AccueilPortailFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 A la lumière des flammes

Aller en bas 
AuteurMessage
Hideto
Invité



MessageSujet: A la lumière des flammes   Lun 16 Jan - 3:19

Une silhouette d’une finesse flirtant avec la maigreur, recroquevillée sur elle-même devant l’âtre, se balançait légèrement d’avant en arrière. Les autres résidents du manoir étaient quelque peu habitués à ce genre de scènes, depuis les cinq ans qu’Hideto avait rejoint le clan des Ombres. Pour l’instant, celui qui avait été un jeune homme demeurait seul devant le feu qui réchauffait le petit salon, semblant perdu dans son chandail trop grand pour lui, dont les manches pendaient au bout de ses longues mains fines et délicates, les recouvrant totalement.

Complètement ramassé sur lui-même, ses bras entourant ses longues jambes pliées contre son torse, l’Ombre aurait pu passé inaperçue… mais la masse de ses cheveux couleur rouge sang se détachait d’une façon si lumineuse à la lueur des flammes qui crépitaient dans l’âtre, que ne pas le voir aurait relevé de l’exploit, même pour un malvoyant affublé d’un début de cataracte. Autant dire que si il se trouvait ici, ce n’était pas par envie de se retirer dans la solitude mais plus par besoin de voir une lumière rassurante.

De toute manière, le mur qu’Hideto dressait entre lui et le monde, lorsqu’il se sentait mal comme à cet instant, suffisait largement à combler son besoin d’isolement. Quelqu’un aurait pu entrer suivit d’une fanfare que le jeune homme n’aurait pas cillé, totalement déconnecté de la réalité, si l’on pouvait employé ce terme au sujet du monde d’Hollow Dream. Oui il pouvait parler de ce monde ainsi réflexion faite, car depuis qu’il avait lâché prise et était devenu une Ombre, la seule réalité valable pour lui était celle de ces lieux.

Pour qui l’aurait observé de face à ce moment là, le regard d’Hideto aurait semblé vitreux, vide de toute émotion ou pensée… Il n’en était rien, mais l’Ombre était tant retirée en elle-même qu’il semblait que toute vie l’avait quittée. Ses yeux restaient immobiles, fixés sur les flammes qui dansaient devant eux, avec pour seul indice de son statut d’entité animée, les mouvements oscillatoires qu’il imprimait à son corps, d’avant en arrière. Hideto ressemblait à un petit enfant perdu qui se rassure comme il peut, palliant le manque des bras d’un être cher en mimant mécaniquement les mouvements d’un tendre bercement…
Revenir en haut Aller en bas
Rosélio
Invité



MessageSujet: Re: A la lumière des flammes   Mer 18 Jan - 15:48

Rosélio, vêtu d'un pantalon noir moulant et d'une chemise blanche si ample qu'elle tombait à moitié de travers, dévoilant son épaule gauche et le haut de son bras où la chair était dévorée par des sillons glacés decida de s'accorder un semblant de paix dans le petit salon. Silhouette petite et malingre à l'apparence négligée, on aurait dit un enfant, déplacé dans un lieu sophistiqué. Ses longs cheveux presque blancs caressaient son dos, ondulant jusqu'au haut de ses cuisses. Il examina la salle et découvrit une chevelure rouge à laquelle le feu donnait d'étranges éclats. On aurait presque dit des cheveux de flammes, leur propriétaire changeant leurs reflets avec son balancement...

Le lieutenant se souvint de scènes semblables, dans son séjour en hôpital: un homme qui passait son temps dans un fauteil et répétant sans cesse le mouvement qu'Hideto imprimait à son corps, semblable à un pantin vide, presque inanimé... Cette ombre aurait sûrement fini en hôpital psychatrique si les hommes avaient découvert un tel comportement. Rosélio sourit en se souvenant que lui-même était considéré comme un monstre sur terre. Décidément, les terriens n'avaient rien compris, c'était chez eux que quelque chose clochait, pas chez lui. Prétendant que la majorité fait la normalité, ils le faisaient passer pour un psychotique, alors qu'il était seulement un chanteur égaré dans ses rêves.

Plaignant intérieurement son "semblable", il le dévisageait de ses yeux d'or depuis quelques instants, sans esquisser un geste. Il ne savait comment attirer l'attention de cet être perdu dans les limbes psychiques, alors il se contentait de le fixer, droit et impénétrable malgré son allure presque déguigandée. Néanmoins si l'individu continuait son manège, il risquait de s'ennuyer ferme. Alors il s'avança et entonna une berceuse, comme pour accompagner le mouvement de cet être blessé, sa voix pure résonnant doucement dans l'air. Tout en chantant, il continuait de s'approcher, lentement, comme un funambule sur une corde fragile.

Enfin, arrivé tout près d'Hideto, il s'assit sur le tapis, continuant sa mélodie apaisante, comme s'il cherchait à réconforter son collègue dans l'étreinte de sa voix de cristal, l'enveloppant de sa mélopée comme dans un cocon délicat. Peut-être cela suffirait-il à capter l'intérêt du jeune 'homme'... Il lui rappelait trop cet homme, tout comme lui enfermé entre des murs blancs, surveillé par des geôliers en blouse blanche, retenu dans un monde aseptisé, commun. Il lui semblait revoir certains fragments de son passé, et tout comme il aurait aimé apporter un peu de tendresse à son comparse malade, il voulait apaiser l'espion des ombres.
Revenir en haut Aller en bas
Hideto
Invité



MessageSujet: Re: A la lumière des flammes   Dim 22 Jan - 17:34

Dans son univers réduit aux flammes et à ses pensées mélancoliques, l’Ombre sentit soudain des bras immatériels l’envelopper avec tendresse, un ange de piété l’enlaçait lentement de ses larges ailes blanches… Une douce mélodie, semblant descendre des cieux tant la voix qui la produisait était belle, venait caresser ses oreilles, le son avait d’abord été murmure lointain et remplissait à présent tout son être gagnant peu à peu du terrain sur son mutisme.

A chaque note de la berceuse s’effritaient un peu plus les murs de la prison mentale où Hideto s’était retiré de son plein gré. Ses mouvements de balancier se firent plus rares, l’Ombre ressentait de moins en moins le besoin de se rassurer de la sorte, la mélodie le faisait pour lui de si charmante manière, le ramenant vers le monde extérieur comme une mère guide son enfant en le tenant par la main. La terrible froideur qui engourdissait son corps malgré les flammes qui brûlaient dans l’âtre se muait en un halo de chaleur, irradiant les cellules de son corps, comme le ramenant à la vie. S’il avait eut froid, avait été seul et triste, il n’en était plus rien et l’expression du regard d’Hideto, lorsqu’il se tourna vers l’entité assise à ses côtés, exprimait tout à la fois la gratitude envers celui qui l’avait rappelle au monde et le plaisir que sa mélopée offrait à son âme et son cœur.

L’Ombre ne dit pas un mot, pour ne pas que le chanteur cesse ses rassurantes paroles dénuées de mots, ses phrases musicales qui disaient pourtant plus que n’importe quelle conversation… Hideto se contenta de le regarder, le visage apaisé offrant un sourire triste à son compagnon. Les caresses de notes insufflèrent en lui l’envie, le besoin de celles du corps, mais il n’osa faire un geste vers le chanteur, de peur de briser la délicatesse de l’instant et de lui déplaire par l’expression d’une envie qui peut-être considérée si terre à terre. Pourtant comme l’idée de se reposer dans les bras fins de cet être semblait rassurante à Hideto…

En se laissant emplir par la chaleur de la voix, il imaginait qu’accompagnée du touché soyeux de la peau dénudée par endroits du chanteur, la mélodie prendrait une tout autre dimension, s’incarnerait alors dans le temps et l’espace pour emplir la pièce d’une beauté sans égal. Et la compréhesion muette que Rosélio avait eut de sa détresse intérieure serait remerciée par l'apaisement de l'esprit que le contact physique apporte si souvent. Mais il ne bougea pas malgré tout, fermant un instant ses doux yeux noirs, dans l’attente ravie de la prochaine note, son sourire teinté de tristesse flottant toujours sur la pâleur de son visage comme une brume fantomatique sur les eaux à la faveur de la nuit …
Revenir en haut Aller en bas
Rosélio
Invité



MessageSujet: Re: A la lumière des flammes   Dim 22 Jan - 19:19

Le lien tissé entre ceux deux être étranges se renforça au fil de la mélodie tandis qu'Hideto reprenait conscience de ce qui l'entourait. Instant dénué de toute morale, logique, raison, il était entièrement dédié au rêve et à la poésie de l'existence. Quelle merveille de voir cette créature brisée revenir vers lui, découvrir qu'il avait peut-être un semblable en ce monde l'emplissait d'un doux réconfort. Malgré sa peau dégénérée mise à nue, l'espion n'était pas dégoûté. Non, bien au contraire, il acceptait de partager un moment avec lui.

Comme il aurait aimé que les autres, de la même manière, ne le rejettent pas, que la gêne, le malaise qu'il inspirait généralement disparaissent. Il aurait aimé profiter de la tendresse parentale, qu'ils le bercent, le chérissent. Mais ce froid que lui procuraient les autres l'avait toujours enveloppé lorsqu'il sentait leurs regards, leur distance... Ils lui faisaient bien éprouver sa différence. Mais etait-ce sa faute si le destin s'était acharné sur lui? Pourtant il ne se plaignait pas de ce qu'il était devenu, il savait qu'il jouissait de richesses inconnues aux autres lorsqu'il était lui-même, réfugié dans un labyrinthe psychique de merveilles.

Rosélio se sentait en paix, accepté. Sa voix ne s'en fit que plus douce, remerciement tacite pour cette sensation de sérénité si rarement éprouvée. Pourtant le lien pouvait encore s'accroître si ses bras devenaient le prolongement se sa berceuse. Attendant qu'Hideto rouvre les yeux, il lui tendit les bras, l'invitant à venir le rejoindre. Il avait lui-même besoin d'être aimé, il espérait un peu de tendresse, étant tout à la fois protecteur et démuni, comme un père et un enfant. Malgré le temps écoulé, il avait très peu changé, il se sentait juste un peu plus de responsabilité envers les ombres, étant leur lieutenant. Ce n'était pas par ambition qu'il était parvenu à ce poste, néanmoins il le prenait au sérieux. Pourtant, il restait fragile, et demandait lui-même à recevoir de l'attention et de l'affection.
Revenir en haut Aller en bas
Hideto
Invité



MessageSujet: Re: A la lumière des flammes   Ven 27 Jan - 18:48

Un instant encore le chanteur continua sa mélodie en regardant l’Ombre reparaître au monde avec timidité, guidé par le chemin de notes qu’il avait déposé à ses pieds, traversant pour cela les murs érigés pour protéger l’esprit emplit de douleur d’Hideto. Et il avait trouvé sans peine le chemin parmi les dédales tortueux de son labyrinthe intérieur, comme si il avait été chez lui, connaissant les moindres accès de ce qui se voulait pourtant une forteresse impénétrable, une place forte plus solide que les châteaux moyenâgeux des seigneurs d’antan. A vrai dire elle était imprenable la forteresse que le jeune homme bâtissait de ses défenses mentales, sourde aux appels désespérés de sa famille quand il était encore humain. Elle n’avait pas plus cédé devant les assauts des psychiatres. Rien n’y faisait, quand Hideto se retirait en lui-même des jours durant, aucun être n’était à même de le rappeler à la réalité.

Mais l’Ombre qui l’avait rejoint savait lui. Il savait en son âme que le seul moyen de le faire sortir de son mutisme se trouvait dans l’offrande d’une réalité sublimée par une chose plus belle et plus rassurante que les chimères de l’esprit n’en produiraient jamais. Rosélio avait ce pouvoir de créer la beauté parfaite, et chaque note qu’il laissait s’échapper avec douceur de sa bouche appelait son âme en peine, lui disant que le monde pouvait être beau, accueillant et chaleureux. Hideto était totalement revenu à lui lorsque les bras du chanteur s’ouvrirent pour l’inviter à s’y lover, pour ancrer dans la chair le lien tissé de poésie qui avait rappelé son âme à celle qui semblait le comprendre mieux qu’aucune autre. Oui le lieutenant des Ombres lui offrait le soulagement d’une compréhension si douloureusement espérée jusqu’alors, répondant par son geste au souhait intérieur de son homologue, sans qu’il ai eut à prononcer la moindre demande.

Ce qui se passait en cet instant entre eux dépassait les conventions, il y avait une grâce dans leur reconnaissance et leur compréhension muette qui portait une magie, une poésie toute semblable à celle de la musique. La voix de Rosélio s’était encore adoucie pour achever de rassurer l’Ombre, sublimant sa personne qui paraissait une vierge de piété offrant le refuge de ses bras à l’enfant égaré. Les prunelles noire d’Hideto rencontrèrent l’or des yeux du chanteur et ce qu’ils y lurent alors vaincu les dernières bribes de sa timidité. Lui aussi désirait la tendresse d’un corps contre le sien, la douceur du contact des peaux, le besoin d’amour exprimé avec pudeur à la faveur du regard et de son invitation. L’Ombre glissa jusqu’au corps de Rosélio et vint poser sa tête sur l’épaule opaline ornée d’étranges arabesque bleutée. Comme sa peau était douce sur sa joue… Son cœur se serra un instant tandis qu’il se laissait aller contre son compagnon. Enfin il retrouvait un refuge que la vie terrestre lui avait refusé si longtemps. Plus de solitude en cet instant, plus de peine, seulement la chaleur d’un corps contre le sien et d’une divine mélodie à ses oreilles. Les notes continuaient à s’égrener harmonieusement alors qu’Hideto réalisait que pour la première fois depuis les six ans qu’il était à Hollow Dream, un contact autre que distant et respectueux se nouait entre lui et son supérieur. Bien que Rosélio ait déjà assisté plus d’une fois aux crises de mutisme de l’espion, jamais encore il n’avait tenté de l’en sortir. Les beaux yeux noirs se fermèrent alors et se laissant totalement aller à la magie de cette première fois – car elles le sont toutes n’est-ce pas… peu importe de quoi elles relèvent – il entoura la fine taille du musicien des ses longs bras, à la peau aussi pale que celle de l’épaule contre laquelle sa tête fatiguée reposait maintenant, une expression sereine comme celle des dormeurs peinte sur ses fantomatiques traits.
Revenir en haut Aller en bas
Rosélio
Invité



MessageSujet: Re: A la lumière des flammes   Jeu 2 Fév - 14:59

Dieu, quel bonheur! Rosélio en avait rarement connu de semblable, et son coeur submergé semblait bien en peine pour contenir tant d'émois aussi intenses. Sa voix vibrait d'émotion et reflétait son trouble intérieur tandis que de frénétiques battements cognaient sourdement contre son sein et se répercutait faiblement à ses oreilles, métronome de ses sensations. Hideto avait non seulement accepté son invitation, mais il lui offrait l'étreinte de ses bras qui vinrent gracieusement se poser contre sa taille malingre. Lui n'était pas rebuté, bien au contraire, il se fichait de ces maigres considérations physiques. Que de fois n'avait-il espéré semblables caresses au lieu de ces frissons d'horreur qui parcouraient insidieusement le dos de ses interlocuteurs à sa vue! Que de fois avait-il souhaité rencontrer un être avec qui la compréhension dépasserait ce simple langage, outil pratique mais si imparfait face à l'immensité des tréfonds de certaines âmes!

Passant sa petite main aux doigts maigres dans la chevelure de rubis d'Hideto, il les laissait errer parmi leur texture soyeuse, contemplant ce tableau à la parfaite harmonie de son visage exempt du moindre défaut, de la moindre impureté. Il ne regrettait pas son physique, mais une certaine mélancolie le prenait parfois de n'inspirer que le malaise. Seule sa princesse imaginaire lui offrait parfois un contact délicieux qu'il était seul à ressentir, corps inexistant devenu tangible pour le chanteur. Mais là c'était différent, il n'avait plus besoin de recréer, d'imaginer, il pouvait réellement apprécier l'offrande de l'ombre qui lui offrait un peu de chaleur.

Il était si étrange qu'il ne se soit jamais aperçu de ce que pouvait cacher l'espion, trop occupé à fuir tout ce qui était plus ou moins "rationel". Mais loin d'être l'oeuvre de la raison, l'exquis jeune homme était celui d'une sensibilité infinie qui si elle avait connu la joie ne connaissait maintenant plus de limite pour la douleur. Si seulement le cosmos de ses passions voulait bien le transporter plus souvent vers des planètes insouciantes et rieuses, à la place des lieux lugubres ou tristes jusqu'à présent principalement explorés... Mais le voile qui le trompait et le perdait était maintenant troué: il y avait quelqu'un d'autre, une personne qui serait peut-être le compagnon recherché. Oui, il avait été bien aveugle, à force de craindre les blessures et de fuir la tourmente, il s'était privé de bien des choses... Mais maintenant ce n'était pas grave, après tout il avait sûrement l'éternité ici, et le temps ne lui faisait plus défaut. Que de promesses s'ouvraient à lui.

Etait-ce la magie de l'instant qui le faisait divaguer, était-il emporté de nouveau sur les ailes de l'espoir vers des visions luxuriantes de merveilles? Il n'avait jamais été retenu ou prudent, se fiant toujours à une sorte d'intuition qui lui avait été jusque lors été fidèle. Ainsi il ne risquait pas de l'être à présent que la paix avaient retrouvé le chemin qui conduisait vers lui, enfant fragile et perdu...
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: A la lumière des flammes   

Revenir en haut Aller en bas
 
A la lumière des flammes
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Obélisque de lumière
» [Quête] Une lumière dans les ténèbres
» "Il y a pas de lumière sans clarté, pas de beauté sans bonté" - Sara Ebstein
» Y'a pas de fumée sans flammes ! [CLOS]
» [Porteuse de lumière]Akari

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Hollow Dream :: BROUILLON :: Archives :: Archives RP :: Saison 1-
Sauter vers: