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 La mort n'est pas pour nous. [suite Demencia Crisis]

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Acrion
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MessageSujet: La mort n'est pas pour nous. [suite Demencia Crisis]   Jeu 20 Sep - 10:31

=> Demencia Crisis


Noir. Ténèbres. Nébuleuse.

Il voguait sur les rives de la conscience, il errait dans les limbes de l'inconscience. Il n'avait plus mal, il était bien dans cet univers neutre et cottonneux, il n'avait pas froid, il n'avait pas peur...Il n'avait jamais peur...

Mais au loin, une voix, deux voix...Plusieurs. Elles hurlaient avec force, une telle puissance qu'il marcha vers elle. On le traite d'abrutit, on hurle son prénom. Qui ose le traiter d'abrutit ?!!

Il est primaire le militaire, il est tête de mule, il est fier...Trop peut être.

Son nez est plongé dans la poussière, il sentait ses particules pénétrer ses synus, les chatouiller. Il voudrait éternuer mais il n'en a pas la force. Elle est là, tapie dans l'ombre la douleur...Et elle se jette dès qu'il ouvre les yeux. Ses traits bruts se crispent, mais pas un son ne s'échappe de ses lèvres si ce n'est...

-Gamine, la prochaine fois, tu l'auras ta fessée...

Il pense avoir hurler, crier, mais ce n'est qu'un faible murmure qui s'élève. Il ne peut pas bouger, il n'ose pas, il a mal alors il serre les dents. Son corps n'est que plaie, il crie de souffrance, mais il la supporte parce qu'il est comme ça...

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Chahîd
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MessageSujet: Re: La mort n'est pas pour nous. [suite Demencia Crisis]   Ven 21 Sep - 17:35


des cris
des cris de femmes
des mots qui demandent du secours
des ordres
toujours des ordres
des mots d'amour
et un verbe tranchant
affuté comme une lame
voix
féminines
la première est métallique, la deuxième basse, la dernière rauque, presque bestiale
elle souffle
elle vocifère
elle violente
l'autre siffle ses ordres
la vipère ordonne à la hyène qui harcèle et protège la louve
une louve
une hyène
une vipère

Son esprit est déjà hors de son corps
Il s'est détaché de Mirahil prêt à bondir pour affronter la Bête,
machine de guerre en marche,
machine à tuer
à mordre
il ne réfléchit plus et il se laisse porter par cette étrange mélopée,
le chœur discordant de ces trois femmes qui se mélange à l'odeur du sang,
de la sueur,
de la poussière qui emplit maintenant le moulin
et qui asphyxie la Chimère.

Dehors.

Dehors c’est toujours mieux même quand on risque une mort atroce et violence comparé à l’affreux étouffement.

Claus-tro-phobie.

Tant de monde en si petit espace, soudain, tant de bruits pour l’animal.
Ses yeux s’ouvrent grands. Ses oreilles à l’affut
gorge sèche.
Un bruit sur le sol
corps jeté
tombé

lourd

l'odeur du sang, sueurs froides, l'odeur aigre, puissante de l'humain quand il est traqué
Quelle raison pour sortir désormais quand le mobile a disparu.
Le militaire abîmé
Dépiauté comme une pauvre crevette gît sur le sol.
L’arrête dans son élan.
La chimère n’a plus de raison d’être dehors, si ce n’est jouer avec la mort.
Avec sa mort.
Si ce n’est fuir l’asphyxie,
Le sac en plastique
Saleté !
Saleté !
La sueur qui perle déjà sur son front comme s’il voyait à travers la buée qui se colle sur le film de pétrole, il l’essuie, et il a un gout de farine dans la bouche.
Il reste devant la porte
Son corps animal crispé, tous les muscles bandés comme tétanisés
Pétrifiés
Un élan inutile.
Faire maintenant
Faire ce que les hommes ont toujours fait
Faire ce qu’il a mille fois fait sur les champs de bataille, avant.
S’il n’y avait cette putain de sueur qui lui coule sur le front
Et ce sac en plastique qui se colle à son visage
le crissement qu'il fait quand il se referme autour de sa gorge.
Blanc
Comme un éclair dans son cerveau
Un court circuit
Court-circuite
Court-circuite

Blanc.

Il se retourne brusquement,
Se penche
Au dessus du pauvre petit corps de l’homme
Nous ne sommes bien que cela n’est ce pas, même quand on a tant travaillé à le rendre presque invincible ,
insensible à la douleur.

Se penche, comme absent, enragé qu'il s'en soit sorti, qu'il ait eut tant de courage
qu'il ait été là au bon moment
enviant ses blessures
enviant le hasard de sa bravoure
grandeur et misère de l'homme allongé sous son corps qui le recouvre presque
Et lui souffle à l’oreille :

« Alors connard, ça brûle hein!
Tu fais moins le malin maintenant !
Et surtout je ne te dis pas merci, parce que ça m’arracherais la gueule de te remercier l'ordure!
Saleté.
Et me dis pas merci toi non plus pour ce que je vais faire,
parce que je vais le faire avec dégout,
en espérant te faire encore plus mal
et rater mon coup...»


*C'est faux Chahîd... tu sais bien que c'est faux... *


Sa voix explose dans le local étroit

"Toi ferme ta gueule la fiote!"

Puis il se calme, fouille le corps inanimé.
Lui fait les poches comme un charognard.
Feu
Du feu
Voilà ce qu’il cherche
Un briquet
Quelque chose
Inutile d’espérer sauver qui que ce soit si personne ne parvient à éloigner la Bête
Ou les Bêtes,
qui sait ce que Mère leur réserve…..
Puis il fera comme les autres, des gestes qui sauvent,
enfermé dans cet espèce de bocal où il passera, il le pressent,
les plus horribles heures de sa vie de chimère.

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Mirahil
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MessageSujet: Re: La mort n'est pas pour nous. [suite Demencia Crisis]   Ven 21 Sep - 20:40

Mirahil blanchit plus encore, elle tremble désormais, l’ombre repousse la femme, l’humaine, l’oiseau … si humaine, si brûlante. Xarha la regarde et cela lui fait mal, une blessure de plus, un courage en moins. Et c’était comme si l’ombre pouvait voir les yeux bleus qui la scrutaient. Alhem … Une voie pleine de jalousie, une voix qui veut tuer. Et c’est comme si l’ombre s’écroule, personne ne le voit, le bateau qui sombre au large. Personne ne l’entend la sirène hurlante de la conque blessée. Qu’est-ce qui se passe ? L’ombre cesse un instant de respirée, son ventre noué se serre à n’en plus finir. L’air lui manque, elle le refuse, le renie … Mais l’ombre prend sa respiration, l’instinct de son corps à réagis, la laissant seule, seule…. Une déferlante joua avec son âme et devant les digues de ses lèvres, elle s’arrêta. La folie reprit le contrôle des rêves et se mua en cauchemar. L’ombre était aveugle et pire encore, devant se nom calciné, incendié, elle devenait muette, elle devenait vide.



Alors elle se détourne du souffle qui caresse son oreille, hantée par sa nouvelle trahison. Oui l’ombre a trahie, encore, elle qui s’était promis de ne plus le faire … Elle a trahie Maxime : en étant faible, en étant lourde, en le laissant entre les griffes du monstre …. Et elle fera tout, tout pour lui rendre la dette. Le monde même s’il le veut. L’humain n’avait pas le droit de se sacrifier, de la porter en se laissant proie, il n’avait pas le droit de lui offrir sa vie, il n’a pas le droit …

*Je t’en supplie Maxime, je t’en supplie survis moi ….*


« Alhem, Mirahil, Ange… Qu’est-ce que des noms dis moi petite humaine ? Qu’est-ce que des noms ? Tu voulais quoi ? Tu me voulais quoi ? Je ne te refuse rien. Tu m’as donné un nom … donne moi s’en d’autre si cela te plait.
Tu n’as pas compris, brûlante mésange … Je viens d’acheter ma liberté. C’était moi qui devais être blessée, c’était moi qui devait mourir … Car vois-tu c’était le prix de mon défi, le prix de sang. Mais je ne suis pas morte petit oiseau, pas encore… «



Le regret dans sa voix, le regret brûlant. Elle se tait la grise, elle n’a plus la force de parler. Maxime, Maxime. L’ombre s’éloigne de l’humaine, un peu, très peu. Sa fureur est un désespoir qui la ronge. La grise ne tremble plus, elle a froid, elle a si froid …. L’étrange femme s’approche d’elle et lui murmure doucement :


*Tu n’as pas le droit petite ombre …
Que tu soit Alhem Mirahil, un ange déchu ou une veuve grise ….
Tu n’as pas le droit ….
L’esclave est celui qui voit ses chaînes…
Le fou est celui qui ne les voit plus ….
La liberté appartient à celui qui gagne…
Et qui laisse les chaînes dans la neige, mortes …
Tu n’as pas perdue, tu n’as pas gagnée ….
Soit folle et libre …
Mais ne reprend pas tes chaînes ….*



L’ombre essaie de se ressaisir, puis s’approche du visage de son oiseau. L’aveugle hésitante arrive enfin à la joue ou elle dépose un baiser givré. Des gouttes de sang, rouge à lèvres sanglantes sur ses lèvres, s’échouent sur la rouge, sans que l’ombre ne s’en aperçoive. Doucement la grise approche, incertaine, prêt de l’oreille de l’humaine, effleurant tout du long ses joues comme pour ne pas se perdre. Sentant ses cheveux sauvages elle s’arrête doucement pour murmurer.


« J’ai brisée mes chaînes, jolie mésange, et tu as raison : j’ai perdue bien plus que je n’ai gagnée. Regarde moi, je suis si laide, regarde moi et appelle moi désormais pétasse ou pouffiasse si sa te chante. Et l’oiseau chante haut et fort. Il blesse, il est si content de blesser. Dis moi dis moi donc volage animal vers qui maintenant ton vol se tourne. Pas vers les aveugles, n’est-ce pas … C’est si laid, une aveugle …. Alors va-t-en, va-t-en ma belle mésange, va-t-en voler ailleurs. Tu as raison : je ne suis qu’une pétasse, qu’une pouffiasse, même sans tuer je repend le sang, j’ai la malédiction de la vallée, et la dame la mort éclaire souvent ma route, pour mieux perdre. Va voir Maxime, et sauve le, sauve le. C’est lui qui va sauver. Pas la maudite, pas la folle, pas la pétasse qui prend entre ses griffes ….
Et vole mon bel oiseau, je regarderais tes ailes se déployer quand enfin tu les brandiras en épendar …
Tu as eu tord, je ne vol pas … j’erre maudite, une louve grise dans Hollow Dream …
Tu n’aurais, pas du m’attendre, il n’aurait pas du m’aimer, Maxime n’aurait pas du me prendre dans ses bras et ‘enlever de ceux de la dame la mort. Elle est garce celle la aussi, elle le voulait, pour qu’il paie mon sang, pour qu’il me paie …
Va-t-en mon bel oiseau et oublie moi ….
Avant que ma malédiction t’embrasse toi aussi …. »



Un murmure rauque, l’ombre n’a pas vraiment compris ou peut-être trop …. Elle refuse de voir la réalité, la jalousie dans la gorge de l’humaine, la jalousie qui emprisonne l’ame de la rouge. La grise se souvient de ses cheveux de ses yeux, de son corps qu’elle aimerais toucher de ses yeux, de ses doigts froids. Et ce refus de voir la jalousie de l’humaine, si puissant, l’amena à croire qu’elle la détestait.


« Petite humaine, tue moi, tue moi, il est encore temps …
Fais ce que tu veux mais je t’en supplie, va t’occuper de Maxime. Il est vivant … »




C’était presque un silence, un ordre plus qu’une supplication, une volonté …
L’ombre se laissa retomber d’où elle était et recula un peu, son dos toucha un mur, et aussitôt elle y reposa son dos, ferma les jambes entres ses bras et posa sa tête sur les genoux. Après ces mouvements brûlants, l’ombre se laissa quelques secondes reposer son esprit, en espérant que la douleur s’atténue … Ce ne fut hélas le cas, alors la grise revient au monde de la conscience, pour sentir un poids sur ses épaules, un poids lourd, un pressentiment, son instinct.


« Dîtes moi ….
Dîtes moi que ce n’est pas vrai …
Le moulin ….
Une cage …
Vous auriez du me laisser là-bas …
Pas sa ….
Pas une cage …
pas ces barreaux brûlants ....»



Un murmure qui se transformait peu à peu en une voix, un peu affolée, un peu apeurée. La grise ressentit la cage, ne sentant ses contours elle l’imagina plus petite, s petite … Elle sentait presque les barreaux sur son corps, marque de givre. Mirahil se crispas, serra autant qu’elle pus les bras sur ses genoux et commença à trembler, la vraie peur arrivait et ni la dame étrange n ses rêves ne pouvaient la protéger …


C’était la fin …


Une autre peur fut engendrée par la première. Deux ombres, une chimère, deux hommes … Chahîd l’affamé, Sélène la cruelle, l’ombre folle et l’oiseau hystérique. Le seul qui aurait pu sauver la situation était là étendu, mort peut-être …. Et un instant elle l’espéra, pour lui … ça allait être infernale sous le moulin, avec la bête menaçante … Des êtres que la grise aimaient, des êtres qui peut-être se battront,se tueront pour x raison, non ! Sa ne devais pas existait ! Sa ne pouvait pas existé …
L’horreur absolue …
Une cage …
Des prisonniers …
Non !
Et elle ne pouvait rien faire, rien changé, aucun espoir, aucune chance …
Sauf peut-être …
Sauf peut-être quoi ?
Sauf peut-être rien …
Rien ne pouvait changer l’absurdité et l’horreur de la scène ….
Si ce n’était …

Et l’ombre se battait contre elle-même perdue dans ses pensées, tremblante, souffrante. Et la dame étrange arriva et murmura juste avant de partir ….



* Fais leur confiance …*

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Que ce soit dans la rue et dans la multitude,
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Selene
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MessageSujet: Re: La mort n'est pas pour nous. [suite Demencia Crisis]   Sam 22 Sep - 18:08

Dehors elle entends les grondements de la bête qui continue de tourner autour du Moulin. Elle enrage de ne pouvoir pénétrer en ces lieux et mettre un point final à son chef d'oeuvre. Elle veut en finir avec chacun d'entre eux. Elle a pris les yeux de la louve... Elle a goûté à la chair de Maxime... Mais elle ne s'arrêtera pas ! Elle les veut tous ! Tous ceux là qui ont osé la défier, lui arracher sa proie et osé fuir devant elle. Eux qui ont sauvé leur misérable petite vie en trouvant refuge dans ce moulin abandonné. Eux qu'elle ne laissera jamais repartir indemnes ! Selene sent son souffle glacial s'immiscer par les brèches des murs, par l'interstice de dessous la porte. Elle l'entend glisser sur la neige et veiller. La jeune Ombre sait que la Bête saura être patiente... Elle a toute l'éternité pour elle... eux, non.

A l'intérieur les évènements se bousculent eux aussi. Les voix s'élèvent les unes après les autres. Tandis que certaines se font dures et brutales, d'autres se font plus désespérées... Comme extérieure à tout cela elle voit des silhouettes se mouvoir dans l'enceinte du Moulin. Des visages qui se penchent vers le militaire, des lèvres ensanglantées qui se posent sur lui, d'autres qui s'entrouvrent et semblent lui parler. Mais cela ne l'atteint plus. Elle n'est plus là. Elle n'est déjà plus avec eux. Son esprit s'enferme dans une bulle, la coupant des autres, la coupant d'une réalité qui la heurte et la blesse au point de l'empêcher de réagir. Déjà elle ne les entends ni ne les voit plus. Son esprit tout entier n'est tendu que vers un seul but : l'homme effondré là devant elle et qui se trouve aux portes de la Mort.

Pendant une fraction de seconde, son regard éteint se pose sur sa soeur Mirahil. Et le coeur de Selene ne peut s'empêcher de se serrer lorsqu'elle aperçoit ces deux cavités béantes et ensanglantées que sont ces yeux maintenant. Mirahil... Elle qui est sa soeur et pour qui elle pourrait sans le moindre mal donner sa vie. Elle qu'elle n'avait pas toujours su comprendre surtout lorsqu'elle avait appris le désir de la louve de quitter Vincent... Mirahil... Elle qui, contre toute logique, semblait avoir trouvé si ce n'est l'amour du moins un sentiment qui y ressemble étrangement auprès d'une Chimère... Elle qui risquait fort de mourir aussi. Selene sembla hésiter un instant. Elle aurait du porter secours à sa soeur. Elle aurait du l'aider elle et non cet humain pour qui elle tremblait pourtant. Mais Mirahil n'était pas seule. Cette chimère, cette rouquine... ils semblaient tenir tout autant si ce n'est même plus à sa soeur de coeur. Ils prendraient soin d'elle. Selene le savait. Auprès d'eux, Mirahil serait entourée et choyée. Elle... elle allait s'occupper du jeune humain.

Elle attendit d'être à nouveau seule à ses côtés puis se pencha doucement vers lui. Ses vêtements avaient été arrachés et son dos littéralement lacéré et déchiqueté. Le sang coulait encore à flots et en de nombreux endroits les chairs étaient à vif. Réprimant un haut le coeur, Selene se releva lentement. abandonnant un court instant son compagnon, elle inspecta rapidement les lieux. Là, au fond du Moulin, se trouvait un petit espace légèrement en retrait où reposait de vieux sacs de toile. Cet endroit serait parfait. Revenant en courant vers l'endroit où reposait le militaire, elle s'agenouilla a ses côtés. Le regard empli d'autant de tristesse que de douceur, elle posa délicatement sa main sur son visage et se penchant à son oreille :


- " Je ne te laisserais pas t'en aller comme ça Maxime... Hors de questions tu m'entends ! Tu m'a fait une promesse et je suis bien décidée à tout faire pour que tu la tiennes "
murmura t'elle avec tendresse.

Puis, avec mille précautions, elle souleva de son mieux la masse inerte que représentait ce corps et tout en prenant bien soin de ne pas lui faire trop de mal elle le tira jusque dans le fond du moulin. Maxime pesait lourd, si lourd sur ses frêles épaules ! Mais l'amour peut parfois vous donner une force incroyable et Selene parvint, avec certes pas mal de difficultés, à atteindre son but. Essouflée, l'épaule sur laquelle elle était tombée horriblement douloureuse, elle déposa doucement Maxime sur les sacs de toile.

Celui ci était toujours plongé dans l'inconscience et même si, de temps à autres, elle pensait l'entendre marmonner quelques mots, elle ne les comprenait pas. Avec toute la délicatesse dont elle était capable, elle ota les lambeaux de vêtements qui restaient collés à sa peau. Puis, déchirant sa chemise en fines bandelettes, elle entreprit de soigneusement nettoyer les plaies du jeune homme. Le travail était minutieux et hardu mais elle était d'une concentration et d'un sang froid qui l'étaonnaient elle même. Plaies après plaies, elle épongea le sang, ota de son mieux les fibres incrustées dans les chairs... Jamais elle n'avait autant souffert de voir un corps aussi gravement blessé. Elle qui n'éprouvait généralement pas la moindre émotion devant un cadavre, aussi mutilé soit ce dernier, avait à ce moment précis du mal à refouler ses larmes. Les cadavres qu'elel avait vus n'avaient jamais été que des bouts de viande pour elle. Elle ne les connaissait pas et s'en moquait éperdument. Mais là s'était différent... Là, elle connaissait Maxime et ... oserait elle l'avouer ? Elle tenait à lui . Se pourait il qu'elle en fut tombée amoureuse ?

Repoussant cette idée avec force, elle se concentra à nouveau sur sa tâche ingrate. Le dos était maintenant a peu près nettoyé. Mais sans eau il n'irait pas bien loin. Et bien évidemment, il n'y en avait pas içi ! Se retenant de jurer elle maudit la saloperie de bestiole qui rôdait toujours dehors attendant son heure. Si elle n'avait pas été là il aurait suffit de sortir et de ramaser un peu de neige. Celle ci aurait fondu et ainsi Selene aurait pu poursuivre ses soins ! Si seulement elle pouvait sortir... Si seulement...

Elle se pencha vers Maxime, écoutant sa respiration haletante. Il vivait encore. Tout n'était pas encore perdu ! Il vivrait ! Il le fallait ! Se penchant doucement vers lui elle caressa son beau visage et dans un élan impulsif, déposa sur ses lèvres un timide baiser. Puis, se relevant doucement, ses yeux rencontrèrent la porte du Moulin. Derrière celle ci se trouvait la bête, certes, mais aussi de l'eau... Et Selene sentit monter en elle une envie quasi suicidaire et totalement irrépressible de sortir chercher de la neige.

Au même moment, Maxime bougea légèrement.
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Xarha
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MessageSujet: Re: La mort n'est pas pour nous. [suite Demencia Crisis]   Sam 22 Sep - 23:30

Spectatrice.

Elle n’était que ça, finalement.

Spectatrice du lourd malheur des autres, de la pesanteur grossière et à peine achevée de leurs sentiments emmêlés comme des nœuds dans des cheveux de petite fille.

Petite fille.
Elle l’avait été, non ? Ils avaient tous été enfants. Différentes histoires qui s’embrassent, se créent et s’évaporent finalement…

La seule chose à faire, c’était les oublier une à une, abandonner encore et toujours, pour ne pas les rejoindre, c’était logique non ?...

Abandonner tout…

Il y malheureusement des choses qu’il est bien difficile d’oublier derrière soi, et parfois on trébuche à force de fuir, même quand on court en avant…

La voix de Maxime, si faible, si mourante, ces mots crachés avec honneur et fierté, ça la remue, de haut en bas et bas en haut, comme un couteau de plus dans sa chair. Ça la pique, la démange, ça secoue son intérieur déjà vidé, une blessure latente…
Elle va se retourner, elle va le voir là, allongé au sol, blessé mais vivant, hautain et fort, elle va se retourner et ne découvrir que son corps pâle et rouge sur le sol, et elle ne saura pas quoi dire vraiment, elle le déteste tellement, l’admire et l’aime pourtant, elle voudrait le prendre dans ses bras – c’est impossible – elle voudrait le rassurer – c’est impossible – elle voudrait faire quelque chose pour l’aider – c’est impossible – lui dire quelque chose peut-être ?...

Mais non, c’est impossible, il est déjà dans les bras de la fille lune, il est déjà entouré de la Chimère qu’elle aurait aimé ignorer…et puis il est retiré au loin, dans le fond du Moulin, comme on traîne un paquet de viande, même avec la douceur dont fait preuve l’Ombre.
Et elle, elle est restée à sa place, les yeux fixés dans les siens, sans rien dire, pourtant elle aurait eu envie de lui parler…

C’était son frère d’armes qui était étendu et blessé, et…
Et rien…Il ne fallait pas penser…

Alhem…

Non…il ne fallait pas y penser...

Pourquoi elle parle ? Qu’est-ce qu’elle est belle…

Pourquoi elle m’écoute ?

Je ne veux pas y penser, laisse-moi, laisse-moi !

Ne me mets pas de laisse encore la veuve…
Tu sais que ça me blesse le cou, tu sais que la corde frotte contre ma peau, et ma peau est si sensible ! Un rien l’irrite, et déjà elle pèle, et rien ne l’hydrate plus, et ma peau est mauvaise, elle va être gagnée par la gangrène si tu me laisses, si tu me mets en laisse elle se détachera petit à petit comme atteinte de la lèpre, si tu la caresses elle va se bleuter jusqu’à devenir glacé, ma peau est si sensible malheureusement, y a pas de médicaments pour ça…

Oui c’est ça, elle lui parle la folle.
Elle l’entend un peu trop bien, un peu trop clairement.
Mais qu’est-ce qu’elle peut dire qui puisse encore l’intéresser ?

Va t’en la folle !
Va t’en avant que je ne te jette des pierres pour te faire fuir !
Et si tu t’en vas reviens…
Ou alors ne pars pas, oui c’est ça, reste là, avec moi, on va jouer encore un peu…
Tu ne veux pas ?
Non, ce n’est pas la bonne question, la bonne question c’est si moi je veux…

…mais y a pas de joker dans ma main, y a pas de deuxième solution.
Parle, parle, parle pas.

Elle la voit s’approcher, timidement, maladroitement, et elle dépose un baiser glacé sur sa joue. Un geste lourd, gracieux comme il convient à l’Ombre…

Car elle, elle ne peut pas se jouer de vulgarité, elle est toujours belle et toujours désirable, illusion délicieuse qui lui caresse les sens, illusion qui ne lui appartient pas…

Non, c’est « l’Autre » qui l’a, cette illusion, et elle ne peut pas lui voler.
Qu’il tombe alors, lui au lieu d’elle.
Qu’il utilise ses yeux à lui plutôt que les siens pour pleurer.
Qu’il se trompe puisque c’est ce qu’il veut.
L’Ombre a tissé sa toile sombre, si elle peut s’évader et laisser un autre à sa place pourquoi a-t-elle tant de mal à le faire ?


L’Ombre chuchote à son oreille avant de s’effondrer de nouveau, et Xarha ne répond rien, silencieuse.

L’Ombre ne peut le voir, et elle ne le saura jamais, mais tout son visage est défiguré de blancheur, et ses yeux sont un gouffre de douleur maintenant, qui avalent tout ce qu’ils peuvent, jusqu’à s’en exploser la panse…
Elle l’a embrassé, son Ange…du rouge sur sa joue, une trace d’elle…

Sa voix, son corps, ce n’est plus son secret qu’elle gardait jalousement, ce n’était plus rien maintenant. Un mauvais souvenir.
Sa main pâle se pose sur la tâche rouge qui coure sur son visage. Et une larme, solitaire et gelée, se perd au contour de ses yeux bleutés et brouillés.
Elle regrette ce qu’elle va faire.

• Mon Ange, ne me pardonne jamais ce que je vais faire, ne m’excuse jamais rien et ne regrette rien…

Si j’avais pu je t’aurais aimé je pense…*

Elle a mal.

Partout.

Ça explose dans sa tête, ça grignote son estomac et déchire ses lambeaux d’honneur.

Ça ne se canalise pas, ça ne se calme pas.

C’est aveugle, dangereux et insupportable.

Ça n’a pas de nom parce que ça ne peut pas se décrire.

Ça a un goût amer et métallique, ça acidifie tout ce que ça touche.

C’est dur à avaler.

Certaines personnes savent mieux le contrôler que d’autres.

Personne ne sait vraiment qu’est-ce que c’est.

Mais maintenant ça ne sera plus son fardeau.

Une dernière fois elle hésite devant la chair grise qui lui face et qui a pour seul honneur d’être bien découpée, son visage se penche au dessus du sien, comme pour l’embrasser…ses cheveux de sang sont si près de toucher la grise, bientôt ils vont l’étouffer et la serrer dans leur pesanteur et bientôt ses lèvres teintées de buée seront là, sur les siennes…
Pas de souffle, juste un mouvement incertain, et une répulsion qui lui donne envie de gerber.

Bientôt…

Non...elle n’est pas engluée dans sa toile, il ne faut pas qu’elle le soit…elle est belle la menteuse n’est-ce pas ? La menteuse mante religieuse…
La cage, ça c’est un mot que l’Ombre aime bien…elle veut la liberté, mais elle cherche mal, elle se trompe, et elle s’enfonce dans ses chaînes la pauvre aveugle…et elle, petit oiseau, a tellement envie de la suivre, juste pour être à ses côtés…
La cage givrée.

Des morceaux éparpillés de sa rencontre avec l’Ombre repassent en flash dans sa tête.

Retour en arrière.
Elle voit son regard posé sur elle, elle la sent encore tout près d’elle. Cette saleté, cette salope qui ne mérite rien.

La larme qui coulait s’efface sous l’effet de ses doigts blessés. Le sang s’étale sur son visage, puis elle l’efface aussi.

Elle va tout enlever, toute cette saleté, toutes ces tâches qui marquent la présence de son Ange près d’elle, elle va tout détruire, brûler les preuves et garder son alibi.
Elle ne l’a jamais connu, elle ne la connaît pas d’ailleurs, mais non c’est trop dur de s’en convaincre, elle ne veut pas l’oublier comme ça, elle ne peut pas…

C’est dur de raser certains souvenirs, y a pas de technologies pour ça.

Et elle est seule sans eux…

Quand enfin son visage est vide de toutes traces, elle pose une main douce et délicate sur l’épaule de l’Ombre, et lui parle, absente de ce qu’elle dit.

Absinthe.


- Petite connasse, pourquoi veux-tu que moi je te tue ? Je ne mérite pas cet honneur…
Tu n’avais pas de défi à relever, tu es juste folle. Dégage maintenant. Dégage…


Elle s’étrangle légèrement sur la fin et se tait. Ces mots l’écorchent vive, mais c’est comme ça.
Sa main posée sur son épaule se resserre, se force jusqu’à laisser des marques d’ongles sur sa peau, puis elle pousse violemment l’Ombre en arrière.


- Je t’avais dit de foutre le camp !

Elle se relève, elle a mal partout, sa seule espérance est de savoir que l’Ombre peut-être souffre encore plus qu’elle.

Souffre et tords-toi sur le sol.
Mais ne crie pas.
Je ne veux pas encore entendre quoi que ce soit qui vienne de ta bouche.
Rien…

Rien. Evaporation.

Maxime est là-bas, avec l’autre fille, une Chimère est plantée au milieu de la scène, un cadavre sur le côté et elle derrière le rideau.
Et on ne pas partir, on ne sait même pas combien de temps on va rester.

Oh les mauvais touristes, qui ne prévoient rien, même pas leur temps.
Mauvais touristes pour qui la ballade finit mal.


Elle ramasse le briquet qui est resté par terre.
Il représente tout ce qui lui appartient encore, il brûle toujours tandis que le niveau de gaz descend…
Un jour il disparaîtra lui aussi, et alors il n’y aura plus de feu…

Vide lui aussi…

Ce serait si bien de pouvoir sortir, au lieu de rester là, avec ses corps dérangeants et détraqués, ce sang partout et les grains de folie qui roulent, ce serait tellement mieux de pouvoir aller quelque part, ailleurs, plutôt qu’ici…
Plutôt que d’être près de la grise et de l’homme, plutôt que de devoir côtoyer une ombre inconnue et une chimère un peu trop connue…
Et qui n’ont plus rien à voir avec elle maintenant…
L’ange l’a trahi, elle a trahi Maxime…

Il ne méritait que ça.

Certaines personnes disent parfois qu’on ne peut pas oublier des êtres qui ont été importants dans notre vie.
Le tout était de savoir si c’était vraiment impossible…
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MessageSujet: Re: La mort n'est pas pour nous. [suite Demencia Crisis]   Dim 23 Sep - 11:47

[HJ : J'ai scindé le topic en deux pour plus de clarté Wink ]

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MessageSujet: Re: La mort n'est pas pour nous. [suite Demencia Crisis]   Mer 3 Oct - 18:18

Un moment d'absence, encore une fois et le semblant de cadavre disparait de ses pattes, juste un briquet, juste quelques balles, juste son mal de tête, juste des mots encore qui lui parviennent dans le brouillard, une dispute, des voix de femmes encore, hyène et louve louve et hyène, gout métallique dans la gueule, le fer, l'angoisse des barreaux, l'angoisse de la promiscuité, un peu d'air, un corps de moins, allégé, un peu d'air, il cherche à tatôn quelque chose, qu'est ce que tu cherche, tu n'y vois plus rien, ça t'étouffe Chahîd, une barre en travers du front, le ventre tiraillé, tes mains tremblent, tu frappes le sol, tu cherches dans le moulin d'où provient la voix, tu la trouve, tu bondis, féroce, arrache l'humaine au sol par le col, trop proche, trop proche de ta louve, tu as parfaitement bien entendu ses paroles venimeuses mais tu ne veux pas te les admettre, tu l'arraches à ta louve et les griffes plantées dans sa nuque tu la traines jusqu'à la fenêtre, la fenêtre tordue, celle-là qu'on a oublié de fermer et où la neige s'engouffre, juste tu grognes, tu la semonces, sa tête vient cogner le rebord glacé, elle saigne maintenant, son visage tu l'extrais de la pièce protectrice, poussiéreuse, tu l'exhibe dehors ce visage meurtri par toi
tu lui glisse à l'oreille:


"Respire, respire bien la rouge pendant que tu peux, tu sens comme le fond de l'air est froid... regarde la bête, regarde la, tu veux lui dire bonjour... tu veux la saluer, l'honorer, la remercier peut être... tu veux que je t'aide à le faire le grand saut... dis...
arrêtes de geindre,
arrêtes de gueuler ou je te fais avaler ta langue...
arrêtes de faire ta chochotte oui c'est ça la rouge..
la petite humaine...
arrêtes de t'en prendre aux mauvaises personnes...


Tu ris, de ce rire dément quand tu te protèges, quand tu ne t'appartiens plus, tu ne sais plus ce que tu fais ici, c'est à toi que tu adresse ces mots, elle respire déjà la petite humaine, mais pas toi, toi tu suffoques, elle est déjà transie de froid, et toi, toi tu ne respires pas, tu ne sens rien, ta gueule s'ouvre pour appeler la neige, et le vent, et l'espace, de l'air, de l'air.
Tu la brutalise.
Et ça te fais mal à la gueule
mais non mais non Chahîd, la douleur n'est qu'une illusion...
Sa tête heurte une seconde fois le rebord de la fenêtre, le sang attire les bête Chahîd, le sang attire les bêtes...
tu la redresse et tu plante tes yeux d'un bleu acier dans les siens, tu lèches la blessure que tu lui a fait au front et tu grogne, la plaie se referme sous tes lèvres:


"Est-ce que t'as les idées plus fraiches maintenant la rouge.... j'aime pas ta façon de parler, j'aime pas ta petite respiration sur le peau de la grise, j'aime pas les noms que tu lui donne, j'aime pas ce que tu penses....

Mets-toi debout espèce de loque!"


Il la plaque contre le bois du moulin, la redresse, la cloue là, contre le mur, l'obligeant à se redresser, ça grince, il croit que ça va crouler tout à coup, le moulin tourne sur lui même, il cherche Mirahil des yeux, la trouve, relâche l'humaine et se jette vers la grise, à genoux s'enfouit dans sa robe, s'enroule dans le long linceul la respire, rampe à coté d'elle, la renifle, baise ses deux yeux meurtris, baise sa bouche tendrement, ne la heurte pas, plus léger qu'une plume, et dans un souffle , oubliant tout le reste:


"Il faut que je sorte d'ici, il faut que je sorte, sinon... sinon Alhem.. Alhem... tu sais ce qui se passera.... je ne voulais pas lui faire de mal... je ne voulais pas..."

Ses yeux luisent d'une lueur démente,
sa sauvagerie ne supporte pas la cage,
pas plus que l'ombre ne supporte les barreaux....
pas plus que la rouge ne supporte la raison, le dogme, la contrainte
la loi
Puis il rit encore
oui tu ris de ce rire dément
tu secoues dans ta main enfouie dans la robe soyeuse les balles volées comme des grelots

poudrière
explosion
bombe
cratère
éruption
destruction
poudrière
le feu

salvateur

Tu ris de plus en plus fort agitant tes colifichets comme une fille
comme un enfant son hochet
tu les fais cliqueter devant ses yeux aveugles pour que la rouge les vois
comme parfois tu jette ta pièce de monnaie pour décider du sort
pour décider...
comme si tu ne savais pas déjà de quel côté elle tombera
celle qui t'obéis si bien
comme si le hasard existait....
gling gling gling
petits bijoux mortels entre tes doigts
tu ris, et tu te roules contre elle
tu le loves dans sa chaleur
celle que tu imagines
tu rêves de faire sauter ce moulin
d'éventrer cette Vallée en te serrant contre elle
menaçant
amoureux
vengeur
démoniaque
et tu nargue la rouge
cette semblable
ta soeur
celle que tu as écorchée, grafinée
comme tu aurais pu le faire de ton propre visage en te tapant le front contre un mur
tu lui souris
carnassier
séducteur
lueur meurtrière de tes pupilles étrécies
tandis que ton bras glisse sous les cheveux de la grise, les empoignent doucement, berce sa tête
ta tête tourne
le moulin tourne
tu as envie de vomir
de hurler
d'expulser ta folie
mais elle reste là
entre tes doigts
dans l'interstice des balles qui roulent comme des noix dans ta paume
gling gling gling
ta main passe sur le visage blanc, il couvrent les yeux
tu ferme les tiens
pensant pénétrer sous ses paupières
pensant lui offrir les tiens
gling gling gling


"Je t'aime Alhem... je t'offrirais la lumière... je vais foutre le feu.... et... et... nous y verrons clair....
je vais foutre le feu
tes yeux s'ouvriront dans la lumière.... regarde mon bel amour ! regarde!"


Entre ses doigt la flamme meurtrière
la flamme, salvatrice s'approche du bouquet de poudre...
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Mirahil
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MessageSujet: Re: La mort n'est pas pour nous. [suite Demencia Crisis]   Jeu 4 Oct - 20:43

L'ombre a mal.

*Oublie la douleur.*

Elle a peur.

*Sois plus grande.*

Elle tremble.

*Sois plus forte.*

Dame conscience parle murmure, renforce les brèches comme l’on rassemble les pierres d’un mur écroulé qui menace de s’effondrer de nouveau. Une voix calme et sereine, sans sentiment presque, une émotion de plus serait une motion de trop, ce serais la goutte d’eau qui fais déborder le vase … alors la dame comme une poupée un automate, un guide, parle d’une vois claire et précise sans aucune humanité, sans aucune émotion …
Elle tranquillise…
Puis elle s’en va …


La grise la sens, la rouge s’approche, si proche, elle sens ses cheveux qui se posent sur son visage, elle sens la caresse de son souffle, la chaleur de sa vie. Et Xarha s’éloigne doucement pour poser son épaule sur l’aveugle. Et les mots font mal. Mirahil voudrait se lever et s’en aller, obéir à celle qui jette ses mots, s’étrangle pour mieux maudire. La main se resserre, les ongles la font saigner, la grise ne bouge pas, la grise reste là, elle ne peut rien faire. Et l’ombre voit sa misère entre les lèvres de la hyène qui hurle, blessée.


*Qu’ai-je fais ? Qu’ai-je fais ?
Pourquoi faut-il que je sois si laide ?
Qu’est-ce qui se passe ?*




Si la grise aurait été croyante elle aurait murmuré une prière pour protéger la rouge qui la tient par sa seule main sur son épaule. Mais Mirahil est athée, Dieu elle ne connaît pas, elle déteste plutôt, et rien ne peut soigner ce qu’elle a briser, rien ne peut enlever les souvenirs dans l’esprit d’une humaine. La rêveuse ne comprend pas, elle reste sourde muette, elle aimerait tant voir, ce sont ses yeux qui la guidaient, ce sont ses yeux qui avaient appris à tout comprendre, a tout reconnaître. Dans le noir, elle ne peut juger, dans le noir elle est perdue… Et puis soudain la poigne se libère, la violente, la rejette, la grise s’écrase contre le mur, un vertige la prend, elle aimerait tant être loin d’ici, entre les bras du dragon ou entre ceux de la neige. Elle regrette sa vie, elle regrette sa mort, tout cela ne l’a menée à rien, où est son combat ? Où est son existence ? Cela ne tiendrait même pas dans quelques lignes, peut-être une page mais la suivante serais vide, la suivante qu’elle souhaitais noire resterait blanche, si blanche. Le blanc est péché, le blanc est le mal caché, le blanc est fourbe, il se tache comme se fane la fleur sans eau. Reflet de son existence.


Son esprit délire quelques instants, son esprit divague, et sa tête reste posée contre le mur, ses cheveux la réchauffent, un peu.



*Espoir, c’est le nom de l’arbre que vénèrent les morts.
Manoir c’est le lieu qui fut mon destin.
Ennemie c’est la vallée qui me guette m’attend
Perte, c’est mon sang qui s’envole.
Souvenir, c’est absurde destin.
Mort c’est la beauté d’être toujours dans l’éphémère.
Rage c’est le cœur qui aime.
Haine c’est le cœur blessé.
Amour c’est l’étreinte silencieuse de deux esprits.
Hystérie, c’est la rouge qui parle.
Lucide c’est la dame sans nom.*




Et puis elle entend, elle voudrait hurler déjà. Les mots qui surgissent, sa tête qui menace d’exploser. Chahîd, Chahîd est là, il a peur, il connaît la peur absurde qui l’étreint, qui la dissèque, qui la broie. Mais lui ne la manifeste pas, pas comme elle.
Il crache, il hurle, il gronde, il menace, il violente, il souffre, il voudrait tout casser, il voudrait tout tuer…
Et malgré la violence, malgré l’absence de raison, l’homme animal, l’instinct qui domine, la colère qui ronge, la haine qui enfin reprend le juste contrôle sur la chimère … Elle l’aime … Elle comprend … Et elle ne peux rien faire.

Assise, immobile, silencieuse, son tremblement devient séisme, son désespoir devient marée, et tout disparaît, tout s’entrechoque, tout se confond …
Terrorisé elle n’ose plus bouger de peur de sentir les murs et de mourir enfermée dans une cage trop petite.
La grise n’ose plus entendre, elle n’ose plus sentir : et si Chahîd tuait l’oiseau ? et si Chahîd tuait l’oiseau ?
Et si Chahîd tuait l’oiseau ?
Une question qui se répercute, qui passe, onde sur l’eau, cauchemar qui se forme. Et l’ombre voit l’échine craquée, la gorge tranchée, la poitrine transpercée, l’air qui manque, la gueule qui bouffe, les griffes qui transpercent…
Et si Chahîd tuait l’oiseau ?



*Bordel ! Pourquoi je ne peux rien faire ?
Pourquoi je reste immobile ?
Pourquoi le sang ?
Pourquoi la cécité ?
Pourquoi sa ?
POURQUOI ?
Est-ce parce que je veux vivre vallée ? Est-ce par ce que je veux vivre libre ?
Bordel !
T’en prend pas à eux !
Ne me fais pas mourir une deuxième fois de désespoir, je te l’interdis !
Tu entends folle : je te l’interdis …
Jouons à noter petite guerre entre nous, jouons ma belle, jouons mon horrible …
Mais ne touche pas à ces êtres,
Ils n’ont rien fait, ils te suivent …
Tu n’as pas le droit ….
Non, tu n’as pas le droit …*


Il est là, la chimère contre sa peau, sa folie contre la sienne, il la calme, il la protège s’en savoir. L’ombre se détend, elle desserre l’étreinte qu’elle s’infligeait, la raideur dans sa nuque. La cage parait plus grande quand il est prêt d’elle. Enfant contre elle, il redevient le petit sauvage. Elle laisse ses doigts caresser son visage. Ses lèvres sont des papillons sur ses yeux, la couleur se réveille mais devient tellement plus douce déjà. Mais déjà la chimère est sur ses lèvres, légère. Et la grise voudrait qu’il reste longtemps, toujours. Mirahil voudrait qu’il reste contre elle, elle voudrait l’enlacer mais elle n’en a pas encore la force …


« Emmène moi, emmène moi loin d’ici …
Tu sens les barreaux, tu sens les tiges de fer qui te battent…
Sa rend fou …
Tu ne voulais pas …
Tu ne voulais pas …
Je ne voulais pas … »




Mais Chahîd déjà est reparti, il s’en va, il lui échappe, il a mal, il a peur et sa voix ouragan est un rire malsain, trop lourd, trop dur ... Il agite, il bouge, des bruits qui s’assemblent, des ... Grelots ?
Non il n’y a pas de grelots à Hollow Dream, il n’y a que des pierres, des larmes, dus sang, des armes et des balles… Oui c’est sa des balles qui chantent dans sa main, juste devant elle, devant ses yeux d’aveugles. Puis il est là contre elle tout contre elle, il l’emmène, elle l’entend le chant de l’enfant, la fille qui rie, le garçon qui crie, elle l’entend, elle le voit … Elle l’imagine si beau avec ses yeux bleus, il devait faire peur déjà, il devait faire peur, petit enfant future chimère ou peut-être pas …
Il ne lui a jamais fais peur …
Sauf…
Sauf quand il faisait peur aux autres …
Et elle les folles, la louve blessée qui se réveille doucement, sa torpeur s’effondre devant les grelots qui grésillent dans son âme, sa folie est la main qui s’agite, son cœur est les balles qui s’appellent, chantent à l’unisson. Son esprit est là juste devant elle, sa lucidité la prend, la douleur se calme. L’ouragan de ses rêves la prend amis ne la submerge pas, il l’élève, il l’élève … Pour lui faire oublier la peur qui vibraient entre ses lèvres, pour oublier la rouge qui se terre et la chimère qui les perds.



"Je t'aime Alhem... je t'offrirais la lumière... je vais foutre le feu.... et... et... nous y verrons clair....
je vais foutre le feu
tes yeux s'ouvriront dans la lumière.... regarde mon bel amour ! regarde!"



Le briquet qui claque la grise se lève doucement si doucement, poupée de givre et de cristal, trésor de tristesse et d’amour …
Il faut être forte quand les autres plient, il faut être forte pour dominer sa vie et vivre peinement ....
Elle sera forte ...



« Non …
Ta haine est un feu, ta colère un cimetière, ta terreur une violence, ta folie des grelots … »




Doucement elle parle, sa voix grave se répercute, il y a silence, il y a silence. Ses doigts touchent le visage de la bête, la belle sourie. L’ombre s’approche alors, si proche que ses lèvres touchent doucement celle de Chahîd, et elle murmure :


« Le feu d’un enfer, la neige d’un silence, la beauté des ténèbres, la couleur de la lune, le versant d’une rivière, la fraîcheur d’un étau, la douleur des barreaux …
Le désespoir qui enlace, la haine qui porte les cœurs, les âmes qui s’embrument, les arts qui s’envolent, les mots qui s’élèvent, mon cœur une barque, des fous qui s’y tiennent, la violence qui y naît, les vagues trop hautes …
Dis Chahîd, est-ce que la barque va couler ?
Est-ce que tu vas laisser brûler son bois gris ?
Les fissures laissent passer l’eau déjà et la mer se déchaîne pour reprendre son enfant océan …
Tu peux renverser la barque, sombrer dans l’eau, mourir noyé et je serais comme Dahud…
Tu sais Dahud la belle … Celle de la ville d’Ys, la ville qui a sombrer avec son amant fou, son amant qui s‘enchaîne à l’eau pour mieux se mentir …
La rouge, l’humaine, qui regardait le tout s’effondrer …
Ce n’est pas elle qui faut blâmer …
Si son souffle touche mon visage, il le réchauffe …
La mésange rêve de voler, et moi je rêve de la voir voler …
Elle est le cœur qui bat espérant …
Je suis la morte qui erre, rêvant …
Et toi tu es celui que j’aime …
Dis est-ce que tu m’aimes comme je t’aime ? »




La grise doucement pose sa main sur le bras de la chimère et laisse ses doigts voyager, douce caresse jusqu’à la main de Chahîd … Et la simplement, la grise pose sa main sur la flamme du briquet et l’étend. La grise vole l’arme du feu dans la main de son amant, avant de poser ses lèvres qui dansantes avaient vagabondés sur celle de celui qu’elle aime tout en parlant, la grise l’embrasse tendrement, légèrement. Ramenant le fruit de son larcin prêt d’elle …
Silencieuse elle menace de s’effondrer…
Dure elle résiste …
Et sa pale blancheur devient neige …
Elle va tomber …

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Que ce soit dans la nuit et dans la solitude,
Que ce soit dans la rue et dans la multitude,
Son fantôme dans l'air danse comme un flambeau


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Xarha
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MessageSujet: Re: La mort n'est pas pour nous. [suite Demencia Crisis]   Jeu 4 Oct - 23:53

Ma petite poupée brisée, quand je t’ai prise dans mes mains la première fois
Et que j’ai joué avec ton corps en plastique souple
J’ai brûlé tes jambes et ton torse, arrangé ta sale gueule à ma
Manière de voir
Et quand tes yeux bleus et maquillés se sont
Posés sur le miroir
Je t’ai arraché tes cheveux blonds
Poupée brisée aux yeux bleus

Je ne sais pas ce qui se passe.
J’ai la tête qui tourne.
De la bile s’écoule de mes lèvres saignées.
Mon corps saigné.
Comme un porc…
Chair
Autour
Sang
Métal
Sang !...

Tu me prends
Virevolte et danse ma belle
Bouge et joue
Joue contre joue
Bouche contre bouche
Crève
Crève !...


Tu me balances
Corps violentés
Et moi à côté
Pas de défense
Juste la danse
Et la douleur
Le rouge est noir
Rouge
Noir
Tango indécent
Sanglant

Tu me jettes
Froid
Bleu
Blanc
Douleur
Tu me jettes
Implosion
Pulsion
De bête

Syllabe
Morte
Syllabe
Paroles
Mots
Je gémis
J’ai mal

Tu ne comprends pas
Continue
Sans relâche
Joue toi nue
Joue toi rage
Joue rouge
Et moi
Poupée sucrée
Perdue d’esprit
Je gémis
Je murmure
Difficile
A travers les lèvres
Bleues
Ciel
Blanc
Paroles
Syllabe
Mortes
Pas de sens
Ça siffle
Son
Siffle sur sa
Serpente sous sa
Siffle
Serpent
Son, son
Sur ses lèvres
Il coule…
Ce vieux slogan
Sex Pistols




- God save the queen
She ain't no human being
There is no future
In England's dreaming

Don't be told what you want
Don't be told what you need
There's no future, no future,
No future for you

When there's no future
How can there be sin
We're the flowers in the dustbin
We're the poison in your human machine
We're the future, your future

God save the queen
The fascist regime
They made you a moron
Potential H-bomb


Tu me parles à l’oreille
L’idiot
Tu susurres à moi la vermeille
Salaud, salaud !...
J’ai mal putain
Dans tout mon corps
Il me reste que la leçon
Apprise par cœur
Juste ça
Rien d’autre
Même pas toi…

Tu cries soudain
Ta gueule !
C’est bas, c’est cruel…
Tu lèches mon front
Je suis encore sonnée
Tu vois ça ?
Tu me redresses
Me brise et me froisse
Non tu ne vois pas…
Frappe !
Violente !
Plus fort, plus fort, où est ta rage ?
Où est-elle putain ?
Crie ! Hurle ! C’est ta thérapie
Fais-toi plaisir
Frappe
Vas-y chéri tu sais que je respire encore
Je respire ton air vicié et le sang
Oh oui je respire !
T’arrêtes pas chéri
Passe sur moi, aspire
Tous mes péchés qui grouillent
Sous ma peau
Déchire !
Plus, plus, tu te sens mieux
Fort, fort, tu te sens mieux
Plus et plus tu vas te rendre censé
Sang et sang lave-toi les mains dans moi
Baptise ton âme à ma lueur
Bleu et bleu
Rouge et rouge
Passe l’aspirateur chéri
Nettoie ta violence dans la mienne
C’est beau non ?
Frappe !
Je saigne mes larmes
Pour elle
Pour toi

Mais à la fin il ne me reste toujours rien
Même pas toi…


Il me reste le sol où je me suis écroulée. Ecroulée comme un bateau sur le rivage ; il s’est cogné ! il chavire maintenant !
Et moi !...et moi je suis là…
Il reste des crampes, du sang, des plaies et des blessures ; il reste tes marques sur moi, finis ce que tu as commencé !
C’est ce qu’on m’a appris.
Finis ton assiette.
Finis tes devoirs.


Alors je vais finir.
Je ne te laisserai pas…

Je repense à Maxime. Maxime heureux, Maxime courageux, Maxime a tout lui. Il aime !...et c’est bien la pire des choses, il aime !...
Je les déteste les gens heureux. Ceux qui s’aiment et qui sourient, des fois je rêve de leur arracher la gueule et de leur prendre ce sourire pour le coller sur mon visage, que leur peau me sert d’oreiller – la peau des gens heureux est toujours douce.

Des fois je rêve que j’arrache leurs yeux et que je m’en sers pour éclairer mon âme – les yeux des gens heureux brillent toujours.
Des fois je rêve que je les brûle. Je brûle tout, comme j’ai brûlé le chat petite, comme j’ai incendié plus tard, toujours sur ce son incessant – God save the queen ! – et puis ils crient – She ain’t no human being ! – et leurs cris décorent le ciel de feux d’artifices – We’re the flowers in the dustbin ! – parce que les gens heureux ne peuvent que faire des feux d’artifices quand ils explosent d’amour – No future – c’est logique non ?

Et toi tu joues avec ces grelots dérobés – c’est moi qui dérobe !- et tu approches la flamme – c’est moi qui brûle ! – et tu embrasses ta Alhem – Mon Ange ! – et tu me provoques – c’est ma colère ! – et tu mets la main dans ses cheveux – ils sont si doux ! – et tu la touches – une Ombre, mon Ombre, mon Ange – et tu te déformes sous mes yeux – tu me voles, c’est moi qui vole – et tu l’avales dans ta gueule – comme une sucette, j’aime les sucreries salées – salis, tu la salis…- tu me voles mon rôle – ça devrait être moi…


La flamme se rapproche des balles, de la poudre.
Oh oui, envoie-toi en l’air sans passion, sans violence, sans amour, sous contrôle, ça te va si bien.
Pyromane amateur qui hésite une dernière fois.
Le visage du dément, le visage que je ne reconnais plus.

Tu me prends tout ; pourquoi je ne te prendrai pas non plus ?
Je te prends ta démence ; je l’aime tellement.
Je t’emprunte tes hallucinations ; elles sont si belles.
Je te vole ta force ; je veux frapper.
Frapper, détruire, tuer, arracher.

Je te prendrais chéri.

Mon Ange, reste couchée s’il te plaît, tu es si belle, si belle !...si on abîmait le cristal encore, il se briserait !...
Reste allongée, reste calme, dors, dors mon amour, et…
Le monstre qui t’avale je le tuerai…
J’allumerai la lumière pour lui faire peur…
Les yeux bleus ne brilleront plus c’est promis mon Ange…
Redeviens plume, redeviens louve, redeviens liberté ; folle, ma folle, tu brilles trop pour nous ; folle, ma folle, je suis folle de toi ; et lui je ne le connais pas, et lui qu’est-ce qu’il fait là ?

Mon Ange tu ne peux pas m’entendre ni me voir, sens juste, sens juste comment mon âme vibre, elle est prête tu sais…
Eteins le briquet de tes doigts fragiles…
Eteins la lumière sous ta peau de ténèbres…
Tu vas tomber mon Ange.


Et pour toi mon Ange, pour toi je vais faire ce que personne ne m’aura jamais vu faire ; et pour toi mon Ange je vais incendier le ciel d’horreur encore…

A genoux sur le sol.
Genoux !
Genoux qui saignent, genoux de ménagère !
La main dans les cheveux
Cheveux qui saignent, cheveux de souillon !
Et j’arrache alors
Jeux de mains, jeux de vilains !
J’arrache des mèches carmines
Les embrasse
Leur dit au revoir
Et je suis folle ma folle ;
Et je ne vois que lui

Lui. Toi. Lui sur toi et c’est déjà trop.
Moi aussi j’ai le feu dans ma main.
J’ai le feu partout dans mon corps
Il me suffit de souffler pour que je devienne un brasier ;
J’allume la flamme, remue les braises
Déclic.
Clic.
Chiche ou pas chiche de tous nous faire sauter ?
Moi tu sais je suis toujours chiche.
En fait il n’y a plus grand-chose qui me fait peur, à part toi.
Toi la Chimère que j’aime et qui me vole ; toi aux yeux bleus qui ne finis pas.
Moi je vais finir.


Je regarde les cheveux rouges qui prennent feu.
Ils sont secs, ça va vite.
Des bougies dans mes mains, des étoiles dans le noir !...

Regarde, regarde-moi !

Je vais brûler toute entière !
Les cheveux se consument ; ma paume se craquelle.
Rouge et noir.

Et le bleu de tes yeux chéri
Le bleu que je connais
Ce bleu trompeur qui m’emmerde tant.

Chéri tu comprends bien que ce n’est pas ma faute ; mais je ne le regretterai pas.
Les cheveux brûlent, couleur de sang.
Des flammes prêtes à se propager
Si seulement quelqu’un les voulait…

Et bientôt je suis là, près de toi, si petite et si faible à côté de ton corps flou.
Une paume brûlante sur ta joue.
Des dents sur tes lèvres.

Regarde, regarde-moi ! La pauvre folle que je suis !

Tu voulais un tango ; il faut clore la danse.
Et rien ne me fera m’effondrer ; et toujours la chanson dans la tête pour rythmer mes pas.

They made you a moron
A potential H Bomb.


- La violence, chéri, la violence et la rage !...

We’re the poison in your human machine.

- …elle t’aime tu comprends ! Elle t’aime ! Alhem, Alhem, elle t’aime sans te voir, finis de l’aimer, … !

God save the queen.

- Brûle pour elle ! Souffre pour nous ! On se baptise dans le sang, on s’aime dans la mort, on se voit dans la cécité, on se comprend dans la démence ; elle va tomber !

Il faut qu’elle reste allongée, la sauvage grise ; elle est si libre tu sais, elle risque de s’abîmer encore, chéri aide-moi, je ne veux plus frapper, non, non!

Mon Ange volage, dors…dors dans la lumière éteinte…


Ma paume s’éteint au contact de ta joue ; mes lèvres saignent d’un goût familier que j’ai déjà goûté ; mais déjà paniquée je suis derrière toi mon Ange, entoure mes bras faibles et morts autour de toi.
Je n’ai plus de feu pour toi, je ne vais pas te brûler, je sens la brûlure dans ma main qui s’élance quand je t’effleure. Je te rattrape et t’accompagne au sol, imagine si tu te cognais la tête contre un mur !...

And there’s no future

Là, tu te sens mieux ?


- Mon Ange, belle veuve grise, tu es toujours si folle, si folle …! La cage je vais la briser pour toi, la montagne je vais la déplacer pour toi, rappelle-toi du flocon de neige qui vole, qui vole…le petit flocon de neige…
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Chahîd
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MessageSujet: Re: La mort n'est pas pour nous. [suite Demencia Crisis]   Jeu 18 Oct - 16:48

Ses mains se posent sur elle, gentiment.
Cette gentillesse qu'elle déteste, il éteint les flammes de ses cheveux,
en riant doucement, si doucement.

La calmer maintenant, juste la calmer.

Sa voix rauque résonne dans le moulin.
La petite machine fonctionne à vide, déversant sa détresse et sa rage.


".....Gamine, laisse la grise en dehors de ça... Laisse"

Ne se calme pas, éructe des insultes mêlés à de mots d'amour.

Miroir.
Miroir de ses yeux fous où perlent des larmes de douleur, de joie, d'incompréhension, de rage.
Il caresse sa tête, grondant, l'étreint, l'attrape, la serre contre lui qu'elle ne blesse Mirahil.

Ses cheveux incendiés disparaissent laissant son crâne chauve,
et lisse, noirs de suif.
Comme un nouveau né.

"Arrêtes... le spectacle est finit... "

Les mains de la bête sentent la chair brulée,
la kératine fondue comme du caramel lui colle la paume et les doigts.
Il la berce, tachant de couvrir sa voix qui déraille,
cherchant à endormir sa colère,
éteindre le feu qui la brûle.

Il fredonne de sa voix terriblement douce et cruelle,
une chanson pour les tous petits enfants,
une chanson que personne sans doute n'aura pris la peine de lui chanter


Tu peux dormir le vent nous veille
Le vent qui va qui vient dehors
Dans son nid bercé l'aiglon sommeille
Ton cheval dort ton canard dort
Dans la maison de ton oreille
Un vieux rouet plein de merveilles
Rêve qu'il file quand il dort
Des laines d'or
Dors...
Tu peux dormir la ville veille
Au bout du champ d'un arbre mort
La nuit sort plus jeune et plus vieille
Le loup plus loin le vent plus fort
Un train passe le hibou veille
Quelque grand navire appareille
Et le quai reste dans le port
Terre à Tribord
Dors
Tu peux dormir le temps nous veille
Une heure un siècle une heure encore
Chaque seconde a sa pareille
Ton rêve est l'envers du décor
Tu peux rêver l'horloge veille
Le miel du Temps cherche une abeille
Au fond du bois un ours s'endort
Il neige au Nord
Dors


gamine....
dors....



L'endormir, tout ce qui compte, pénétrer dans les dédales de sa tête,
lui arracher sa pierre la folle,
retirer l'écharde qui lui empoisonne le corps,
l'enlacer dans un rêve,
la consoler,
ce qu'il ne saurait faire à l'état de veille, car jamais,
jamais elle n'accepterait la moindre aide de sa part.

Lui tendre la main dans son rêve.

* Je t'en prie, prend la....*



"Dors, gamine, Ferme tes yeux, repose toi.
Ecoute ma voix, laisse toi bercer, laisse moi t'apaiser.
Il est tard.
La bête ne viendra pas te chercher là où je t'emmène.
Ni tous ceux qui t'ont blessée
Ni tous ceux qui t'ont volé ton coeur.... gamine..."


La petite contre lui, il l'enserre, l'enroule dans sa pelisse qui la pompe, semble se nourrir d'elle.
Et lui regarde son amour, l'amour à qui il s'est offert, ses yeux se voilent tandis qu'il fredonne toujours, recroquevillé avec elle dans un coin, la protégeant, la couvrant, cherchant sur le visage de la grise, dans sa simple présence la force qu'il va lui falloir pour affronter les cauchemars de l'enfant
qu'il berce dans ses bras.


*Aide-moi! aide-moi, je n'y arriverais pas seul. Je sais que tu l'aimes, je sais que tu peux m'aider, que tu m'entends, Alhem, aide-moi...*


Il sourit à la grise, il sait qu'elle sent ce déplacement sur son visage, elle, voyante au-delà des apparences,
elle qui a toujours su.....

Il caresse encore la petite tête nue, la libérant des cendres d'elle-même avec douceur, avec affection, sans geste brusque.


"Viens... laisses-toi aller... lâches le mors, pour une fois...."
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Mirahil
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MessageSujet: Re: La mort n'est pas pour nous. [suite Demencia Crisis]   Dim 21 Oct - 13:51

La grise entend, immobile volage elle est. Là devant tout ce qui est elle, devant ses colères, ses tourments, devant l’abîme de son existence et ceux qui ont sut le remplir. Ils sont fous ! Plus qu’elle peut-être, différemment … Ses doigts se réchauffent au contact du feu mais déjà elle tombe, déjà elle est l’oiseau qui s’écroule pourtant, pourtant elle va mieux, la douleur n’est presque qu’un souvenir, il y a autre chose de pire encore, il y a la colère de son oiseau, mais surtout, surtout il y a de l’amour dans les mots de la rouge, un amour qui est en train de détruire son humanité. Lucide enfin, la grise a peur soudain, non plus des cloisons qui l’oppressent mais de ce qu’elle a fait naître, de ce qu’elle est, de ce qui la construit et qui amènent des âmes à se perdre.
Et elle tremble sentant les doigts de la mort déjà brûler l’humaine. Elle tremble d’être encore cette dame la mort qu’elle avait su si bien jouer humaine. Doucement elle regroupe ses forces, et quand Chahîd chante elle comprend déjà, il ne veut pas sa mort, il ne veut pas sa mort… Non c’est la vie qu’il insuffle dans l’âme de la rouge, c’est la vie qu’une ombre a failli voler sans même le vouloir.
Et elle comprend alors que tous les autres ont eu tord : tout ceux qui ne voyait en lui qu’un monstre en la voyant pure, ils s’étaient trompé de bête, ils s’étaient trompé de Belle. La Belle et la Bête ce n’est pas comme cela, ce n’est pas aussi simple, pas dans la vallée, pas là où règne le chaos et la violence …
La violence que tous aiment en secret, comme la perle de leur cœur, et qui l’exhibent sans pudeur devant la dame noire.
Ils avaient tords ! Chahîd cajole l’enfant, ils avaient tord de croire qu’ils ne pouvaient s’aimer, qu’ils ne pouvaient vivre ensemble, l’ombre et la chimère et ce jusqu’à ce que la mort vienne dans leur danse. Car la grise et le cha ne sont qu’en fait que des êtres complémentaires. Elle a sauvé maxime de sa faim, il sauve la rouge de son venin.
Désemparée elle ne s’est que faire, silencieuse elle reste dans l’ombre de sa fatigue. Quand soudain elle sent un sourire, elle entend un secret, une joie, elle ne sait ce que c’est mais elle comprend : elle ne peut plus rester dans l’ombre, elle doit aider à sauver l’oiseau.
C’est au tour de la Grise maintenant de chanter, alors elle se lève doucement et viens a l’encontre de ceux qui s’enlacent violemment, ceux qu’elle aime et qui se taisent maintenant, alors tout doucement, elle se fait une place entre leur bras serrés, mêlant la douceur à l’enlacement forcé de l’oiseau, mêlant de l’amour pour adoucir la force de Chahîd. La grise les laissent la porter doucement, sans que peut-être ils ne s’en rende compte. Et puis doucement elle chantonne :





« Le rouge ça change et ça devient
Un coup sur deux vif ou carmin
Soit vermillon soit coquelicot,
Effrayant ou abricot »



Puis doucement sa voix prend de l’ampleur :



»Le rouge n’est pas tout le temps le sang,
Le rouge du piment
Sucre d’orge doux ocre et sucré,
Apaisant et enivrant »




Elle se tait quelques secondes puis sa voix s’élève, murmure violent entre ses lèvres grises.




« Choisis ! »



Et puis ses lèvres s’approchent des cheveux de Xarha, se posent prêt de son oreille pour murmurer.


»Choisis ce rouge là ou celui là »


Puis elle continue entre les deux corps chauds qui sont pour elle une rempart contre la peur, la souffrance et la promesse d’un rêve qui deviendrais réalité … Et si cette chanson qu’elle avait entendu humaine, ne l’avait pas marqué, elle ne prenait de l’importance qu’entre ses lèvres, qu’entre Chahîd et Xarha.




« Choisis le rouge que tu préfères,
Rouge de couleur ou de colère
Soutine, matisse ou bien Gauguin.
Hitler, Mussolini, Pétain


Choisis
Ce rouge là
ou celui la
»



Puis elle se tait doucement, délicate ses mains se sont posées sur les tailles de la chimère et de son oiseau.


« Je suis désolé petit oiseau, je suis désolé d’avoir fais mal, dis est-ce que tu me pardonneras un jour ?
Ne meurt pas, ne meurt surtout pas petit oiseau.
Laisse le vent s’engouffrer dans tes cheveux, laisse les flammes de la colère…
Ne meurt pas, pas comme ça, pas pour ça …
C’est lourd une montagne, tu sais, si lourd que je ne voudrais pas que tu la déplace …
Pas toute seule.
Pas pour moi. »



Elle revient à l’oreille de l’oiseau puis murmure :


« Ne laisse ni le givre, ni les flammes,
Choisis jusqu’au dernier moment
Pour ne pas regretter après
Pour ne pas obéir
Choisi
Puisque ta vie est à toi et parce que personne n’a le droit de te la voler.
Choisis je t’en supplie
Pas pour moi
Pas pour lui
Pas pour les autres
Pour toi ! »



La grise est fatiguée, elle pose délicatement la tête sur leur deux corps qui se touchent, elle leur laisse le soin de la tenir, quelques secondes elle reste immobile pour relever sa tête, se faire plus légère. Le dragon a posé son souffle entre ses cheveux, il a fait voler les mèches pour que tout s’entrecroise, sans le vouloir il a unis, et maintenant il erre, à l’extérieur du moulin, demain il aura tout détruit, demain le moulin rouge sera blanchi par la neige, rougi par le sang. Si personne ne bouge, si personne ne fait rien.


« Dors petit oiseau un petit peu, dors car après il sera trop tard.
Dors car demain nous seront parti, parce que la nuit sera courte, et parce qu’aujourd’hui n’est pas le jour de ta mort.
Moi aussi je veux dormir, quelques heures après ce sera la course.
Je suis fatigué, tu es humaine.
Il nous faut dormir.
Car dans quelques heures nous allons courir …. »



La grise reste immobile elle ne veut séparer l’étreinte, elle ne veut tout briser, pas encore, pas encore, ce doit être à l’oiseau de choisir ….

_________________
Que ce soit dans la nuit et dans la solitude,
Que ce soit dans la rue et dans la multitude,
Son fantôme dans l'air danse comme un flambeau


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Xarha
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MessageSujet: Re: La mort n'est pas pour nous. [suite Demencia Crisis]   Dim 21 Oct - 20:10

Elle ne veut plus sentir ça, elle ne veut plus ressentir ça, plus jamais.
Vous aimerez, vous ?...

Peut-être que vous aimerez le voir, le lire, spectateur de la scène sans y appartenir ; vous serez sûrement heureux d’aller voir ce film au ciné avec votre petite copine, histoire de lui montrer votre part cachée de sensibilité pour mieux la faire fondre.

Synopsis : la gamine plus shooté à l’héroïne qu’héroïne se délabrant progressivement et tombant trop rapidement dans la décadence dans un monde sombre et cruel. Classique, mais redoutable.
La gamine qui se débat pour respirer dans cet océan d’âmes emmêlé, mais ce n’est pas aussi facile, et finalement elle préfère sombrer, elle a toujours été un peu autodestructrice, vous avez pu remarquer ça dans son enfance.
Et là, au moment déchirant où vous voyez la rouge rageuse se perdre dans l’étreinte de la Chimère, votre petite amie fondra en larmes et renversera le pop-corn par terre, puis ira se morfondre sur la cruauté de la vie dans vos bras et vous profiterez sûrement de la situation.

Mais ensuite ?…


Ensuite le film sera fini.
Les films ne durent jamais. Pas plus que les vies. Et ils laissent toujours quelque chose derrière eux…
Le vide si creux, le vide qui avale…
Plus rien n’a de goût, plus rien n’est beau, et le film vous repasse devant les yeux, la bande son reste dans votre tête, pourtant ça fait longtemps qu’il n’est plus là, et vous ne le retrouverez plus…
Il n’en restera que cette sensation de vide…

Profond, incomplet, qu’est-ce qu’il est grand !...pas de lumière au bout du tunnel, pas de lampe torche pour éclairer le chemin, les murs sont froids, les murs sont absents, tout est absent, l’esprit en vacances et l’âme en cavale, les yeux aveugles et le coeur en pièces, le corps tordu et écrasé, un poids de vide partout dans chaque cellule…

En quelques minutes en général il est parti ; en quelques minutes seulement…


Une minute, ce n’est rien dans une vie. Ça passe. Ça meurt. On tourne la page.
Une minute, c’est que dalle.
Mais c’est incroyable toutes les choses qu’on peut vivre en une minute, tous les regrets éternels qu’on peut gagner.

C’est fou comme ce vide est douloureux. Il n’abîme rien, ne casse rien en entrant chez vous ; il n’est pas du genre de ces saletés de bactéries qui tentent désespérément de faire sauter votre machine immunitaire.
Il n’appartient pas à la race des pensées mélancoliques qui font monter les larmes aux yeux.
Mais il fait si mal…

Une minute…

Elle aurait tué, elle aurait aimé pour que le vide s’arrête aussi vite…
Son double glacé la prend dans ses bras pour la réconforter, il murmure doucement, elle abandonne toute défense, la Bête à l’extérieur fait craquer la neige et tourne autour de la bâtisse, la Bête il faudra bien lui échapper un jour, la Chimère la berce avec ses paroles, elle éteint sa rage, cherche à souffler sur le feu pour qu’il disparaisse…

S’il savait, s’il savait que le feu n’arrêterait jamais de brûler, s’il savait combien elle le détestait, combien elle lui en voulait de l’enlacer comme ça, mais elle se sent étrangement décalée pour le moment, elle se sent pleinement vide, il ne reste plus que du noir du rouge, et sa peau blanche est abîmée, et ses cheveux, combien lui en manque-t-il ?...
Non, elle est là dans ses bras, elle le serre à son tour contre elle, mais pourtant elle n’y pense pas, elle n’est pas là, elle n’est pas dans ce sentiment de paix et de réconfort qu’il voudrait lui donner…

Xarha est momentanément absente. Veuillez laisser un message après le râle sonore. N’hésitez pas à appuyer sur la touche dièse pour modifier votre message ; elle espère qu’un jour quelqu’un changera le message.

Elle espère qu’un jour quelqu’un appuiera sur la petite touche et lui dira alors qu’elle n’est pas un monstre, qu’elle n’a pas de raisons d’agir comme si elle en était un ; il lui dira qu’elle n’a pas de raison tout court, qu’il faut réfléchir avant d’agir ; il lui dira qu’il faut qu’elle accepte, qu’elle lâche prise, qu’elle coure et s’enfuit, il lui dira qu’elle n’est pas seule à l’intérieur, qu’il suffit d’allumer la lumière…

Mais personne n’appuie sur la touche dièse.
Personne ne peut.
Elle le sait très bien, de toute façon. Ça fait longtemps qu’elle a débranché le téléphone, ne supportant plus d’attendre que quelqu’un l’appelle.


Et maintenant c’est lui qui veut l’aider, c’est lui qui veut l’appeler, mais c’est trop tard maintenant…

Les mots la caressent, mais à l’intérieur il n’y a rien, les mots la laissent éteinte ; chante la grise, chante pour la rouge, et vois comme tes paroles glissent autour d’elle, comme tes paroles laissent des traînées amères à l’extérieur…
Eteinte…
Eteinte comme la lumière, éteinte comme le soleil mort, le vent sec ; elle a brûlée, c’est fini maintenant. La main abîmée, les mèches de cheveux arrachés en cendre ; les Sex Pistols ont arrêté de chanter dans sa tête…
Mais qui aimerait venir dans sa tête ? Il n’y avait là-dedans que des serpents qui attendaient patiemment qu’elle marche un peu trop près d’eux pour la recouvrir…
Pourtant la grise parle si bien, et son contact la rassure tellement…elle n’est pas bête la grise, elle comprend toujours…
Qu’est-ce qu’elle peut lui cacher ? Comment faire pour lui dévoiler tout sans qu’elle se coupe elle-même ?
Pourquoi tout est toujours compliqué ?

La grise parle et un instant Xarha pense qu’elle va enfin réussir à lui parler comme elle a toujours voulu…
Mais dans sa tête les mots sont vides…
Plus rien, plus rien, on peut pas tout combler, le gouffre est trop long, trop gros, trop fort…


- Chéri, chéri, personne ne m’a blessé comme toi, personne...c’est toi qui me voles…tu le referas, c’est comme ça, c’est nous, tu comprends ?...On se divise tous les deux…on se coupe et on se partage pour la Grise…j’ai jamais aimé les maths, je déteste les divisions, j’ai peur de trouver le reste de l’équation et de découvrir l’inconnue, et voir qu’au bout il n’y a encore plus rien…
« Alors emmène-moi si tu peux, emmène-moi parce que je le veux ; et peut-être que quand le film sera fini il n’y aura plus ni toi ni moi mais seulement nos chairs sanglantes ; et peut-être que tout finira bien, il faut espérer non, c’est mon rôle n’est-ce pas ? Des fois je ne suis pas sûre...

« Chéri, on ne vit pas dans les mêmes mondes, on ne fait que se subir l’un et l’autre…mais je reste avec toi quand même, je ne peux pas te tuer, je ne peux même pas vouloir, mais toi tu vas vouloir n’est-ce pas ?

« Mon Ange…mon Ange je n’ai jamais pu t’en vouloir…mais tu me connais, tu sais que je mens, tu sais que je trahis, tu ne sais juste pas quand et où…
Et puis le rouge tu ne peux pas le séparer comme ça veuve ; que tu l’acceptes ou non il reste toujours entier…oublie le rouge, tu ne le vois déjà plus, oublie-en le souvenir.

« C’est drôle n’est-ce pas, le trio qu’on forme…mais tout le monde sait que les triangles finissent toujours par se casser à un moment ; peut-être que c’est à mon tour à moi aussi de chanter, comme ça nous dormirons tous, la boucle sera bouclée et on pourra passer au suivant…mais c’est plutôt triste, parce que je n’ai jamais su chanter, j’ai toujours gueulé dans la rue, par-dessus les cris des guitares électriques ou dans les boîtes de nuit ou les casinos inquiétants ; dormir ?
Dormir ?
C’est trop dangereux.

Je veux partir…Emmène-moi… »
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Chahîd
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MessageSujet: Re: La mort n'est pas pour nous. [suite Demencia Crisis]   Mer 31 Oct - 11:28

Enfant insomniaque.
Pas de sommeil.
Pas de repos.
C'est trop tôt pour elle, encore trop tôt,
et trop tôt pour ta délivrance comme la leur.
C'est comme ça.
Elle me refuse l'accès vers l'autre côté, elle se le refuse à elle aussi,
comme à la grise et à ceux qu'on pourrait libérer.
Libérer de quoi, je ne sais plus très bien.
La bête en moi gronde sa rage d'être ainsi frustrée, flouée.
Mais après tout quelle importance.
Je sens le souffle de l'ombre sur moi.
Sa douceur m'apaise, sa révolte me calme, oui.
Envie de ne plus bouger de ne plus agir,
laisser la douceur de sa peau m'emporter vers son rêve à elle.

Et si moi je pouvais dormir.
Et si moi je m'abandonnais pour une fois.


Ta gueule le vieux!

Oui la bête, il faut faire silence,
écoute la neige qui tombe dehors,
comme elle fait ce joli bruit létal.
De la mort froide et blanche,
en petits morceaux.
J'en ai vu tant tombé, congelés dans des pays que tu ne connais pas.
Ces pays que tu ne parcourais pas enfermé dans ta cellule capitonnée de Mostar.
Mon frère, mon semblable, ma monstruosité....
Chahîd, témoin des témoins qu'as tu vu de tout cela ?....


Je serais plus jamais enfermé mon vieux, plus jamais!


Ses mains caressent le dos de Mirahil, puis sa nuque
tandis que ses doigts de l'autre côté grimpent le long des vertèbres rouges,
comptent les os avec ses griffes.
Il serre la rouge contre lui quand il effleure à peine Mirahil.


Si tu pouvais seulement accepter qu'elle ne sera jamais toi,
si tu pouvais seulement voir que ton état bestial te confines à cette solitude totale,
absolue.


C'est que tu parlerais presque aussi bien que ma mère, dis!Yoshe.

Ta mère.... c'est aussi la mienne.

Mais ferme la ta gueule, ta mère, ma mère,
pauvre larve!! C'est toi qui l'a ravagée avec toute la merde que tu trimballes depuis Sarajevo.
Alors ferme la ta grande gueule!
Toi! qui m'as fait ce que je suis!
Moi je n'ai jamais voulut, jamais accepté!
Tu m'as extirpé de toi pour me crever, moi je voulais rester tranquille,
et tu me sors de ta carcasse éventrée.

La césarienne connard, c'est moi qui l'ai payée!"


Sa main se crispe sur une lombaire,
il serre comme s'il voulait l'arracher au petit corps de l'humaine
et pourtant il voudrait la protéger,
mais elle réveille en lui le gamin rebelle,
celui qui n'a pas voulut plier, ce gamin qu'il aurait voulut faire disparaitre,
là-bas en Bosnie,
et qui a hurlé sa rage pour la première fois dans l'hopital de Mostar.



Une belle naissance hein! le vieux! une belle naissance!
Espèce... Espèce d'ordure!


Les voix de ces deux femmes l'enivrent.
Sa main plus pressante rapproche le visage de Mirahil et le colle contre lui,
une larme unique perle à son œil et roule sur la joue de la grise,
ses lèvres brulantes s'approchent pour mendier un baiser tandis que sa main, toujours plus pressante, lui font mille confessions atroces,
douloureuses,
pleine de violence et d'amour.



Alhem, comme je suis perdu parfois....

Tu vois ce que tu me fais dire pauvre loque!


Il se sent bien entre ces deux femmes il aimerait ne pas bouger mais il ne peut faire ça,
cela fait trop longtemps qu'il est sorti de sa chrysalide celui-là,
on n'y retourne pas sans risque.

Allez papillon, vole! vole!
Sale bête!

C'est vers la rouge qu'il se penche maintenant et approche son visage près du sien et un baiser lui donne, la saignant légèrement d'une canine, buvant son sang comme un nectar puissant.

Il sourit, mauvais, comme un éclair dans sa folie.



"Je vais t'emmener oui, on va sortir d'ici l'oiseau"



Gligglig
il se redresse et de toute sa masse surplombe le monde il l'imagine si petit dans sa folie le monde,
un jeu d'enfant où l'on peut faire et défaire à sa guise
sans risque
comme un jeu de légo
puis tout recommencer
ça
ou autre chose.
Trois petites balles dans la main de la bête, le briquet qu'il lui a volé, à elle.
glinggling
la griffe décapsule les trois petites têtes et la poudre noire s'échappe.
glinggling

Puisqu'on ne peut rêver on va donc cauchemarder

la petite poudre comme un sang d'acier répandu sur le bord de la fenêtre i
une latte au plancher arrachée, l'allumer
la torchère maintenant
tout éblouit
c'est comme dans un rêve un phare dans la nuit
dans sa nuit
L'incendie
pose la flamme sur le bord et se jette en arrière protégeant les deux femmes,
les deux face d'un même être.

Je vous aime tant.... Qu'est ce que je peux bien donner... rien d'autre que ce feu de joie et ma rage et ma révolte, mes griffes pour tuer, mon intelligence ou ce qu'il en reste pour vous faire sortir de là...

L'explosion fait craquer le cadre et fend le bois qui mugit dans la nuit, le feu crépite et il rie, il gronde.

La chaleur du feu aura fait fuir la Bête.
La chaleur du feu pourra réchauffer ces trois orphelins.


"Tous dehors, Anges de l'Apocalypse, l'Apocalyse hein! c'est bien! Sonnez trompettes! Chevauchez les flammes salvatrices! Huuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuueeeeeee!!!!!!!!!!!!!!!"

Chahîd..... l'apocalyse est déjà passé.... c'est en enfer que tu es....


Et il rit arrachant un morceau au coffre de leur cage, déjà bondissant dans la neige, les yeux révulsés:


"Maman, maman, petite mère.... viens faire un bisou à ton fiston ma mère ma mère.
Viens m'embrasser!"





Dernière édition par le Lun 26 Nov - 17:41, édité 1 fois
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Mirahil
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MessageSujet: Re: La mort n'est pas pour nous. [suite Demencia Crisis]   Ven 2 Nov - 14:45

Elle entend …La poudre qui s’envole et retombe, les voix qui se mêlent, le départ de Sélène.
Sélène !
Selène ma sœur n’oublie jamais ton nom, reste toi et ceux pour l’éternité, tu es si belle Sélène quand viens le temps de la guerre, quand vies ta bataille.


*J’aimerais tant partir avec toi.*

Elle ne peut pas, la grise, les blessures sont trop récentes, trop douloureuse encore …
Son pouvoir n’est plus que brume, intouchable, impalpable mais là present dans le paysage …


* Tu te souvient, quand c’était la guerre ?
La guerre d’avant l’hiver …
On se préparait au combat, on s’aidait ….
Nous les ombres, toutes ensemble on se secourait, on se nattait les cheveux ou on se les coiffait, on voulait être belle pour mieux effrayer. On était terrible ma sœur, n’oublie jamais ces heures, car ce n’était qu’en ces moments la qu’on se rendait vraiment compte de notre fraternité. Nous étions invincibles.
Ensuite on partait en groupe ou toutes seules. J’allais souvent avec Myst, on s’entendait. Mais tu te souviens de la fois où on était ensemble.
Invincibles, nous avons tué ce jour là. La vallée se souvient encore de nos pas brûlant. C’était un jeu, le plus grand des jeux, le plus excitant.
Joue cette nuit, joue pour moi, joue pour Maxime.
Ne pers jamais courage, rien ne peut te fatiguer, rien ne peut te perdre.
Tu es toute puissante, tu connais la vallée, tu connais les arbres, laisse les te guider.
Deviens neige, deviens reine.*



Folle la grise revient à ses années passées, délicate elle laisse Chahîd mené la danse, ce n’est pas encore à son tour de se lever et de parler, tout à l’heure, tout à l’heure quand elle sera à nouveau reine dans la neige et le froid, quand son visage ne fera qu’un avec le paysage et son corps ensanglanté sera si puissant.
Maintenant elle réfléchis, vite …
Une direction …
Vite …
L’église, l’église de glace …


« Nous irons à l’église de givre, 4 murs sans neige …
Mais 4 murs ouverts, on pourra sortir tout le temps ce sera juste une base, un fondement. Là ou je pourrais être sans remord …
L’église … »


Le feu ! Le feu !
La douceur de sa morsure, la violence de sa danse …



*Nous serons le feu de la révolte.*


Il sèche déjà le sang sur son corps, créant une mosaïque d’écarlate, un dessin étrange sur le corps pale De Mirahil. Elle a moins mal déjà, sa douleur sur le visage ne l’empêche de vivre, le reste a déjà commencer à cicatriser et si elle ne peux encore courir elle peut marcher, elle peut être ….
Elle reprend vie, et le désespoir qui s’accroche à elle, le joyau de son cœur de givre, reste dans le silence doucereux de la neige, dans le crissement des pas menaçant …
Il attend juste …
Pour la première fois, il se sent à l’écart, pour la première fois il disparaîtrait presque sur le visage de la femme de givre, de l’ombre glacé …

Maxime est là, elle ne la pas oublié, lui qui a failli prendre sa vie pour la sauver, Mirahil s’est promis de l’aider. Qu’il vienne lui aussi défier la vallée pour sa vie et son espoir et qu’il laisse Sélène, la si forte Sélène guider la bête loin très loin de lui …


« Dis mon preux chevalier que dirais-tu de danser un peu,
Une marche glacé pour atteindre la vie …
Elle va vivre, elle va jouer
Viens donc chercher la liberté …
Viens donc …
Et après tu rejoindras Mary … »



Chahîd vit, violente est la folie qui le prend, Mirahil en sens les contours et déjà s’y fond, son corps se laisse hanter, heureux de l’euphorie …
Il n’y a plus quatre murs, il n’y a plus de cage …
Et entre ses personnes qu’elle aime, L’ombre se sent vivre, elle se sens belle, elle se sens bien …
Heureuse … La grise est heureuse …
Et folle bien sur, c’est indissociable…



« Anges de L’apocalypse ...
Nous sommes libres !
Vous entendez ?
Libres …
Mon oiseau, Maxime, espérer pour que notre liberté ne meure pas ! Elle court déjà pour piéger la bête, elle court déjà, la belle Sélène ...
Espérez …
Oui espérez avec tout l’espoir qu’il y a dans votre âme, il est si précieux cet espoir, L’ombre ne le trompera pas … »



Sa main serre celle de la rouge, elle ne veut la lâcher, soudain elle murmure à son oreille.



« Je vais à l’église …
Tu as le choix,
Il y aura toujours une place là-bas pour la rouge …
Mais tu n’es pas obligée, tu peux rentrer avec Maxime et rester prêt de Mary …
A toi de choisir, mon oiseau …
A toi de prendre ton envol, de la façon qui te plait …»



Elle pose ses lèvres, furtivement comme pour ne pas la blesser sur la joue de son oiseau.
Mais déjà elle s’envole la grise, déjà elle est prêt de Chahîd, dans ses bras même …




« Direction l’église, mon amour … »

_________________
Que ce soit dans la nuit et dans la solitude,
Que ce soit dans la rue et dans la multitude,
Son fantôme dans l'air danse comme un flambeau


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Xarha
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MessageSujet: Re: La mort n'est pas pour nous. [suite Demencia Crisis]   Dim 4 Nov - 0:20


Rentrer ? On lui demande de rentrer ?
Chahîd s’en va, Chahîd la laisse, son Ange vole avec lui, l’Ombre-Lune s’en est allée et Maxime…Il est quelque part, sûrement.

Elle a une chance de vivre, de s’échapper, d’être fière d’être vivante. Dotée encore de deux jambes et deux bras qui ne lui servent à rien. Mais elle sera fière.
Elle aura tout encore, à part quelques mèches de cheveux, elle aura un monde, elle aura un univers à combler, tout à faire et à défaire, elle aura son refuge et de la compagnie et…elle aura beaucoup et…
Et eux elle ne les aura plus…Il n’y a personne à la maison, personne au téléphone parce qu’il n’y a pas de téléphone, et puis personne qui la réchauffera et plus jamais de peau à caresser…

Elle pourra s’en passer…bien sûr….

Bien sûr.

Que dieu bénisse l’Amérique, que Dieu bénisse les Hommes sur Terre et fasse d’Eux la poussière à laquelle ils sont destinés.
Poussière soufflée au vent qui s’éparpille et s’effeuillent…

Xarha se relève soudain, vivante, elle est vivante, et eux autours sont déjà morts, elle est vivante et bientôt ne le sera plus ! Elle est vivante et elle aime ça, elle aime toute la douleur qu’il y a derrière et la fierté qu’elle en tire !
Dans un autre endroit elle dort profondément, dans un autre endroit elle est déjà morte pour beaucoup. Ailleurs elle n’est plus qu’une boîte de carton qu’on plie et déplie comme on le désire et qu’on remplit de nourriture.
Boîte de carton, la pluie te détrempe, boîte de carton les déménageurs viendront demain...! Nouvelle maison et nouvelle place, déplier et empaqueter, à brûler, à brûler, tu n’es bonne qu’à brûler boîte de carton !

Brûle ! Brûle ! Chimère tu nous a fait brûler ! Chimère le Moulin brûle, le monde brûle, la cendre s’incendie et s’allume et s’éteint et flambe dans l’aube !
L’enfer brûle, l’enfer brûle…

Elle sourit, la Rouge, sourit et ses yeux se remplissent d’étranges visions, d’où sort-elle bon sang ? Elle sort de la mort et en revient vaincue et battante…


- Douce Ombre, je me rappellerai de l’église, mais toi le monde tu le veux beau et moi je le veux mien…
Plante-y l’espoir, j’y fanerai les fleurs du mal, et toi et moi ensemble nous pourrions faire beaucoup, nous pourrions faire de cette place un Eden brûlé, et je ne te laisserai plus rien de ce jardin, ni les fruits ni la beauté ni la cage !
Courez donc mes amis ; allez, courez et volez, loin, loin…

On se reverra un jour, un soir , une nuit, aujourd’hui on se quitte et tant mieux, je n’aime ni les salopes ni les cons…mais vous je vous aime bien au fond…



Ces yeux de glace déchirent la banquise, ces yeux ne sont plus les siens. Elle paraît si exaltée comme ça, si attractive.

On court maintenant ? Elle veut courir.
S’échapper.

Elle a vécu sa vie pour ça, elle a vendu son âme pour ça, elle a aimé…maintenant elle réclame à son tour, elle veut la liberté, elle veut l’anarchie, le rêve les amis, son rêve, son idéal, son amour éternel !
Rêve de cauchemars, lambeaux de haine, ces hardes qui l’habillent ne portent pas de noms, ces mots qu’elle prononce n’ont pas de sens, le son se verse comme du poison dans un verre, obnubile le reste, arrache la réalité, découpe le temps en morceaux, tic-tac une seconde, deux secondes, quatre, cinq, neuf ou dix ? Cinquante, soixante, elle est entraînée, abattue, enchaînée aux secondes qui tombent et s’égrènent quatre-vingt quatre-vingt deux les chiffres s’explosent et changent quatre vingt dix elle ne peut plus s’arrêter de les lire si elle veut finir, si elle veut encore quelque chose il faut qu’elle aille jusqu’au bout du timeout et s’attaque au game over jusqu’à battre le temps record..

Tic tac, tic tac, ça serait dommage d’arriver trop en retard, les petits lapins se font bouffer par les gros s’ils prennent trop de temps à abattre leurs cartes.
Ici c’est pas vraiment le Pays des Merveilles mais ont peut sûrement trouver un coin charment pour poser son cul et regarder le ciel et les arbres, une reine tyrannique ça doit pouvoir se trouver facilement, n’importe qui serait bon pour le rôle, la Vallée est sûrement la meilleure actrice, et puis il y a aussi les oiseaux, qui va faire les oiseaux si Xarha n’est plus là ?
Qui va chanter si elle se tait ?

Non, non, ça ne va pas, elle ne laissera personne jouer d’elle, enfin voyons ! Xarha, où as-tu la tête petite folle ?
Cent quarante neuf secondes…

Le cœur commence à battre un peu plus vite, l’air froid fouette le visage, les muscles se crispent et se raidissent.
Cent cinquante secondes…

La montre va bientôt sonner le départ. Elle est prête, elle est partante, elle sait où elle va, seule peut-être mais mieux vaut être seule que mal accompagnée !
Un, deux, trois… Non, on va pas compter en millièmes tout de même. Elle sourit à ses voisins de course.


- A vous l’honneur je vous prie…

Tic-tac.
Le bruit fait penser au minuteur d’une bombe.
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MessageSujet: Re: La mort n'est pas pour nous. [suite Demencia Crisis]   

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La mort n'est pas pour nous. [suite Demencia Crisis]
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