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 L'appel

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Mirahil
Sa louve - Ouaf ! Ouaf !
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Age : 28
Temps passé à Hollow Dream : Cet hiver là.
Date d'inscription : 24/12/2006

MessageSujet: L'appel   Jeu 27 Déc - 11:46

Il avait sonné dans son âme, l’appel, le grand appel, celui qui te prend le ventre et te le retourne, celui qui attire tes pas et te fais cesser d’être tant que tu n’est pas là où il te demande d’être. Comme une biche face au brame du cerf, elle s’y était préparé instinctivement, sans même s’en rendre compte.

La grise s’était levé aussitôt, mais elle n’était pas partie tout de suite.

Ses doigts fins avaient coiffés ses cheveux, les ordonnant, leur redonnant et volume. Mirahil prit de la neige qu’elle frotta doucement contre son corps, enlevant le sang séchés sur les blessures déjà fermé. Dehors le vent soufflait, une tempête s’annonçait.

Puis l’ombre avait attendu, alla avait attendu en vain avec tout ce qu’il lui restait, tout son courage et toutes ses peurs, ses désespoirs et ses rancoeurs. Mais il n’était pas venu. Chahîd n’était pas entrer la chercher à l’église pour qu’ils partent ensemble. Parce que malgré tout, elle n’avait cru qu’a demi mesure à ses propres mensonges, parce que dans son cœur elle le savait en vie. La louve avait un loup et rien ne pouvait l’éloigner d’elle vraiment sauf elle-même. Mirahil aurait souhaiter entrer dans la tourment, dans les branches cassés, dans la neige endiablé, subir la morsure du vent, le fouet de ses cheveux, la colère des éléments, avec son loup, lui tenir la main pour qu’ensemble ils aillent loin sans plus jamais se quitter. Elle voulait aller, là, dans l’inconnu d’un appel qu’elle ne comprenait pas, non comme une souillon ou une putin, mais comme une louve, comme une reine, avec son roi à ses côtés, avec son fou pour compagnon de misère. Fière elle aurait pu défier le monde à ses côtés, brûlante elle n’aurait senti ni la morsure du froid, ni le déchaînement des branches sur son corps.
Mais Chahîd n’avait pas pris sa frêle main dans la sienne pour la guider, la grise n’avait pas senti les griffes se recourber sur sa peau doucement, affectueusement pour mieux veiller sur elle.
Elle avait attendu …
Puis elle avait cessé d’attendre.
La folle avait cessé de croire.

Alors ces mensonges devinrent vérité, alors le poids de sa solitude pesa sur les épaules.
Il n’était pas venu, le loup avait laisser seule la louve.


Alors une seule fois elle gronda, si fort si puissamment que cela aurait pu être un hurlement si cela n’avait pas été aussi animal.
Et elle ne pleura pas, et elle cessa aussitôt, elle ne s’enfonça pas dans le désespoir car déjà l’ombre s’était tuée pour cela.
Etait juste mort une parcelle d’espoir. Un espoir fugace et imprévisible ou peut-être plutôt une certitude qui s’était éteinte, une cretitude qui était resté tout au fond d’elle...



« Ainsi je dois être : forte, puissante, sans limite, rêveuse …
Une louve solitaire …
Sans épaules autre que les miennes pour me soutenir.
Se reconstruire seule, ne pas refaire les mêmes erreurs, s’attacher aux autres sans pourtant rien leur demander, et rien leur prendre. »




Et la grise se prépara à partir. Elle n’avait pas de bagage, aucun objet auquel elle tenait vraiment, mais tellement de chose à régler avant ! Une âme à renforcer pour pas qu’elle ploie devant l’inconnu, juste une âme, juste SON âme… Mais tellement déjà !

L’appel lui cria de venir, elle refusa de partir et ce de tout son être. Puis il se calma comme pour reprendre son souffle et elle put continuer.

Doucement elle retira son bandeau, le posant méticuleusement sur la statue du Christ. Ce bandeau gris qu’elle avait posé sur ses paupières pales, pour que le froid ne blesse pas la peau fragile, pour que la douleur de la morsure soit moins présente. Un bandeau gris pour cacher ses paupières fermées à jamais…



*Il est temps maintenant.*


La vallée avait parlé sur son grand cheval. Et l’appel en l’ombre hurla tellement fort en chaque parties de son être qu’elle failli s’écrouler, pourtant elle resta debout et murmura.


« Encore un peu de temps. Il y a une éternité, ma belle vallée, une éternité que je suis là, et une éternité que je n’y suis plus. Tu as attendu, tu attendra encore, même si la patience n’est pas vraiment notre fort.»



L’ombre s’immobilisa, la porte s’ouvrit avec fracas alors que la tempête devenait ouragan. Le vent alla emmêler les cheveux sombres que Mirahil avait remit en ordre, mais déjà elle les avait oublié. Leur morsure sur son corps la fit sourire, c’était le retour de la sauvage, elle allait maintenant, frêle, maigre sur le chemin de la vallée.



« Attend encore un peu, juste un peu … »



Statue, seuls ses cheveux dansaient autour d’elle, le vent s’engouffrait dans l’église balayant des débris de ses éclats. Puis la porte claqua et se referma. Alors que le bruit dehors ne lui semblait plus qu’un murmure elle leva sa main, sa main froide et réparé de ses blessures, ne gardant plus que quelques marques de ses combats.
La dame étrange s’approcha alors et murmura, sure d’être enfin entendu, après ces semaines d’indifférences :




*Je vais m’occuper de toi, ma belle, ne t’inquiète pas, n’ai pas peur.
Je reviens gorgée ton âme, je revient raviver ton esprit. *



Puis doucement elle posa sa main invisible sur celle de la grise, puis l’enlaça fermement et l’embrassa. Etrange étreinte que celle la, baiser avec le vide, avec une autre partie de son être. Mirahil était sure d’elle, et il n’y avait nulle peur dans son cœur juste une légère appréhension …

Et …
ET …


La dame étrange n’était plus !
Mirahil ne la voyait plus, ne la sentais plus.
La lucidité avait repris sa place dans le corps immatérielle du fantôme.



*Tu va être en retard.*


« Menteuse !
On peux pas être en retard vallée, on peux pas …
Tu le sais alors tais-toi !
C’est presque fini … »




Et la lucidité commença à agir en elle, le passé, l’avenir ne lui firent plus peur, la solitude devins alors un calme qui lui manquerait. La dame étrange harcela les fêlures et les craquements de l’âme et pus réussir, ainsi, à soigner la moitié des blessures, à cajoler et recoudre les failles. Mais elle ne fit pas tout, la raison ne peut contrôler certaines choses du cœur, il y a des mots tabous, des moments sacrés, des douleurs trop profondes que seul le temps peut cicatriser.

Sa tristesse se fit moins profonde, son allure plus assuré, son pas plus serein.


*Pourquoi être prête alors que là-bas cela ne signifiera plus rien ?*


Mais la grise ne répondit pas à la vallée, de longues minutes passèrent et la lucidité comme un petit maçon fit son office dans la grande architecture qu’était son âme.

Puis cela cessa, aussi simplement que cela avait commencé. La grise fit alors quelque chose d’étonnant, elle pris une mèche de ces cheveux qu’elle laissa près du bandeau, sur la statue du Christ à moitié brûlé. Elle ne le mettait pas sous sa garde mais elle le déposait sur un lieu sacré pour être sur d’y revenir un jour, s’attacher en ce lieu comme elle s’attachait à cet ordre dans son âme, cet ordre qui lui venait d’un mort, qui lui venait d’un loup.

Et elle obéirait quand elle pourra venir, demain ou jamais, elle obéira …


L’appel murmura alors, tout doucement à son oreille, sachant déjà qu’elle ne se refuserait plus à lui.



« Je suis prête. »



L’ombre ouvra la porte, et sortit dehors. Le cheval de la vallée hurla dans la tourmente des éléments, pourtant sa cavalière le mit au pas.
Mirahil laissa ses pas l’emmener, découvrant sous ses pieds la neige qui lui avait manqué, sentant le vent sur son visage, sa colère broyée par la fureur de la vallée. Elle sentait, tout ! Son instinct lui dictait ou aller, son pas marchait sans faillir, un pas lent comme si elle allait tout perdre là-bas ou que le bonheur, au contraire, l’y attendait.
Elle marchait …
Sans fuir, sans courir …
Sans mascarade, sans faux semblant.

Elle ne s’arrêta qu’une fois, quelque secondes, puis repris sa marche. Il lui avait semblé entendre quelques choses.

Alors elle se laissa prendre par la tourmente, devins le vent qui faisait ployer les arbres, une feuille balayer par le vent. Se laissant parfois emmener loin, voltigeant avec son frère el vent, le laissant la porter, la caresser de son étreinte glacée. Cela durait des minutes ou des secondes, où son invisibilité la cachait de tout, sa vitesse l’emmenait loin et vite. Puis on la revoyait près du cheval, de nouveau matérielle, solennelle, gracieuse dans son pas cérémonieux. Elle semblait d’un calme et emplie d’une harmonie étrange et mystique, celle d’une prêtresse devant la statue de son Dieu peut-être. Mais il suffisait qu’une rafale plus forte que les autres, qu’un coup de tonnerre ou même le hurlement du cheval pour qu’elle laisse son corps redevenir souffle et que joyeuse elle s’élance dans l’absolu de la tourmente. Et la dame sur son cheval riait de ses joies, son petit rire grave et si cruel parfois semblait léger et calme malgré les éléments déchaînés.


*Qu’est-ce qu’il y aura ? Dis tu le sais ?
Non tu ne le sais pas !!!!
Tu verras, tu verras !!!!
Ca va être grandiose, ma belle.
Sa va être magnifique !
SI tu savais !
J’aimerais te le dire, oui te le dire …
Tu sais …
Tu sais …
Non tu ne sais pas, tu verras !!!
C’est une surprise, un cadeau, un beau cadeau ! *



Sa voix s’emmêler aux vents et à la foudre, ses mots se répétaient, s’enchaînaient, puis reprenait, il n’y avait pas de logique juste des mots que pourtant la folle comprenait. Même parfois il semblait que la vallée eu mille vois, et que celle-ci reprenaient en canon, parlaient les unes par-dessus les autres.
Puis elle cessa de parler et malgré les arbres qui craquaient, le tonerre qui grondait et le vent qui soufflait.
Non malgré tout sa, malgré la fureur des éléments il y avait silence.
Alors l’ombre cessa de jouer et se tient droite, grande impériale. Son visage se fit rêveur et elle murmura :



« Laisse moi vallée, laisse moi avec ceux qui sont morts, laisse moi apprécier ta surprise …
Je veux être seule, je ne veux pas que l’on m’aide ou me porte.
Je veux affronter seule les délices qu’un de tes cauchemars va créer. »



Alors le cheval parti, et l’ombre fut seule.
Seule !
Vraiment !
Sans ses dames pour lui murmurer des conseils, des mots d’amours ou de simples paroles rêveuses.
Alhem était loin, la dame étrange avait disparu, la vallée était partie.
Il ne restait plus que l’ombre et alors qu’elle sentait ses congénères près d’elle, qui comme elle avaient répondu à l’appel de la vallée, elle ne songea un instant à leur parler ou même à prendre une main. L’ombre ne chercha pas non plus à savoir qui était prêt d’elle.
Son instinct s’attarda quelques secondes à lui dévoiler la présence lointaine d’un dragon, cependant elle n’eut aucune réaction, il n’y avait pas de danger ou alors juste un massacre des créatures. C’était peut-être la mort, oui la mort là-bas qui étendait ses bras pour qu’on puisse s’y réconforter, la vallée qui avait décider de remettre l’ordre dans son sein, de tuer les morts, pour laisser les vivants en paix …
Peut-être …
Quoi qu’il en fut Mirahil s’y dirigea sans peur, avec une petite joie profonde en pensant qu’elle pourrait rejoindre son loup …

Mirahil était seule, seule pour affronter ce qui allait se passer, seule et heureuse de l’être, au milieu de cette foule de revenants, au milieu de l’armée des morts de la vallée.

_________________
Que ce soit dans la nuit et dans la solitude,
Que ce soit dans la rue et dans la multitude,
Son fantôme dans l'air danse comme un flambeau


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