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 A la nuit tombée

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Myst
Poupée Danseuse - jolie, jolie tête qui roule...
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MessageSujet: A la nuit tombée   Sam 15 Sep - 22:17

[Bon, j'ouvre un nouveau topic, je suis en forme, là.]

Avec ou sans soleil, les températures étaient toujours aussi insoutenables. Mais il fallait bien se faire une raison, non? Qui plus est certains pensent trop souvent à tort que la nuit éloigne les indésirables. Cruelle erreur! Il était là, sur le sol, son visage tourné vers les étoiles n'exprimant qu'une terreur sans nom, ses yeux exorbités par la souffrance commençaient à pâlir, une légère couche de neige commençait à le recouvrir. Sa sortie partait d'une bonne intention pourtant. Il pensait pouvoir récupérer quelques objets parmi les décombres, des choses auxquelles ses camarades humains n'avaient peut-être pas pensé. Du bois encore utilisable pour la cheminée ou des lambeaux de rideaux pour des couvertures. Quelque chose devait nécessairement être récupérable dans l'amas de centres et de restes calcinés. Il ne s'attendait pas à trouver la mort, pauvre petite chose.

Son corps était déjà froid, la neige ne l'aidait pas à maintenir sa chaleur. Sur sa veste se trouvaient quelques gouttes de sang, mais aucune blessure apparente. Il ne pourrait plus jamais voir les étoiles malgré ses yeux grands ouverts.

Juste à côté, quelques lambeaux de tissus voletaient paresseusement dans l'air du soir. Des orbes d'un noir vide regardait en silence le corps se refroidir depuis déjà de nombreuses minutes. Le long d'une main qui pendait contre sa cuisse, quelques traces de sang étaient visibles. Le froid le faisait déjà sécher. Les longues mèches d'un blanc presque lumineux dans la nuit se balançaient au rythme du mouvement de la tête de l'Ombre, au rythme aussi de la petite mélode à trois temps qu'elle fredonnait. Les notes dissonantes se perdaient quelque part, là où on ne pouvait réellement les saisir. Alors seulement elle commença à réellement bouger. Ses bras se relevèrent lentement, un peu devant elle, ses mains se rapprochèrent pour achever la courbe de cette première position. Puis lentement elles continuèrent leur montée vers les étoiles, s'offrant ensuite en couronne à la lune. Le visage même quitta sa contemplation morbide pour s'élever vers le ciel de ténèbres. Un sourire étirait les lèvres légèrement rosée.

Comme un rideau qui se lève sur la scène, Myst semblait poursuivre son ascension, se dressant sur les pointes des pieds, puis s'abandonnant à une nouvelle gravité, elle retomba, silencieuse et légère, en un faible plié. Son pied droit glissa pointe en avant devant elle, continua en un rond de jambe qu'elle poursuivit en s'inclinant en une gracieuse révérence offerte au cadavre bien froid à présent. Mais elle, elle avait moins froid.

Elle se sentait tellement bien...

La mélodie fut interrompue par quelque chose qui pouvait s'apparenter à un rire enfantin, aussi léger et aérien que les gestes de la danseuse. Sa révérence faite, elle prit appui sur la jambe droit à présent reculée, exécuta une pirouette, puis une seconde, et une autre qu'elle cessa à mi-parcours pour tourner le dos au cadavre. Un pas, un second, un léger sautillement et un envol aussi fascinant qu'éphémère. l'Ombre débutait sa danse, une de plus, offerte aux ténèbres de la nuit. Ses yeux sombres sans cesses portés vers les cieux, ne s'abaissant que pour se clore le temps d'une série d'autre pas devenus tellement naturels qu'elle n'avait plus besoin de les voir pour les maîtriser. Combien de temps allait-elle continuer son rituel? Les pas la faisaient tourner autour de son cadavre, de son trophée, comme un vautour tournerait autour de son futur repas, comme un serpent entourerait sa proie. Mais le repas était déjà prit depuis longtemps.

Ses pas cessèrent, ses bras remontèrent une dernière fois, le long de son corps cette fois, emporta quelques mèches d'un blanc neigeux vers les cieux, ses mains s'étendant comme si elle avait voulu s'emparer de la lune et plus encore puis...

Un soupire tant de satisfaction que de lassitude, les bras retombèrent non sans grâce mais avec moins de soin que les gestes précédent. Plus de rire, mais un sourire persistant, malsain. Sa tête s'inclina sur le côté, ses bras se resserrèrent autour d'elle comme si elle étreignait quelque chose d'invisible et...


"Venez, venez... Entrez dans la danse, qui que vous soyez."

Ses paupières s'abaissèrent quelques secondes, puis se relevèrent pour se porter dans une direction bien précise, celle où se trouvait l'intrus.



[Ouvert à tous! ^^]
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Mirahil
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MessageSujet: Re: A la nuit tombée   Lun 24 Sep - 21:43

La grise l’avait entendu, ce rire si reconnaissable, sa sœur, son amie espionne, deux folles ensembles …deux cruelles, deux monstres, deux affamées … Myst avait été tant pour elle, une sœur, une allié, une épaule sur qui se poser si besoin ..
Et ce rire, si fou, si enfantin, la belle ombre se dirige vers le brûlant amour de vivre, saluer l’espionne, car elle le sait la belle danseuse ne peux lui faire de mal, la grise l’espère du moins. Même si l’espoir est quelque chose dont elle en a oublié la saveur, le délice, il ne lui reste que l’âpre reste au bout de la langue, la rancœur, la perte. Et cette absence qui la ronge.

Mirahil sait qu’il y a eu de la vie avant que n’arrive l’espionne et que l’homme a perdu son âme entre les griffes de sa sœur … Elle entend le spas dans la neige, le vent qui laisse place à la virtuose, elle imagine la grâce de ses gestes …. En souriant …
Elle se souvient …
Avant ….
Elle aimait venir et espionner sa sœur, la voir danser, la voir tuer …
Elle se souvient ….
Aimant la voir dans se bonheur solitaire … Même si des fois Myst la découvrait…
Voir la beauté de ses gestes, la puissance de ses bras, la finesse de son corps sculpté de danseuse et surtout, surtout …
Tout ses sentiments qui brûlaient, l’incandescence de son sourire, sa cruauté pure, sa faim intense, sa joie enfantine, sa rancœur envolée, juste un mauvais souvenir …
Et puis quelque chose une sentiment puissant, bestiale, une pureté soumise qui se revelait, une méchanceté, une animalité… Quelque chose qui l’avait tant éloignée de Mirahil mais qui la rapprochait maintenant même si peut-être Myst ne verrait pas ce lien, cette barrière qui s’était écroulée ….

Et pour une fois, la grise eut envie d’aller plus loin, elle ne pouvait plus voir la danse, elle voulait être la danse. Silencieuse Mirahil s’approcha, peut-être avait-elle déjà alourdie l’atmosphère légère, Myst ne l’avait pas vu depuis longtemps …



*Dis ma sœur, as-tu changé autant que moi ?
As-tu perdue quelque chose ? Non tu es toujours gagnante...
T’es-tu posée ? Non la danseuse jamais n’arrête sa danse …
J’ai perdue mes yeux …
Je me suis bannie …
J’ai volé ma vie …
J’ai aimée…
Et je suis une blessure brûlante hante la place de mes yeux
Et je porte la marque invisible des bannies sur mes traits
Et la mort n’a jamais été aussi présente sur mon visage qu’aujourd’hui
Et l’amour la réchauffe, l’amour y a pris sa place …
Dis moi ma sœur, quand tu vois mon visage que vois-tu ?
Une folle ? Une veuve ? une rêveuse ?
Dis moi ma sœur : une amante ? Une sœur ? Une compagne de galère ?
Une tueuse ? Une cruelle ? Une désespérée ? Une branlante ?
Ou peut-être tout simplement une perdue …
Je suis perdue …
Je me suis perdue …
Ne crains rien pour moi ma sœur …
Même si, ce jour là, ce jour terrible ….
Tu l’as vu toi aussi, et peut-être tu as compris ….
Oui ma sœur je me suis déchirée ce jour là …
Et mon âme a choisi son chemin …. Mon cœur a crié pour la suivre …
Et mon corps, ma volonté n’a plus eu le choix …..
Ma sœur te souviens-tu de Souffre ?
La si jeune Souffre ?*


Mais la grise se tait, on ne parle pas de malheur un jour de retrouvaille. Pas quand la danse volage est encore là et que l’ombre veut partager avec sa sœur un instant de bonheur, de fureur et de douleur. Violence, douceur et tristesse enlacée, un peu de tout dans une danse ….

Mirahil s’approche doucement, une main qui se lève à la recherche d’un visage, puis soudain elle sens ses cheveux, rapproche sa main de sa joue pour l’effleurer puis murmure :


« Dis ma sœur, tu m’offrirais une danse ?
Mais serais-je comme celui là, une de tes nombreuses victimes ?
Un peu de sang dans la vallée, ou un rythme endiablé d’une danse libre, ma sœur ? »



Elle retire sa main qui légère revient le long de son corps pale, habillé de ses haillons déshabillé habituels, Mirahil a pourtant l’air des plus vêtis. A trop voir son corps, on l’oublie ; et magnifique, presque nue avec ses cheveux comme protection contre le froid, elle laisse son corps d’ombre au regard de tous … Sans pudeur, ni la moindre gène. Et si elle a perdue la cape, Mirahil n’en prendra d’autre … sauf si un jour, elle en voit une qui l’enchante …

Les yeux morts bandés, les cheveux sauvages, emmêlés et libres pourtant, allant venant, s’emmêlant pour se libérer auprès d’une brise, d’une rafale. Immobile, elle attendait de voir la réaction de sa sœur, sure d’elle, la grise ne doutait pas …



« Dis Myst, était-il beau ? Etait-il beau celui qui t’a offert son âme ?
Bien malheureux humain …
Qui aurait pu penser qu’une ombre danseuse fût si cruelle …
Tellement de sang dans tes mains, tellement de hurlements de pleurs …
Tu es si belle quand tu es cruelle, ma soeur ...
Si dangereuse …
Seule les danseuses savant vraiment faire mal, c’est ce que l’on m’a dit un jour …
Mais on ne m’a appris a danser qu’avec les armes …
Dis ma sœur …
Voudrais-tu danser ? »

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Que ce soit dans la nuit et dans la solitude,
Que ce soit dans la rue et dans la multitude,
Son fantôme dans l'air danse comme un flambeau


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Myst
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MessageSujet: Re: A la nuit tombée   Mer 26 Sep - 21:38

Le regard sombre de la danseuse trouva sans peine la grise. L'Ombre, la seule qu'elle eut estimée comme son égale, comme son reflet. Un reflet différent mais d’égales loyautés et fiabilité. Les paroles de la rousse lui revinrent en tête. Mirahil, partie? Elle avait préféré ne pas y croire, préféré tout simplement laisser l'illusion d'un départ dans un but qui serait autre que la trahison. Un recueil peut-être, mais pas une fuite. S'était-elle trompée? Oh oui, en un sens elle avait eu tort. Mais tort à quel point? Assez pour ne revoir plus que l'ombre d'une Ombre, le reste mutilé d'une puissance rendue blessée, troublée, aveuglée par quelque chose qui n'aurait jamais dû être. Elle s'écarte du corps, quelques pas silencieux en direction de Mirahil, et le silence s'impose. Tant de lutte dans sa simple pensée. Ennemie? Amie? Alliée ou traitresse? Non, Myst ne tue pas ses semblables. Mais elle les regrette... Parfois. Rares étaient ceux dont elle se souciait réellement. Mais la grise... Elle méritait autant d'attention de Vincent, elle qui avait toujours bravé le danger avec une fougue qui manquait bien souvent à la danseuse.
"Traitresse, lâche face au vrai combat, faible ombre soumise à ses fantasmes éphémères, mais tu ne la déteste pas. Tu ne peux pas car je ne le peux, n'est-ca pas?"
Myst ne lâche qu'un soupire, frêle et incertain, coupable peut-être de se voir ainsi mitigée, ainsi faible face à ce qu'elle déplore chez sa semblable. Amitié? Depuis quand la danseuse peut-elle se vanter d'avoir un coeur pour apprécier? Un demi-coeur qui aime mais qui se laisse étouffer par le désespoir, qui se laisse protéger par son propre bourreau. Une expression douloureuse, trop humaine sans doute, étira les traits de la danseuse, trahissant ce désespoir trop flagrant, cette tristesse injustifiée, puis les lèvres s'entrouvrirent à peine, la neutralité revint effaçant tout part enfantine. Sa voix ne se fit plus que murmure, mais elle ne se faisait pas tendre pour autant.


"Silence... Silence, ma soeur.
Silence toi qui a laissé ton coeur guider ta raison.
Silence sur la mort de la si jeune Souffre, elle que tu trahi par ta fuite. Assez de blasphème pour cette nuit, la lune ne mérite pas pareil spectacle."


Un faible gémissement cessa les paroles venimeuses pourtant abandonnées comme si l'indifférence glaciale était la seule motivation qui menait cette réponse. La danseuse n'était ni condescendante ni douce, mais le gémissement n'était-il pas la trahison du cri déchirant que l'autre poussait en elle?

Pourquoi, Mirahil? Pourquoi la louve a-t-elle pris des allures de chien errant, de faible animal suivant un sentiment devenu maître quand la liberté était sa plus belle possession?
Ressent ce que cela t'a coûté quand tu aurais été tellement mieux parmi les tiens, près de nous, près de moi."


Ses mains se tend, l'une effleure la joue, remonte sensiblement, effleure le bandeau, écarte quelques mèches sauvages avec une tendresse étrange, malsaine. La seconde s'étend jusqu'à la taille de la grise, enlace la louve. Un pas de plus, voilà la danseuse étreignant sensiblement sa soeur, sa... Semblable? Ce qu'elle était autrefois et que peut-être elle était toujours. Ses lèvres effleurent la joue, là où les doigts les avaient précédées.

"Une danse d'adieu, ou les pas d'un requiem? Au nom de qui, ma soeur? Au nom de qui as-tu perdu ce qui faisait ta grandeur? Au nom de qui ai-je l'impression de sentir de l'amertume quand tu parle de ce sang que j'ai sur les mains? N'oublie pas que les tiennes en comportent tout autant et plus encore. N'oublie pas que tes mains portent le sang de la si jeune Souffre que tu avais promis de guider. Ma louve, ma soeur, jusqu'où s'étend ta cécité?"
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Mirahil
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MessageSujet: Re: A la nuit tombée   Jeu 27 Sep - 11:12

« Tu connais mon cœur fourbe, la grandeur de ma chute, la puissance de mon vol …
Toi qui fut plus qu’un sœur, toi qui peut-être fut une véritable amie dans les temps de cruauté …
Tu me vois laide n’est-ce pas ?
Je suis laide.
Ne parle pas de raison, ce mot se tache entre nos lèvres …
Belle danseuse, la raison tu ne l’as jamais suivi ….
Lucides, toutes deux, folles sûrement …
Je peux taire, et m’envoler plus loin …
Cette danse est peut-être un pardon murmuré, je suis désolé ma sœur, je suis désolé.
Maudit moi, ta malédiction sera si belle, si cruelle si pure ..
Brise moi, de tes crocs, de ta langue brûlante …
Souffre…
Je l’ai trahi …
Je me suis trahie …
J’ai tout perdu un jour de sang et de misère…
Mes mains sont rouges, écarlates …
Tu les vois toi, tu vois mon cruelle, et la pure beauté de mes mains qui se tendent et qui brisent sans douceur, l’amour de la peur dans les yeux d’un homme et sa pure fureur devant la mort qui le prend …
J’ai été la mort …
M%es mains sont si rouges, ma sœur que l’on pourrait m’appeler l’écarlate…
Mais on m’appelle la grise, on me croit belle, on me voit douce…
Il y a plus fou que nous deux, ma belle …
Il y a plus aveuglée …
Pas de mensonge entre nous, tue moi, tue moi si tu le veux, tu es magnifique quand tu tues …
Je n’ai jamais compris pourquoi nos doigts s’alliaient si bien, nos mains s’enlaçaient et nos gorges riaient …
Je suis louve…
Et ma meute n’ets plus des ombres …
Je suis paria
J’ai trahis …
Souffre sens tu ce nom dans ta gorge ?
Pas comme moi, pas comme moi …
L’incendie de mes yeux, la terreur de ma cage, la puissance de mon cœur …
Et je n’entend des fois que ce nom …
On aura beau essayer de la cacher, de le protéger ….
Elle disait que les hommes étaient beaux, les chimères pas si monstrueuse …
Que la guerre était peut-être sans fond …
Elle vu mes peurs, mes souffrances, mes désirs …
Souffre le sens tu ce nom au creux de ton cœur qui brûle mon âme ….
On ne peut pas mourir deux fois de désespoir, Myst, tu le sais …
Il y a eu quelqu’un qui est venu et qui a vu quelque chose dans mes yeux qui n’avaient pas lieu d’être dans les yeux d’une ombre …
Tu es comme moi ma sœur, aussi folle, aussi lucide...
Regarde moi !
J’accepte ton jugement, Myst, j’accepte ma trahison, j’accepte les fautes…
Me trouve-tu chien errant ? Alors que mes peurs se sont transformées,
Je suis plus forte, je suis plus faible …
Est-ce moi qui te fais peur ?
Est-ce mon souvenir que tu aimes ?
Est-ce que tu peux comprendre ?
Vincent, embrasse le pour moi, rassure le, enlace le, aime le comme je les aimé, comme tu l’aimes …
Comme je l’aime …
Dis moi s’il rejette mon nom, s’il me rejette, si la mort est inéluctable entre nous ….
Même si tu sais que je préférais me laisser mourir plutôt que le combattre …
Dis ma belle Myst, la passion qui t’anime quand tu brûles une ame ?
Pourquoi n’es-tu pas chimère ?
Moi je devrais l’être peut-être …
Je suis ta sœur je suis ton ennemie ma belle Myst…
Compagne de galère de violence et de désespoir, nous avons marchez, tuez, brûlez ensemble …
On était si belle, toi la danseuse et moi la louve …
Mais la louve s’est rebellée, j’ai toujours été comme cela
Et maintenant je suis vraiment louve...
Maintenant la neige me parle me chante, dis sais-tu qu’elle aime ta violence ?
Maintenant les dames sont là, regarde les …
Pourquoi tu ne les vois pas ?
Et mes yeux morts, défi du dragon …
Je n’ai pas cherché à le combattre ma sœur …
Tu sais pourquoi peut-être ...
J’aime trop la violence, le sang, la neige et les arbres, j’aime trop haïr, j’aime trop aimer …
La louve a changé de meute …
Et elle erre, fantôme …
Ne parle pas de chien errant ma sœur
Tu connais trop le bonheur de la solitude, la course sans fin et le manoir si cage … »



Elle a trop parler pourtant elle continu, il faut qu’elle lui parle à la danseuse qui l’enlace. La grise la tient, la tueuse entre ses bras, la réconfortant, l’aimant pour sa beauté violente et ses mots glacés. Elle a vu la douleur dans ses gestes, l’indécision et la peur peut-être … Elle a vu le hurlement de sa sœur, ses doigts malsains et sa colère …



« Libre, je veux être libre …
Dis moi pourquoi reste tu chien de la vallée…
Peut-être suis-je esclave ? La folie me libère …
Je suis aveugle…
Nous sommes lucides …
Je n’ai jamais eu de grandeur
Ma beauté masquait ma laideur …
Tu veux un nom…
Tu le sais peut-être déjà ce nom écarlate, ce nom brûlant, ma sœur tu vas me haïr ….
Et tu pourras me tuer ma belle …
C’est un nom que tu détestes déjà… »



La grise murmure maintenant ses lèvres s’approchent de celle de Myst pour y déposer un baiser gelé, elles s’éloignent déjà vers son oreille. Elle serre la tueuse de plus en plus fort comme si elle voulait la briser de son étreinte. De force elle tient le corps de la belle, sa tête qu’elle approche.



« Souffre la morte ….
Chahîd la chimère …
Et bien d’autres encore ...
Ma violente amante, que faire de ces noms ?
Ils ne sont rien pour toi, ils portent ma marque, mon cœur …
Vas-tu hurler à leur cœur, vas-tu infliger ta vengeance alors que je suis là devant toi et que tu peux me battre peut-être ?
Non ne le fais pas, je ne veux pas te haïr … Je ne veux pas te blesser...
Tu es comme moi, fragile, si fragile, derrière ta puissance …
Dis qui est ce nom que tu murmures des fois, ton cœur divisé et cette âme sage qui te guide des fois ?
Qu’est-ce qu’elle murmure sur mon compte ?
Car c’est cela vraiment qui fera la différence ma belle, c’est ce que murmure ton cœur derrière la barrière de givre …
Imagine la violence de deux sœurs, la beauté de deux cœurs…
Imagine ma peur de te faire mal, la fureur d’un combat …
Dis Myst, je ne veux pas de requiem, je ne veux pas de danse d’adieu …
Je veux la violence de deux cœurs, la puissance de ta fureur…
Je veux que cela redevienne comme avant quand je rêvais danser avec toi …
Pas de préconçu, c’est pour les idiots sa …
Ne m’offres pas ta pitié …
Ce n’ets pas sa que je suis venu chercher …
Je suis louve pas bétail …
Les moutons je les tue sans pitié …
Je veux juste la paix …
Et la violence…
Alors danse Myst
Danse pour moi, danse avec moi …
Et dis moi ce que tu penses … »




La grise dessert ses bras, elle laisse le corps se porter lui-même, la danseuse à repris sa liberté, elle n’est plus obligé d’écouter. La grise écoute le cœur battre, elle touche ce corps parfait, elle sens son gel, ses courbes harmonieuses. Unies peut-être comme elles l’étaient autrefois, les deux folles d’hollow Dream …



« Tu sais, tu l’aimerais toi aussi …
Il porte la violence et la démence comme nous portons la folie …
Lucide sur tout il voit vraiment le monde …
Ses yeux sont des glaciers, sa fureur une vague géante …
Tu sais tu comprendrais …
Peut-être …
Et maudis moi si le cœur t’en dis ma violente amante … »

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MessageSujet: Re: A la nuit tombée   Dim 30 Sep - 7:14

Libérée, la Danseuse se balance, à peine, elle ne s'échappe pas, se rapproche même, comme recherchant l'étreinte trop vite perdue. Serrée si fort quand rien ne semble s'attacher à elle hormis sa propre folie. Et de deux folles, l'une comme l'autre ne devraient-elles pas s'aimer?

"Tais-toi, ma louve. Il n'existe aucune laideur en toi, juste une plaie qui ne devrait plus être.
Tu nous trahi, pour l'amour et pour la haine, mais ni l'un ni l'autre n'a su te protéger. Je le hais déjà, je le hais tant celui au nom duquel tu te condamne. Tu vois tant à présent, ma soeur, mais tu reste aveugle face à lui.
Ne vois-tu donc pas son échec? Sa faiblesse? Son mensonge?
Moi jamais je ne t'aurais laissé souffrir, ma louve, jamais je n'aurais laissé le dragon t'affaiblir, jamais je n'aurais laissé le froid de la vallée teinter tes mains de sang.
Pourquoi, ma soeur? Pourquoi ne m'as-tu jamais accordé ta confiance autant qu'à lui?
Tu parle de violence, mais est-elle vraiment ce que tu désir? Sais-tu seulement réellement ce que tu désir?
Moi je ne sais pas. Ne me demande pas de choisir."


Sa main s'étend à nouveau, glisse sur la joue, glisse autour du cou, mais les doigts ne se resserrent pas.

"Ta vie ou ta mort, je refuse le fardeau de ce choix. Elle t’aime tant, Mirahil, elle aime tant ce coeur qui a choisit de guider quand elle voit le sien à jamais prisonnier.
Et je t'aime aussi, pour ce que tu es comme ce que tu as été. Il n'est pas trop tard ma soeur. Jamais il ne sera trop tard. Mais je le hais, et elle aussi, autant que Souffre de n'avoir su se défendre, de n'avoir su que t'apporter le poids de sa mort sur ta conscience. Mais nous reste-t-il encore une conscience, ma louve?
Vincent me verra silencieuse. Je ne peux prononcer ton nom devant lui, je ne peux prendre le risque d'entendre de sa voix que ton existence est inutile. Que ferais-je s'il le disait? Devrais-je alors me damner d'avantage en te traquant? Je ne veux pas de cette autre damnation."


Quelques pas sur le côté, puis en avant, la danseuse tourne autour de sa semblable, laissant sa main glisser le long du cou, sur une épaule, suivant le dos de la grise pour arriver sur la taille de celle-ci. Elle s'immobilise, derrière la grise, venant s'accoler une nouvelle fois, laissant ses bras enlacer la taille qui paraît étrangement fragile mais tellement peu destructible.

"Qui de toi ou de moi est l'esclave de la vallée? Toi qui te laisse guider par ton coeur et qui souffre tant ou moi sui me contente de danser sans jamais laisser quiconque évoluer sur ma scène? Il ne reste plus rien, ou si peu de la grandeur que tu fus pour les tiens, que tu fus pour moi. Dois-je à présent esquisser les pas de ta perte, ma louve? Je n'y tiens pas. Elle n'y tient pas non plus, la vilaine fille. Ne la déçoit pas, cette naïve croit en toi. Serait-ce de l'espoir, Mirahil? Moi je n'en ai jamais eu dans la vallée. Je suis née désespoir, mais l'autre continue à vivre, humaine contre tout. Ne la brise pas par ta fin, elle en ressortirait bien trop meurtrie. Reviens à nous, une louve n'a pas sa place parmi les chiens."

Sa tête se pose contre l'épaule, elle se balance toujours, à peine, ses mains guidant les hanches de la louve dans ce si faible mouvement. L'emporter dans la danse ou la laisser à l'abandon? Pas de pitié pour Mirahil, assez forte pour ne plus laisser son coeur se noyer trop profondément dans l'incertitude. C'est ça aimer? Ou être aimé? Ce doit être délicieux, non? Alors pourquoi Myst a l'impression d'être dégoûtée? La vallée est injuste, mais elle adore tellement cette même injustice, celle qui impose aux autres un avenir de souffrance et de douleur, de tristesse et de désespoir, de haine et d'autres choses encore. Des sentiments exacerbés qui lui offrent une vengeance éternelle, ou qui décuple son besoin de vengeance jusqu'à le rendre insatiable. Oui, peut-être aurait-elle dû être chimère. Peut-être Myst seule serait devenue haine. Mais il reste l'autre, si faible, elle n'est que souffrance et domine par son désespoir l'entier du destin de celle qui se fait bouclier et bourreau. Est-ce réellement ça une ombre? Ou Myst est-elle une créature différente? Mirahil aussi est différente alors. Elle qui laisse quelque chose d'humain naître en son coeur quand la danseuse a passé l'entier de son existence à l'étouffer.


"Souffre aimait tant, Souffre laissait quelque chose d'espéré naître en elle et la vallée l'a abattue. Tu laisse ton humanité renaitre et cette même vallée emporte tes yeux. C'est cela qu'elle n'aime pas, Mirahil. Ou c'est peut-être ce qu'elle attend, pour se délecter de la souffrance d'une renaissance et se gaver d'illusions encore et toujours détruites.
Ne deviens pas sa proie, chère louve, ou elle te détruira en commençant par ce coeur qui tente encore de battre avant de te voler le dernier souffle de vie. Ne deviens pas comme ces humains qui ne sont que bétail pour la vallée, une source de divertissement et d'amour. Sois comme moi et sauve-toi, protège ce qui nait en toi. La Chimère ne saura jamais le faire pour toi. Reste avec moi, je t'apprendrais, nous t'apprendrons à vivre, mieux, peut-être à espérer, mais jamais à te laisser damner au nom d'autre chose que de toi-même."
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Mirahil
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MessageSujet: Re: A la nuit tombée   Dim 30 Sep - 16:22

« Oui il a échoué … La chimère a échoué ma sœur et cela tu ne pourras le comprendre peut-être …
Il a refusé de prendre mon âme, il a refusé de m’avoir à lui, il a fait naître la haine dans mon cœur … Pour le rendre pure, pour que je reste forte …
Et j’ai refusé son refus, regarde mes yeux morts ma sœur, jamais ils ne pourront me brûler comme il le brûle lui … Et pourtant, pourtant je l’ai trahis bien avant de trahir Vincent.
J’ai Sali mes mains de sang pour qu’il ne tue pas, je me suis mise devant lui pour exiger. Je me suis alliée contre lui …
Ce n’est pas une question de confiance, Myst, pourquoi je ne t’offrirais pas ma vie maintenant tout de suite … SI tu me le demanderais sûrement que je te l’offrirais … Peut-être ..
Mais m’aimes tu autant que lui ? Je t’aime comme j’aime ma sœur, je t’aime et je te haie belle Myst, nous nous ressemblons trop …
Et puis, je ne suis plus celle qui était …
Aime le comme je l’aime ….
Soit aveugle s’il le faut …
Je le désire, je désire la paix …
La fin de la guerre, la fin pour que je puisse vivre sans être jugé … »




Elle laisse la main arpenter son corps pale, la grise laisse son cœur s’envoler à son toucher, se blesser à son gel, s’offrir dans sa danse.. Immobile statue de marbre, violente dans son silence gracieuse dans le vent qui l’enlace, elle regarde sa sœur faire d’elle sa proie, faire d’elle son prédateur. La veuve laisse le jugement d’une autre envahir son cœur, elles se ressemblaient tant, elle laisse le cœur des ombres parler … Puis elle murmura …


« Comment peux-tu croire que je puisse enfermer mon cœur comme tu enferme ta dame dans ton âme ?
Veux-tu d’une nouvelle prisonnière ?
Veux-tu cacher tes tourments comme on se cache de la honte ?
N’aie pas peur ma sœur, fais vivre la dame …
Je n’aime pas les cages, ma violente, je n’aime pas le fer sur mon corps, les murs qui violentent mon cœur …
Seulement la vallée veut enfermer mon esprit comme tu enfermes ta dame …
Et si quelqu’un doit guider, je serais flambeau …
Pâle flambeau n’est-ce pas …
La déchue d’un tableau, Myst ..
Tu aimerais ce tableau ma sœur …
Tu n’as pas el droit de le haïr, il brise mes cages …
Mais peut-être as-tu peur de cela qu’il t’approche et laisse ta dame libre, tu as peur de voir revelée toutes tes faiblesses …
Mais ces ce qui as de beau … et ta pure violence …
Ne t’acharnes pas à le détruire, ou tue moi avant …
Ne t’acharne pas à m’enfermer encore ….
Les cages me font si mal …
Si tu savais comme ta dame souffre ….
Il n’y a pas de conscience dans mon âme désespérée, juste un désir …
La fin de la guerre … Tu n’oeuvreras jamais avec moi ma sœur …
Mon choix nous sépare déjà …
Tu portes déjà ma malédiction sur ton visage, je n’ai pas besoin de le voir pour le sentir …
Ta dame croit en moi, mais que peut-elle donc croire ?
Tu l’as dit je suis un paradoxe, une folie, un rien …
Esclave peut-être, lucide certainement …
Que peut-elle voir en moi qui la laisse espérer ?
Crois-tu que c’est ma splendeur ?
Non je ne suis pas splendide je suis juste folle
Sans espoir je rêve pourtant, et c’est peut-être cela qu’elle aime ta dame …
Le rêve d’une paix entre les ombres, les chimères et les humains…
Un rêve de paix entre toi et elle.
Ma place n’est pas parmi les chiens, ni chez les hommes, ni chez les chimères, ni chez les ombres …
Je n’ai pas ma place où la guerre éclate …
Je n’ai de place que dans l’ombre d’un arbre, sur la pureté blanche de la neige et dans le vent de la liberté …
Si je suis louve alors le manoir est trop étroit …
Si je suis louve alors tu ne peux me retenir, seul les chiens ne réfléchissent devant leur maître et leur obéissent jusqu’à la mort …
Si tu me veux louve, alors ne m’oblige pas à être chienne et à revenir pour mieux me perdre …
Cela briserai ta dame peut-être … »



Myst danse doucement, elle suit se corps qui l’enlace doucement, presque menaçante tant la douceur peut se rendre oppressante entre les doigts d’une folle. Mais entre folles c’est une caresse, un amour qui se dégage doucement, une fraternité qui se mouve, deux cœurs qui espèrent sans espoir pouvoir être de nouveau comme elles furent autrefois …


« Nous n’avons pas le droit de haïr les chimères ma sœur. Pas alors qu’on est pire qu’eux, pas alors que nous sommes ombres et que notre violence dépasse la leur … Il l’a compris lui, et il veut la paix entre les morts … Tu n’as pas le droit de me juger, toi qui cache ton humanité … Mais est-ce de l’humanité vraiment que j’abrite dans mon âme, c’est juste un désir, un désir de meute qui dépasse des limites idiotes entre des détails insignifiants … Dis moi ma sœur avec ton cœur pourquoi tu n’aimes les chimères ? as-tu seulement un mot à leur opposer, une phrase ?
Et si je ne peux avoir ce que je veux, laisse moi au moins mes illusions, mes rêves, ma sœur …
Crois-tu que la mort me fasse si peur ? Elle est morte, elle qui n’en avait pas le droit, pas alors que j’avais promis de la sauver de tout … Elle est morte vois-tu, libérant mon humanité…
Elle n’avait pas le droit ….
Moi j’ai le droit de mourir …
J’en ai le droit belle danseuse …
Alors laisse mes rêves, mes illusions …
Même si je doit être source de divertissement et d’amour pour la vallée…
Pour moi il n’y a qu’une haine qui diffère …
C’est un jeu, un échiquier vivant …
Un jeu de dame, un jeu de folles, entre dans la danse si tu veux accorder ton pas à la pâle violence d’un défi entre deux amantes …
Tue moi, ou tue la guerre …
Où reste loin en dehors de tout ça …
De cette malédiction …
Si tu veux que je reste avec toi, reste avec moi …
Si tu veux marcher à mes côtés, si tu veux m’apprendre…
Viens …
Viens avec moi, là où jamais tu n’as poser tes pas …
Et je t’apprendrais moi aussi …
Je t’apprendrais ce que tu refuses de voir…
Et ta vilaine fille peut-être cessera d’être prisonnière ma sœur …
Et tu me protégeras…
Et je te protégerais …
Mais si tu viens avec moi il te faudra aimer ma sœur …
Ma demeure n’est pas un lieu de guerre, pas un lieu de violence …
Ou plutôt une violence sourde qui cherche une paix …
Viens nous nous apprendront à vivre, nous nous partagerons nos visions …
Et enfin nous choisirons ….

Je ne te demande pas de trahir mon frère de meute, Myst
Juste de vivre prêt de moi, de te maudire, de te faire mal peut-être …
Rien ne t’empêchera de me tuer, rien ne t’empêchera de me brûler mes ailes …

Tu peux venir, ma violente amante …
Tu peux venir avec moi mais moi je ne peux te suivre ….
Encore une fois ma sœur je te laisse le choix … »

La grise la sert contre elle, relève la tête de l’ombre poser sur son épaule pour la placer juste devant, elle, juste devant ses yeux morts comme si elle essayais de la voir … Puis doucement elle pencha sa tête jusqu’à poser son front contre celui de la belle laissant ses cheveux enveloppé son visage et celui de sa sœur …



« Dis ma sœur, accepterais-tu de porter ma malédiction ? »

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MessageSujet: Re: A la nuit tombée   Mar 2 Oct - 21:26

Le silence est la seule chose qui répond aux paroles de la grise. Le balancement cesse aux dernières paroles, comme si un chef d'orchestre avait ordonné à tous les instruments de se taire au même instant. Elle reste juste là, le visage posé contre le front de sa semblable, trop semblable, mais plus assez aussi. Ses bras se desserrent, effleurent la peau exposée du bout des doigts, remontent le long du dos de la louve, glisse sur la nuque à peine devinée sous les longs cheveux sombre. Elle ne pousse qu'un soupire, trouble et blessé, trop peut-être.

"Ne me laisse pas ce choix. Exige ou tais-toi.
Je ne déteste pas les Chimères, je ne peux simplement pas les apprécier. Je ne déteste que les humains parmi lesquels jamais je n'ai eu de place. Et je n'aime pas les ombres, uniquement quelques individus.
Une paix? La Vallée n'en veut pas. Jamais elle ne le tolèrera. Ne me demande pas de me faire aveugle pour croire ce que tu vois, je sais que ce n'est qu'un rêve de plus qui sera détruit, et je ne peux pas la laisser se faire détruire avec.
Elle croit en toi, Mirahil. Elle croit tant qu'elle en souffre, mais je ne peux pas la laisser se bercer d'illusion et se briser à nouveau, elle n'y survivra pas."


Ses mains quittent finalement le corps de la grise, la danseuse esquisse quelques pas de recul, silencieux malgré la neige. Ses bras ne font que suivre le mouvement de son propre corps, elle brise toute danse, cesse toute familiarité, impose une distance au regret de l'autre. Mais comment accepter? Elle l devrait, elle le sait, mais l'échec serait un de trop, un qui ne saurait être supporté. Un échec qu'elle se refuse d'éprouver au nom d'un rêve qui se verra oublié, comme tant d'autres avant lui.

"Cette malédiction, je l'ai toujours portée, je l'ai toujours affrontée. N'est-ce pas pour elle que j'ai toujours dansé?
Mais je refuse de la laisser me dominer, nous dominer. Prend ce risque, emporte la Chimère avec toi, détruit les espoirs de ceux qui suivent ton idéal et commence à rêver à autre chose. Rêve à ta survie, car c'est tout ce qu'il restera quand la vallée t'aura tout pris.


Les pas reprennent, elle tourne à présent, traçant un cercle d'empreintes autour de Mirahil, comme elle en avait exécuté pour le cadavre à présent gelé comme les ruines. Les prémices d'une condamnation? Non, le prélude à une fin qui ne la concerne plus, hélas... Ses pas sons plus lents, tellement lents, comme si elle aurait voulu ne jamais les faire finalement. Mais ils n'étaient que pour Mirahil qui les avaient délibérément choisi.

"Tu reste la grise, ma louve. Je ne saurais m'opposer à tes choix, je ne saurais chercher à faire couler ton sang. Elle ne veut pas, et je ne veux pas. Libère ton coeur à tes risques, mais le mien restera prisonnier, c'est là son seul espoir de vivre. Etrange non? Il me reste pourtant de l'espoir à moi, ou à elle, mais pas de rêve, plus depuis longtemps. Va, ma louve, je t'envie, toi qui choisi si fièrement ta mort quand je suis bien incapable de l'envisager. Peut-être espère-t-elle que tu obtiendras ce que tu désir, mais moi je n'y crois pas. Pour elle comme pour moi. Réussi pour elle, s'il te plait."

Elle cesse ses pas avant d'achever entièrement le cercle autour de Mirahil, puis elle s'immobilise enfin, glissant dans son dos ses mains où les doigts s'entremêlent, relevant vers la lune son regard si peu humain, si adapté à la vallée, mais peut-être tellement plus aveugle que celui de la louve. Elle ne fait rien pour se rapprocher, rien pour s'en aller. Ce n'est pas son choix, c'est celui de la louve.
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MessageSujet: Re: A la nuit tombée   Mer 3 Oct - 15:21

« Exiger … Exiger Myst ! Je ne peux pas, je ne suis pas la vallée …
Je ne peux pas prendre ce que l’on ne m’offre pas …
Je ne vole pas, je ne pille pas …
Je ne peux exister Myst, alors ne viens pas …
Pas si tu ne le veux pas, pas si cela ne te touche pas …
La louve n’exige pas, elle prend ce qu’on lui offre.
Elle croit en moi, la folle Carmen, dis lui de m’oublier, dis lui de laisser perdre mon souvenir dans son esprit …
Je ne veux pas qu’elle pleure encore, je ne veux pas qu’elle se brise, je ne veux pas …
A chacune notre danse ma belle ombre, a chacune nos douleurs …
Tu danses pour elle, pour cette malédiction, tu l’éloignes, tu la corromps de tes pas, de ta grâce …
Moi je la porte sur le visage comme ce bandeau que tu vois et que je ne verrais jamais … Et je danse doucement sans musique, sans grâce, avec juste des mots, des silences, des murmures pour faire naître des rêves …
Ton pas se fait danse, moi ses rêves qui virevoltent, qui s’enchaîne s’enlace et s’en vont …
Et elle les attend ses rêves comme elle attend les traces de ta grâce sur la blanche neige …
Je ne la laisserai pas me voler encore, je ne la laisserai pas piller mon cœur, je ne la laisserai pas tuer ceux que je peux protéger …
Ne crois pas que je laisse mourir sans m’offrir avant …
Est-ce que tu feras de ma mort une danse ?
Non … Je ne veux pas blesser ton espoir, je ne veux pas mordre celle qui sommeille et lui infliger la tyrannie d’un nouveau désespoir … »



La grise sens que Myst s’éloigne, de nouveau proie, la grise observe un silence, juste le temps que Myst finisse de marcher, juste le temps de ne pas porter sur son visage une blessure, de ne pas rouvrir celle qui sommeille, celle qu’elle s’est infliger …. Vincent …
Le désespoir sur son visage serait trop terrible, l’ombre se refuse de l’infliger à sa sœur, faisant de son visage un masque glacée, reine de gel, elle attend la fin de cette danse macabre, de cette menace, de se renoncement …
Et quand enfin les pas cessent, que le bruit de sa misère devient silence et que l’ombre reste immobile, lointaine, si lointaine, si glaciale que quelques secondes elle ne la reconnaît plus la grise laisse sa voix murmurer.



« Ainsi ma sœur tu me laisse le choix, encore toujours … Quel Choix ?
Tu veux que je m’en aie, tu veux que je franchisse la limite qui sera toujours entre nous, un trait gelé, une frontière glacée dans nos esprits de neige …
M’éloigner et m’observer de loin, ma belle …
C’est simple…
C’est ton choix …
Tu te refuses de choisir alors tu attends que j’exige que je te mente que je me mente que je fasse mal …
Je ne le ferais pas …
Si je dois afficher ma mort sur mon corps, si je dois enlacer la dame, je ne veux pas partir avec un cœur lourd de remords, de poids qui l’empêcherait de s’envoler…
SI ma voix c’est porté à toi c’était pour ne pas te mettre à l’écart, proposé à ton âme une rédemption, une mort peut-être mais te laisser ce choix …
Réussir n’est que la finalité, ma violente, le combat sera long, ne laisse pas l’espoir de la belle entre mes mains, je ne veux pas m’embourber de remords. Je ne veux pas faire mal … »


La voix se meurt entre les lèvres, la grise s’avance, la grise s’en va ... semblerait-il… Ses doigts cherchent l’écorce de l’arbre, l’arpentent doucement, tendrement, le caressent …


« Vois mon chemin sur cet arbre, vois l’absolu de ma vie, vois la misère de mon âme partagée, vois mon cœur fourbe, vois les ténèbres de mon existence, la blancheur éclatante de la promesse d’une paix, vois mon délire et mes rêves, vois le silence, vois l’amour, vois le, lui si beau, vois la violence de mes profondeurs, voit la colère de mon bandeau, vois le vent qui fait danser mes cheveux …
Vois ….
Moi je suis aveugle …
Mais vois-tu mieux que moi ?
Lucide, je vois ce que tu m’offres, et je me vois moi …
Je ne peux venir avec toi …
Regarde ma route, elle est parsemée de larmes, mais je ne peux plus pleurer ma sœur…
Regarde l’oiseau qui rêve de voler, rousse elle espère …
Regarde l’ébène qui chante, j’aimerais tant voir le sourire à jamais sur son visage …
Vois ses yeux bleus qui font mal, sa violence, il rêve de carnage …
Vois ce courage qui ne ressemble en rien, l’espoir pourtant règne et demeure …
Regarde ceux qui maudissent, ceux qui m’aiment ….
Il n’y a personne …
Personne qui ne rêve comme moi, qui crois en une paix …
Pourquoi ?
Parce que je suis seule …
Et si personne ne me suivra, tout ceux la me laisseront me perdre …
Et un peu de ce qui leur reste, pour que ne m’effondre pas …
Je suis folle Myst …
Je suis folle …
Tu connais la profondeur d’un chaos intérieur …
Tu connais la douleur … »



Sa vois est une douleur entre des lèvres, la grise gémit, la grise gronde … Comme un animal sans larme, comme une proie qui fuit, comme un loup qui hurle. Un murmure que rien ne semble pouvoir briser, et ses doigts magnifiques effleurent l’arbre comme s’ils effleuraient la vallée, avec douceur, amour et ce sentiment si étrange qui surprend celui qui le possède. Une colère, une haine mêlée à une fascination. Fascinée … La grise est fascinée par les dessins qu’elle découvre, par la sensation de voir mieux encore, par ce toucher qui la brusque, qui l’apprivoise. L’animal apprend à être, la louve oublie ses yeux pour se découvrir, et entrapercevoir le monde bien mieux qu’elle ne le voyait …. L’ombre se retourne et s’approche de sa sœur, ses doigts gelés dansent maintenant sur son visage, se posent sur ses lèvres comme pour les empêcher de s’ouvrir, pour ne pas entendre la voix qui casserais son toucher …


« Sais tu que la dame étrange vois en toi, ce qu’elle aimerait voir en moi ?
Sais-tu qu’elle croit que toi seule peux me dépêtrer de mon chaos ?
Elle doit être plus folle que moi encore ….
Ou plus lucide, si cela est possible …
Par elle je sais qu’être prêt de toi, te suivre serait me perdre, ma violente …
Alors je resterais dans mon territoire, là où je suis, là où je vis, là où les cages sont moins oppressantes …
Et si le jour t’en vient de venir …
Viens …
Même si ce n’est que pour mourir, même si blessée tu as besoin de soin …
Même si tu fais du mal, même si tu me hais, même si je te haie, même si ce qu’il se passera entre nous avons sera un monstre de violence, même si tu me brises, même si le monde est encore plus fous, même si la vallée gagne et me laisse vivre …
Même si c’est Vincent qui t’envoie et qu’il déclare mon corps comme vengeance, si j’en sais trop, d’ailleurs j’en sais trop …
Même si c’est juste le temps de venir me parler …
Viens ma violente …
Il y aura toujours une place pour toi …
Il y a toujours eu une place pour toi, même si souvent tu n’étais pas là …
Pour toi et la belle, si belle qui se terre …
Tu me trouveras ma sœur si tu me cherches … »



Ses lèvres sont un secret prêt de l’oreille de Myst, son murmure est un fantôme qui se montre le temps d’un rêve. Son immobilité est presque terrifiante, le monde semble s’être arrêter …



« Tu me laisse le choix du départ sans m’offrir ta danse …
Tu ne peux me l’offrir hein ? Tu ne peux …
Le jour de ma mort ….
Disons sa … Le jour de ma mort … »




Et la grise s’en va, rapide, violente, se rendant translucide pour s’en aller plus vite, elle n’attend pas que Myst lui réponde de peur d’entendre un refus … Alors elle s’en va …
Il n’y a plus rien à dire …
Ou trop alors et la grise ne peux supporter de parler d’être, si lointaine de celle avec qui elle fut si proche … De toutes façons chaque une restera sur sa position ….
Et la grise disparaît, son visage se teinte alors d’une faiblesse qu’elle avait caché, comme un joyau dans l’écrin e son corps, dans la soie de ses faiblesses, dans la douceur de sa peine …

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A la nuit tombée
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