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 RAPTUS [PV Mary Malone]

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Chahîd
Chimère Sauvage - livré avec hachoir et psychose
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MessageSujet: RAPTUS [PV Mary Malone]   Ven 7 Déc - 15:34


Après avoir quitté l'église, laissant Mirahil sur le seuil, il parvint au pont couvert.
Il marcha longtemps dans la forêt avant d'y parvenir.
Là qu'il commença l'épreuve:
Se souvenir de sa vie d’humain.
Tout.
Tout devait revenir,
le moindre détail pour qu’il ne se trahisse pas devant elle.
La première chose qu’il fit fut de retirer sa pelisse
qu’une nuit il enterra dans un trou profond près de l’église,
de peur que les hommes ne la reconnaisse.

Il ne craignait pas le froid, mais il devait mimer les frissons,
les douleurs,
la fragilité des humains.

Il s’entraina pendant plusieurs jours sans relâche, à retrouver chaque geste familier,
coutumier des humains,
jusqu’au moindre détail.

Parfois sa tête le faisait terriblement souffrir,
une créature n’était pas faite pour penser, non
Et se remémorer sa vie d’antan le mettait à la torture car il devait lutter contre sa colère,
contre sa faim,
contre sa rage

Civilisé…. Se civiliser.
Dresser l’animal.

Il le fit avec répugnance,
observant jours après jours les modifications qui s’opéraient à mesure qu’il repoussait l’instinct.
La rancœur,
la colère.

Ses mains retrouvaient la douceur de cette peau humaine qui l’avait tant fascinée par sa plasticité.
Ses griffes se rétractaient mais jamais assez.
Ses ongles étaient maintenant inhabituellemnt longs.

Voyant qu’il ne parviendrait pas à leur donner une apparence normale il prit une pierre dans les ruines et les broya,
un à un,
refusant la haine qui menaçait de tout faire basculer quand il se donnait des coups pour faire disparaitre les dernières traces de sa vie animale.

Ses yeux d’un bleu incandescent semblaient vouloir tout détruire.

Il enterra le reste de ses griffes sous la neige.
Cachant aussi les cadavres qu’il dévorait.

Il tua un humain dont les vêtements semblaient à sa taille,
et assez chauds pour qu’il n’ait pas à feindre trop la sensation de froid.
Puis il changea d'avis, cela ne correspondait pas à l'idée qu'il se faisait de son rôle.
il attendrait, patiemment celui qui lui servirait de mannequin.

Il ne conserva qu’une chose, le kriss qui dormait dans la doublure de sa pelisse.
Il se battrait désormais comme un homme.
Il passa des heures à parfaire son accent, son histoire, ses manières.
Son style.
Tachant d’analyser ce qu’il savait de Mary pour l’attirer dans son piège.
Il devait sciemment apprendre à cacher sa force, sa manière de manger, de chasser, de tuer.
Modifier ses habitudes, son rythme, sa manière de marcher, de bondir, de courir.
L’apprentissage fut long et douloureux mais une volonté d’acier guidait la chimère.
L’amour lui donnait des ailes quand il était prêt d’abandonner tant la tache était ardue,
pénible,
contre nature.

Faire reculer la bête, pas à pas.
Il s’y appliqua, vite,
le plus vite qu’il pouvait.

S’auto hypnotisant pour retrouver quelques souvenirs,
quelques brides,
avec la peur que tout lui remonte et que sa vie passée d’homme ne le submerge comme une vague géante,
incontrôlable.

Il se rappela la vie de ses amis,
celle de son meilleur ami,
Gino,
Gino del Calor,
un malfrat respecté, violent, courageux,
drôle et aimé des femmes quand lui fuyait leur compagnie.

Il allait usurper son identité, mais n’était-ce pas pour la bonne cause,
lui même ne l’aurait pas condamné,
cette mascarade l’aurait même sans doute fait rire s’il avait été encore vivant.
Il se rappela ses gestes, son enfance, son adolescence pour éviter de penser à la sienne.

Mais elle revint, inexorablement,
comme tout ce qu’il refoulait
elle lui revenait par salves.

Les livres,
les voyages,
les drapés,
les enfants,
les livres,
les livres…

Un mur entier de livres explosait comme des feuilles lui donnant une claque chaleureuse dans le dos comme un vieil ami.
La propension au mensonge littéraire qu’il allait réaliser lui fut dévoilée en une sorte de révélation tandis qu’il feuilletait les pages d’un livre imaginaire.
Il éclata d’un rire aigre.
Il allait les duper,
comme tous ces auteurs qu’il avait lus dupaient leurs lecteurs.

Projeté dans son appartement à Paris, il voit sa bibliothèque,
celle où il va puiser son histoire,
ses souvenirs,
ce réservoir de rêve qui se multiplie,
se répand,
et le réjouit.


*Trouver Planmantee dans ce dédale de pages.*

Il doit sourire quelque part comme une conserve entrouverte.
Les livres dans ce rêve partent au sol et montent jusqu’au plafond comme les espèces d’Aristote.
Ils recouvrent les portes, s’entassent dans la penderie, consument le moindre recoin,
couronnent le radiateur :
quatre murs et une fenêtre pleine de als ob :
modèles, fictions, fantômes,
folles conjectures de l’humain renaissant dans la bête,
réchauffé par elle,
modelé par elle,
la totalité des talents humains essentiels lui semblait brusquement à portée :
rêves,
prêches,
poèmes,
et autres merveilles inanimées.

Il y a des livres dans les tiroirs, sur le bureau,
sur la table de Yoshe Mandelstam.
D’occasion. Obèses. Dépenaillés. Innocents. Sinistres.
Pierre le laboureur.
EIPHNH.
Trois semaines.
Céline.
Seul.
En défaveur.
En foules.

*Je ne pourrais vivre dans une telle proximité avec qui que ce soit*

Avec Unamuno, le bien nommé, avec Marlowe, oui. Thomas d’Aquin. Schopenhauer. Galilée. Bède.
Il les convoque chacun avec un doigt taquinant le sommet de leur dos.
Ils passent entre ses mains, invisibles prophètes,
inconsolables
comme des cartes de poker.

Ils se multiplient.

O accordez moi une faveur ;
La force,
Juste une fois,
De secouer l’arbre sacré dont les rameaux
Par la pensée animés
Ploient sous notre beauté terrestre
Jusqu’à ce que tous les vergers du monde
Comme un vent de sympathie,
Laissent tomber leurs fruits sur le tablier de la terre
Afin qu’en les goûtant notre bouche connaisse
L’éloquence fugitive de leur jus


Willkomment dann, o Stille der Schattenwelt !
Zufrieden bin ich, wenn auch miein Saipenspiel
Mich nicht hinab geleitet; einmal
Lebt ich, wie Gôtter, und mehr bedarfs nicht.


Froissard. Gobineau.

Tels des pions, certains gouvernent les carrés du tapis.
Livres sobres. Catins.
Ils préoccupent son fauteuil comme une panne. Ils font pression.
Ockham. Austen. Von Frisch. Pound.
En pardessus. Satinés. Avec des illustrations. Des nappes.
Pindare.
Lourds. Usés.
Hardy, Hawthorne, Hazlitt, Hemingway, Henty, Hopkins, Housman, Hume.
Leurs pages détachées cornées arrachées séchées jaunies et leurs dos brisés et décollés, certains expulsés d’eux-mêmes,
Webster, Ford, Lombroso, Chapman, Cleland, Chaucer, Berkeley, Boccace, Swift,
par le temps, l’humidité, la main brutale, leurs contenus féroces,
Flavius Josèphes, Bussy d’Amboise,
certains biffés, griffés, grevés d’annotations, de soulignements, d’exclamations, d’empreintes, de pouce, de traînées,
Poe, Thomas, Plaute et Pétrone,
tachés, cochés, cabossés, marbrés, rongés.

Ibsen.


*Et si l’une de mes connaissances
– Tchekhov, Veblen –
Etait telle, je la fuirais. Mais…*


Bradley ? Burns ? Bernanos ? Browning ?
Tranches dorées ? Tapageurs ? Chic.

*Ils savent vieillir –chacun– ils traversent le temps comme une pierre qui vole*

Le roi Lear. Colette. Une vie. Le Corbusier. La Rochefoucauld.

*Je les ai jetés pourtant… abandonné....
Oui ils m’ont brisé,
avant,
ceux qui me reviennent.
Ils m’ont fait voir le monde dans sa criante horreur,
eux,
misérables et sublimes compagnons.
Je les ai violemment reposés.
Ils m’ont tant avili*


« La bonne Anna ». Keller. Boule de Suif.

Estampés. En daim. Defoe.

Reçus à un anniversaire, avec un ruban ou une cordelette à glands, et souillés par des dédicaces, des ex-libris, des ratures pareilles à des papillons de nuit voraces,
des étiquettes et des encres de bibliothécaires.

Les Grandes Espérances.

*Je parle de leur dos, de leur index, de leur nervure…. De leur corps….*

Fringants.
Fourbus.

Fabre. Fielding. Frost.


*Finir Planmantee, il est quelque part
– vivant sa vie dans une vie telle Madame Bovary –
quelque part où rien ne ressemble à rien et où tout est autre,
où ce qui ressemble s’assemble à l’infini
– métaphysique, mathématique, magique –
où tous s’apparient et se marient sans jamais dire merci.
Je vois Homère.
Il a cessé de chanter,
et désormais les sirènes me font signe de m’éloigner.
Mes vers souffrent d’interruption et ces couvertures se referment sur moi.

Chimère des chimères.*


Hegel. Jamblique. Pline. Platon.

*Où est l’ouest maintenant qu’il n’y a plus rien de nouveau,
ô vieil homme stupide ?
Cette tranchée d’ombres enchanteresses,
de découpes en carton,
de feux souples ?

Ne me mens pas.

La cabane où Socrate se siffla sa ciguë était un trou de troglodyte.
Et Plotin lui aussi est une grotte.
L'obscurité qui gît sous l’esprit comme l’ombre fraîche du lit d’une rivière est mon ultime bouclier, car se précipiter au grand jour c’est se faire crever les yeux ; aveuglé par la mort, se lancer à l’assaut de la colline au coup de sifflet et au cri de guerre d’un autre, à peine fauché déjà fumant, mourir salement,

Mourir jeune….*


Chatterton.

Qu’est ce qu’un livre sinon le récipient d’une conscience.

A travers un rideau de concepts, Yoshe Mandelstam regarde de fragiles impollues,
le jeune Kierkegaard dans tous ses déguisements,
Empédocle en poisson, en oiseau et en fille,
Stendhal et Byron, en fringants fanfarons,
Boswell accostant ses putains,
Cellini, un autre vantard, l’honnête Casanova,
Pepys à table,
Henri Miller,
Gide se fendant d’un Chopin et autres indiscrétions,
Cudworth, Claudel, Jeremy Taylor, Mörike
et puis.... et puis Baudelaire
– le plus beau nom de tous.

Vico.
Verlaine.

Michel-Ange – le plus beau – Mallarmé – le plus beau – Sophocle –
le plus beau nom de tous.
Des noms d’idoles, de vandales, de héros, d’amants,
d’égorgeurs et de détrousseurs, de dieux….
De garnements, de vauriens, de brigands,
de poseurs, de séducteurs, de gogos…
d’ivrognes… ?

« Ecoute-moi Hésiode :
chanter ce qui sera, aussi bien que ce qui fut, exige davantage que le don de la voix, de nos jours,
cela exige un estomac plus résistant qu’une tombe.

Les dieux ne s’adressent qu’aux dieux.
En ces temps ci que dois-je faire.
Qu’ai-je fais ? Villon. »


Voilà dans sa caboche folle Démosthène qui polit ses dents avec des cailloux.
Quintilien. Cicéron.


« Qui, sinon Hitler tel un vent dans les blés a fait danser les têtes des masses comme si les chapeaux avaient des pieds ? »


Isocrate. Calhoum.

Je suis le dé de l’histoire, disait Margot la Folle.
J’enfonce l’aiguille.

*Ah, ils me rendent malade.*

Simonide. Théopompe
– pas le plus agréable –
et les noms des fées, des putes, et des bougresses,
des gens de papier, des papetiers,
Acton, Lecky, Maitland, Froude,
youtres, branleurs, négrophiles,
Thoreau, Twain,
fortunés et baronnets,
Marc-Aurèle, Chesterfield, King James,
qui avez-vous ô Muses si légèrement laurélisés ?

Pets buccaux et violoneux, toutes les espèces de compilateurs zélés,
de demi-portions,
d’onicophages,
de fouteurs de faits,
de tuteurs dissolus,
de sportifiants,
de bas-bleu-bite,
d’escrocs et de raseurs….

*Laissez moi suivre ma pensée le long de ce mur….*

Clarendon, Longin…
les écorchés,
les mièvres,
les négligés,
les grandiloqueteux,
les amphigourmés,
les chats de gouttière,
les poltrons,
les renégats,
les cerbères,
les gosses de Harvard, les gamins de Yale, et autres vernis (comme ils se prétendent et rêvent d’être), les saints, les archanges,
les esbroufeurs,
les sycophantes,
les suicidés,

*et quelques uns dans mon genre :
les ratés absolus, les assassins aigris….
Et pourtant ici – comme nulle part – même les ennemis sont des amis,
même les supérieurs ne sont pas enviés.*



Dreiser. Dumas. Dilthey. Hart Crane. Rimbaud.

“RIMBAUD! Bordel!!!”


Ronsard.
Ya t’il quelque part richesse équivalente?

* ô oui, ô oui, ô oui, j’en ai conscience, ô comme je le sais,
il y a ceux qui écrivent comme des ténors, approvisionnent leurs livres comme si chacun était un étang à poissons,
une mercerie,
une quincaillerie,
ou un bureau ;
qui bricolent et composent des phrases comme des spaghetti emmêlés,
pissent dans leurs stylos et par ailleurs se soulagent,
jouent à la poésie comme s’ils habillaient encore des poupées, commandent l’histoire comme si c’était une interminable facture ;
mais il y avait autrefois d’authentiques érudits :

Burton, Montaigne, Rabelais et autres faiseurs de listes,
sir Thomas Browne et Hobbes,
à l’époque où un livre n’était pas un simple signal, pareil à un panache de fumée dans un film d’Indiens ou montant d’un emballage de poulet froid à emporté recouvert de miettes,
mais un corps empli de sang au sein du monde,
un esprit en mouvement comme un boulet de canon !

Gloire à vous ceux que j’ai aimés !
Gloire à vous seuls qui m’ont aimé !

Spinoza envoya fuser ma liberté selon une telle trajectoire !
Kant réarrangea à tout jamais mes pensées.
Calvin m’éreinta.*



Combien de volumes de Magus Tabor ?
Dix de Wordsworth reliés en bleu, gris et or.
Vingt-cinq de Parkman.
Lermontov : deux.

Quand il se plaignait à Tabor que ses contemporains étaient essentiellement des bidouilleurs, il souriait.

Peu importe, mon garçon, un livre est un vaisseau sacré

– eh ma foi, oui, il métamorphosera une crotte.

Nordau. Gentile. Husserl. Hartmann. Bentham. James et John Stuart Mill.
Et Goethe, Schiller, Fichte, Schelling – combien ?
De Herder, Heidegger, Heine, Helmholtz, Spengler, Werfel, Weber ?

"Ouvre n’importe lequel Chahîd!
Je te les offre en holocauste sur l'autel d'Hypnos! "


Karl Jaspers. Ernst Jünger.

Une faille qui est abîme.

Vega. Natsume. Quevedo.

La porte qui grince dans une histoire de fantôme.

Gorki. Héliodore, Apollinaire :
les plus beaux noms de tous.

Chaque couverture se soulève comme si elle dissimulait les marches d’une cave,
cachait une cale.

Une soute.

Il y a celle dans Typhon de Conrad, pleine de Chinois et de leur argent ballotés dans la nuit par la tempête.

Allez ! Descendez, entrez, dit la sorcière, toute fente souriante !

Do. D’Annunzio. Chamberlain. Carco. Krafft Ebing. Huysmans.
Sacher-Masoch. Sade.
Tous les vieux salaces à prépuces victoriens.

*Je ne saurais compter autant d’amis dans ma vie. Merci*


Dernière édition par le Ven 7 Déc - 16:36, édité 18 fois
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MessageSujet: Re: RAPTUS [PV Mary Malone]   Ven 7 Déc - 15:44


Derrière un mur de mots il regarde déjà la fille qui approche.
Fou .
Il est enfin prêt à la sortie de son rêve.
Il a puisé dans sa bibliothèque de Babel les chimères nécessaire à son forfait.
Il en est ressortit plus solide, plus tenace, plus redoutable encore
mais fourbu.

Maintenant qu’il s’est nourrit d’écorces,
refusant d’être le carnassier qu’il avait toujours été.
Maintenant que chaque jour il apporta devant la porte de la chapelle de menus objets qu’il avait fabriqué pour elle à force de patience.
Pour que les jours soient moins longs,
pour qu'elle ne l'oublie pas, la grise;
pour qu’elle s’amuse de ses petits jouets de bois singeant sa présence auprès d’elle.
Maintenant que chaque nuit il déposa un repas conçu avec soin,
pour qu'elle n'ai pas faim
pour qu'elle sente sa douceur
sa prévenance.
Une sculpture de neige.
Une rose des vents toute de givre pour célébrer sa beauté.
Maintenant qu’il a changé d’identité jusqu’au moindre détail
et perfectionné sa ruse
comme Ulysse.
Jeune éphèbe éduqué, prisonnier de ses rêves, de sa folie des grandeurs, de son amour.
Maintenant qu’il a observé les vas et viens des humains pour les imiter.
Cernant leurs habitudes.
Epiant leurs sorties, leurs discours.
Il est prêt.
Et il attend.
Il attend celle qui en est le centre, le noyau, le socle.

Mary Malone.

Sur un cadavre qu’il n’a pas daigné manger,
il vole un paquet de cigarette, un briquet, une montre,
quelques bricoles
un blouson de cuir noir doublé de fourrure,
un jean.

Des bottes.


La tige au bec, il fait un rond de fumée.
Et les mains dans les poches il se compose le visage du parfait innocent.
Patient comme le chat au bord de la fenêtre qui observe l'oiseau.

Amnésique et généreux.
Mais cruel.


Dernière édition par le Jeu 20 Déc - 12:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: RAPTUS [PV Mary Malone]   Ven 7 Déc - 22:16

[Espèce de malade xD]

Une journée comme une autre à Hollow Dream. La même que des centaines avant elle et la même que bien d'autres ensuite. Tout était morne dans la vallée eneigée, endormie, mais pourtant si meurtrière. A perte de vue, rien d'autre que du blanc, conférant à l'horreur un voile de pureté mensonger et trompeur qui ne servait qu'à mieux dissimuler la mort dans des draps de soie blanche. vant, la vallée revêtait des habits d'ocre et de rouge, plongée das l'attente, dans l'automne. Rien n'avait changé durant des mois, jusqu'à ce qu'elle, Mary Malone, brave la vallée, commette l'irréparable et réveille un fléau pire que les Chimères et les Ombres.

Etait-ce cette mélancolie qui la poussa aujourd'hui à quitter le refuge des siens et à se lancer, seule, sans l'hiver et le danger? Possible. Son inconscient lui jouait tant de tours qu'elle ne savait plus très bien où elle en était. Elle avait sincèrement pensé faire le bon choix, aveuglé par son envie folle de revenir. Après cela, on aurait pu penser qu'elle se perdrait, qu'elle perdrait espoir, qu'elle ne pourrait plus jamais revenir. Mais c'était mal la connaître. Femme forte et fragile, elle avait ses faiblesses, mais jamais elle ne baisserait les bras. Elle était maîtresse de son destin, elle choisirait sa mort si elle le pouvait. Elle vivait dangereusement, follement, une aventurière dans un monde hostile. Rien ne la prédestinait à cette aventure incroyable, à cette position privilégiée mais harassante. Tant d'ennemis, si peu de réconfort, si ce n'est le souvenir d'une bouille d'ange dans un autre monde, si lointain et si proche. Petit ange qui veille sur sa maman, comme sa maman pensait à elle. Une fois déjà, Sara l'avait sauvée de Vincent, de la tentation, de la mort, du non retour. Son refuge loin de l'horreur. Tant qu'elle aurait cet îlot en son âme, elle serait préservée.

Mais combien de temps resisterait-elle encore à la mort? Les humains ne faisaient pas de vieux os ici et finissait irrémédiablement par être tués ou devenir des monstres. Quel monstre serait-elle si cela devait arriver? Ombre? Chimère? Désespoir ou colère aveugle? Chimère sans doute, elle n'était pas du genre dépressive, pas du genre à se lamenter, c'était une battante... Mais elle secoua la tête et ses jolies boucles brunes volèrent autour de son visage. Pensées stériles, elle ne deviendrait pas un monstre. Le plus probable serait qu'elle succombe un jour aux attaques de ses ennemis. Et ils étaient si nombreux! Les Bêtes qui tuaient indistinctement, les Ombres, certaines en particulier, même chose pour les Chimères... Et même des humains. Alors, c'était pour dire que son espérance de vie était grandement en péril.

Elle se retrouva au niveau du pont. Maudite solitude qui pouvait être si bénéfique, mais si destructrice. Deux faces, arme à double tranchant, elle permettait à la meneuse de se retrouver, mais aussi de se perdre dans ses souvenirs. Des souvenirs d'une autre vie, d'une autre époque. Elle n'était pas optimiste pour rien, elle n'était pas la femme qu'elle était sans raison. Elle devait tout à ses parents, à sa mère, partie trop tôt. Un enseignement bohême, mais qui lui sauvait la vie aujourd'hui. Elle leva les yeux au ciel, comme pour y trouver l'étoile qui veillait sur elle. Une attente perdue d'avance et elle le savait. Elle avait continué d'avancer sans sa mère. Elle était devenue un médecin brillant, elle avait rencontré un homme merveilleux. Oh lui pardonnerait-il un jour sa longue absence? Lui pardonnerait-il d'avoir désiré d'autres hommes dans ce lieu sauvage? L'attendait-il? Ou s'était-il résolu à ce que mary ne revienne jamais et avait-il rencontré quelqu'un? Une jolie infirmière peut-être? un autre médecin compatissant? La jalousie la rongeait, de même que le doute et ce n'était pas Julien soa bouée de sauvetage, mais bien Sara, Sara qui ne saurait se détourner de sa maman. merveilleux amour que celui des enfants, inconditionnel, sans compromis.

Quelques enjambées de plus et elle se retrouva à l'abris de la neige et des Bêtes. Elle tapota des pieds sur le bois, libérant ainsi ses bottes de la neige poudreuse. Elle portait un anorak noir, ses joues étaient rosies par le froid. Elle était belle la métisse, mélange de force et de fragilité. mais elle se figea quand son regard vert tomba sur un homme non loin de là. Un homme qu'elle n'avait jamais vu. Prudente, elle glissa sa main jusqu'à un pistolet. Tout était tellement trompeur ici. Il fumait, il la regardait, comme s'il l'attendait. Impression fugace, stupide, mais tenace, qu'elle chassa de son esprit. Ridicule. Peut-être était-ce un nouvel arrivant, assez flegmatique pour ne pas paniquer. Ce ne serait pas a première fois. Elle s'approcha doucement, ne distinguant pas nettement les traits de l'homme dans la pénombre du pont couvert. Le changement de luminosité était important et expliquait cette incapacité. Finalement, sa voix cristalline, mais déterminée rompit le silence et perça l'air glacial :

- "Je peux vous aider?"

Elle n'était pas rassurée, une impression de malaise tenace qui la taraudait, comme un 6e sens. Le même que le jour de son accident. Le même que le jour où elle avait créé l'hiver, même si à cette époque, elle n'avait pas écouté. Grave erreur, mais saurait-elle en tirer leçon aujourd'hui?

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MessageSujet: Re: RAPTUS [PV Mary Malone]   Mar 11 Déc - 21:46

Silence absolu.
Concentré.

Il l’attendait oui.
La fumée se dissipe devant son visage laissant apparaître une cicatrice qui lui barre la joue.
Ses yeux ne lâchent pas les siens.
Il l’a observée tandis qu’elle avançait dans la neige, perdue dans ses pensées.
Le visage de la chimère est resté impassible tandis que ses viscères se tordaient de rage.


*Viens, approche ! Allez plus près, que je te sente*

"Je peux vous aider ?"

Il jette le mégot et l’écrase lentement de la pointe de son pied.
Le bout incandescent crépite à peine dans la neige.
Quelques instants de silence. Une éternité. Puis la voix caverneuse.
Un accent à couper au couteau.
L’air vibre.
De la buée enveloppe ses lèvres.
Et le corps reste immobile comme un chat qui guette à la fenêtre.



"Si….. tou peux m’aider. Pé tou mé dire cé qué yé fé ici dans cét endroit, où yé souis. Yé commencé à désepérer dé voir quelquine. Lé désert blanc, blanc….
Yé marché dépuis plousieurs heures por trouver una maisonne quelquéchose,
mé réchauffer et trouvé dé l’aide!
qué cé pasa …..
yé né compréné riene !
Mais perdénnez mé…."


Ses muscles frémissent sous les vêtements de l’étranger.
Il se redresse, de toute sa masse.
Inhabituellement grand pour un humain.
L’écrasant maintenant de son ombre d’une stature effrayante.
Chimérique….
Cela se meut sans un bruit, léger comme un fauve.


"…. Gino…. "


Il tente un sourire, maladroit.
Lui tend la main, redoutant et espérant le contact de la sienne.
Ses yeux la dévisagent comme s’il allait la dévorer.
Il l’attend.
Avec cette affreuse douceur qui émane de lui.
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MessageSujet: Re: RAPTUS [PV Mary Malone]   Sam 15 Déc - 0:50

Ce pont couvert avait des allues de piège et la jeune femme se sentit étouffer. Drôle de sensation, totalement irraisonnée, totalement stupide. Elle prit une brusque inspiration, et son esprit revint à la réalité, à cet homme intriguant, au présent et non à des pressentiments.

Elle s'approche lentement, la fumée se disspie et elle voit mieux ses traits. Et dans une réflexion toute féminine, elle se dit qu'il est bel homme, avec un petit côté canaille, aventurier, accentué par cette cicatrice qui barre sa joue et lui confèren tout son charme. Et ce regard... Elle se serait damnée pour se noyer dans ces yeux là si ils ne la mettaient pas si mal à l'aise. Pourquoi? Elle connaissait ce regard, mais cela restait une impression, un souvenir qui refusait de se dévoiler à sa conscience.

Alors qu'elle lui demande si elle peut l'aider, elle suit de son regard félin la chute du mégot jusqu'au sol, le pied qui l'écrase venant rompre sa contemplation. Elle relève la tête vers lui alors que son accent lui écroche les oreilles et lui demande toute sa concentration pour déchiffrer ses dires. Nouvel arrivant. Il se redresse alors, son ombre écrasant la jeune femme. Si elle n'avait pas été Mary Malone, elle aurait reculé d'un pas effrayé devant ce déploiement. Mais voilà, elle était la meneuse humaine, la gardienne de l'espoir, une volonté d'acier, un caractère bien trempé et elle se contenta de frémir, sans bouger, son regard semblant luir un peu plus dans la pénombre. Etait-ce un air de défi dans ses grands yeux verts?

Il la met mal à l'aise cet étranger, ce Gino. Quelque chose cloche, mais elle ne sait pas quoi. Des mecs bizarres, elle en a croisé dans la vallée. Des drogués, des assassins... Il n'y avait pas que les honnêtes gens qui sombraient dans le coma. Ce gars là avait des allures de mafieux... Elle jette un regard méfiant à sa main tendue, avant de consentir à s'en saisir. Un violent frisson parcourt le long de son échine alors que la paume de sa main rentre en contact avec celle de l'inconnu. Pourtant, elle ne le quitte pas du regard.

- "Je m'appelle Mary. Et tu es à Hollow Dream, sans doute suite à un accident qui t'a plongé dans le coma. Tu ne te rappelles pas?"

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MessageSujet: Re: RAPTUS [PV Mary Malone]   Jeu 20 Déc - 11:58

Sa main saisit la sienne.
Une décharge électrique lui parcourt le corps et ses poils se hérissent,
découvrant un sourire carnassier, voluptueux.
Effort pour ne pas l'attirer à lui,
la plaquer contre sa poitrine et lui arracher la carotide,
là que palpite cette veine bleue sous la peau si fragile,
si délicate,
si agaçante.
La main qu'elle avait tendu comptait 5 doigts.
Il la saisit fermement sentant les petit os disparaitrent dans sa paume large,
il serra,
fort,
l'attira près de lui,
éleva la main jusqu'à sa bouche la recouvrant de son autre main,
pour la laisser réapparaitre comme un objet précieux, convoité,
embrassa l'air à quelques millimètres de la peau.
Un baiser silencieux tandis qu'il la harponnait de ses deux yeux vifs .



"Maria... yé suis... enchanté dé té connétrrre... mé voilà moins désolé minténant......."


Une fleur de papier d'un brun de sang apparu entre ses doigts, il s'écarta, laissant choir le petit objet dans sa paume, si finement pliée, appliquée,
du calice aux pétales à rendre la beauté des choses disparues dans cette Vallée.


"qual es la prémière fleur qué grandit au printemps, pit être lé perce neige qué pointé sa têté dans lé manteau blanc,
peut être cé l'annonce dé rénouveau,
comme oune femme rencontré dans cé grand désert blanc."


Il piqua sur sa gorge, enveloppa ses seins
puis longea le reste de son corps,
revint sur sa bouche et se tue un instant pour la laisser apprécier la petite offrande.
Disséquant son trouble avec délice.
Observant sa mémoire se débattre comme un insecte prit dans la colle pour retrouver une once de lui, un souvenir fugace peut être.
Mais non, elle ne se souvenait de rien et il savourait sa victoire sur la faiblesse des hommes.


" Holllé Drream tou dis... "


Un rire clair s'échappa de sa gorge:


"Qué cé qué cé qué cette histoire! Yé né connait pas très bien la géographie dé monde pét être! pourtant yé croyais avoir beaucoup voyagé...."

oune accidenté.... yé né mé rappelle pas..... yé me suis éveillé pas loin d'ici et yé marché quelqué temps.... yé me suis trouvé oune endroit pour vivre et aprés quelqué jours yé trouvé ouné femme pas très loin dé ma tanière.... endormie, inconscienté et pét être arrivée en même temps qué moi... yé lé emmené dans mé demeure et taché dé la soigné commé yé pou... mais... il mé faudrait dé l'aide yé crois... cé né pas aisé dé sourvivre par ici ... pét être... pét être tou pourré m'accompagner jusqu'à là.... mé yé né veux pas qué d'autres sachent où yé suis, Maria. Tou comprends. Yé né sé mêm pas cé qué c'est ici... yé né sais pas si yé dois té croire, mé yé né veux pas rentrer seul là bas, il mé faut dé l'aide...."



Il s'approcha, ses yeux d'une douceur insssuportable lui contait mille choses qu'il ne disait pas.


"...et oune peu dé compagnie.
Dité moi que vous viendrez bella dona... quélé poison délicieux...."
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