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 Premiers pas

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MessageSujet: Premiers pas   Mar 29 Jan - 14:07

[ Priorité à Onénorelle. ^-^ ]

C’est la houle qui joue avec elle comme s’il s’agissait d’une vulgaire poupée de chiffon. C’est l’eau qui l’écrase, une main de géant qui l’entraîne vers le fond. Le sel qui lui brûle les poumons et le froid qui lui coupe le souffle. Ses jambes battent furieusement, Maxence sait que c’est inutile. L'humaine a déjà failli se noyer, plus jeune. Mais c'est différent cette fois. Son corps peut bien hurler qu’il veut survivre, la jeune femme sait que cette fois, elle ne survivra pas. Elle n'a pas tellement envie, elle est fascinée par toute cette puissance. Et elle est curieuse, sans doute trop pour son propre bien. Alors elle arrête de lutter, ses jambes cessent de s’agiter et elle ouvre la bouche. Mais les yeux restent grands ouverts, elle veut voir, ne rien rater surtout. On ne meurt qu'une fois, ce serait trop bête de manquer la représentation.

Soudain, de l’air !

Sa poitrine se soulève, et retombe à un rythme effréné. L’air qui lui emplit les poumons est délicieux, il l’enivrerait presque. Presque parce que quelque chose ne va pas, quelque chose la dérange. Elle se redresse sans réaliser qu’elle est assise au milieu de la boue et son regard vient embrasser l’horizon. Des arbres se dressent tout autour, ce n’est qu’une forêt. Rien qu’une maudite forêt. Dire qu’elle est morte pour voir… ça. Une pâle copie noir-blanc de la vie.

Tristement banal.
A s’en frapper la tête contre le premier mur venu.

- Le père Bernard était plus original..., marmonne-t-elle.

Le père Bernard, c'est un ami de son père. C'est aussi lui qui lui a enseigné - essayé, serait plus juste - le catéchisme. Maxence n'y a jamais vraiment cru, contrairement à ses soeurs, et ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé. Maintenant, elle se dit qu'elle a bien fait de ne pas y croire. Cet autre monde, c'est vraiment trop terne pour ressembler à un Paradis ou à un Enfer. Pour le coup, la nature a vraiment fait n'importe quoi.

Un rire remonte le long de sa gorge avant de glisser sur sa langue et de s’échapper d’entre ses lèvres. Décidemment, les gens font une montagne d’un rien. Si c’est ça la Mort, y a vraiment rien à craindre. D’ailleurs, on ne devrait même pas appeler ça comme ça, ça ressemble trop à la Vie. C’en est presque déprimant à bien y penser : Maxence s’en était fait tout un film, elle aussi.

De toute façon, ce n’est pas comme si elle pouvait faire faire demi-tour maintenant. Alors elle se relève. Il faut qu’elle trouve quelqu’un – c’est la Mort, elle ne doit pas être la seule ici. Par automatisme, ses mains viennent frotter son jean pour retirer la boue. Mais ça ne sert qu’à l’étaler d’avantage.

- Charmant.


Dernière édition par le Mar 29 Jan - 15:06, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Premiers pas   Mar 29 Jan - 14:56

La pluie...
Comme une amante qui glisse, de ses doigts d'onde la caresse, la purifie, la souille... Elle est si frêle, et ses vêtements trempés contre ses chairs pâles forment comme une seconde peau... Pourquoi, fins tissus chargés d'étoffer par vos amples et fluides draperies la silhouette amaigrie, pourquoi révéler au regard ce corps vacillant et gracile?

Mais qu'importe les larmes du ciel qui viennent charger sa chevelure brune du poids de leur mélancolie, qu'importe la douleur d'une voûte ployée aux nuages bas et lourds pesant sur un esprit déjà rendu morose par cette liquide prose traçant en fugitifs filigranes sur les créatures hagardes la trame de leurs drames passés, présents ou à venir... Car drame il ne peut qu'y avoir dans cette sinistre vallée.

La jeune femme se sent chanceler... Non, il ne faut pas... Elle se battra... Elle l'a promis... Mais à la tristesse du ciel vient se mêler sa douleur, amer nectar fuyant le calice de ce regard perdu...

Cette nuit fut atroce, et les cauchemards semblaient si réels qu'ils continuaient de la hanter, rendant son pas déjà peu assuré plus maladroit encor... Telle un spectre, elle avance, sans voir le paysage, sans voir la vie qui fourmille dans cette tapisserie terne et fade, cette tapisserie où elle ne détonne pas... Ombre... elle n'est qu'ombre... Non, il faut lutter, elle a promis... Si pathétique, si piteuse... pas même capable d'avancer... elle voudrait rattraper les pans de ce cocon ouaté qui lui échappe, le resserer autour de son corps maigre, trop maigre, en envelopper son âme démunie, y réchauffer son coeur alangui... Triste, si triste... Non, il faut lutter...

Elle se rattrape in extremis contre l'écorce d'un arbre trop rugueux qui entame sa chair, qui l'écorche, qui la blesse... Mais au moins cette douleur est réelle, elle la réveille... Et alors que la créature redevenue humaine la veille mais qui sent l'espoir vaciller et tituber déjà à chacun de ses mouvements hésitants ainsi qu'une monture faîte à l'image de sa maîtresse... trop fragile... faible, si faible... alors qu'elle sent cette chaleur qui dans son sein glacé s'amenuise, son regard capte une lumière vive, un feu follet qui lui sera peut-être moins méchant que la vie et l'entraînera non pas vers un traître marécage mais vers un Eden où se protéger...

Il faut lutter, elle l'a promis...
Alors elle avance, se redresse, s'affermit, et fixant la nouvelle venue _ce doit en être une, ils sont tous "nés" ici..._ lui demande d'une voix frêle et ténue


"Vous aussi vous aimez les contes...? Pourtant ici, les princes sont loin d'être charmants..."
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MessageSujet: Re: Premiers pas   Mar 29 Jan - 16:18

A droite ou à gauche ? Maxence hésite. Son regard ne cesse de faire le tour de la clairière. La nécessité de trouver un abri se fait plus urgente alors que le froid vient mordre son épiderme. Misère… c’est qu’il ne fait pas chaud dans cet ailleurs. Sa peau se hérisse sous la laine détrempée de son pull, les bras se croisent en de bien maigres boucliers de papier.

Am stram gram. La jeune femme laissera le hasard choisir pour elle. Am stram gram, à gauche. Elle pivote lorsqu’une question la retient comme une chaîne qu'elle n'aurait pas remarqué. Il n’en faut pas plus pour que son cœur trébuche sous la surprise. Mais ses lèvres restent hermétiquement closes, sa fierté n’aurait pas supporté qu’elle hurle comme une vierge effarouchée. A la place, un sourire creuse une fossette. Le soulagement s’y est niché, enrobé de malice.

- Je ne crois pas aux princes, lance-t-elle sans hésiter. Qu’ils soient charmants ou non.

Elle n’y croit pas parce qu’elle n’a jamais été celle qui attend patiemment qu’on vienne la sauver. Parce que le prince est trop policé, trop parfait pour ne pas devenir ennuyeux. Les contes de fées sont trop sages pour son caractère impulsif, les limites qu’ils posent à sa place sont trop étroites. Soit sage, soit gentille, soit patiente. Maxence, elle, refuse d’être sage, d’attendre. Les sorcières, les marâtres et les méchantes fées, elle leur tire la langue avant de tourner talon dans un grand éclat de rire.

Son regard s'est fait curieux, il dévisage l’étrange fille qui lui fait face. Comme leur propriétaire, les pupilles ambrées n’ont aucune pudeur, aucune honte. Elles observent, sans même chercher à se cacher, la frêle silhouette. Onénorelle lui fait penser à ces fragiles madones adorées des poètes. Avec sa silhouette frêle et son teint pâle, elle a la consistance d’un flocon de neige, perdu au milieu de la tempête. Va-t-elle lui glisser entre les doigts si elle tente de l’attrapper ? Maxence n’en a que plus envie de la serrer dans ses bras. Juste pour voir.

- Maxence. Et tu es ?

Il n’en a pas fallu plus pour que la jeune femme comble en quelques pas la distance qui les sépare et applique deux bises sur les joues pâles. Elle avait été livrée sans l’option Pas touche. Une erreur de papiers, se plait-elle à penser : ses parents n’étaient pas très tactiles à dire vrai.
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MessageSujet: Re: Premiers pas   Mar 29 Jan - 17:37

Les contes...
Comme autant de fées tissant d'une auréole de magie le berceau de sa triste vie, comme autant de farfadets l'entraînant sous le couvert des bois, bordée de quelques éclats de rire... Princes, princesse, preux chevaliers... Dans son imagination, tout cela était loin du vernis sans contraste imaginé par Maxence... c'était tout un tourbillon de couleurs, un bal fantasmagorique où les chimères entrelaçaient la frêle jouvencelle pour mieux la soutenir sur ses jambes vacillantes, pour mieux lui permettre de voler... Une danse chamarrée transformée en pâle amas de bons sentiments et de préjugés par certains dessins animés. Mais en réalité, les contes sont tout aussi fascinants qu'ils sont cruels, reflets des pulsions des hommes parfois amplifiés par la possibilité de créer des êtres aux vices décuplés...

Alors que l'harpiste se perdait dans ces songes éveillés, elle fut tirée de sa rêverie éphémère par un contact d'autant plus surprenant qu'il était inattendu. Et tandis que ses lèvres s'entrouvraient pour dans un silence laisser filer un souffle d'air, manifeste de son étonnement, ses yeux rouges, rouges comme le sang versé par la haine et l'incompréhension des hommes, rouges comme cette passion qui la dévorait parfois pour la rendre plus vivante... l'incarner... Ses yeux fixèrent la nouvelle arrivée.

Belle... Si belle...
Cela lui donnait presque envie de se recroqueviller, pleurer sa beauté perdue, celle que lui conférait un regard aimant, la prunelle d'un amant confiant... Fuir cette lumière, lumière qui pourtant l'attire, pour oublier son éclat terni, cette parcelle de vie qui l'enrobe à peine, comme quelque pétale menaçant de tomber pour ne plus laisser qu'une fine tige, souvenir d'un parfum, d'une splendeur à jamais disparus... Mais ne dit-on pas que les fleurs renaissent à chaque printemps?

Un changement de saison...
Renaissance...? Rédemption...?

Elle ne sait... Mais le sourire qui vient fleurir sur ses lèvres confère à son visage la douceur veloutée et soyeuse de ces parures végétales, boutons pour une plante timidement éclose... Pour un bonheur à venir?

Oui, l'inconnue est magnifique... mais ce n'est pas une de ces statues froides et figées dans leur majesté somptueuse... Non, elle sent cette envie, ce désir de se sentir exister qui parcourt ses veines, envahit ses membres, guide ses gestes, fait se mouvoir cette jolie bouche et fuir les propos calculés...
Et cela la brûle, embrase ses chairs meurtris, consumme un coeur qu'elle pensait flétri...
Est-elle jalouse? Admirative? Craintive? Peut-être rien, peut-être tout cela à la fois...


"Et je suis enchantée..."

L'impensable s'est produit, possible grâce au miracle de la vallée... En plus du sourire, l'humour est venu conférer à son regard quelque poussière de fée scintillant en perles diamantées, en diamants perlés dans ces liquides rubis... Une insouciance dont ne se savait pas capable la jeune fille abandonnée, qui ajoute de cette même voix éthérée, une fois son sérieux recouvré

"Onénorelle..."
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MessageSujet: Re: Premiers pas   Lun 4 Fév - 15:48

[Désolée pour le retard =_=]

Les baisers offerts semblent avoir cueilli Onénorelle dans un monde onirique dont Maxence ne sait rien. Les yeux qui s’ouvrent en grand, coquelicots à la floraison, captent sans mal le regard miel de la nouvelle-morte. C’est cette fragilité de papillon qui l’intrigue et l’attire. Elle se sent comme l’enfant qui court et bondit, les mains tendues vers le ciel et la bouche pleine de rires, pour tenter d’attraper le lépidoptère aux ailes couleur pastel. Elle aime la poussière d'étoile qui s'est nichée dans les iris et ce sourire délicat qui orne les pétales de ses lèvres. Attirance ou curiosité, elle ne saurait dire. La jeune femme ne s’attarde jamais vraiment pour prendre du recul, le bouton pause est facultatif chez elle. Il y a même à parier qu’elle ne sait pas qu’il existe.

- Onénorelle…

L’étrange prénom roule sur sa langue comme une friandise qu’on goûte. C’est délicat comme un bon vin. C’est surprenant. Ca semble être sorti tout droit d’un livre ou d’un autre âge. Peut-être… ? Une lueur d’espoir jaillit : la Mort n’est peut-être pas aussi ennuyeuse qu’elle le paraît de prime abord. Pourquoi pas après tout ?

- Tu es humaine ?

La question fuse sans qu’elle ne s’en rende vraiment compte. Le temps de réaliser, les mots ont déjà dévoilé sa pensée toute nue. Mais Maxence envoie la gêne voir ailleurs si elle y est, ses joues oublient même de rougir. C’est pas la première fois que sa langue la prend de court, et ce sera sûrement pas la dernière. Elle a l’habitude, c’est pas non plus comme si elle n’était pas née comme ça.

Le décor se rappelle soudain à elle comme un bambin qui tirerait sur sa manche : une bise légère vient faire ses griffes sur ses joues et embrasser ses lèvres qui prennent une élégante couleur hématome. Un tremblement la saisit des pieds jusqu'à la tête alors que la chair de poule la prend pour terrain de jeu.

- Je suis frigorifiée, explique-t-elle avec un rire acidulé. On ne m'avait pas dit qu'il ferait aussi froid dans les Limbes, mais j'ai sûrement raté les petites lettres au bas du contrat.

[C'est impressionnant le nombre de fautes que j'avais semé un peu partout...]
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MessageSujet: Re: Premiers pas   Dim 16 Mar - 16:02

[Et je le suis encore plus pour mon propre retard... *va se cacher, honteuse*]

La fragile fleur mourante tremble, prête à tomber, prête à se laisser sombrer sous les vagues de baisers pluvieux... Le froid la rattrape elle aussi, et la mélancolie voile sa prunelle face au souvenir des lieux...

"Humaine...
Est-on vraiment humain ici?
Il est néanmoins certain que ni ombre ni chimère je ne suis."

Elle lui sourit, un sourire triste et doux, comme une madone qui continue d'aimer, qui continue d'aider, même après avoir tout perdu, même le reflet nacré de l'espoir au fond de ces abysses, petite conque captant les rais lointains et les transformant en mélodie d'ambre, saveur d'ambroisie, pour mieux attirer les oniriques sirènes autour de son chant ténu et fragile...

"Les limbes...
Oh oui, voilà un mot qui colle parfaitement à la peau de cette gaste terre, ce triste pays...
Vous avez échappé à l'hiver, mais la vallée est imprévisible, personne ne sait ce qui nous attend..."

Happée par ces craintes soudainement attisées, Onénorelle se sent tout autant étrangère que la nouvelle venue, ignorante face aux desseins des entités mystérieuses qui contrôlent cet enfer fait de brumes comme de cotonneux nuages néanmoins trop gris pour faire office de plaine de paradis...

Mais elle revient à la belle comme la mer au rivage, rappelée à la réalité par une goutte de pluie frôlant sa paupière et se chargeant de dessiner sur sa joue creusée une larme d'éther, fusain invisible et amer pour une blanche toile glacée sous ces doigts immatériels cousant leur blafarde harmonie à même ses chairs blanchies sous la froide étreinte de la pluie. Une main alors se tend, comme un signe de paix, un signe d'entraide, peut-être même d'espoir...
Et voilà la frêle harpiste, l'étincelle vacillante à la silhouette amaigrie et la démarche chancelante de ceux que courtise l'abîme à grands renforts de bouquets de vertige... la voici qui lutte contre sa propre nature, faiblesse de ceux qui sont voués à la maladie et une vie aux seules aventures spirituelles tandis que le corps est condamné à un cocon de chaleur et de douceur... car son âme seule peut éclore. Elle se raidit, raffermit sa prise sur le sol, tente de ne pas flancher...


"Viens...
Je connais un endroit qui à défaut de pouvoir devenir un abri intime n'en est pas moins un refuge accueillant et sûr..."

Première intimité, le vous devient tu, et la créature prend le risque de s'ouvrir un peu... au monde, aux autres.... à cette jeune fille qui la fascine avec cette aura flamboyante qui la rend d'autant plus belle, comme une fée d'or dans une bulle irisée venue la cueillir au fond de ces flots tourmentés...
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MessageSujet: Re: Premiers pas   Mer 23 Avr - 0:33

[ Je ne sais pas trop ce que ça vaut... =S Je promets de me rattrapper au prochain message. xD ]

- Pourvu qu’on ait conscience de son humanitude, alors qu’importe ce qu’est cet ici.

C’est de l’ignorance. Maxence ne connaît ni les règles, ni les ficelles de cet univers. A dire vrai, cet ici, elle ne sait même pas ce que c’est… Une autre vie en tons de gris ou un Pré de l’Asphodèle ? Finalement qu’importe parce qu’elle est persuadée qu’elle est toujours Maxence, qu’elle est toujours humaine. Tant qu’elle aura ça, alors le monde peut bien s’effondrer sous ses pieds. Les bleus, les chutes ne lui font pas peur : elle a l’habitude, c’est comme ça qu’elle a décidé de vivre, d’être. Pleine d’ecchymoses et de cicatrices comme des trophées à jamais gravés en soi pour se rappeler qu’elle est vivante, qu’elle est.

Pour ne pas découvrir, à l’heure de ma mort, que je n’avais pas vécu.


Serait-elle seule à arpenter ce chemin qu’elle continuerait sans remord et sans regret. Se perdre serait pire que toutes les solitudes du monde.

Pourtant ses doigts fins se referment sur la main frêle et sans vraiment s'en rendre compte, ne la lâchent plus. L’étreinte reste légère, l’étau à peine refermé comme une porte qu’on laisse entrouverte comme une invite pas très discrète, pas très élégante. Expression maladroite, malhabile d’une attirance… ? D’une certaine fascination pour cet être qui lui semble irréel ?

- Viens... Je connais un endroit qui à défaut de pouvoir devenir un abri intime n'en est pas moins un refuge accueillant et sûr...

De la tête, elle acquiesce. Ce sera parfait.

- D’ailleurs c’est bien la Mort ici ? demande-t-elle soudain.

Elle aurait demandé si elle se trouvait bien à Paris que le ton aurait été le même, car l’endroit importe peu pour vivre. Les mondes sont ses maisons. Point de confort, mais toujours des découvertes. On y chasse l’ennui à coup de balai, à coup de pied au derrière et la Vie s'y déroule au rythme frénétique d'une danse effrénée, d'un cœur amoureux. Amoureux de Vie, ivre de Vie comme on serait saoul d'avoir bu trop goulûment d'un bon vin.

- Non, ne dis rien finalement. Je préfère les surprises, se ravise-t-elle.

Et comme le chêne protège les plants plus fragiles en étendant sa large ombre, comme le tuteur soutient le délicat rosier qui ploie sous trop de roses de beauté, elle glisse un bras autour des épaules graciles. Un sourire rassurant creuse une fossette. Il se veut sûr de lui. Non… en fait, Maxence est sûre d’elle. Ce monde qui s’offre à sa curiosité n’est qu’un nouveau jeu pour elle, un cadeau de Noël en avance.

Le caractère téméraire d'une enfant.
Une témérité qui frôle l’inconscience.

[ La citation vient du Cercle des Poètes Disparus et donne, en entier : " Je m'en allai dans les bois parce que je voulais vivre sans hâte. Je voulais vivre intensément et sucer toute la moelle de la vie. Mettre en déroute tout ce qui n'était pas la vie. Pour ne pas découvrir, à l'heure de ma mort, que je n'avais pas vécu. " ]
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MessageSujet: Re: Premiers pas   Mer 23 Avr - 15:09

La Mort...
Pendant un instant le fantôme d'éphémère captif de sa blafarde éternité semble trébucher, se raccroche en vitesse, de justesse, à celle qui tel un arbre fier vient lui offrir un pilier...
Maxence... ne te laisse pas étouffer par le lierre avide de côtoyer tes hauteurs vertigineuses. Onénorelle amoureuse c'est... une plante presque perfide, inconsciente du mal qu'elle parsème comme un enfant s'amuse à jeter des pierres pour faire des ricochets sans se soucier de savoir s'il se trouve dans ces vagues quelque naïade venu goûter aux lueurs du jour. Elle t'envahira, te demandera d'être ses ténèbres et sa lumière, son bonheur et son tourment, le support auquel s'appuyer pour mieux s'envoler.

La Mort...
Elle essuie une larme, espérant que la nouvelle venue la confonde avec une de ces éructions de ce ciel malade... Malade... Cela la ronge, cela la bouffe, parce qu'elle est devenue aussi terne, aussi fade que ce lieu, qu'elle se perd dans toute cette poisse, dans toute cette fange, s'y fond même pour ne plus qu'on la voie, pour qu'on la confonde avec ces écorces tourmentées comme les cadavres retrouvées dans les camps d'Auschwitz, avec le gris du ciel, avec...

Pendant un instant elle semble presque transparente, illusion de brouillard, fantasmagorique chimère, enfant perdue dans le noir... elle tremble, comme en proie à quelque délire intérieure, consumée d'inavouée, de peurs, de ces phantasmes embringués dans une danse irréelle... Regardez, même l'encre de ce putain de diabolique écrivain qui a pensé cet univers, ce crachat de merde et de vomissure a déjà recouvert mon passage, même la boue ne garde pas mes traces... est-ce que ces putains d'écorchés vifs tendant leurs doigts noueux vers cette voûte de cauchemars se souviennent qu'ils furent mon support, que j'ai désespérément besoin d'eux pour rester debout, pour rester vivante, pour Être, tout simplement, aux yeux du monde... que cette misérable pelote de chairs blafardes et amaigries a tissé, pendant un instant, une tapisserie en s'effilant, peu à peu, au travers leurs corps rugueux...?

N...
"- Non, ne dis rien finalement. Je préfère les surprises"
Elle respire, halète presque, comme une mère qui aurait ses premières nausées.
Elle serre la main de la jeune fille, tourne les yeux vers elle mais ne sait effacer à temps ce regard triste et désespéré... Elle essuie une autre traîne de douleurs sans se soucier d'être vue ou pas cette fois. Peu à peu, au contact de la belle, elle se calme, légèrement accoudée contre un chêne qui lui écorche le bras mais elle s'en fout...

La Mort...
Elle a failli y goûter réellement cette fois...

Malheureuse ombre... Quel machiavélisme... Lui faire don, une dernière fois, de ces instants alloués pour mieux lui dérober, de nouveau, teinter son sommeil de cauchemars pour qu'elle se raccroche, désespérément, comme toujours, à cette existence factice comme une morte au vautour.

Les surprises... si tu savais...
Si vous saviez.


"Je suis désolée... Il faut reprendre notre marche. Si une bête, une chimère ou une ombre nous découvrent, nous risquons de ne pas y survivre..."

Elle soupire, puis tente, timidement, maladroitement, un premier pas de nouveau...
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MessageSujet: Re: Premiers pas   Jeu 5 Juin - 1:22

[ C'est horriblement court, je sais. T_T On va dire que c'est pour clore le topic... je ferais mieux au prochain coup. ]

Ses doigts viennent soudain se fermer sur son coude, retenant Onénorelle, la ramenant contre elle. Les prunelles de miel se poudrent alors d’inquiétude pour l’oisillon tombé de son nid qui agite, tremblant, ses ailes alourdies par quelque fuel. Elle a l’air si fragile, si frêle que Maxence ose à peine resserrer l’étreinte de son bras de peur de la briser. Pour la première fois de sa vie – quelle ironie… –, elle est comme l’enfant auquel on aurait collé un nourrisson dans les bras…

… Et débrouille-toi petite.

Les devoirs, les responsabilités qu’on lui impose comme autant de chaînes, d’entraves à sa liberté chérie… tout ça lui donne envie de fuir. Pourtant, elle reste, mue par le désir incongru de protéger cette fille qu’elle connaît pour ainsi dire pas du tout. Et elle va même jusqu’à lui faire l’aveu du bout des lèvres, de ces lèvres qui viennent embrasser sa tempe.

Un baiser pour chasser les chimères et les ombres qui hantent les rêves.
Un baiser pour dire « Je suis là, tout va bien ».

- Dans ce cas, allons-y. Indique-moi le chemin.

Un pas, puis deux... et ainsi de suite.
Deux silhouettes, l'une soutenant l'autre, qui quittent la clairière aux couleurs délavées par la pluie. Qui donc est réellement le guide ? Personne ne le sait, pas même Maxence. Mais au fond, qui peut bien s'en soucier ?

Moi, je t’aiderai à avancer… Dis-moi seulement vers où je dois aller.
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