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 La mort n'est pas pour nours (part II)

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~Nacht~
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MessageSujet: Re: La mort n'est pas pour nours (part II)   Lun 12 Nov - 21:58

Elle rôdait toujours, elle venait caresser leur fragile abri de son souffle puissant, de sa gueule vorace et de ses flancs encore affamés...elle les voyait, elle sentait chacun de leurs mouvements, et elle s'en délectait...tant de chaleur, d'insouciance, d'insolence...tant d'amour, tant de vie...quels fous ils étaient de croire à leur bonheur, quels idiots ils faisaient de croire qu'il suffisait d'échanger un peu de salive et de copuler pour garder la mort éloignée...Dieu qu'ils étaient stupides...et Seigneur, qu'elle s'en délectait, qu'elle savourait déjà leur chair, leur sang, leur chaleur sur sa langue...elle savait déjà le cri brisé que ferait leur bonheur lorsqu'elle leur arracherait les entrailles dans une orgie de cruauté, la neige pure buvant avidement leur sang si pathétique...elle les aurait. Oh oui...elle les tuerait.

Alors que l'Ombre ne savait où elle allait poser le pied, la Bête savait déjà où elle allait, où elle finirait. Son esprit primal et inommable, plein d'une ruse insensible, devinait facilement l'ébauche pathétique de plan qui s'échafaudait dans le cerveau engourdi de la jeune femme. Elle avait vu bien des fois ses proies tenter de lui échapper en faisant diversion...sa gueule s'ouvrit toute grande, et un grognement abject s'en échappa, comme un ricanement vorace. Le vent glacial résonna de sa joie cruelle, et porta ses promesses à l'oreille de Sélène. Soit, si l'Ombre voulait jouer...la Bête n'avait que faire de son intelligence, de son amour, du souci qu'elle portait à ses congénères : tôt ou tard, ils tomberaient tous...et voilà qu'un être si plein de vie, d'amour, de chaleur, s'offrait à elle sur un plateau...la Bête est cruelle et joueuse, c'est là son moindre défaut. Elle ne résiste pas à la tentation de dévorer cette insolence, et se conforte : elle sait bien que les autres reviendront un jour dans les mâchoires de la Vallée.

Alors elle avance, elle se place subrepticement entre l'Ombre et le Moulin, et coupe la voie aux idiots qui voudraient venir la secourir : s'ils s'aventurent tout de même dans la neige, il ne lui faudra qu'un instant pour mettre fin à leur témérité. Mais ils ne viendront pas...le vent hurle rageusement contre le bois vermoulu de la bâtisse, le grondement sourd de la Bête se fait entendre et soulève des bourrasques chargées de neige...pour effrayer les abrités, pour égarer la fugitive, pour leur dire à tous qu'ils ne peuvent s'échapper éternellement. La Bête prend son temps pour suivre Sélène : elle a l'éternité devant elle, pour s'amuser avec sa proie.

Maintenant l'Ombre sent le souffle sur sa nuque...un sifflement rauque, plus profond que l'Enfer, qui perce à travers les bourrasques, plus froid que l'hiver...la Bête ouvre sa gueule de cauchemar en un terrible sourire et goûte la peur sur la peau pâle de la jeune femme...la poursuite commence, et elle sait déjà comment elle se terminera. Elle l'aura...oh oui...elle la tuera.
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Selene
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MessageSujet: Re: La mort n'est pas pour nours (part II)   Mar 13 Nov - 21:30

L'esprit de la jeune Ombre ne percevait plus rien ni personne. Engourdi par ce froid pénétrant qui se drappait autour de son corps mince et grâcile, assailli par toutes ces images qui venaient si confusément se superposer entre elles... Le visage de Vincent qu'elle avait chéri pendant des décennies et qu'elle avait si bien et surtout si vite trahi pour les océans de jade d'un beau et fringuant militaire humain. Le visage horriblement mutilé de sa soeur parmi les Ombres, sa tendre Mirahil... Le visage de son nouvel et dernier amant, Maxime... Cet homme pour qui elel s'apprêtait à encourir des risques insensés. Cet homme pour qui elle était prête déjà à mourir si cela lui permettait à lui de survivre. Son esprit se perdait dans des méandres de sentiments et d'émotions qui finiraient par la perdre si elle s'y laisser sombrer ! Selene ne pouvait s'offrir le luxe d'aimer, de craindre pour qui que ce soit d'autre qu'elle même ! Pas si elle voulait avoir une chance, aussi infime soit elle de survivre.

Là, se tenant debout de toute sa stature dans le froid glacial de la Vallée elle attendait la Bête, l'appellant de ses voeux. Elle n'eut pas longtemps à attendre que déjà la présence de ce tourbillon de glace, de ce serpent aux crocs acérés se fit déjà plus oppressante, plus menaçante. Le vent s'éleva soudainement plus rude que jamais. Etait ce son imagination ou la réalité ? Selene aurait juré pouvoir entendre un rire sardonique parvenir jusqu'à elle alors que le vent venait déposer sa cruelle et presque funeste caresse sur la joue de la belle et si terriblement perdue petite Ombre.

Selene frémit de tout son corps. La peur, la terreur indicibles et irrépressibles s'emparaient peu à peu d'elle, la tirant de sa rêverie amoureuse et de son esprit stupidement chevaleresque ! Qui se croyait elle donc être pour oser ainsi défier une Vallée et ses enfants ? Qui pensait elle être, cette petite présomptueuse, pour ainsi pouvoir défier et imaginer gagner contre ces terres dont personne ne réchappait jamais ? Elle esquissa un mouvement mais déjà elle sentit la Bête a ses côtés.

L'affrontement commençait.
Aussi imperceptible qu'un ruban translucide dans lequel se miraient des milliers de petits flocons, la Bête surgit, serpentant sur le ventre glacé de sa mère, créant un mur infranchissable entre Selene et ses compagnons. Interdite, incapable d'esquisser le moindre mouvement pendant un moment qui lui parut être une éternité, Selene croisa un moment le regard émeraude son Petit Prince.


- " Vas t'en ! Fuis Maxime ! Cours et ne te retournes jamais ! Mirahil, ma soeur, je t'en supprie, pardonnes moi ma trahison envers les notres ! Pardonnes moi et protéges cet humain qui t'est cher à toi aussi ! Partez ! Foutez le camps ! "
hurla t'elle priant pour que la bourrasque qui s'élevait au même moment n'avale pas ses mots et que ses paroles puissent tranquillement parvenir jusqu'à leurs destinataires.

Puis elle se retrouva seule la petite Ombre. Seule devant ce monstre de glace qu'elle sentait l'observer. Selene savait que la créature n'était pas dupe de son plan bien trop évident pour berner qui que ce soit. La Bête savait mais se révélait visiblement satisfaite à l'idée de jouer avec l'Ombre.


- " Si tu comptes festoyer de mes restes, espèce de saloperie, il va falloir te montrer à la hauteur de ta réputation ! Je ne me laisserai pas faire si facilement ! La peur étreint peut être mon âme, la fatigue harasse peut être mon corps, mais je te jure que je ne me laisserai pas dévorer comme ça ! Tu me veux ? Alors viens me chercher pourriture ! "
siffla t'elle entre ses dents alors que son visage retrouvait la dureté et l'impassibilité des temps où elle n'était qu'une Ombre cruelle et chasseresse et non une femme éperdument amoureuse d'un humain.

Ses yeux se plissent et son visage s'illumine d'un petit rictus entendu. Selene allait , une fois de plus, livrer un combat. Terrible et démesuré combat que celui ci. Peut être même bien le dernier qu'elle ménerait jamais. Mais elle le mènerait jusqu'au bout, sans faillir, sans faiblir ni même renoncer malgré cette angoisse horrible qui la faisait trembler et qui nouait son estomac.

En un instant, Selene était devenue intangible, Ombre parmi les Ombres, silhouette translucide qui s'élançait à vive allure en direction des bois où elle espérait pouvoir distancer, ne serait ce que pour un temps, l'hideuse créature de givre. Elle courait, feignant d'ignorer ce souffle glacé qui venait si souvent lécher la peau nue de son visage ou de ses bras. Elle courait la petite Ombre, ne prêtant pas la moindre attention aux branches qui s'élevaient sur son passge comme autant d'obstacles qu'elle traversait sans le moindre mal. Elle courait vite, tellement vite qu'elle aurait même pu croire s'envoler.

Mais à courir aussi vite, à épuiser aussi vite toutes ses forces, Selene savait déjà ce que, bientôt, cela impliquerait. Elle était faible, blessée et bien trop faible pour pouvoir maintenanir son intangibilité très longtemps. Et si elle perdait cet atout, la jeune femme doutait que toute son agilité et toute sa célérité suffisent jamais à échapper aux crocs meurtriers de la créature.

Déjà elle se perdait dans les bois, lorsque, à bout de souffle, totalement désorientée, elle s'arrêta un instant. Tout était anormalement calme et paisible içi... Pas un bruit, pas même un murmure, pas un seul souffle qui ne vienne faire doucement bruisser les feuillages épais et persistants de ces arbres qui l'entouraient. Selene, fatiguée, redevint un moment tangible et s'adossa mollement contre le tronc d'un arbre. En son sein, son coeur palpitait si fort qu'elle crut un moment qu'il allait imploser. Son corps était secoué de soubresauts inhérents à la peur et ses yeux s'embuaient peu à peu de chaudes larmes de rage et de perdition. Cédant à un moment de faiblesse, la jeune femme se laissa glisser le long du tronc et s'affala lourdement sur le sol terreux de la forêt. Ses yeux regardèrent à droite puis à gauche mais ne reconnurent rien. Elle qui connaissait si bien ces lieux pour els avoir tant de fois parcourus, se découvrait irrémédiablement perdue en leur sein. La panique s'emparait d'elle, troublant un peu plus encore son esprit, faisant naitre en elle les questions et els résolutions les plus folles.

Et si la Bête avait préféré lâcher cette proie bien trop facile pour s'en retourner s'en prendre à Maxime et aux autres ?
Et si elle avait fait tout cela pour rien ?
De toutes façons elle était perdue...
Alors pourquoi ne pas attendre içi que la Bête ne vienne lui donner son baiser mortel ?
Pourquoi ne pas attendre un mort libératrice ?
Pourquoi ne pas faire cela ?

Selene se sentait si lasse... Mais le souvenir de ce visage humain qui avait si bien su, quelques heures auparavant lui redonner goût à ce qui pouvait s'appeller une Vie, ce simple souvenir lui insuffla un nouveau relan d'espoir et de combativité surtout. Alors, malgré la fatigue, la lassitude, la peur et le désespoir qui étaient les siens, la belle Ombre se releva. Une fois encore. Prenant sur elle même pour se calmer, elle regarda à nouveau les environs et commença peu à peu à retrouver un mince sourire. Elle était déjà venue içi elle le savait. Et si elle se débrouillait bien, si elle parvenait à tenir encore un peu, elle pourrait peut être même atteindre ces mines abandonnées qui se trouvaient non loin de là. Là était son seul espoir. Son seul et unique espoir.

Alors elle s'agrippa à une branche qui se trouvait au dessus d'elle et puisant dans ses ultimes réserves escalada branche après bracnhe l'arbre, de façon à se retrouver au plus haut et ainsi pouvoir surplomber la forêt. Il ne lui fallut guère longtemps pour apercevoir l'endroit où se trouvaient les mines. Celles ci étaient plus loin, bien plus loin qu'elle ne l'avait d'abord cru mais Selene n'avait guère d'autres choix. Elle tenterait sa chance là bas !

Toujours tangible, luttant de son mieux contre ce frois qui engourdissait peu à peu ses membres, rendant ses mouvements moins fluides et terriblement plus lents, elle poursuivit sa route au travers des arbres. Mais elle savait que bientôt il lui faudrait regagner la terre ferme et faire un ultime effort pour redevenir intangible.

La Bête était là, tapie tout près, se riant certainement, des tentatives désordonnées et pathétiques de la jeune femme pour s'échapper de ce piège dans lequel elle s'était volontairement jetée.

La Bête, Selene la sentait et sa présence la terrorisait.

La Bête la voulait.

La Bête, la voulait morte.
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