences et sa l’effraie un instant. Sa la fais souffrir, sa la rend folle d ene pas pouvoir soigner les blessures.
Car jamais elle ne pourra vraiment.
Car jamais il ne pourra vraiment.
Handicapés de la vie, le voilà dans un lac entre la folie et la tentation, entre la lucidité et la déraison. Il ne leur manque plus que la bête plus très loin maintenant.
La bête, pas leur dragon.
Non pas leur dragon.
Pas celui qui joua avec eux. Qui les aima.
Qui fut eux un instant.
L’autre …

La bête nage, maintenant ils peuvent la voir elle est loin si loin. Mirahil râle un instant, elle a peur. Cette peur qui naît dans son ventre et qu’elle ne comprend pas, cette douleur aux yeux, elle voit trouble un instant. Est-ce sa tête qui menace d’éclater ?

Il la noie, il la noie. La mort est là dans cette main, sa main.
Elle ne se débat pas, elle ferme les yeux elle attend, elle l’aime.
Elle a confiance en lui.
Même s’ils doivent mourir.
Elle veut juste rester près de lui, même si pour sa elle doit mourir.

Et puis son corps refuse, elle se débat, l’eau fuse et brûle. Incendie sa gorge et ses poumons. La douleur rentre en elle, sourde battante, son cœur bat fort, si fort qu’il pourrait rythmer des vagues. La bête l’entend ce cœur qui menace de se rompre, elle l’entend l’eau fait tout passer. Elle peut entendre la mort s’engouffrer dans la belle.
La bête la tiens et elle ne peut bouger. Il la serre si violemment qu’elle ne peut se défaire de lui.

Le désespoir arrive comme un marteau, il frappe sur l’enclume de son crâne, il t’embourine, il violente. Elle n’arrive à le tenir à l’écart, elle se bat pour que la douleur ne la laisse pas chavirer.
Puis la rage qui s’infiltre et qui la transforme en furie, un instant.
Elle l’éloigne de nouveau, mais le désespoir reviens en masse.
Puis elle pense à Chahîd, puis elle pense à Yoshe.
Et l’espoir reviens, l’espoir reste à l’approche de la mort.
Et soudain, il la relève, et un instant elle peut respirer, recracher l’eau. Mais déjà il l’embrasse, l’écrase encore, l’étouffe, la broie, elle menace de chavirer mais il la tiens. Comme une poupée sans force elle reste dans ses bras. L’air lui manque, et l’eau s’écoule de leurs bouches liés. La douleur se mêle à l’immense amour qu’elle éprouve pour lui.




"de beau ce qu'il y a de beau ce n'est que toi... toi..... vivante"



"Moi je ne veux pas qu'il soit trop tard.
ALORS, NAGE!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!"





Elle tremble, elle s’éloigne un instant de lui pour reprendre son souffle, la grise regarde l’eau, elle, prends conscience de la situation. Ils sont loin, ils sont loin de la rive. Déjà la bête et sa traîne d’eau torsadées s’approche et menace. Elle la déjà vu, elle la déjà vu !!!
Cette bête peuple ses cauchemars de ses crocs. Ses yeux sont encore troubles, sa voix rauque et sa gorge douloureuse, elle ne peut que murmurer un mot d’amour à son loup avant de plonger dans l’eau, lui tenant la main et filer comme un poisson sans même le lâcher vers la terre.


*Rappelle toi ! Rappelle toi bon sang !
Avant tu savais nager comme un poisson.
Tu allais si vite.
Tu allais si vite.
Sa entraînait ton corps de pute.*


Mais elle avait arrêter, avant que ses épaules prennent trop de place, avant qu’elle ne prenne les formes d’une nageuse et moins de grâce. Elle serrait fort la main de son loup, guidant la nage, battant comme une nagoire ses jambes, filant dans l’eau sans la bouleverser sans la frapper. Les yeux grands ouverts elle observait devant sans même jeter un œil en arrière. Ses cheveux gris derrière elle, brillait au reflet de la lune au-dessus d’eux, l’eau qui paressait si noire peu auparavant devenait comme plus claire maintenant qu’ils s’y cachait. Et quand la douleur dans ses poumons était trop forte elle revenait au dessus de l’eau un court instant pour aussitôt replonger.

La belle et la bête prenait de la vitesse, doucement mais sûrement, s’éloignait du large et bientôt ils touchèrent le sol.
Mirahil jeta un œil derrière elle.
Et l’angoisse monta dans son corps, broya un instant ses forces.
La bête était là ….
Et la peur, la douleur à ses yeux la rendit aveugle un instant.
Le hurlement de la bête et le sportes de la mort, souvenir de son existence mélé d'invisible revinrent à elle.


"Je ... je crois que je vais ..."

Murmure, elle tremble. Mais les mots n'arrivent plus dans sa bouche, elle est pétrifiée ...
Et ses mots sont rauques a peine inaudible, sa voix un peu cassée, blessée par l'eau, son souffle court et les battements de son coeur rapides.
Ce sont ses premiers mots depuis qu'il lui a dit qu'il l'aime. Parce que les autres mots ils ne venaient pas et Chahîd ne souhaitait pas les entendre.
la mort à frôler la belle et elle la déjà oublié ...



[Qu'est-ce qu'on ferait pas sans pépé]
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MessageSujet: Re: Naître   Dim 4 Mai - 22:54

[Paix à l'âme de pépé.]


Nage!
Oui, nage donc.
Nagez, petits poissons, mais vous resterez des proies.
Lui ne nage pas, il avance, il marche?
Les eaux s'écartent, se resserrent, accompagnent le diable dans sa valse mortuaire.
Il ne se presse pas, pas pour le moment.
Il souffre, l'hésitation lui fait mal.
Le poisson gris, le poisson qui crie?
La tête monstrueuse dodeline vers l'un, vers l'autre, les yeux de métal roulent dans leurs orbites sans fond.


Il coule...
La vague ondule, lente, serpente vers les amants.
Les vagues se soulèvent, il est content.
Lequel... Lequel?
Le choix est fait, le choix se fait de lui-même.
Il balance, le monstre, et puis plus rien.


L'eau est calme à nouveau.
Il n'est plus là. Plus du tout.
Rien ne bouge, à part les poissons.
La nature semble se taire par-delà l'horizon.
La pluie chante, seule maîtresse du son, seul parole de la vallée muette.
Il n'y a plus rien, à peine les ronds parfaits dessinés par les gouttes, à peine les petites perles rebondissantes sur le lac.


L'entendez-vous?
Non, pas le vent, toujours la pluie.
Elle parle, elle vous parle.
Dans sa voix se mêlent les plaintes, les visions de fin, les sombres desseins.
La vallée a choisi, elle ordonne...
... et l'enfant obéi.




Citation :
"Je ... je crois que je vais ..."





La bête connais une histoire.
C'est celle du petit poisson qui vouait des jambes.
Celle du petit poisson qui voulait vivre à l'air, s'étouffer de lumière.
Mais le petit poisson, et bien...
... Il est retourné là d'où il vient.


La louve aussi, va retourner là où vivait le petit poisson.
La louve est devenue poisson.
La patte de la louve, si attrayante, si intéressante.


Gnap!


Attrapée, la louve!
Inutile de jouer à chat, jamais le monstre ne lâchera.
L'eau se soulève, une vague imposante, violente qui sépare les amants.
Mais la tête?
Sous l'eau, dans l'eau, les mâchoires se referment sur la jolie jambe féminine.
Il tire.
Non, l'eau la tire.
L'eau l'entraîne, lui fait perdre pied.
La rive semble s'éloigner, non?
La bête tient sa proie et l'emporte en arrière, l'attire vers le large, là où déjà il n'y a plus pieds, là où ne règne qu'un univers sombres et étouffant.


Plouf!



Sous l'eau la louve!
Et le chemin vers l'enfer ne fait que commencer.


Et le monstre, il connait une autre histoire aussi.


Dis, jolie louve, connais-tu l'histoire du crocodile dans les eaux du Nil?
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MessageSujet: Re: Naître   Lun 5 Mai - 15:24

[parle pas de mon pépé toi avec ironie, sale bête Cogne ................ puppy ]


.
.
.
.
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.
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.
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.
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.
.





Remonte.












HHHHHHHHHHHHHHHHHH


hhheeehhhhhhEEEEEEEEEEEEEEEEE





Serre sa main minuscule dans la sienne






HHHHHHHHHHHHHHHHHH


hhheeehhhhhhEEEEEEEEEEEEEEEEE


*Pourquoi n'est elle pas en colère
Pourquoi n'a-t-elle pas peur de moi
de rien
n'a peur de rien
Pourquoi est ce que j'ai peur, moi, maintenant*








*Depuis quand est-ce que la peur est revenue?
Avec les souvenirs?
Pourquoi est-elle revenue?
Pourquoi tant de questions et ce froid
Pourquoi tout est comme avant.
Avant.
J'avais tout réglé.
j'avais bien réglé cette affaire de la peur...
Avec ......
ça
dans ma tête...
Pourquoi est-ce que je n'ai pas de cicatrice sur le visage?
Pourquoi je ne suis pas défiguré?
Si j'étais comme je dois être, elle... elle.. ne m'aimerait pas....

La même peur exactement cette même peur
celle qui revenait chaque nuit à Sarajevo à Mostar bien après encore toutes les nuits
toutes les nuits
la peur de perdre
de tout perdre
jusqu'à mon humanité
jusqu'à la capacité de pleurer pour quelqu'un
.
.
.

ces enfants et ces femmes qui ne hurlaient plus
juste cette bouche ouverte qu'ils avaient tous tous gravée sur le visage
et le cri
muet
celui qui ne sort jamais parcequ'il n'a plus rien à appeler
et les yeux hagards
de ces enfants sans père
de ces femmes sous des bâches en plastique
de cette horreur, j'étais si impuissant


je ne veux pas te perdre

Comme ça que j'étais leur bourreau
je voulais les sauver...
comme toi...
comme toi
Ahlem

أُحِبُّكِ

La colère... est fille de la peur....*



Il nage auprès d'elle, des larmes coulent sans interruption sur ses joues glabres
et il ne cesse de se retourner guettant la marée avançant
il l'écoute qui respire et son ventre se crispe, noué par la terreur de ces vagues géantes, irréelles avec une gueule qui fond et réapparait sans cesse.
La terreur
la vraie terreur
celle qui n'a plus ressentit depuis des années
de la voir disparaitre
Elle
à jamais cette fois.
Comme tout ce qu'il a connu et approché a disparu, tôt ou tard.
Trop vite.


*Je me croyais mort.... je croyais que j'en avais fini avec la douleur*


Son corps l'entraine, et il prie on ne sait quel saint pour qu'ils s'en sortent, mais pourquoi est ce qu'il n'y croit pas.
Pourquoi est-ce qu'il n'y croit plus.
On lui a toujours retiré ce qu'il aimait le plus au monde.
Il l'a toujours
provoqué.
Cette perte du monde.
De son monde.
Hors de la masse noire et glacée.
Elle saine et.....





Gnap.....
Gnap
Gnap
Gnap
GNAP!!!!!







Heeeeehhhhh heeeeh eeehhhhhhhHHHHHHHHHHHHHHHHHH



Plouf

Ahlem!
AHLEM!!!


ça ne sert à rien de hurler petit juif
je t'ai tout prit
Enfin ! je t'ai tout prit!
Parce que c'était ton vœu le plus cher
c'est comme cela que je t'ai voulut et choyé
pour que tu sois contre
absolument
Contre

Tu sais qu'elle va disparaitre
Et c'est ce que tu as toujours
voulu

Perdre
pour avoir encore et toujours l'envie
de te battre!



Il plonge à nouveau, la colère enfin renaît
1
2
3
4
5


"Je n'ai plus peur maintenant... Tu vois..."


Poursuivant son cauchemar, battant l'eau de toutes ses forces pour la rejoindre, rugissant tous les mots les plus orduriers qu'il connait pour saisir ce monstre froid et brutal qui lui échappe à chaque seconde et qui lui arrache les tripes et qui lui arrache l'humanité qui scintille au fond de lui, cette étincelle si fragile, si vilaine, si sublime qui le fait pleurer de rage d'être fou
et désespéré
de la perdre




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MessageSujet: Re: Naître   Lun 5 Mai - 19:08

Il n'y a pas que les sons qui se propagent mieux sous l'eau. Le désespoir y parvient aussi. Surtout ici, surtout là, dans cette onde fausse et mouvante créée pour abuser, dans ce lac où plus encore qu'ailleurs la maîtresse de séant joue avec les frustrations et désirs de ses captifs.

Dans ces eaux sombres, le désespoir, la peur, filent plus vite que les cris.

Et Nebel, oh Nebel tu le sais, oui oui tu le sais. Tout comme tu sais que la louve, c'est Gram, MA Gram, que j'ai vu en premier, que j'ai choisi en premier! Mais c'est tout toi, ça. Tu le sais, et tu t'en fous. Pas étonnant qu'Elle t'ai laissé mordre la Chimère, pas étonnant qu'Elle m'ait désigné l'Ombre. Toi, toi...

Un reflet. Argenté. Reste de gel, fondu en une miriade de mortelles gouttes de pluie qui filent sous l'eau comme un banc de minuscules et sauvages piranhas.

Toi...

Il sait qu'ils ne doivent pas se battre, c'est même le fondement de leur existence, la base, l'unique loi.

Mais toi...

C'est SON couple damné. Ce sont SES proies. Et elles sont chez LUI.

Le choc est effroyable. L'eau, le lac lui-même semble pris d'une monumentale convulsion tandis que sa surface se creuse puis explose, qu'il jaillit vers les nuages brumeux avec un grondement qui fait frémir les vitres du lointain village.

Peut-être qu'il a désintégré ceux qu'il voulait garder pour lui, qui sait? Il s'en fiche.

Colère, jalousie. Tous des tricheurs, juste des bons à rien de tricheurs. Même le Loup triche!

Son long corps a jailli au milieu de la tourmente, tour verticale et fluide qui surplombe le lac de sa fureur. Autour de lui l'eau retombe en gerbes d'apocalypse, submerge, arrache les arbres trop proches de la rive. Et ses yeux éternellement glacés cherchent, non pas Gram, non pas l'Etre de Colère qui l'accompagne.

Ils cherchent Nebel, qu'il a percuté de plein fouet, et que même s'il ne peut défaire ce que leur Mère a fait, il se dit que peut-être il a blessé le Loup.

Il ne veut pas blesser Nebel.

Par contre, là, tout de suite, il ne serait pas contre le fait de le tuer.



SES proies!
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Mirahil
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MessageSujet: Re: Naître   Lun 5 Mai - 19:54

Paralysée.
Paralysée par ce qu’elle sait.
Elle n’a plus le temps de partir.
Elle n’a plus le temps de partir …


Elle part.
Son cri se perd dans l’eau, son angoisse se transforme en terreur.
La tourmente des flots l’assaille, sa jambe semble prête à se déchirer.
Elle sait.
Que maintenant c’est bientôt la faim, que sa vie ne tiens plus qu’à un fil, qui ne lui appartiens pas, qui n’appartiens pas à Chahîd, Et que Nebel ne protégera pas.
Perdue.
Elle retient sa respiration le plus longtemps possible.
Elle lutte alors que tout est vain.
Tel un ballot de paille il la prend, si profond sous l’eau, si vite qu’elle en a le corps broyé.
Il s’enfonce la noie.
Ses crocs violentent sa chair, le sang coule, ses forces se perdent.
Le grand loup de la vallée, celui qui est près à la tuer là maintenant. Mais pas avant d’avoir jouer comme un chat avec une souris.
Des heures et des heures de terreur.

Et il y a Chahîd, qu’elle imagine loin.
Il nage vers elle, la grise le sait. Elle aimerait lui crier de partir, de vivre, d’aimer.
Mais il n’obéira pas. Il ne se sauvera pas.
Elle ne veut pas qu’il tue encore.
Elle ne veut pas que ses crocs blessent et dévorent.
Elle le veut en harmonie avec lui.
Il ne la lâchera pas …

Elle se débat, elle tente de respirer. Elle tente de vivre.
Puis elle accepte.
Avec le plus de force dont elle est capable, comme cet homme là-bas, cet homme mort suicidé qui avait su lutté contre le désespoir.
Mirahil n’y arrive pas, le désespoir monte, monte bientôt c’est le raz de marée.
Le bateau coule, le bateau sombre emporté par le monstre des profondeurs, il ne reste plus rien.
Juste ce scintillement encore, ce petit scintillement qui se nomme espoir et qui a bien pale ardeur.
Le même que celui dans le cœur de son loup.

Et puis elle hurle, usant de tout ce qui reste, elle hurle sans bruit et ferme les yeux.
Elle va mourir comme une battante.
Oui c’est cela mourir.

Mais son cri se répercute.
Se transforme.
Mouvement reptilien au loin.
Elle a fermer les yeux, elle ne peut le voir.
Lui, son prédateur.
Lui, son dragon.
Lui, Le dragon.

Il hurle et le monde en reste stupéfait.
Il hurle et la violence des flots bouleverse la belle.
Il hurle et ses yeux s’ouvrent et l’espoir fait fuir le venin gris.
Et le verre de son cœur redevient chaud et rouge.
Elle a frôlé la mort.
Elle a frôlé la vie.
Elle se souvient de lui.
De Chahîd avant.
Du dragon et de leur alliance.
De leurs vies qui l’appartienne à lui.
A lui seul …
Le loup a voulu jouer au crocodile, la bête des profondeurs est entré en chasse.
En disgrâce ?

Il a hurlé et son corps à eu la force de vivre.
De ce souvenir de bien peu mais de beaucoup déjà.
ET il a percuté Nebel.
La grise s’est vu projeté. Et elle s’est accrochée.
Accrochée au dragon.
A ses écailles. Et tandis qu’il défiait le loup de la forêt.
Elle est remonté, tout près tout près de son cœur.
Elle a attendu le silence.
Celui juste avant l’apocalypse.
Celui juste après la tempête.



« Un jour tu viendras me chercher dis ?
Et ce jour là, je serais à toi, rien qu’à toi. »



Pacte avec le diable, sa voix rauque est caressante et douce, ; elle force dessus pour dire ces derniers mots.
Chevauchant la bête, elle sait pourtant que là n’est pas sa place. Les bêtes vont se battre et jamais elle n’aura la force de rester là, dans l’œil du cyclone.



« Et quand tu viendras.
Pour me dévorer ou pour m’enlever.
Je serais heureuse … »



Elle laisse ses yeux se fermer, son cœur comme il y a, lui semble-t-il des années auparavant, se lie à celui du dragon. A son souffle, à sa rage. Et quand elle rouvre les yeux, ses pupilles enragent, brûlent de colère. Et le battement, reste dans son cœur, dans ses oreilles. Elle l’entend, elle l’entendra …
La grise ferme les yeux une dernière fois, et son corps épuisé s’affaisse. Brutalement il tombe dans l’eau et le sommeil lourd la prend.
Elle n’a plus la force de vivre …

Et son corps sombre, sombre …
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MessageSujet: Re: Naître   Lun 5 Mai - 21:52

Traître...

Oui, jouer au crocodile et tourner, tourner encore pour lacérer, pour détruire, déchiqueté et se baigner de sang.
Oui, démembrer la louve devenu chiot à noyer, à dévorer.
Oui, s'amuser, profiter de ce temps, de ce plaisir rageur, de cette exaltation bienvenue.


Traître...


La proie est sienne, elle le sera à jamais, il en a l'intention, il l'a décidé, et c'est bien ainsi, non?
Mais l'eau transmet, l'eau murmure une autre présence, elle lui raconte eu creux de l'oreille bestiale que l'autre approche.
Partager? Oh non.
Il vient peut-être voir.
Oui, c'est ça, voir la mort, voir le sang.
Les mâchoires ne lâchent pas, sous l'eau le faciès animal se tourne légèrement, juste à peine...

...Trop tard.


Traître...


Le choc est violent, la bête des forêts lâche sa proie, ses pattes heurtent le fond, glisse dans la vase, il rebondit, se projette vers la surface, s'élève au-dessus des eaux.


TRAITRE!!


Les mâchoires entrouvertes éructent sang et bave, les babines se retroussent exhibant les crocs comme une armée de lames.
Le dragon ose s'interposer?
Le dragon ose l'empêcher de faire ce pour quoi il est né?
Pourquoi, frère?
Pourquoi interrompre le plus beau des actes pour laquelle la vallée nous a vu naître?
Pourquoi protéger les proies?


Le grondement s'élève, tellement plus sombre, tellement plus violent, la rage des fauves toutes espèces confondues dans une seule gueule.


Mais il n'attaque pas son frère.
La mâchoire inférieur frémit, ondule le grognement comme une supplique, comme une demande d'explication.
Pourquoi donc, maudit frère, faire honte à la Mère?

Elle est sans pitié, sans aide, sans partage, sans...
Sans ces proies qui lui font honte, qui se dévergonde.
La pluie a-t-elle donc à se point changer ses sombres desseins?
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MessageSujet: Re: Naître   Mar 6 Mai - 16:12

Pas la pluie, pas la petite pluie du printemps
l'hiver, l'hiver et les glaces
le froid et l'eau qui font éclater la pierre, qui brulent les corps.

Il se débat comme un damné dans cet élément qui n'est pas le sien, l'eau entre dans ses narines et lui piquent les yeux, il se sent comme un nouveau né en train de braire.
L'eau s'engouffre et tourbillonne, sa tête tourne et la colère toujours plus grande l'envahit, le ronge mais il ne veut pas lui céder, il ne veut pas lâcher prise.

Il est déjà vaincu par celle qui l'a fait renaitre un jour d'hiver. Quand le blizzard sifflaient entre les bois noirs de la Vallée.

Ses larmes ont cessé de couler, ses muscles se tétanisent sous l'effort, l'eau laboure, elle creuse, et lui ramollit la peau.
Appeler, la saisir, mais tout est sourd, tout se mélange, et il se sent projeté comme un bateau contre les rochers.
Battu comme un linge au lavoir.

Cherche de l'air, il est bleu maintenant et il manque d'air.

A peine a-t-il le temps de la voir disparaitre dans l'eau grise qu'une nouvelle vague lui brise l'échine. Un coup de masse qui lui brise les os. Ses poumons sont pleins.
Mais sa volonté résiste encore.

Sensation qu'on l'écorche vif, qu'on le pèle après l'avoir ébouillanté.

Il remonte, tout est trouble, et à peine arrive -t-il à s'approcher qu'il valse à nouveau une souche griffée, abattue
et qu'il s'enfonce, misérable morceau de plâtre qui gonfle et éponge l'eau recouverte d'écume.

La colonne d'eau l'écrase.

Devant lui le dragon furieux sonne l'hallali
et sur sa nuque miroitante
Mirahil chevauche,
sublime vision de sa cavalière l'espace d'une seconde
maintenant bringueballée comme une poupée de chiffon
qui retombe,
puis disparait.

il perd pied
il sombre
il ne voudrait ne plus lutter.


".... te rejoindre.... Ahlem....

Mère... Mère....
accorde moi... cette dernière faveur......"


Mais elle le rejette.
Elle le dégueule, mais lui, il n'est déjà plus là, il rit.
Dans sa petite tête il rit.



Une dernière vague le soulève il est dos au dragon et à son chien et il rit.
L'eau s'écoule de sa bouche
ça ruissele et ça pique
il n'a cure du respect familial
il est tout entier fou
d'elle
de cette Vallée
de cette reine qui ne cesse de pondre des avortons plaintifs, inutiles

il dit, il clame et sa voix est froide comme l'hiver qui l'a vu naitre
sa bouche déformée par la colère parce que que finalement il ne peut admettre,
parce qu'il ne peut pas accepter d'être le pantin de chair qu'on veut faire de lui
celui qu'il aurait voulut être une seconde auparavant



"Je veux.
J'exige.
Tu entends bien ce que je te dis.
Je veux que tu me la rendes, et tu me la rendras, quelque soient tes desseins, Mère.
Parce que tu sais que tes chiards, un jour ou l'autre perceront ton secret et que tes otages prendront le pouvoir "


Un sourire mauvais lui barre la face tandis qu'il moissonne encore la flaque maternelle.
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MessageSujet: Re: Naître   Mar 6 Mai - 23:23

Il soutient le regard du Loup, avec colère, avec fureur. Mais sans haine. Pas de haine entre eux. Des montagnes d'incompréhension, des océans de rage, des déserts d'indifférence. Mais pas de haine.

Et normalement, pas de jalousie.

Il ondule au-dessus des flots, furieux et indécis. Un regard à la chose, la petite chose qui lui a parlé, la petite chose qui encore une fois a osé le caresser. L'enlacer. Lui n'éprouve rien pour elle, il n'est pas fait pour cela, la pluie qui coule dans ses veines de glace le fait toujours au même rythme, qu'on le craigne ou qu'on l'adule. On ne peut le juger, tout comme on ne peut juger Nebel. Ils sont hors du temps, hors du rêve de tous ces abrutis en mal d'enfer. Ils sont à Elle, à Elle seule.

Et Elle n'est pas touchée par l'amour de la louve.

Pas touchée. Mais intéressée.

Le petit être anciennement de brume retombe, et le serpent plie, siffle. Sa tête fusiforme file sur la crête des vagues jusqu'à atteindre la berge, jusqu'à flairer la fourrure liquide du Loup. Sa langue en trident goûte l'air, un feulement aquatique roule hors de sa gueule entrouverte. Dans ses yeux, toujours de la colère. Mais pas de haine. Pas de haine.

Tu as triché, c'est tout. Tu as triché et tu le sais. Il y en a tant d'autres que tu aurais pu - que tu as déjà gobés, dévorés, désossés, massacrés. Mais ceux-là, voyons mon frère, ceux-là...

Un braillement, un rire non loin de lui, et ses paupières se plissent de mécontentement. Encore lui. Foutu Etre de Colère ridiculement humain, foutu machin qui, sous prétexte qu'il L'appelle Mère, pense qu'Elle va lui répondre. Que crois-tu, foutu machin? Qu'Elle va s'excuser d'avoir osé te prendre ta petite chose? Et pourquoi? Parce que tu l'as demandé?

Il regarde Nebel, sans complicité aucune, mais parce que c'est son frère et qu'ils vivent des mêmes émotions.

Puis il laisse échapper un grondement sourd, heurté, rauque, chargé de sang et d'eau glacée: il rit.

Loin derrière-lui, sa queue replonge, méandres d'écailles dans un courant sous-marin, se glisse sous ce corps qu'il sent sans le voir, le hisse en surface, le hisse vers la vie. Il n'a jamais beaucoup aimé le foutu machin. Elle, elle l'intéresse. Foutu machin est sur l'échelon inférieur, puisqu'il se contente de l'agacer.

Tu la veux ta louve? Eh bien va la chercher. Abandonne ta foutue humanité artificielle et va la chercher.

Le mufle se rapproche du museau du Loup, le dragon expire et siffle.

Foutu machin n'a qu'à se remuer.

Je suis désolé mon frère, je me suis emporté. Laisse-moi juste la louve. Avec lui, tu peux faire ce que tu veux. De toute façon, tu ne pourras pas faire pire que les séparer.
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MessageSujet: Re: Naître   Mer 14 Mai - 16:20

L’ombre reste humaine.
L’ombre ne meurt pas.
Elle dort, belle au bois dormant entraîné vers le fond.
Elle dort, sirène déchue qui se laisse sombrée, sans force.
Sans désespoir, comment pourrait-elle être désespérée puisqu’elle dors, sans même tentée de respirer ?


Elle joue à la poupée qui tombe, tombe. La grise se réfugie dans le sommeil, dans l’eau, dans la vallée. Elle ne fait plus qu’un avec Elle, sans même en avoir confiance.


Ce n’est pas dans l’ordre des choses.


Son loup la protège, même s’il ne peut, là, maintenant.
Son loup l’aime, chimère redevenue humaine.
Son dragon est là, si près, il veille sur elle, ou pas …
Il est là, le reste n’a aucune importance.

Elle est morte et elle est humaine.


Ce n’est pas dans l’ordre des choses.
Non pas dans l’ordre des choses.


Dis vallée, où est ton jouet ? Où se balade-t-il ? hein ! Dis moi où vallée, dis moi que j’aille le retrouver !

La poupée cassée, ta catin qui a peur de ne plus voir le ciel, l’ombre qui ne rêvait pas de redevenir humaine, la louve qui courait sur tes chemins blancs. Quand tu était belle, si belle.

Et qu’elle était belle si belle. IS cruelle et si douce, l’ombre qui rêvait d’alliance mais qui aimait une chimère, une monstrueuse chimère. Dis, dis moi où.




.



Et la vallée hurle, et la vallée montre du doigt. Et la vallée la dévoile au désespoir, aux souvenirs, elle la laisse dans les mains du Diable.

La Vallée, sa déesse, entre les mains d'un bourreau qui oblige tout à revenir, tout à déchirer de nouveau son petit coeur de givre.

Il est temps de revenir poupée cassée, d’apprendre la vérité mon petit jouet, il est temps de danser, encore de nouveau pour moi, il est temps de cesser de pleurer à jamais.

A jamais.

A jamais.



As-tu profité suffisamment ?
As-tu compris que tu étais a moi, pour toujours ?
As-tu accepté d’être mon jouet ?
As-tu cessé de douter de moi ?
As-tu bien inscris cette image, lui, lui ton loup, mon loup ?
Souviens toi.




Vague brûlante, la belle se réveille. Il fais froid, elle a froid, si froid, sa viens et sa rentre en elle, en masse, sans douceur. Mirahil tente de se dégager, elle hurle. Mais dans l’eau on n’entend rien. La voilà, elle se noie, vraiment, elle se noie au fond de l’eau, sirène qui se souviens qu’elle n’est qu’une humaine.

Et les images, pas milliers, papillons brûlants incendiant sa peau.



Regarde, regarde toi, regarde cette femme dans les bras de Vincent, Vincent, VINCENT.
Regarde le regarde toi.

Non cela ne se peut.

Si, c’est toi, ce sont des griffes, ton esprit qui attaque et détruit, ton corps qui tue les hommes, les femmes. Regarde toi près de Myst, si belles, tueuses sans cœur. Regarde toi et reconnaît toi.

Ce n’est pas moi.



Mais ses yeux pleurent, alors qu’elle avale l’eau qui brûle sa gorge et incendie ses poumons.



Et elle se revoit avec Sélène, avec Myst, avec Vincent. Elle se revoit tel qu’elle était morte, MORTE.


Ce n’est pas possible, ce n’est pas POSSIBLE.


Pourtant inconsciemment elle sait, elle sait que cette image, cette ombre grise c’est elle.
Mais elle refuse, de tout son corps, de tout son être, de toute ces forces.

Jamais l’espoir aurait déserter mon cœur.

-Jamais ? Pourtant tu es une humaine sans cœur, sans pitié. Une tueuse, une pute qui tue après avoir séduit, comme une araignée.

-Tais toi TAIS TOI.

-Regarde.

On a tué son corps, on l’a tué. C’est sa la vérité, ils n’ont pas laissé vivre la grise, leur louve, eux ou les autres cela n’a aucune importance. Quelqu’un a osé touché à son corps là-bas sur terre.




Sa peau si blanche se recouvre de sang, par rafale dans les eaux sombres.
Mais est-ce elle ou sa folie qui reviens ?



Et le sang coule devant ses yeux tandis qu’elle se revoit.
Et le temps n’a plus aucune importance, elle se meurt de nouveau.
Et il y a ce battement de cœur si près si loin, son dragon qui arpente son sang.
Et il y a l’autre là qui la brûle, qui l’incendie.

Mes yeux.

Le temps passe et cela n’a plus d’importance.
Elle se noie et cela a plus d’importance.
Ses mains remontent à ses yeux et les trouvent fermés. Ses mains cherchent mais il n’y a rien sauf la douleur.



Une nouvelle vague de sang autour d’elle.



Ce sont ces milles blessures.
Et Lui.
Lui
Chahîd.
Qui l’aime, la regarde, la convoite, la griffe et la menace.
Et son projet de fou, et ses rêves rouges.
Rouges, écarlates, comme ses cheveux à elle, la jumelle du monstre, l’humaine tarée.
Elle, Xarha, son oiseau ...
Elle avait promis d ene pas l'oublier ...
Tout se bouscule, l’attaque, tourmentée la belle, se met à nager pour fuir, mais c’est là partout, partout ! Sa l’enivre et la violente.
Rouge ! Comme le moulin, comme ses flammes qu’elle n’a jamais vu, rouge comme leur cœurs battants la chamade, tous ensemble, heureux.
Rouge comme Souffre entre les crocs de la bête, comme Maxime blessé pour la sauver elle.
Rouge comme Mary et la haine qu’elle a pour elle.
Rouge comme Chléa qu’elle n’est jamais retournée voir.
Rouge comme Pookie qu’elle a abandonné quelque part.
Rouge, la Rouge, c’est comme sa qu’on devrait l’appelé avec cette nuée de sang et de désastre, avec ses malédictions et ses peurs.
Rouge, parce que c'est toujours rouge autour d'elle. Parce qu'elle est une machine à tuer et qu'elle ne vaut pas mieu, parce qu'elle est un monstre en puissance même quand elle veut pas, parce qu'elle attire, parce qu'elle aime des monstres et les trouvent beau. Parce que ça la suis partout, tout le temps et que cela deviens elle.
Elle la grise.
Du gris tachée de sang c'est laid.
Si laid ...
ELle aurait aimé, dans un autre temps, dans un autre monde, être belle ...


Puis Mirahil se calme et se laisse au fond de l’eau, les dames sont là de nouveau. Elle a le choix, là tout de suite.
C’est simple.
Car tout est dans l’ordre des choses.
Elle est morte.
Elle a faim, elle va tuer sans doute.
Comme une ombre.



Tout est dans l’ordre des choses.



Non ! Pas tout. Grande rebelle, grande rêveuse, déjà en révolution elle éloigne d’elle les pensées néfastes, la faim qui l’agace. Combien de temps elle gagneras alors quelle perd ses forces ? Combien de temps elle tiendra ?



Peu sans doute.
Peu si peu.
Il faudra trouver une solution
Il n’y a pas de solution.
Il n’y a rien à faire.

A part mourir peut-être.





Elle a le choix. Alors elle reste immobile et ne rejoins pas son loup.
Elle attend qu’on vienne la dévorer, ou elle attend les années.
Faudra bien qu’un jour on la tue.
Si elle reste là.
Faudra bien …

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MessageSujet: Re: Naître   Mer 14 Mai - 18:38

*Toujours donner ton dos.
ça va les calmer.
Si tu le regardes dans les yeux le macaque te mords....
et ta mère, elle te bat, ça les excite qu'on les regarde dans le blanc des yeux*


Il repart, dans l'autre sens.
Déjà il s'éloigne à grandes brassées de celle qui a percé sa bulle, une part de son mystère.
Une part....
Il sait bien que la Vallée ne lui rendre pas cette moitié de lui.
Et la rage grossit.
Et la rage le dévore comme toujours.
Celle qui nait de l'impuissance, celle là qui se répète.

Il gueule cette fois hystérique, comme autrefois
il gueule:


"Tu me la rendras!
tu me la rendras va!
Dorlotes moi bien cette bidoche si ça t'occupe, dorlotes bien,
trifouille!

Mais tu la lasseras!
Tu ne sauras pas combler son rêve.
Comme tu ne sauras jamais combler le moindre rêve du plus misérable de tes moches !
Parce que tu ne sais pas rêver vieille garce!
Parce qu'on ne nait qu'une seule fois et que c'est le seul moment où tout est encore possible, où tout commence, où rien n'est encore salit, moche, où on peut croire.
On peut croire, mais c'est marrant ça, comme c'est marrant ça occupe de croire!!
Et moi, je ne crois pas en tes mirages."


Il gueule comme un fou à qui veut l'entendre et le froid ne mord plus, juste cette eau qui le colle comme s'il nageait dans la pisse.
Une fièvre fulgurante rayonne dans tout son crâne.
Il voit rouge.
Il transpire, il s'étouffe de rage et se bat avec la flotte comme un laboureur.

Il arrive enfin au bord du lac.

Il est nu comme un ver.
Il n'a cure des bêtes.
Il n'a cure de la Vallée.
Il est tout entier à sa rage, celle qui l'a fait chimère.
Il ne se retourne pas.

Ses pieds glissent et clapotent dans la boue qui lui cisaille les doigts de pieds. Cette immonde sensation de marcher sur des viscères, un placenta géant. ll marche droit devant lui, puis il court, donne un coup de pied dans la robe de la grise, la piétinant, la ravageant, il se met à grogner comme un chien, en arrache un morceau au niveau de la taille, des épaules, du sexe, dans ses rêves avortés.


*Pas se retourner.
Pas revenir en arrière. regarde la pas! Regarde la pas dans les yeux !
Tu finiras par me la rendre....*



Il aboie, nu et griffé par les branches, dévastant le sol comme il peut, pauvre rejeton, pauvre dingue
.
Il sait parfaitement où il va, droit devant lui.
Chez les autres. Ceux qui ne le connaissent pas.
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MessageSujet: Re: Naître   Mer 14 Mai - 20:46

Le monstre achève son grognement.
La colère s'apaise un petit peu.
Ce n'est qu'un souffle, humide et rauque qui s'échappe des naseaux du fauve.
Il voulait jouer. Il voulait tellement jouer! Et deux jouets pour le prix d'un, comment résister?
Mais son couple est amputé.

Les prunelles d'acier se baissent, observent la forme qui se perd sous les eaux, qui se laisse mourir et s'abandonne à une nouvelle renaissance.
Puis ils se relève, sinistres mais vide. Plus de colère, pas envers un frère.
Le faciès se détourne encore, lentement, suit des yeux l'autre morceau de couple fuir, abandonner sa moitié. Quelle lâcheté...
Un dernier regard au dragon, le fauve ne montre plus les crocs et tête basse, il se retire.

Voilà, mon frère. Ton jouet t'es retourné, et ma frustration demeure.
Mais j'en aurai d'autres. Il y en a tant d'autres.

Une patte en arrière, puis deux, et ainsi de suite, les eaux se referment sur le passage du monstre.
Comme s'il n'était plus là.
Comme s'il n'avait jamais été là.
Le dragon récupère son domaine et sa proie, le fauve s'en retourne à sa terre ferme.
Mère l'attend pour d'autres chasses, pour d'autres sang.
Jouer avec l'autre qui fuit, pourquoi pas?

Il rejoint la terre humide, tout n'est qu'un jeu.
L'autre est la souris, et lui le gros chat. Jouera, jouera pas?
Il ne sait pas.
Le désir s'en est allé, le désir de trancher, de lacérer et de se repaitre.
Mais il suit pourtant. Un peu. Encore un petit peu.

Mangera, mangera pas? Sa proie lui parait vide à présent.
Il manque quelque chose, quelque chose que celui-ci n'a plus, quelque chose qu'ils avaient à deux.
Pourtant il aime tant la peur, la fuite.

Le museau effleure la terre humide, les gouttes de pluie estompent sa fourrure, son corps.
Il disparait, avalé par la vallée.
Non, il n'oubliera pas sa proie, l'homme reste un jouet attrayant malgré tout.
Peut-être n'attaquera-t-il pas.

Mais la traque continue...



[C'est vraiment pas sérieux ces avatars...]
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Mirahil
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MessageSujet: Re: Naître   Dim 18 Mai - 19:36



Mourir c’est si grand.
C’est un peu comme naître, c’est un peu comme souffrir.
Comme ses mots si durs, ses mots sanglants.
Hurle la mère quand l’enfant viens à naître.
Hurle le torturé qui se demande si un jour on le laissera en paix.
Hurle l’espoir dans le cœur de la morte.


Tu seras grande et belle ma fille.
Laisse Avalon t’enseigner ses rêves bleus, sa sagesse et sa beauté.
Et tu seras comme ses prêtresses, sans vie, sans mort.
Comme ses chants que l’on entend et que l’on suit de l’oreille où qu’on aille.



Et il se bat, se débat, résolu à survivre, résolu à exister au moins dans les lambeaux de la belle.
La belle qui se laisse au fil de l’eau, quasiment immobile dans un lieu sans courant, un lieu immortelle, sans outrage et sans tourments. Mirahil dors, et ses paupière fermées la fond croire endormie.
Elle dors et sommeille, sans repère dans le temps, sans la moindre indication de ce qui se passe ou de ce qui justement ne se passe pas.


Va, va ma petite dans le monde des fées et des bêtes.
Les dames là-bas s’accouplent avec des loups.
Les enfants rodent vagabonds et ne reviennent qu’accompagner de leur meute.
Les fées tissent des lits de soie où elles dorment le jour et dansent toute la nuit durant.
Les elfes arpentent les bois, et te regardent passer cachés entre les feuilles des arbres vieux.


Et la belle dors, laissant son corps à la vallée, aux entités qui la touchent et la caressent, aux algues qui l’enlacent. Elle devient pour quelques secondes, quelques jours, quelques années leur amante, leur reine, leurs débris. Vieille épave de bateau attend la mort sans prendre le couteau, vieux déchet désire disparaître dans la beauté sombre des flots d’Hollow Dream.

Va mon enfant car je ne peux te garder, va ma belle, mon hirondelle.
Va danser toi aussi avec les fées, chanter avec les prêtresses.
Va et ne reviens pas jamais.
Ce n’est pas que je t’abandonne tu sais combien je t’aime.
Ce n’est pas vraiment ça non.



Mère tu me vois désormais toi dont je ne me souviens ton visage. Toi que j’ai inventé comme ses paroles porteuses d’un espoir qui n’a jamais exister.
Me trouves-tu belle ? Me trouves tu grande ?
J’ai bien pâle allure toute griffée et bue comme je le suis.
Et tu as eu raison.
Sans vie sans mort j’ai arpenté ce monde.
J’ai dansé avec une fée qui rongeait le cœur des hommes, j’ai dansé avec elle la danse de la mort.
J’ai aimé un loup plus que les autres.
J’ai pris la main d’une enfant bête accompagnée des siens enfermés dans son cœur.
Et les elfes je les ai vu, ombres magnifiques, ombres sanglantes, chimères sauvages et cruelles.
J’ai vu ce monde que tu peignais en bleu mais il portait mes couleurs.
Celles des Ténèbres, de la pureté et de la grisaille. Un monde en noir et blanc et moi, la grise, perdue entre ses nuances, sauvage, indécelable.
J’ai vu ce monde et je l’ai haie, puis peu à peu je me suis laisser séduire. J’ai cherché à partir et puis j’ai décidé de rester.
Mais la neige est partie, envolée. La si belle neige et ses dangers.
Elle m’a laissé là, comme toi ma mère. Elle ma laisser sans beauté, elle m’a laissé sans souvenir.

Regarde la grisaille des temps crois tu que je puisse y vivre ? Vois-tu la beauté qui est morte et la pluie trop bruyante, trop brûlante ? Moi je la vois, même aveugle, moi je la vois.


Dis, dis la grise. Dis, dis la belle.
Dis ma fille sans regard.
Celle qui est là, en face de moi, celle qui est là si lointaine.
Moi qui n’existe pas, ta mère.
Dis ma sombre fille, pourquoi donc la pluie doit être laide ?
Les cheveux ne peuvent plus voler mais te cache, te transforme, te donne ce charme que n’on que celles, qui sous l’eau affrontent les cieux.


Et elle parle, elle parle la voix de la mère dans le corps qui se repose. Sans arguments, ou trop inefficace. Puis soudain …


Et …
Tu voulais déplacer les montagnes.
Tu as promis de le faire.
Tu peux encore.
Tu peux alors que l’espoir ronronne dans le cœur des morts.
Comme un chat près à partir, mais qui reste juste tant qu’on lui donne des croquettes.
Tu peux donner des croquettes à ceux qui t’aiment, à ceux qui aiment.
Des croquettes ou du poison.
Mais le poison tu veux pas hein ?


Trop de poison déjà, trop de poison dans de jolis petits flacons.
Mais c’est moi le poison. L’obsolète, la morte au milieu des vivants.
Mais je voulais déplacer les montagnes.
Je voulais croire en l’espoir même mort.
Je voulais croire pire j’affirmais.



Tu voulais déplacer les montagnes, tu l’as promis souviens toi.
Tu y a cru, tu es sombrée dans cet idéal. Tu ne peux te relever, tu dois agir.


Agir Agir bon sang !
Dire un mot des fois, seulement un mot.



Des siècles ont passés. Ou peut-être seulement des secondes.
Peut-être qu’au coin de chaque arbre, derrière chaque mur en ruine se tiens un mort, un être redevenu lui après une brève période d’espoir.
Peut-être que son dragon ne la protégera pas, plus et qu’il la dévorera si elle ose sortir du lac, de son domaine à lui, le roi serpent.
Peut-être que Chahîd et les autres la repousseront.
Qu’Onénorelle lui arrachera le cœur.
Ou peut-être pas.
Mais qu’elle importance, en vérité pour celle qui n’a nulle peur de mourir et même y aspire.

Mirahil se redresse et remonte à l’air libre. Ses oreilles cherchent un bruit, reconnaissent un son. Il y a une bête là-bas, un loup boiteux qui se tient sans aide, battant, qui l’attend, qui l’aime déjà peut-être. Il y a ce loup qui hurle un long champ nostalgique. Elle pleure sans larme devant la beauté de la mélodie, devant cet appel à la vie.

La voilà qui replonge et qui danse dans l’eau, qui ondule, rapide, elle nage et se rapproche des rives du lac. Puis soudain ses doigts touchent la terre, elle se redresse et se tiens sur ses jambes qui un instant restent branlante. Puis elle marche, sans que l’eau accuse un remous, comme une apparition, un fantôme. Mi visible, mi invisible, l’eau s’échoue sur elle et la laisse apparaître par instant. Un vent se lève si froid, pourtant il la réchauffe et l’enlace. Elle se sens elle de nouveau, elle se sens bien et grande. La grise s’approche du loup, s’aidant de son souffle rauque malgré son silence, elle attrape son pelage et s’y accroche. Elle pourrait marcher, elle pourrait même danser. Seulement ce loup est là, il l’attend, il n’a ni peur d’elle ni de ce qu’elle va lui faire, bientôt.

Il se met au pas, elle l’amène vers sa robe, un peu déchirée qu’elle remet. La robe est sale mais la boue s’enlève si vite avec cette pluie torrentielle.

Mirahil a faim, le loup le sait approche sa tête contre elle et se pose, fermant les yeux. La belle se baisse et le caresse posant son front sur le sien. Puis tout doucement elle aspire un peu de son âme, lui envoyant des pensées sombres l’effrayant de scènes macabres. Elle abuse de lui, en silence, elle l’aime et l’apprend. Il l’aime aussi, différemment. Elle lui use l’âme sans pourtant la déchirer, elle lui enflamme le cœur sans pourtant le brûler. Puis se retire avant de lui faire mal vraiment. Il reste les yeux fermé tandis qu’elle le caresse doucement. Puis elle se relève et lui aussi.

La sombre attrape ses dagues d’argents, à terre, que Chahîd lui avais enlevés pour la dénudée puis les remet à leur place. Elle rattrape le loup et ils partent, tous les deux. Comme deux amants.

Elle ne lui donne pas de nom c’est inutile ces choses là. Il a déjà un nom à lui et s’il ne peut le lui dire alors elle ne le connaîtra pas. Elle ne lui donne pas d’ordre, il est de la meute mais elle n’est son chef, tout juste son égal. Elle s’accroche à son cou, par moment, pour le sentir là, tout chaud près d’elle. Pas pour le retenir, il est là mais il partira, sûr.

Et sa dague fera saigner un lapin ou deux pour le nourrir car fatigué par cette morsure d’âme le loup boiteux ne peut chasser.



Va-t-en, va-t-en maintenant.
Plus besoin de toi, jamais.
Tu ne m'as pas abandonnée.
Non, juste vendue.
Ou peut-être pas, sa change quoi ?
Les fées elles existent pas.
Et moi non plus ...
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~Angst~
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MessageSujet: Re: Naître   Mer 21 Mai - 22:32

C'est cela. Partez, partez tous. Qu'ils retournent sur leur terre bien aimée, leur sol ferme et faussement protecteur. Fuyez l'eau froide, l'eau sombre, et les yeux gelés qu'elle dissimule.

Nebel ne part pas vraiment, lui, bien sur. C'est un frère. Les frères sont toujours là, même quand ils sont absents. Le Dragon, le Loup, le Crocodile. Ils sont Son unique enfant séparé en trois, ils sont différents mais forment un tout.

Il sait que son frère est déçu, il sait qu'il voulait jouer - c'est quelque chose de tellement fort, l'envie de jouer... Il respecte cela. Alors d'un regard muet, un regard vide et froid, il promet à son frère que si Gram ou sa fausse bête de colère font de nouveau envie au Loup alors qu'ils sont sur la terre ferme, le Dragon les lui laissera. Ca ne lui plaît pas vraiment, il aurait vraiment aimé garder Gram pour lui. Mais c'est ainsi. Le Loup lui cède dans l'eau. Il cédera au Loup sur l'humus.

Petit machin s'en va, beuglant, pleurant, perdant le peu d'esprit qu'il lui restait. Angst ne le regarde même pas. Il ne l'aime pas comme ça, il préférait la chose osseuse qui s'est crue capable de grimper derrière sa tête et de s'en tirer sans dommage. Il espère bien que la prochaine fois, ce sera la Colère qu'il aura à nouveau en face de lui, et pas ce triste petit machin.

Le Loup s'en va lui aussi, part tout en restant toujours avec lui. La chasse actuelle ne l'amuse plus, mais il n'est pas conçu pour faire autre chose, alors il continue. Même si Angst doute que petit machin perde la vie aujourd'hui.

Puis Gram. Gram, qui a expiré sur ceux de ses anneaux qui lui faisaient un radeau. Gram, redevenue grise, froide et belle. Doucement, alors qu'elle reprend conscience, il l'amène plus près du rivage, la laisse aller sur la surface lisse de sa demeure. Elle frémit, s'active, nage.

Gram est morte. Et elle est bien mieux comme ça.

Il fait demi-tour, plonge dans l'humeur au goût de larmes, et bientôt il n'est plus qu'un reflet d'écailles dans le lac apaisé. Les seules vaguelettes qui paraissent encore à la surface sont les fantômes des vagues qu'il a déchainées lors de sa sortie. Son départ n'aura pas causé la moindre ondulation.

Il se dit que la prochaine fois, il faudra quand même qu'il consente à manger Gram. Sinon, elle va vraiment finir par croire qu'il la protège.



[topic clos]
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