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 /!\ La danse des colchiques...

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Elhil
Ombre vacillante - fatal uke larmoyant
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MessageSujet: /! La danse des colchiques...   Mer 4 Jan - 23:13

Une respiration saccadée. Des regards vifs, emplis de terreur. Un teint rendu laiteux par l'effroi, des gestes frébiles mais vains...
Tout cet être n'était plus que peur.
Une peur délicieuse, exquise, savoureuse, alléchante, excitante...
Qui aurait crut que le simple fait d'entraîner cet homme fort et bien armé dans la forêt le plongerait dans un tel état de panique. La phobie des grands espaces, c'était donc ça...mais la torture mentale à laquelle il s'était adonné devait peut-être y être pour beaucoup...
Maintenant, ce colosse avait perdu le contrôle de ses nerfs, et le fait de rester caché, lui laissant juste l'impression d'être observé tout en se sentant seul ne faisait qu'accentuer son sentiment. Il était à présent recroquevillé sur lui-même, balbutiant des paroles inintelligibles ponctués de véritables sanglots d'effroi.
Ah, c'est si délectable...
Puis il apparut devant lui, comme un fantôme aux traits d'ange, souriant d'un air presque tendre. Le vent froid faisait entrer sa longue chevelure blonde dans une danse arabesque, lui donnant un aspect encore plus iréel.
Deux yeux bruns noyés de larmes se rivèrent sur lui, pour ne plus s'en détacher. Une plainte s'étrangla dans la gorge de l'humain, sans qu'il ne puisse esquisser un geste pour se défendre ou fuir.
Doucement, l'Ombre s'accroupit pour parvenir à la même hauteur que l'humain, et encadra de ses mains arachnéennes, si froides, si douces pourtant, le visage déformé par la peur de l'homme. Elle affina son sourire, laissant ses yeux languir sous ses paupières ourlées de délicats cils d'or pour ne pas s'offrir le spectacle visuel de cette déchéance totale, qui lui piétinerait son coeur toujours trop humain.
Il se contentait de consommer cette peur, y puisant des forces, en irriguant chaque fibre de son corps. Parfois, cela tenait d'une vrai torture pour lui-même, mais d'autres fois, comme celle-ci, il se laissait porter par la griserie de cet acte cruel, offrant dans sa folie une étonnante tendresse à sa victime.
Ses lèvres pâles virent frôler celles de l'humain pétrifié, dont l'haleine brûlante et saccadée venait glisser sur la peau laiteuse de l'Ombre. La commissure de ses lèvres s'arqua d'un demi-sourire, alors qu'il poursuivait sur sa lancée, franchissant le stade du frôlement pour embrasser sa pauvre victime en bonne et dûe forme. Un gémissement plaintif lui répondit, et il s'écarta légèrement, comme pour se délecter plus longuement de la terreur qu'il inspirait à cet humain réduit à l'état de loque tremblotante.
Il caressa tendrement ses cheveux noirs et bouclés, comme s'il cherchait à le consoler. Il s'était à présent gorgé de la peur de cet homme, qui à défaud d'en être mort devait avoir sombré dans une dépression nerveuse totale.
Elhil soupira discrètement, et déposa une dernière fois ses lèvres sur le front de l'homme, comme pour s'excuser d'être la source de son malheur. Et il se leva dans le froufrou de son manteau de velours noir, et jeta un regard furtif aux alentours. Dans sa traque, il s'était enfoncé loin dans la forêt, à un endroit par lequel il n'était jamais passé auparavent...
Il n'avait pas vraiment de scrupules à laisser sa victime ainsi. Maintenant, elle pouvait soit survivre en se reprenant, soit sombrer ou encore se faire massacrer par une chimère...

En quelques instants de marches sous le couvert des arbres nus, il ne perçevait plus les sanglots nerveux de l'homme dont il s'était "nourris". Un silence contonneux l'entourait, un peu alourdit par l'humidité et le froid de l'air, et par l'atmosphère globale du lieu.
Elhil ne stoppa sa marche feutrée que lorsqu'il perçut un étrange son, qu'il ne lui avait pas été donné d'entendre depuis un bon moment. C'était si...agréable.
Le chant des oiseaux.
Le fin visage d'Elhil d'empreint d'une surprise sincère, alors que pour la première fois il levait les yeux, à la magnifique teinte irisée oscillant entre le bleu et le vert, pour scruter les alentours. Non loin de là devait s'étendre une petite clairière, d'après ce qu'il pouvait aperçevoir...

Porté par la curiosité, et son désir d'écouter de plus près cette mélodie si chère son coeur romantique, il s'avança presque avec crainte de la clairière. Les feuilles mortes craquaient sous ses pas, et un vent froid allait dans le même sens que lui, prenant un malin plaisir à faire danser une fois de pluis ses longs cheveux d'or pâle.
Et lorsqu'il sortit du couvert des arbres, il vit...
Quelque chose qu'il ne s'attendait pas à voir.
Quelque chose qu'il ne pensait jamais rencontrer à Hollow Dream.
Merveilleux. Magnifique...

L'arbre trônait au centre de la clairière. Pas comme les autres. Il était feuillu, comme un roi portait son manteau de zibeline, et chacune de ses branches supportait un petit nid d'oiseau et ses occupants. Tous piaillaient gaiement, comme insconcient du monde fade qui les encerclaient.
Et traçant un semblant de cercle autours des racines de l'arbre-roi, de l'herbe, tendre, verte, poudrée par endroits de colchiques délicats, ondoyant sous la brise froide sans pour autant s'en briser l'échine.

Elhil sentit une profonde émotion lui nouer le ventre, alors qu'il esquissait un pas vers ce petit écrin de vie. Tout cela...était trop...il ne pouvait définir, qualifier ce qu'il pouvait ressentir, penser à cet instant.
L'aryen s'agenouilla à la limite extrême du cercle, là ou les feuilles sèches barraient l'avancée de l'herbe vive. Une petite fleur se tortillait presque sournoisement, à portée de main. Pourtant cela lui paraissait inaccessible...
Ne faisait-il pas partie des Ombres, de ceux qui ne vivraient plus?
Une vague de peine intente déferla dans le coeur du blond, qui inclina la tête sous le coup. Il était pathétique. Et il ne changerait certainement jamais.
Il prêta l'oreille au gazouillement des oiseaux. Si joyeux, si insouciants...il voudrait être un oiseau, juste pour pouvoir chanter tous son saoul et apaiser l'âme des gens qui l'écoutaient.
Mais il n'était plus rien. Rien qu'un ombre dans les ténèbres.
Une larme perla au coin de ses beaux yeux clairs, brillante comme une étoile naissante, avant de dégringoler le long de sa joue pâle et disparaître.
Il pleurait silencieusement, doucement, à genoux dans les feuilles mortes, rongé par la peine.
Et face à lui les colchiques continuaient de danser, les oiseaux de chanter et l'arbre de régner en ultime symbole de vie et d'espoir.


[le titre est nul <<" mais bon, qui veut venir vient! *pense à quelqu'un en particulier Twisted Evil *]
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Vincent
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MessageSujet: Re: /!\ La danse des colchiques...   Ven 6 Jan - 22:11

[si seulement ce n'était pas un tel plaisir de jouer avec toi, "quelqu'un en particulier" aurait une bonne excuse pour t'éviter... Rolling Eyes ]


Une silhouette sombre, personnage des débuts du cinéma égaré dans un film en couleur. Son dos appuyé contre un tronc plus épais que la moyenne, son costume noir d'une étrange distinction en ces lieux déserts, ses cheveux de jais ondulant dans la brise froide comme les herbes hautes d'une sinistre prairie. A ses pieds, le corps inerte d'un homme, enveloppe à présent creuse qui avait un jour contenu une âme, protégé l'espoir. De cette noble mission ne subsistaient que deux yeux bruns étrangement voilés, tournés vers un ciel qu'ils ne pouvaient plus voir.

Les doigts de Vincent se glissèrent avec délicatesse dans sa poche de veston pour en tirer un mouchoir immaculé, qui grâce au vent voleta un instant comme un oiseau prisonnier dans la paume livide. L'Ombre s'essuya les mains et le tissu blanc se teinta d'un rouge sombre, celui de la moelle épinière gorgée de sang que Vincent avait été contraint de broyer à main nue. La contrariété était visible dans les yeux noirs de l'ancien interne: il détestait être obligé d'achever les humains de manière aussi triviale, mais on ne lui avait pas laissé le choix.

Cet homme était passé entre les mains d'une Ombre, particulièrement méticuleuse si on en jugeait le soin avec lequel celle-ci s'était nourrie du désespoir de sa proie. Mais ce prédateur était pourvu d'un défaut majeur, malheureusement très répandu parmis les Ombres les plus "jeunes" qui se trouvaient sous l'autorité de Vincent: il n'avait pas fini le travail. Il fallait une certaine cruauté, un certain sadisme pour pouvoir tuer un être humain sans le toucher, simplement en le vidant de sa substance vitale. C’était uniquement tout de suite après la dégustation de la terreur et du désespoir qu’arrivait cet instant clé où il fallait prendre sur soi et arracher à l'humain cette dernière réserve d'émotions, celle sans laquelle son coeur brisé cessait de fonctionner. Or tant qu'une Ombre refusait d'abandonner son statut d'ancien humain, elle ne pouvait commettre un acte d'une telle barbarie psychologique. Vincent n'avait fait qu'abréger les souffrances de ce pauvre homme, qui dans le pire des cas serait devenu une Chimère, et dans le meilleur une Ombre à moitié inachevée, qui serait morte de faim faute d'avoir le courage de faire subir à d'autres ce qu'on lui avait infligé à lui.

Vincent enjamba le cadavre sans y prêter davantage d'attention, tout en repliant soigneusement son mouchoir. Il n'avait envie de rien dans l'immédiat, sauf peut-être de revenir au désir qui l'avait amené aussi loin dans les bois de l'Ouest: aller rendre visite à ce vieil ami qui résidait dans les parages. Un infime sourire naquit sur les lèvres glacées de l'Ombre, qui s'engagea dans le chemin qui menait à ce si bel arbre qu'une entité bienveillante semblait avoir sauvegardé au milieu du territoire désolé qu'était la forêt d'Hollow Dream. Vincent ne s'y était habitué que depuis une petite quinzaine d'années. Auparavant, il ne maîtrisait pas encore assez bien son éternelle mélancolie pour supporter une telle débauche de vie. A présent venir de temps à autres dans cette clairière le soulageait, lui ôtait une infime partie de ce fardeau de regrets qui pesait en permanence sur son dos.

Sauf que cette fois-ci, la clairière était déjà occupée. Une Ombre à la silhouette harmonieuse, tombée en pleurs au pied du vénérable chêne. Vincent mit quelques secondes à reconnaître le jeune indien qui les avait rejoins depuis assez longtemps à présent, plus d'une demi-douzaine d'années si l’ancien interne avait bonne mémoire. Une créature qui avait d'ailleurs réveillé les restes des désirs charnels de bons nombres d'Ombres tellement sa beauté délicate confinait au fantasme. Son nom était Elhil, le chef des Ombres s'en rappelait à présent.

Il se souvenait également que lui-même avait été de prime abord attiré par ce nouvel arrivant, d'autant plus que depuis sa mort il était remarquablement peu tatillon sur la différence entre hétérosexualité et homosexualité. Ambiguïté qui se retrouvait étrangement bien dans la personne de cet ancien chanteur, déjà brisé avant son arrivée à Hollow Dream. Mais Vincent n'avait pas jugé utile d'approfondir la question, les envies de plaisir des Ombres étant bien trop ténus pour perdurer. Ce n'était pas une question de physiologie, mais plutôt d'"àquoibonisme". En trente ans à la tête du Manoir, Vincent ne pensait pas avoir entendu une seule fois parler d'une Ombre ayant entretenu une véritable relation amoureuse ou même seulement charnelle avec un autre être.

Le jeune homme aux yeux noirs hésita un instant, peu désireux de déranger la créature en détresse. Mais il voulait rester un peu auprès de l'Arbre, et il n'avait pas l'habitude de sacrifier à ses subordonnés les infimes plaisirs qui lui restaient. Aussi il se détourna d’Elhil et leva délicatement la main droite, avant d'émettre un superbe sifflement qui couvrit même ceux des véritables oiseaux. La mère de Vincent n'avait jamais réussi à lui apprendre à chanter, mais à siffler oui. Un petit animal à plumes quitta bientôt la branche sur laquelle il se reposait pour venir se percher sur la main tendue du chef des Ombres. Un cardinal, au plumage d'un rouge de rubis et à la superbe houppette noire. Vincent réprima un sourire : même ici étaient présentes les couleurs du sang et du désespoir.

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Elhil
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MessageSujet: Re: /!\ La danse des colchiques...   Sam 7 Jan - 14:25

[ "Une créature qui avait d'ailleurs réveillé les restes des désirs charnels de bons nombres d'Ombres tellement sa beauté délicate confinait au fantasme"...*salive* ce serait pas plutôt ta phrase qui éveille les désirs charnels, là...? O,o trop biiiien! ToT]

Il ne cessait plus de la fixer, même si sa vue était voilée par les larmes qui s'échappaient de ses yeux par moment, comme autant d'étoiles filantes, évanescentes, si furtives qu'on pouvait se demander si elles n'avaient pas été qu'une simple illusion. Cette danseuse cruelle. Si proche et si loin en même temps. Une simple petite fleur qui poudrait les prés à l'automne. D'une délicate couleur violette, alors que d'autre arboraient des pétales roses ou blanches. Une danseuse cruelle, et vénéneuse.
Et pourquoi cette petite fleur arrivait-elle à déchirer le coeur d'Elhil? C'était si risible. Pleurer parce que l'on voyait des fleurs, que l'on entendait des oiseaux chanter, et qu'un chêne se pavanait dans son manteau de feuilles vives?

L'Aryen éleva une main arachnéenne et légèrement tremblante vers son visage, pour effacer les sillons brillants de ses larmes avec des gestes lents. Il n'avait émis aucun bruit. Pas un gémissement, pas un reniflement, pas un sanglot. Mais ce n'était pas l'envie qui lui manquait de briser cette digue d'orgeuil qui empêchait sa peine d'inonder totalement son être, et de le noyer dans ses rares mais si terribles crises de larmes, que jusque là il avait réussit à confiner entre les quatre murs de sa chambre...
L'Ombre n'avait pas remarqué l'arrivée de Vincent, bien qu'en d'autres circonstances, mais surtout en un autre lieu, il se serrait montré un peu plus alerte.
Mais pour l'instant, il n'y avait que le chant continuel, si apaisant des passereaux. Elhil, y prêtait l'oreille avec attention, gravant chaque modulation eurythmique dans sa tête, les retenant comme un mantra salvateur. Sans doute pensait-il qu'invoquer ces mélodies, et cette image de la fleur dansante lorsqu'il se retrouvait seul dans la pénombre du Manoir lui réchaufferait le coeur...
Il resta encore moment immobile, à fixer éperdument le colchique indifférent qui continuait de valser avec la brise automnale. Il y avait toujours cette barrière invisible qui l'empêchait de pénétrer dans ce cercle de vie. Une barrière qu'il s'était imposé lui-même. Comme s'il craignait qu'en entrant ici, toute la vie, toute la beauté de l'endroit s'évanouirait, comme un charme profané.
Mais il désirait tant...juste sentir les pétales soyeux sous ses doigts...caresser l'herbe tendre...
Mais il ne pouvait pas.
Il ne faisait plus partie des belles choses vivantes, des êtres qui exhalent le parfum de la vie...

Un sifflement. L'oreille muscicale de l'ancien chanteur ne fut pas longue à réagir: ce n'était pas un des oiseaux qui l'avait émis, bien que la différence soit peu flagrante. Et puis ce son venait de derrière lui.
Elhil ne put réprimer un léger sursaut lorsqu'il vit un petit cardinal quitter la branche sur laquelle il gazouillait avec ses congénères pour s'envoler prestement en direction du fameux sifflement.
L'Aryen tourna lentement la tête pour suivre le vol vif du passereau, qui fendit l'air brumeux comme un petit éclair écarlate un court instant, et ce avant de se poser sur un singulier perchoir. Les yeux pers d'Elhil étaient déjà bien ouverts -chose déjà peu courante- mais cette fois-ci, ils s'écarquillèrent sensiblement, offrant une expression étonnée encore plus singulière, qui pouvait frapper ceux habitués à voir de lui son visage sempiternellement serein et flegmatique aux yeux clos.
Les lèvres d'Elhil s'entrouvrirent légèrement lorsqu'il reconnut aussitôt Vincent, même si ce dernier lui présentait son dos. Il le contempla muettement, son état actuel ne lui permettant pas de se contrôler, si même de conserver son raisonnement calme et détaché.

Blanc et Noir. Ces deux couleurs résumaient l'ensemble de Vincent.
Des traits mélancoliques et beaux à la fois, des cheveux aile-de-corbeau qui encadraient son visage au teint marmoréen... Et il y avaient ses yeux, si troublants, mais aussi captivants...les puits jumeaux de l'étincelle de vie qui subsistait en lui. Même si pour le moment l'Ombre lui tournait le dos, il n'avait aucun mal à les imaginer, comme s'ils se fixaient dans le blanc des yeux...
Et ses mains. Pour une occulte raison, Elhil était fasciné par les mains du Français, et ce depuis son arrivée au Manoir. Elles étaient belles, mais il ne saurait non plus dire en quoi exactement. Des doigts fins, uniformément blancs, qui apparaissaient tout de suite agiles, expertes. Si on lui avait pas appris par la suite que Vincent était un ancien interne, il aurait sans doute pensé qu'il avait plutôt été un artiste, peintre ou musicien...

La contemplation de l'aryen n'avait pas duré plus qu'une ou deux secondes. Il reprit tant bien que mal en main ses émotions, et abaissa ses paupières sur ses yeux pers, en fixant le sol jonché de feuilles mortes sur lesquelles il s'était agenouillé. Maintenant, c'était des dizaines de petites questions qui germaient dans son esprit. Depuis combien de temps Vincent était là? L'avait-il vu...pleurer? Connaissait-il déjà l'existence de ce lieu...? Oui, probablement...
Lentement, avec cette lascivité qui accompagnait chacun de ses gestes, Elhil se redressa, et il affecta de chasser d'un revers de main les quelques feuilles mortes collées au velours noir de son pantalon. Ses longues cheveux blond miel ruisselaient de part et d'autre de ses épaules, ondoyant tranquillement sous la brise adoucie. Une fois sa brève tâche achevée, l'aryen tourna lentement la tête vers l'Ombre, en esquissant un de ses sourires de sphinx en posant son regard bleu-vert sur lui.
En règle générale, il n'aimait pas vraiment risquer de croiser le regard des gens, et exception faites de quelques rares Ombres et de ses victimes, on ne voyait pas souvent les yeux d'Elhil. Mais face à Vincent, c'était sensiblement différent.
En fait, tout était différent pour lui. Il était son supérieur, le meneur des Ombres, et l'Indien le respectait en tant que tel. Et d'autre part, il aimait le regarder, l'observer, suivre les gestes de ses mains...
Surtout à cet instant, où le petit cardinal sautillait sur place, au creux de la main de l'Ombre...Il grava cette vision dans sa mémoire, et son sourire s'étira un peu plus, tendrement, en adoucissant l'ensemble de ses traits androgynes. Il voulait lui parler, lui poser des question sur ce merveilleux endroit, faire en sorte qu'il lui accorde un regard, ou mieux encore, une parole...
Sa voix, à peine plus élevée qu'un murmure et pourtant parfaitement claire s'éleva, douce, lente, à l'accent hindi que sept années n'étaient pas parvenues à altérer:

"Vincent...?"
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Vincent
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MessageSujet: Re: /!\ La danse des colchiques...   Dim 15 Jan - 2:05

[Allons, nous jouons deux Adonis, ce serait bête de se priver. Evil smile ]


Le sourire de Vincent se fit perceptible lorsque les petites serres du cardinal vinrent gratter la paume si blanche de sa main. Etonnant comme ces doux oiseaux se montraient amicaux avec les anciens humains d'Hollow Dream. Cet innocent passereau semblait s'être pris d'affection pour le chef des Ombres, et quel que fût le temps qui séparait les visites de Vincent, cela faisait deux ans qu'il retrouvait invariablement ce plumage d'un rouge si pur et ces deux petites billes noires qui l'observaient avec curiosité. Un regard désintéressé qui provoquait bien plus de bouleversement chez l'Ombre que tous les massacres qu'on pouvait lui attribuer. La main gauche de Vincent s'envola avec grâce vers le perchoir qu'était la droite, et du dos de l'index il caressa avec délicatesse le poitrail de l'oiseau. Blanc sur rouge, perle sur rubis. Une once de douceur dans un insondable regard noir, qui en redevenait un peu humain.

L'appel de son nom tira Vincent de son apaisante contemplation, ce qui aurait pu le plonger dans une fureur indescriptible en d'autres circonstances. Mais là, en ces lieux pacifiés qui lui semblaient un peu abusivement siens, l'ancien interne n'éprouvait pas la nécessité d'être violent. Aussi il accepta de se détourner du petit cardinal pour accorder un regard à l'Ombre qui avait eu l'audace de le déranger. Mais après tout, Elhil était déjà présent lors de l'arrivée de Vincent, et l'Indien avait au moins le tact de présenter son regard à son interlocuteur. Le chef des Ombres le connaissait peu, mais déjà assez pour savoir que ce n'était pas dans les habitudes de l'ancien chanteur.

Vincent dévisagea Elhil avec un discret intérêt, tout en se faisant la réflexion que ce garçon était étonnamment en accord avec la petite clairière. Ses longs cheveux d'or ondulaient avec la grâce surréaliste des fibres qui ne sont plus vivantes et ne peuvent donc plus s'emmêler, son visage triste et attentif formait comme un écho pastel dans les tons vifs des émotions joyeuses qui s'écoulaient avec le chant des oiseaux et la danse des fleurs. Si les yeux de Vincent étaient deux mystérieux lacs d'encre, ceux d'Elhil possédaient la mélancolique et si pure beauté des étangs de montagne. Le chef des Ombres se fit la réflexion qu'il aurait pu rencontrer pire créature en ces lieux, et sa langue se délia pour parler avec une douceur inattendue:

"Tu as le droit de pleurer ici plus que partout ailleurs, Elhil. Je ne t'en tiendrai pas rigueur et cela restera entre nous."

Sa main droite, toujours sertie du délicat bijou qu'était l'oiseau rouge et noir, s'éleva jusqu'à son épaule pour permettre au passereau de s'y établir. L'amical cardinal se hâta de prendre possession de ce que l'on devinait être son perchoir attitré, tout en émettant un pépiement de remerciement qui fit couler encore un peu de lumière dans les iris de Vincent. Les doigts fins de l'Ombre se glissèrent dans sa poche et en revinrent chargés d'une pincée de graines, qui à peine déposée sur le tissu noir de l'épaule était déjà dans l'estomac du petit oiseau. Vincent n'avait pas détaché son regard de celui d'Elhil.

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Elhil
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MessageSujet: Re: /!\ La danse des colchiques...   Dim 15 Jan - 17:33

Le vent soufflait toujours doucement, comme s'il murmurait quelque secret aux arbres mourants qui lui répondaient par de longs grincement, alors que le majestueux chêne, indifférent aux lamentations alentours, semblait irradier de sa vie. Le contraste saisissant entre la clairière et le reste d'Hollow Dream était comme celui du blanc et du noir. Un blanc ô combien lumineux, en comparaison aux ténèbres anthracites qui l'encerclaient...

Elhil n'avait pas quitté un seul instant Vincent des yeux, guettant avec patience une quelconque réaction de sa part. Debout, à la limite extrême entre ce noir et ce blanc, laissant le vent glisser ses doigts dans sa chevelure et les pans ouverts de son long survêtement et observant une immobilité statuaire, il restait à fixer la silhouette de son supérieur, les lèvres plissées comme s'il commençait à regretter de lui avoir adressé la parole.
Mais Vincent tourna son regard vers lui, et les regrets de l'Indien furent aussitôt balayés par une autre émotion bien plus plaisante mais qui resta tapie au fond de lui, ne laissant rien transparaître sur ses traits marmoréens. Ils restèrent un très bref instant à se dévisager, et l'Aryen parvint à se perdre en un instant dans le gouffre noir et paradoxalement si lumineux de ses yeux, qui n'étaient pas sans lui rappeler ceux d'un être qui avait été cher à son coeur...

Ce ne fut que les paroles de Vincent -plus qu'inattendues- qui le ramenèrent à la "réalité". Elhil cilla, et battit des cils deux fois en relevant légèrement la tête, marques assez furtives de sa surprise. Triple surprise, d'ailleurs... Il ne s'était pas attendu à ce qu'il lui parle, surtout avec un ton si doux, mais de surcroît...ses mots...
Son expression se mua sensiblement en mélancolie, ses yeux s'abaissant légèrement et un pâle sourire triste naissant à la commissure de ses lèvres. C'était certainement une façon de le remercier.
Pour se remettre à pleurer, il n'avait qu'à se tourner une nouvelle fois vers l'arbre-roi...il en mourrait d'envie, mais en même temps, il appréhendait la douleur que cela impliquerait inévitablement.
L'Indien tourna légèrement la tête, présentant son profil à son aîné. Ses mains s'étaient remises à trembler légèrement, mais il lui suffisait de serrer les poings pour le cacher...
La voix de l'Ombre s'éleva à nouveau, plus hésitante encore que la première fois, douce et amère à la fois:

"Je ne pensais...je n'imaginais pas qu'un tel endroit puisse exister...ici...C'est tellement..."

En parlant, il reposa ses yeux pers sur Vincent, sans paraître se soucier des larmes qui dessinaient des sillons brillants sur ses joues pâles. Il n'acheva pas sa phrase, car sa voix s'éteignit entre ses lèvres, qui n'esquissèrent qu'un sourire rempli de peine, de cette douleur indescriptible qui frappait le coeur quand, au coeur de la nuit, apparaissaient une lueur aussi frêle qu'un rêve. De toute façon, il n'y avait sans doute pas assez de mot pour décrire cette clairière...peut-être parce qu'elle inspirait autant de chagrin que de bonheur, et autre foule de sentiments contradictoires...
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Vincent
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MessageSujet: Re: /!\ La danse des colchiques...   Mer 18 Jan - 0:55

Vincent hocha calmement la tête aux mots d'Elhil. Il est toujours prétentieux de prétendre comprendre quelqu'un, mais en ces circonstances l'ancien interne s'estimait en droit de revendiquer une telle chose. Lui-même se remémorait parfois le choc, la claque ahurissante de violence qu'avait été pour lui la première vision de cet arbre. Tant de beauté exposée aux yeux d'un être qui se pensait en dessous de tout, indigne du spectacle de toute cette vie épanouie... C'était plus qu'un choc, c'était une flèche en plein coeur.

Tout en caressant sans y prendre garde le ventre rouge du cardinal perché sur son épaule, Vincent fixait les yeux pers du jeune indien. Car en effet il était jeune, même en comptant les années qu'il avait passées - qu'il avait perdues à Hollow Dream. Moins de trente ans. Une broutille par rapport à l'éternité de la mort, un rien qui expliquait peut-être l'état de l'homme que le chef des Ombres avait achevé quelques minutes auparavant. Vincent, lui, frôlait les soixante ans, dont trente de pure rancoeur à l'égard des vivants, trente ans empoisonnés par les regrets de sa vie passée, qu'il avait fini par renier et remiser dans un coin de sa mémoire. Seul l'antique chêne parvenait à remuer quelque chose en lui, à faire remonter un peu du Vincent d'autrefois. A lui rappeler qu'un jour, il avait su aimer et être aimé en retour. Et en cet instant précis, Vincent appréciait l'image de lui-même qu'Elhil lui renvoyait.

Le Français s'avança alors d'un pas égal, ni particulièrement déterminé, ni hésitant, jusqu'à se trouver à moins d'un mètre de l'Ombre, dans ce périmètre inconscient où seuls les intimes sont acceptés sans sourciller. Mais Vincent ne semblait pas se soucier de son audace, pas plus qu'il ne détournait le regard de celui d'Elhil. Le jeune indien n'était pas beaucoup moins grand que lui - une petite dizaine de centimètres en moins seulement, mais de part l'air effacé de l'ancien chanteur cette différence de taille semblait soudain bien plus évidente. Comme s'il devinait que cette soudaine proximité risquait de le rendre plus impressionnant, Vincent s'autorisa un léger sourire.

Sa main gauche alla saisir la droite d'Elhil; ses doigts délicats se refermèrent sur la paume de l'indien sans brusquerie, mais avec fermeté pour l'empêcher de se dérober. Et sans laisser le temps à l'Ombre d'avoir un mouvement de recul, il ramena sa main à hauteur de poitrine, tandis que ses doigts libres allaient saisir avec une délicatesse infinie le petit oiseau perché sur son épaule. Le membre diaphane délivra le cardinal au dessus de la paume d'Elhil, et le passereau ne se fit pas prier pour y sauter, comme un explorateur qui découvre une contrée inconnue. Toujours silencieux, Vincent relâcha sa prise sur la douce peau encore légèrement hâlée et recula de deux pas, visiblement satisfait. Nul n'aurait su dire avec exactitude quelle étrange impulsion, quelle soudaine gentillesse avait pu le pousser à un tel acte.

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Elhil
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MessageSujet: Re: /!\ La danse des colchiques...   Mer 18 Jan - 18:10

[Mwa: Love quelle claaaaaasse...]

Illusion. Désir. Haine.
Ces trois mots suffisaient à désigner les différents êtres qui se déchiraient à Hollow Dream. L'illusion cruelle des humains, le désir inassouvis des Ombres et la Haine stérile des Chimères.
Lorsque l'on lui avait appris cela au Manoir des Ombres, Elhil s'était tut, pensif. Ces mots ne lui avaient jamais été inconnus. Illusion, désir, haine...
Les Trois-Poisons, les Racines du Mal... Ce par quoi les humains ne pouvaient atteindre l'Eveil, selon Bouddha...


Elhil cilla légèrement, laissant s'échapper de nouvelles perles d'eaux de ses yeux. Pourquoi ce souvenir lointain lui était-il soudainement revenu en tête?
Vincent avait hoché la tête, et l'Indien se demanda alors depuis combien de temps il connaissait l'existence de ce lieu merveilleux et chimérique...sûrement longtemps. Et après celle-ci, des dizaines d'autres venaient chatouiller ses lèvres, entremêlées, désordonnées, voire dépourvues de grande logique. Il réprima tant bien que mal ce déchaînement intérieur, n'y laissant qu'un vide plus supportable où seules ses pleures silencieuses régnaient.
Celles-ci continuaient d'ailleurs de ruisseler le long de ses joues pâles, aussi furtives et brillantes que des étoiles filantes. Mais ses yeux demeuraient rivés sur le Meneur des Ombres qui le fixait également en continuant de caresser le poitrail coloré du cardinal.
Le calme relatif qui planait dans la clairière, à peine troublé dans le concert continuel des oiseaux et le bruissement des feuillages gorgés de vie, aurait donné à n'importe quel humain plus ou moins romantique de s'allonger dans l'herbe pour observer les nuages. C'était certainement ce qu'aurait fait Elhilarasan Niladhevan, cet adolescent de dix-sept ans qui avait vécut dans un cocon moelleux toute sa vie...mais certainement pas l'Ombre qu'il était devenu. Cela ne ferait certainement que lui rappeler qu'il n'était plus vivant, que ce genre de chose ne lui était plus autorisé, et cela ne ferait qu'enfoncer d'avantage la dague plantée dans son âme.

Des pas. Elhil émergea une nouvelle fois de ses pensées moroses pour replanter son regard sur Vincent. Il s'approchait. L'Aryen le suivit des yeux progressivement, sentant son souffle se tarir à chaque mètre que grignotait le grand Français de ses enjambées feutrées, sans pouvoir s'en empêcher. Lui, il ne bougea pas d'un centimètre, se contentant de dévisager son aîné en l'interrogeant du regard, ne sachant comment réagir à cette approche inattendue, inespérée.
Lorsque Vincent s'arrêta enfin, à à peine un pas de l'Indien qui leva ses yeux vers lui, plus embarassé qu'il ne daignait l'afficher sur son visage. Il était surpris, aussi. Et perplexe. Pourquoi Vincent s'approchait-il de lui? Il ne parvenait pas à sonder son regard anthracite, à décoder sa démarche et les traits de son beau visage. Une petite voix craintive dans sa tête lui soufflait de s'éloigner, par pure prudence. Après tout...
Les lèvres du blond s'entrouvrirent légèrement lorsqu'il aperçut le sourire de Vincent, et ce simple petit sourire, si léger, si discret, mais qui suffit à arracher un lourd pincement au coeur d'Elhil. Un pincement à la fois douloureux et agréable...

L'Indien réprima tant bien que mal un frémissement lorsque son aîné se saisit de sa main pour l'élever, paume vers le ciel. Ses yeux vert d'eau, encore embués de larmes, s'abaissèrent pour fixer les mains arachnéennes de Vincent. Si belles...Mais ce ne fut que lorsqu'il vit l'ancien interne transporter le petit oiseau carmin vers sa main qu'il obtint réponse à ses questions. Enfin, même si d'autres "pourquoi" se succédaient encore dans sa tête...
Un tout petit poids sur sa paume. Il contempla, stupéfié, le passereau sautiller légèrement dans sa main, ses petites serres chatouillant plus que ne griffant sa peau et sa tête dodelinant d'un côté ou de l'autre, comme pour mieux observer son nouveau perchoir. Si étrange.
L'Aryen sentit des larmes remonter dans ses yeux et dévaler en nombre croissant ses joues déjà sillonnées par d'autres passages. Il n'avait pas tout de suite remarqué que Vincent s'était écarté de lui, car il regardait avec de grands yeux fixes ce petit oiseau délicat.
Ses mains tremblaient, mais il essayait éperdument de contenir ceux de sa main porteuse, de peur de voir l'oiseau s'envoler.

Il n'aurait jamais crut une telle chose possible, ici. De toute sa vie, il n'avait jamais approché d'aussi près un oiseau...mais il se souvenait par contre...

"Elhil, ne touche pas à la cage, il risque de s'enfuir!"
Le petit blond d'à peine neuf ans esquissa une moue surprise et déçue, puis écarta sa petite main de l'élégante cage où logeait l'oiseau de tante Paridhi. Un beau Shama, au poitrail fauve et à la longue queue double et noire de jais. Il piaillait en agitant machinalement ses ailes, comme s'il regrettait que sa propriétaire ait déjoué les desseins de l'enfant.
"Mais si il veut partir?" Plaida ce dernier.
Sa tant sourit, et passa une main affectueuse dans ses cheveux blonds.
"S'il quitte sa cage, il n'aura pas la force de survivre à l'extérieur...et il mourra."


L'Indien chassa ce souvenir de son esprit d'un sourcillement fugace, mais à cet instant même le petit cardinal poussa un léger sifflement avant de s'envoler. Elhil afficha un mine à la fois surprise et déçue, qui n'était pas sans lui rappeler celle de l'enfant qui venait de lui rendre visitre dans sa tête...
Le passereau se redirigea naturellement vers Vincent, et se posa sur son épaule avec force de sifflements clairs.
Elhil releva son visage pour poser ses yeux pers sur son aîné. Un timide sourire fleurit sur ses lèvres rosées, presque frémissant, mais qu'il parvint à maintenir suffisament longtemps, avant de faire dans un doux murmure:

"Merci...Vincent..."
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MessageSujet: Re: /!\ La danse des colchiques...   Mer 18 Jan - 23:37

[Gnaaa, kawaï... Love Il y a du Casey dans ton Elhil: le mimi sans l'envahissant. Rolling Eyes ]


Dans le court laps de temps où Elhil avait gardé les yeux baissés sur le petit être qui parcourait gaiement sa paume, Vincent s'était accordé un instant de réflexion: pourquoi avait-il fait cela? Pourquoi faire don, même temporairement, de cet oiseau qui l'avait choisi et qu'il avait choisi? Par bonté d'âme? Cela ne lui ressemblait pas. Par intérêt? Quel intérêt aurait-il eu à faire plaisir à l'Ombre? Peut-être par désir inconscient de nuire à Elhil en le forçant à faire face à cette beauté et à cette vie qui l'intimidait tant. Non, cela c'était une explication stupide. Vincent avait voulu faire preuve de gentillesse, il en était à peu près certain. Pourquoi, là résidait tout le mystère.

Ce ne fut pas sans un certain plaisir qu'il vit le cardinal déployer soudain ses petites ailes rouges pour s'élancer dans les airs, puis virer avec nonchalance pour venir retrouver son perchoir sur l'épaule du chef des Ombres. La trille qui ponctua l'atterissage de l'oiseau résonna comme un délicieux mot doux à l'oreille de Vincent, qui remercia le petit animal d'une caresse. La mine dépitée d'Elhil se fora d'autant plus facilement un chemin dans son coeur glacé, et le sourire qui fleurit sur les lèvres de l'ancien interne était teinté d'une joie normalement étrangère aux Ombres. Il était presque... amusé...

Sa main gauche voleta négligemment dans l'air, en un geste qui signifiait très bien à Elhil que ce n'était rien. Persister à ne parler que lorsque c'était strictement nécessaire avait poussé Vincent à rendre son corps exceptionnellement expressif, si bien qu'il parvenait à se faire comprendre avec une facilité déconcertante sans avoir à ouvrir la bouche. Les gestes vifs de ses mains et ses abyssaux yeux noirs n'y étaient pas étrangers. Les yeux parlaient tellement mieux que les mots... Et puisqu'une expression hors norme induit forcément une compréhension hors norme, Vincent était un être redoutable dans le domaine de la franchise. Réussir à lui mentir relevait de l'impossible, lui cacher ses émotions du très difficile. Et malgré le soin qu'Elhil mettait à dissimuler ses sentiments, le Français avait tout à fait décelé son trouble. Seule la nature de celui-ci lui était encore inconnue.

Vincent sourit à nouveau, plus discrètement, plus mystérieusement. Il fit signe à Elhil de le suivre et se dirigea délibérément vers l'arbre. Il s'avança sans hésitation dans la zone herbeuse, et un observateur attentif aurait remarqué qu'il ne laissait pas de traces de pas derrière-lui. Si l'ancien interne ne se servait pas souvent du pouvoir de lévitation inhérent à sa race, il estimait visiblement qu'en cet instant cela se justifiait.

Il écarta son manteau d'un geste digne et étrangement suranné avant de s'asseoir sur l'une des racines les plus imposantes du chêne, à un emplacement qu'on lui devinait familier. Le cardinal sautilla sur son épaule, ravi de retrouver ce magnifique point de vue à l'ombre du feuillage. Assis légèrement sur le côté, toujours ce même petit sourire aux lèvres, Vincent semblait mettre Elhil au défi d'oser approcher le vénérable arbre, d'avoir l'audace de venir se blottir entre ses racines. Le meneur des Ombres semblait attendre beaucoup de ce geste, pour une raison encore indécelable. Même l'oiseau rouge sur son épaule fixait le jeune indien, l'ébène de ses minuscules yeux entrant en une fascinante résonnance avec l'encre des iris de l'Ombre.

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MessageSujet: Re: /!\ La danse des colchiques...   Jeu 19 Jan - 13:16

[Mdr, vraiment? Laughing ms il peut être aussi collant, parfois... Evil smile 4]

Elhil dévisagea longuement Vincent, avec le petit oiseau perché sur son épaule. Au moins, il pouvait le scruter tout son saoul sans se sentir particulièrement gêné.
C'était étrange de les voir ainsi, car autant l'Ombre n'était qu'un ensemble de noir et de blanc, sur le fond brunâtre et mausade de la forêt que le cardinal était une insolente tâche de couleur vive dans ce cadre de vieux film. Une tâche de vie... Si fragile, si insouciante qu'on pourrait aussi bien abhorrer cet oiseau que l'élever au rang de divinité...
Le sourire de l'Aryen n'était plus qu'une vague ombre planant sur ses lèvres, car la mélancolie reprenait du terrain sur l'indéfinissable plaisir que lui avait procuré Vincent...
L'Indien gardait toujours ce pincement particulier au coeur. Il avait envie de partir. Fuir. S'en aller, le plus loin possible de cette clairière, de cet oiseau...de Vincent aussi?
La douceur de ce lieu, et celle de son aîné avec le côté tranchant d'une lame. Elhil souffrait de cette gentillesse, cette beauté, parce qu'il désirait tout cela ardemment tout en estimant ne plus en être digne...

Il perçut le sourire de sphinx du Français suivit de son signe de main, mais ne devina pas immédiatement ce qu'il comptait faire.
L'Aryen retint son souffle lorsqu'il vit l'ancien interne passer cette frontière inpalpable entre la mort et la vie et se diriger le plus naturellement du monde vers le vénérable chêne. Comme s'il s'était attendu à ce que tout s'efface, comme si cette vie n'était qu'un mirage cruel, et que le seul fait de la toucher la dissiperait...
Mais non. Tout était encore là. Et Vincent venait de s'asseoir sur le noeud d'une racine et à présent, le regardait.
La jeune Ombre semblait désorientée, bien qu'elle luttait férocement pour que rien dans ses traits ou ses gestes ne l'indique clairement. Peine perdue. Il balançait entre l'envie de rejoindre Vincent, de s'enivrer de cette débauche de vie pour oublier sa triste non-existence et celle de respecter ce lieu, de ne pas le souiller de sa présence, de fuir, fuir loin de lui...

Elhil esquissa un lent signe de tête négatif, baissant ses yeux vers le sol herbeux et poudré de ses colchiques séducteurs. De longue mèches blond miel dégringolèrent de ses épaules sur ton torse, tout doucement.
Il ne pouvait pas le faire, cela lui paraissait au-dessus de ses forces.
Il se sentait si vain, si laid comparé à cette profusion de vie et de couleurs...et pourtant, il désirait tant franchir cette limite, céder à son égoïsme pour se rapprocher de Vincent qui semblait si à l'aise, au pied du chêne avec son petit compagnon à la robe écarlate...

L'Aryen releva son regard toujours voilé de larmes vers son aîné, une phrase d'excuse au bout des lèvres. Mais il croisa les yeux d'ébènes si troublants du Français, et cette phrase s'évanouit dans son esprit sans qu'il ne puisse en retenir la moindre bride. Pouvait-il vraiment refuser l'invitation implicite de Vincent...?
Nouveau pincement. Elhil sembla hésiter encore une fois, ses yeux pers allant de Vincent au cercle d'herbe tendre qui frôlait presque l'extrémité de ses bottes, puis revenant vers l'Ombre. L'Indien se mordit la lèvre inférieure, oubliant un moment qu'il apparaissait ainsi comme l'adolescent qu'il était autrefois, il y a presque huit ans...

L'Ombre poussa un soupir mélancolique, puis posa un pied en avant. Sans effleurer le sol. Après tout, il s'était gorgé de la peur de sa précédente victime, il pouvait donc user de son énergie pour préserver, tout comme Vincent, les fleurs délicates qui tapissaient le sol...
Les yeux obstinément clos, il avançait en lévitant à quelques centimètres du sol, abandonnant l'idée de réprimer les tremblements de ses mains arachéennes.
Lorsqu'il parvint au niveau de Vincent, il entrouvrit légèrement ses yeux, d'où s'échappèrent de nouvelles larmes amères. Il posa son regard sur son aîné, puis regarda autours de lui. La voûte de feuillages murmurants, le chant des oiseaux, la danse voluptueuses des fleurs tout autours d'eux. Cela lui donnait le tournis, il se sentait mal, et extrêmement bien en même temps. Cette fois, ce n'était plus seulement ses mains, c'était tout son corps qui frémissait, comme s'il avait froid, ou peur. Mais ce n'était ni l'un ni l'autre, il le savait pertinemment.
Elhil, l'esprit contonneux, ne comprenant pas exactement ce qui l'avait poussé à franchir la barrière qu'il s'était lui-même imposé, bougea légèrement, avec cette suave lenteur qui était la sienne mais cette fois empreinte d'une légère gaucherie due à son émoi. Il s'assit dans un angle dessiné par deux racines affleurantes du chêne, sur l'une desquelles s'était installé Vincent, et se recroquevilla sur lui-même, ses bras enlaçant ses genoux, comme s'il voulait se faire plus petit, plus effacé qu'il ne l'était déjà.
Les larmes qui tardaient à se tarir continuaient de dévaler inexorablement sur son visage de porcelaine. Il appuya l'arrière de sa tête contre l'écorce de l'arbre, ses yeux aux couleurs chatoyantes levés vers le feuillage émeraude où apparaissaient de temps à autres la silhouette furtive d'un oiseau.
Ses lèvres s'entrouvrirent, comme si son souffle lui manquait. Un étau lui comprimait la poitrine, sans qu'il parvienne à s'en défaire. Il voulait parler, rompre ce silence assourdissant, ce calme entêtant...mais il ne trouvait rien à dire, ou alors c'était trop de phrases qui se bousculaient dans sa tête sans qu'il puisse en choisir une adéquate...

Elhil tourna la tête de côté, pour regarder Vincent. Le cardinal sur son épaule pépiait gaiement, et d'autres sifflements clairs lui répondaient depuis les autres branchages du chêne. Sans s'en rendre compte, ou plutôt sans y prêter attention, il s'était assis relativement près du Meneur des Ombres. Trop près? Lui-même ne pouvait en juger, car cette proximité, bien qu'intimidante de par son caractère inhabituel, n'était pas pour lui déplaire, bien au contraire.
L'Aryen ferma ses yeux, et tenta vainement de décontracter ses muscles. Il resta ainsi un instant, avant qu'il ne prenne la parole, d'une voix ténue et lente, à peine plus élevée qu'un murmure:

"Comment est-ce possible...?"
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MessageSujet: Re: /!\ La danse des colchiques...   Sam 28 Jan - 16:36

Vincent avait lui aussi rejeté la tête en arrière, sa chevelure couleur aile de corbeau s'appuyant contre l'écorce encore lisse du vieux chêne. Qu'il était agréable de sentir la vie courir dans ce bois, la vie jaillir en une somptueuse fontaine de la gorge rouge du passereau qui pépillait sur son épaule. La main de l'Ombre glissa avec douceur sur ce tronc qui le supportait, avec une nostalgie évidente. Il ne semblait pas prêter attention aux hésitations d'Elhil, mais c'était bien loin d'être le cas. Chaque parcelle de son corps ressentait la présence de cette autre être dans la clairirère, surveillait ses gestes, son souffle, le rythme de son coeur glacé. Il ne regardait plus le jeune indien, mais c'était parce qu'il était conscient que celà l'aurait intimidé encore davantage et certainement dissuadé de venir s'asseoir à ses côtés.

Or Vincent désirait cette compagnie. Trop habitué à la solitude, que ce fut au cours de sa vie ou depuis sa mort, il guettait avec avidité la venue de l'une des quelques créatures qu'il estimait de valeur, digne d'intérêt. Sans qu'il eût déjà déterminé pourquoi, Elhil appartenait à cette catégorie. Et nul n'aurait pu soupçonner l'intensité de la vague de chaleur qui réchauffa le coeur du chef des Ombres lorsque l'aryen parvint enfin à venir s'asseoir entre les racines de l'arbre.

Le Français baissa alors son regard vers la silhouette recroquevillée légèrement en contrebas de lui-même. Ombre fragile, au bord de la rupture, qui tremblait tandis que ses paupières closes laissaient échapper de petites larmes aussi transparentes et lumineuses que le cristal le plus pur. Un sourire attendri vint flotter sur les lèvres de Vincent, et sa main se détacha du bois pour aller se glisser dans le cou d'Elhil. D'une caresse de ses doigts fins, il poussa l'indien à se laisser aller, à se décaler légèrement sur le côté afin que son corps fébrile vint s'appuyer contre le flanc de son aîné. Celui-ci se redressa légèrement et le cardinal quitta son perchoir pour aller faire un tour dans le feuillage du somptueux chêne. L'étreinte de Vincent se resserra autour du corps d'Elhil, sa main droite continuant à caresser avec douceur la joue humide de larmes.


"J'ignore quel est le sens de ce lieu. Mais ce dont je suis sûr, c'est que le hasard n'existe pas dans cette vallée. Crois-tu vraiment que tu aurais trouvé cette clairière si tu n'en avais pas été digne?"

Son autre main vint se placer sous le menton du jeune indien pour l'obliger à relever la tête, à rencontrer son regard d'ébène. Dans ces iris, on pouvait lire toute la sincérité, toute la douceur que le chef des Ombres se devait de dissimuler en temps normal. Un miroir noir dans lequel Elhil pourrait peut-être comprendre que sa beauté n'avait rien à envier à celle du lieu, qu'elle était simplement d'une autre nature. Et comme pour ponctuer ce message, une nouvelle trille du petit cardinal descendit des branches de l'arbre.

"La mort n'est pas laide. Ce n'est qu'un autre aspect de la vie. Tu n'es pas laid, Elhil."

Etrange sentiment qui poussait Vincent à sortir de son mutisme chronique et à mettre des mots sur ses pensées. C'est qu'il désirait profondément se faire bien comprendre du jeune indien, et que pour une fois il avait l'impression que l'éclat de ses yeux n'était pas suffisant. La main qui soutenait le menton d'Elhil écarta doucement une mèche de cheveux blonds qui voilait son oeil droit, sans que l'autre bras du chef des Ombres ne desserra sa prise sur l'ancien chanteur. Vincent ne voulait pas qu'il partît, pas avec cette impression d'être en trop, d'être vain et triste. Il n'était pas juste qu'un être si beau aux yeux du Français soit malheureux alors que tant des bêtes stupides qui grouillaient à Hollow Dream étaient heureuses dans leur ignare béatitude.

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MessageSujet: Re: /!\ La danse des colchiques...   Sam 28 Jan - 21:16

La Glace et le Feu. C'était un peu comme si ces deux éléments se livraient une guerre violence dans la chair et l'âme d'Elhil, le faisant basculer tour à tour dans le froid mordant de la mélancolie et la braise exaltante du réconfort.
Il se sentait toujours en trop. Une tâche impure dans ce décor parfait, un intrus impie, le profanateur d'un temple sacré dédié à cette Vie dont il était définitivement privé. La part glacée lui martelait qu'il n'aurait jamais du pénétrer dans ce lieu, qu'il était encore le temps de disparaître et fuir comme le vent. Tandis que la part embrasée lui chuchotait un simple nom, le nom de cette personne pour laquelle il avait réussit à franchir cette frontière colossale et inexistante.
Vincent.
Un prénom bien français. Il aimait le prononcer, même si son accent hindi le déformait quelque peu…c'était pour lui comme si "Vincent" était le synonyme d'un rêve apaisant, une entité indéfinissable et dénuée de forme qui pouvait avec une facilité déconcertante jouer de ses larmes et de ses sourires.
Feu.

L'herbe tendre et ondoyante s'étalait devant lui, comme une toison soyeuse aux reflets argentés, sertie de bijoux délicats qu'étaient ses fleurs.
L'Aryen tremblait toujours, nerveusement. Même en gardant les yeux baissés, il en voyait toujours un pan, une parcelle… Cette vision presque chimérique lui plantait d'autres dards froids dans le cœur, mais il ne pouvait plus se résoudre à quitter ce paysage des yeux, abaisser totalement ses paupières pour s'échapper de ce "rêve". Il devait être comme un insecte enivré qui refusait de s'éloigner d'une lumière aveuglante et douloureuse…
Glace.

Il ne perçut pas le mouvement qu'amorçait Vincent vers lui…il était bien trop occupé à tenter vainement de clarifier son esprit, de restaurer son masque de douceur et de placidité qui s'était émietté depuis son premier pas dans cette clairière.
Un frôlement dans son cou, qui répandit aussitôt un frémissement ardent dans son corps. De surprise, ses lèvres rosées s'entrouvrirent comme pour rechercher un peu plus d'air, et ses yeux pers se levèrent furtivement vers Vincent, pour s'en détourner aussitôt. Il n'osait pas le regarder. Pourquoi…? Un sentiment de gêne, de honte peut-être. Il ne savait pas exactement. Tout était si confus en lui, il avait perdu les rênes, ne contrôlait plus rien dans ses émotions…
Il se sentit doucement attiré vers son aîné par cette main douce, et ne trouva ni la force, ni la conviction pour résister à cette douce et muette invitation.
Blotti contre le flanc de Vincent, aussi réactif qu'une poupée de chiffon, Elhil gardait son regard obstinément planté droit devant, semblant trouver un intérêt soudain pour les jambes de l'ancien interne. Son cœur battait si fort qu'il semblait faire vibrer tout son être, et il n'aurait pas vraiment été étonné que Vincent le remarque…
Vincent…
Il sentait sa main sur sa joue, qui se mouvait dans une caresse répétitive et délicieuse sur sa joue. Il aimait tant ces mains, mais même dans ses rêves les plus insensés il n'avait imaginé qu'un geste si tendre lui serait accordé…
Vincent prit la parole, alors que le jeune blond restait plongé dans un mutisme troublé.
"Crois-tu vraiment que tu aurais trouvé cette clairière si tu n'en avais pas été digne?"
Cette phrase tournait, tourbillonnait dans sa tête jusqu'à ce qu'elle ne soit plus qu'un amas de sonorités étranges et dénuées de sens. Il ne comprenait pas. Ou alors ne voulait pas comprendre ce que l'Ombre voulait dire…
L'autre main de Vincent vint cueillir son menton pour le faire lever son visage. Elhil ne chercha pas à se soustraire à ses mains, trop heureux d'être touché pour que la seule idée de résister n'effleure son esprit. Il se laissait faire docilement, un peu égaré, et se gorgeant des frissons délicieux qui sillonnaient son échine à chaque fois que les doigts fins du Français frôlaient sa peau.
Puis il croisa son regard. Ses grands yeux à la si lumineuse noirceur…il avait l'impression de lire un livre, de pouvoir déchiffrer dans ces orbes anthracites ce qu'éprouvait Vincent, ses pensées...Tant de douceur, une douceur franche, authentique.
Ce regard se planta dans son cœur comme une flèche, sauf qu'elle y répandit une singulière vague de bien-être, chaude et douce, qui lui noua le ventre et fit battre la chamade à son cœur.
Mais était-ce une simple illusion, ou le Français lui ouvrait-il vraiment une des portes de son être?
Comme pour répondre à son interrogation intérieure, la voix agréable et douce de son aîné s'éleva de nouveau. Elhil l'écouta sans cesser de le fixer, comme s'il ne voulait plus que s'abîmer dans ces océans jumeaux couleur de nuit.
Feu.
Les paroles, les gestes de Vincent, emplis d'une douceur si rare dans cette cruelle vallée comblaient le cœur avide de l'Aryen, si bien qu'il avait réussi à oublier, ou du moins mettre momentanément de côté son mal-être face à la beauté de l'Arbre. Il savait, ou du moins pensait bien que Vincent avait fourni un effort notable pour le sortir de sa tristesse, même s'il ne méritait pas tant d'attention de sa part. Il serait une offense de refuser cette main tendue, de le repousser. Mais avait-il vraiment envie de s'en priver…?
"La mort n'est pas laide"…si elle ne l'était pas, elle n'en demeurait pas moins triste. Quant à lui-même…
Un frêle sourire, aussi délicat et fragile qu'un papillon vint naître sur les lèvres de la jeune Ombre, empreint d'une certaine reconnaissance mais aussi d'une vague mélancolie. Peut-être une façon un peu naïve de le remercier du "compliment"…

"Pourquoi me dire ça…?"

La voix de l'ancien chanteur était toujours profonde, lente et empreinte de cette sorte de lascivité qui le caractérisait. Il considéra un bref instant Vincent, le regard interrogatif. Il avait une très vague idée des raisons qui auraient conduit le chef des Ombres à tant de générosité, mais cela lui paraissait si improbable qu'il préférait entendre sa réponse de sa bouche.
Puis le sourire de l'Indien s'étira sensiblement, alors que ses traits s'emplissaient d'une étrange douceur, mêlée d'un autre sentiment indéchiffrable. Sa main se posa avec une infinie tendresse sur celle de l'ancien médecin, l'enlaçant de ses doigts fins pour l'écarter délicatement de sa joue. Il la fit glisser tout aussi légèrement, pour enfin déposer ses lèvres au creux de sa paume dans un baiser fugace.
Il étira un petit sourire en replantant ses yeux bleu-vert dans ceux de l'Ombre, et ajouta dans un souffle:

"Quoi qu'il en soit…merci…merci infiniment, Vincent."


[Tu devines bien que j'ai hésité quant à l'emplacement du fameux baiser -_- un vrai dilemme...]
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MessageSujet: Re: /!\ La danse des colchiques...   Sam 28 Jan - 23:54

[Eh bien maintenant imagine le mien, de dilemme... ^^"]


Que dire, que faire? Trente ans à macérer dans les regrets et la certitude de sa nature maléfique, pour voir cet amas de venimeuses certitudes s'écrouler sous l'effet d'un unique regard pers... Il faut dire que Vincent ne s'attendait guère à ce que le jeune indien lui retournât son affection, au contraire. Dans son esprit, Elhil allait forcément se rebeller, protester, chercher à fuir. Sa caresse, son baiser avaient rappelé à l'ancien anesthésiste qu'il possédait encore des nerfs et une peau capable de s'émouvoir, de frissonner. Un trouble qui se vit jusque dans les prunelles du chef des Ombres, qui sembla soudain retrouver un peu de cette vie qui l'avait quitté bien des années auparavant. Son visage s'illumina d'un sourire presque dépourvu de tristesse, tandis que ses doigts si blancs passaient une énième fois sur la joue lisse du jeune indien. Lentement, il secoua la tête de droite à gauche. Ce n'était pas Elhil qui devait dire merci.

Restait l'autre question. Pourquoi ces caresses, pourquoi cette chaleur, cette attention? Vincent lui-même n'était pas certain de la réponse. Peut-être qu'il avait envie de se donner l'impression que s'il avait gâché sa vie, il pouvait encore trouver une utilité à sa mort.

Une rivière, aux eaux épaisses, boueuses. Elle coule en remous brunâtres entre des quais ternes et déserts. Enfin, pas si déserts. Des enfants, qui pourraient y jouer. Qui y jouent en quelque sorte, si on peut appeler jouer le fait de faire souffrir un garçon qu'un adulte jugerait semblable aux autres. Mais le fils de putain n'est pas comme les autres, ça non. Sinon il aurait un père, ou au moins il en parlerait. Il ne parle jamais de rien, de toute manière. Une bourrade plus forte que les autres, un cartable qu'on arrache, un blouson qui se déchire. Un garçon qui perd l'équilibre, titube. Tombe dans la rivière sous les rires des autres enfants. Des rires aussi viles et boueux que les flots de la Saône.

Le regard noir perdit quelques unes de ses étincelles et Vincent eut la stupide impulsion de s'écarter d'Elhil. Il se retint, mais ce fut de justesse. Les paupières du chef des Ombres se serrèrent fugitivement. Il n'aimait pas ce genre de réminiscence. Elles étaient plutôt rares, mais il les subissait toujours avec une telle violence... c'est qu'il aurait largement préféré oublier cette histoire de rivière.

Puis Vincent reprit conscience de ce corps chaud serré contre le sien, et la respiration d'Elhil dans son cou fut un baume délicieux pour son esprit torturé. Ses bras se resserrèrent autour de l'indien. Il accepta de rouvrir les yeux pour rencontrer à nouveau ce si doux regard bleu-vert, et un murmure d'une incomparable tendresse franchit ses lèvres:

"Je te dis cela parce que c'est vrai, tout simplement. Et que je ne supporte pas que tu puisses l'ignorer."

Il en voulait davantage, un autre contact, plus en accord avec ce qu'il ressentait. Mais il craignait tant d'effrayer Elhil... Alors il fit preuve de lenteur, et déploya toute la délicatesse dont il était capable pour se pencher sur le jeune chanteur, rapprocher leurs visages, leurs lèvres, mêler leurs souffles... Un violent tressaillement parcourut le corps de son cadet, et Vincent s'interrompit avant de le toucher. Il resta d'abord immobile, puis recula pour regarder à nouveau Elhil dans les yeux. Il n'était ni hostile ni déçu. Seule l'interrogation se lisait dans ses iris sombres. Pourquoi, Elhil? Qu'y a-t-il?

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Elhil
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MessageSujet: Re: /!\ La danse des colchiques...   Dim 29 Jan - 22:06

Peut-être avait-il trop parlé…ou trop fait…
L'incertitude éteignit ses entrailles comme un lent serpent froid et mesquin. Il avait voulut répondre à la douceur que lui avait offerte Vincent, mais peut-être lui ne désirait-il pas une telle chose... Il n'était pas vraiment dans les habitudes des Ombres d'être si proches les unes des autres, mais pourtant cela faisait un bon moment que ces barrières avaient été passées, depuis l'arrivée de Vincent dans la clairière.
Elhil se sentait stupide, à présent. Il n'avait jamais su endiguer ses émotions, et son suicide devait certainement être le meilleur exemple de cette faiblesse d'adolescent.
Alors, allait-il trop loin, encore une fois…?
Elhil leva presque timidement ses yeux vers son aîné, et resta stupéfait devant le sourire qu'il affichait. Peu de personnes pourraient se vanter d'en avoir vu un pareil sur les lèvres du ténébreux Français. Il avait l'air tellement plus vivant, ainsi…sa beauté n'en était que rehaussée.
L'Indien resta un instant muet, en se contentant de fixer Vincent comme pour s'abreuver autant que possible de ce sourire, ce regard tendre. Il sentait toujours sa main caresser son visage. Il aimait ce geste, simple et complexe à la fois. Etait-il possible d'oublier en sept longues et mornes années l'indicible plaisir que procurait ce genre de contact? Elhil avait l'impression de redécouvrir des sensations, des sentiments qu'il croyait enterrés à l'intérieur de lui-même, embaumés de népenthès.
Il répondit au sourire de Vincent, avec hésitation d'abord, puis détendant l'ensemble de ses traits. Il était heureux que son aîné ne le repousse pas, qu'il ait annihilé cette crainte par son merveilleux sourire, et son regard caressant. Heureux…cela faisait si longtemps qu'il n'avait pas définit ainsi son état d'âme. Heureux, apaisé et le cœur léger comme si des papillons y voletaient en frôlant de leurs ailes ses parois sensibles.
Feu, toujours ce feu ardent et agréable. Il se répandait dans ses veines, dans chaque fibre de son être pour chasser l'hiver…une douce griserie l'envahissait peu à peu. Quelque chose qu'il avait crut connaître une seule fois auparavant, au seuil de la Mort…
Elhil plissa légèrement ses lèvres pour empêcher la remontée en surface de ce souvenir à la fois doux et cruel, et continua de regarder sans mot dire Vincent. Il remarqua à cet instant un léger et fugace changement, un peu comme si la flamme de sa douceur vacillait un moment sous un souffle inconnu.
Rares étaient les Ombres qui n'étaient pas constamment assaillies par leurs souvenirs…Elhil repensait trop souvent à son goût à sa vie d'avant, et c'était toujours les mêmes remords, interrogations qui revenaient le hanter.
L'Aryen contempla, vaguement inquiet Vincent sourciller, comme pour chasser de son esprit des visions désagréables. Il avait craint un instant qu'il ne le repousse, aussi sa main s'était-elle refermée prudemment sur celle du Français.
Il ne voulait plus qu'il parte. Il était avide de lui, de sa douceur, la chaleur agréable de ses mains, de ses mots gentils. C'était sans doute égocentrique, mais il voulait Vincent pour lui, à lui seul. Il ne voulait pas qu'il s'en aille maintenant, sinon le froid, la glace reviendraient et il sombrerait encore dans ses pleurs continuels.
Les bras de Vincent se resserrèrent autours de son corps, comme pour le rassurer, et balayer ses appréhensions. Elhil se permit un léger sourire en se blottissant comme un chat dans son giron de son maître, en attendant les cajoleries ardemment désirées. Il croisa son regard anthracite, juste avant que la voix douce et à peine plus élevée qu'un murmure de Vincent ne viennent caresser ses oreilles.
Un observateur attentif aurait à cet instant dénoté l'apparition discrète de pointes de couleurs rosées sur les joues de l'Indien, qui entrouvrit ses lèvres pour marquer sa surprise –ou son trouble.

"J…Je..."

Sa voix mourut dans sa gorge quand il vit s'approcher le visage de Vincent. Qu'allait-il faire…? Non, il n'était pas stupide, ni vraiment naïf… Mais, il n'arrivait pas à y croire.
Il était si proche maintenant. Ce n'était plus qu'une question de millimètre. Son souffle se mêlait au sien, formant dans une danse invisible mais perceptible entre leurs lèvres.
Elhil fixait avec de grands yeux Vincent, tentant de lire dans ses prunelles noires et abyssales une réponse au millier de questions qui virevoltaient furieusement dans son esprit.
Ces yeux noirs. Des yeux noirs…

Un regard pénétrant. Un sourire crispé.
"Tout va pour le mieux, Elhil. Tout va…"
Il n'est plus lui-même. Qu'est-ce qu'il lui a pris, bon sang?
Il s'approche encore et encore. Lui ne veut pas y croire. Il sent son haleine aux vapeurs éthyliques sur sa bouche, mais il ne recule. Il ne bouge plus.
"…pour le mieux…"
Une poigne douloureuse sur ses bras. Il est attiré vers lui.
Il l'aime oui, mais il ne veut pas de ça. Pas si brusquement. Jalal est son ami, il lui fait confiance, il va s'arrêter…
Ses lèvres poissées d'alcool viennent se coller aux siennes.
Il ne voulait pas, pourtant…


Cette réminiscence, aussi cruelle que brutale arracha un frémissement incontrôlable à l'ancien chanteur, qui ferma les yeux par réflexe. Pourtant le baiser ne vint pas, il sentit même le souffle s'éloigner légèrement.
Il ouvrit de nouveau, et presque aussitôt se noya dans les si beaux yeux noirs de Vincent. Non, bien sûre qu'il n'était pas Jalal…il était bien au-dessus de lui, plus doux, plus gentil, plus prévenant…il avait été stupide d'avoir eut peur.
Elhil se mordit la lèvre inférieure en lisant l'interrogation dans le regard du Français. Son cœur battait à toute allure, et si sa condition d'Ombre ne lui avait pas attribué une blancheur cadavérique, il aurait certainement arboré une jolie teinte écarlate.
L'Aryen parut un moment désorienté, puis il parvint à esquisser un frêle sourire d'excuse. Ses mains arachnéennes s'élevèrent pour encadrer tendrement le visage de Vincent, laissant ses doigts se glisser sur sa peau pâle et satinée.
Il voulait parler. Mais aucun son n'était modulé par ses lèvres entrebâillées…que lui dire, aussi? "Pardon"…?
Elhil étira un petit sourire d'excuse, et cette fois-ci ce fut lui qui approcha son visage de Vincent, avant lenteur, laissant encore une fois leurs souffles s'entremêler dans une danse chaude. Ses lèvres frôlèrent celles blanches et douces, presque imperceptiblement, faisant durer l'attente tout en conservant une certaine gaucherie due à son émoi et le manque d'habitude à la chose. Après un bref laps de temps, il les scella enfin dans un baiser sage, sans trop insister, ses mains glissant de ses joues pour se nouer derrière le cou du Français.
Son âme, et même son corps entier brûlaient, éclataient. Ce n'était pas une cage aux volatiles papillons, mais un vrai feu d'artifice qui remplaçait son coeur.
Vincent. Le grand Vincent, le Chef des Ombres, son supérieur, son aîné, son guide…il n'y croyait qu'à peine. Etait-ce un simple geste de pitié à son égard, ou pouvait-il espérer l'existence de sentiments?
Encore hésitant, la blonde Ombre s'écarta légèrement de Vincent, le souffle court et affichant sans le vouloir une parfaite mine d'adolescent énamouré mais incertain. Comment pouvoir mettre des mots intelligibles et les agencer avec une certaine logique pour exprimer ce qu'il éprouvait? Il n'y avait que le langage gestuel qui lui paraissait adéquat…et quels gestes…

[nous allons donc de dilemme en dilemme XD ça n'en finira jamais!]
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MessageSujet: Re: /!\ La danse des colchiques...   Lun 30 Jan - 0:28

[Hélas... Soit dit en passant, tu crois que je l'ai pas répérée ton histoire de petit chat ronronnant dans le giron de son maître?...]


Lorsque Elhil refusa, même à peine, de recevoir son baiser, Vincent craignit un instant d'être allé trop loin. Après tout, il n'était pas dans le comportement ordinaire d'une Ombre de faire preuve de sensualité ou de tendresse, et l'attitude de l'ancien médecin avait de quoi surprendre. Qui plus est, il n'oubliait pas que tous deux étaient des hommes, et que cela pouvait représenter une certaine gêne pour le jeune indien. Tout le monde n'avait pas réfléchi durant trente ans sur ses pulsions amoureuses avant de décréter qu'il lui était égal que l'autre fut un homme ou une femme du temps que le désir existait. C'est pourquoi Vincent n'était pas déçu par l'attitude d'Elhil. Inconsciemment, peut-être même qu'il s'y attendait. Et pourtant, cette chaleur qui irradiait dans sa poitrine, qui envahissait ses membres et réchauffait sa peau, cette chaleur de vivant dans son corps mort... Non, il n'était pas déçu: il était largement au-delà de la déception.

La caresse du jeune Indien sur sa joue le tira de sa funeste rêverie. Le sourire qui flottait sur les lèvres fines d'Elhil, ce frisson qui parcourait tout son corps et se transmettait à celui de Vincent par leur étreinte. Cette joie, oui cette joie dans ses yeux pers... Les lèvres du Français s'entrouvrirent, muettes d'étonnement devant la métamorphose du chanteur. Alors c'était cela, Elhil de son vivant, Elhil avec ses espoirs, ses doutes, ses rires? Non. L'être que Vincent tenait dans ses bras était bien plus qu'un humain. Aussi magnifique et fragile qu'un papillon encore tout frémissant d'avoir émergé de son cocon protecteur.

L'ancien interne laissa l'Indien prendre appui sur lui pour se hausser à sa hauteur et reprendre lui-même l'initiative de son aîné. Celui-ci accueillit le baiser d'Elhil avec une douceur qui trahissait sa crainte d'effaroucher la jeune Ombre, d'aller trop vite là où il lui fallait progresser avec lenteur et franchise. Alors il laissa faire son cadet, en se contentant de répondre à l'étreinte de ses lèvres sans surenchérir. Bientôt il sentit qu'Elhil désirait s'écarter un tout petit peu, et il le laissa faire de bonne grâce. Mais pourquoi chercher à mettre des mots sur ce qui n'avait pas besoin d'être exprimé? Voyant quels efforts l'Indien déployait en vain, Vincent l'interrompit d'un sourire, d'une caresse de sa main blanche sur les lèvres presque juvéniles. Plus tard. Les mots viendraient tous seuls lorsqu'il le faudrait. Pour l'instant, seule comptait leur solitude dans cette magnifique clairière, et le chant des oiseaux qui s'était atténué, comme si les petits êtres étaient subjugués par le spectacle de ces âmes vouées au désespoir qui se donnaient l'illusion qu'un retour en arrière était encore possible.

Le bras droit de Vincent passa sous l'aisselle de son cadet pour mieux resserrer leur étreinte, rapprocher leurs corps bien trop chauds pour des Ombres. Sa main libre quitta la bouche d'Elhil pour se glisser dans sa tignasse, jusque dans sa nuque frémissante d'un tel contact. Et cette fois ce fut Vincent qui l'attira à lui pour un baiser moins chaste, que de son vivant il n'avait accordé qu'à bien peu de personnes avec une telle sincérité. Qu'à une seule personne, en fait. Mais peu importait Emily pour l'instant. Seul comptait Elhil, le si doux, le si parfait Elhil, qui correspondait si bien à tout ce qu'il fallait à Vincent. La prise du Français se raffermit sur la nuque de son cadet tandis qu'il explorait plus avidement cette bouche offerte, toujours sans se départir de sa patience. Ils avaient tout leur temps.

Puis, lentement, il relâcha son emprise sur les lèvres de l'Indien, et ses paupières se rouvrirent pour exposer à Elhil son regard noir brûlant de désir et de plaisir. C'était presque un jeu, un jeu merveilleusement sérieux dont l'un comme l'autre ignorait la fin. Ils ne pourraient pas éternellement rester là, lovés l'un contre l'autre, ils le savaient bien. Mais Vincent se refusait catégoriquement à aller trop loin, trop vite: Elhil était fragile, et il ne voulait pas abuser de lui. C'était au chanteur de prendre l'initiative, et pour cela son aîné était prêt à lui accorder toutes les années qu'il lui faudrait. Il s'accorda un autre baiser, fugitif, presque volé, tout en parsemant de caresses ce corps pâle pelotonné dans ses bras. Puis il dévisagea amoureusement le bel aryen, sa main glissant en lent mouvement dans la chevelure claire.


"Prends ton temps. Rien ne presse, je ne partirai pas. Si tu veux me parler de ton sursaut de tout à l'heure, fais-le. Je t'écoute."

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MessageSujet: Re: /!\ La danse des colchiques...   Lun 30 Jan - 13:11

Etait-ce réel…? Non, c'était une question-piège à Hollow Dream.
Mais était-il vraiment possible que dans ce morne, gris et abominable cauchemar puisse subsister une part de rêve, un vrai rêve duveteux et apaisant? Elhil avait toujours cru, au long de sept années d'errances dans le Manoir des Ombres, ce c'était impossible, que cette prison resterait hermétiquement close à l'espoir, que rien de beau ne pouvait exister en ces lieux maudits, qu'il n'était rien qu'autre qu'une ombre décharnée et monstrueuse subissant le poids du passé et ne connaissant du présente et du futur que l'amertume de sa non-vie.
En une seule journée, non, en l'espace d'une heure seulement, tout avait été balayé. L'Arbre était bien "réel", les fleurs, et ce petit cardinal l'étaient aussi. Ils étaient des particules de ce rêve égaré dans le cauchemar, resplendissants, merveilleux, mais avant tout vivants.
Pouvait-on avoir l'audace, à partir de là, de se croire vivant à son tour?

Loin de cette interrogation, ne voulant même pas penser, réfléchir, peser dans son esprit les derniers évènements, Elhil souriait.
Pas ce sourire onctueux, suave et désespérément factice qu'il affichait tout le temps, pas un sourire triste, non… un vrai sourire, authentique, lumineux. S'il était possible de mourir de joie, il aurait expiré voilà un bon moment, à la seconde même où Vincent lui avait tendu la main, et l'avait serré contre lui…
Ils n'étaient plus des Ombres. Juste des Humains, pourvus de sentiments, d'une once d'espoir, bercés par ce cercle de vie colorée qui les entourait. La désillusion serait violente, mais Elhil lui voulait s'envoler plus haut, plus loin, à l'image d'un Icare qui se brûlerait inévitablement les ailes en voulant trop s'approcher du soleil. Peu importaient les retombées.
Il préférait se sentir vivant l'espace d'un instant que rester noyé dans sa non-vie pour l'éternité.

La caresse de Vincent sur ses lèvres le fit frémir de plaisir. Tout ce qu'il voulait dire, ces centaines de phrases, de déclarations semblables à une tornade confuse et fervente, il voulait les hurler, les chanter jusqu'à perdre sa voix, ou sa raison. Pour la première fois depuis longtemps, il voulait se retrouver sur scène, devant un micro et une foule noire et hurlante, et chanter, chanter comme les loups vers la Lune ou les oiseaux vers les fleurs…
Pourtant il se tut, il ferma ses yeux en écoutant la mélodie grisante des passereaux, le souffle régulier et profond de Vincent et humant son parfum, celui de l'arbre et des fleurs, de la terre fertile entre les racines.
Le Français conforta leur étreinte, et la jeune ombre sentit sa main se glisser entre ses longs cheveux blonds pour se poser sur sa nuque, le faisant frissonner doucement. Ses yeux pers languissaient sous ses paupières, alors qu'il offrait ses lèvres dociles et sucrées aux désirs de Vincent. Un baiser ardent, bien moins sage que le premier, plus profond…
L'Aryen émit un léger gémissement exalté, en tâtonnant à son tour du bout de la langue les lèvres entrouvertes de son aîné, avec une touchante gaucherie, et savourant avec une avidité contenue la chair de son amant.
Puis ils s'interrompirent. Elhil reprit son souffle, enivré par l'intensité de ce contact singulier auquel se prêtaient allègrement les Français mais qui restait un des nombreux tabous de l'Inde. Mais plus personne n'était là pour le montrer du doigt, le répudier, le mépriser. Il était avec Vincent et plus rien n'importait; l'espace, le temps, tout était aboli.
Il croisa son regard étincelant, et en retour dessina un léger sourire sur ses lèvres encore rougies de leur baiser. Il voulait lui dire qu'il était beau, incroyablement désirable ainsi, mais les mots restaient toujours emprisonnés dans sa gorge. Alors ses yeux vert d'eau parlèrent pour lui, et il y déversa tout son amour, son admiration, sa reconnaissance infinie…
Un nouveau baiser, furtif, comme l'envol des oiseaux écarlates au-dessus d'eux, suivit de caresses tendres et innocentes dont il se gorgeait comme un enfant en manque d'affection, ou petit animal blessé.
Blotti lascivement contre Vincent, la tempe au creux de son cou et une main posée sur son torse, Elhil scrutait les colchiques dansants, si irréels et pourtant bien présents, comme cet Arbre, comme cette étreinte amoureuse entre deux Ombres…
Le Français prit la parole avec douceur, tout en effectuant de la main des va-et-vient tendres dans sa chevelure blonde et éthérée. L'ancien chanteur plissa les lèvres, observant un silence pensif. Son sursaut…pouvait-il vraiment lui en parler? Il serait audacieux, voire vexant, de déclarer avoir pensé à un autre homme juste avant leur baiser.
Cependant, il éleva la voix, avec hésitation, et laissant glisser ses mains pour qu'elles aillent se nouer autour de la taille de Vincent comme pour être certain qu'il ne partirait pas:

"J'ai…cela m'a fait repenser à quelque chose…ou plutôt, quelqu'un…un souvenir assez…déplaisant…

Elhil se hissa légèrement sur le chef des Ombres pour déposer un baiser quelque part entre son oreille et la base de sa gorge, là où la peau était assez sensible aux contacts, avant de rajouter avec un frêle sourire:

"C'était stupide d'y songer…il n'y a aucun rapport. C'était totalement différent."
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MessageSujet: Re: /!\ La danse des colchiques...   Sam 4 Fév - 0:14

Confortablement installé dans le creux d'une racine, son dos bien appuyé contre la tiède écorce du vieux chêne, Vincent avait à nouveau laissé son regard se perdre dans le vague, au-delà de la limite de la clairière, au-delà des arbres décharnés et du vieux village éternellement en guerre. L'un de ses bras serrait amoureusement le corps d'Elhil, qui avait eu la délicieuse initiative de se blottir contre lui. Le Français sentait le léger poids de la tête de son cadet reposer au creux de son cou, et pour la première fois depuis longtemps il regrettait de se vêtir de manière si radicale, dissimulant jusqu'à sa gorge derrière un foulard de soie. Sa gorge qui frémissait pourtant de manière presque imperceptible à chaque fois que le souffle chaud d'Elhil lui infligeait une langoureuse et enivrante caresse.

Il ne se lassait pas de caresser la peau délicate de l'aryen, de jouer avec ses longs cheveux d'or auxquels la mort avait ôté toute possibilité de s'emmêler. Il aurait pu rester des heures ainsi, à simplement savourer cette présence lovée dans ses bras, cet être qui lui accordait soudain de la valeur, qui lui accordait la vie par un unique regard. Vincent avait oublié qu'il pût être si doux d'avoir quelqu'un à chérir et à protéger. Il était tellement comblé par ce soudain et intense sentiment de compter pour Elhil qu'il en oubliait même de désirer plus ardemment le jeune homme.

Oh, bien sûr le meneur des Ombres était loin d'être un saint, et les émotions que le corps chaud de l'Indien déclenchaient dans le sien n'étaient pas toutes des plus romantiques. Mais contrairement aux autres cas dans lesquels il avait éprouvé semblable désir (comme pour ce plaisant fantasme qu'il entretenait à l'égard de la meneuse des humains), Vincent n'avait cette fois-ci aucune hâte à dépasser le stade des baisers. Jamais il n'avait vécu plus intensément l'impression d'avoir l'éternité devant lui, et l'éternité il la voulait, pour savourer chaque seconde, chaque souffle du jeune Indien dans son cou. Pour le reste, ils avaient tout le temps de déterminer la nature exacte de leur envie de se confondre l'un et l'autre.

Et encore une fois, ce fut la merveilleuse voix d'Elhil qui tira Vincent de sa rêverie, l'arrachant à ses suaves réflexions pour le pousser à baisser les yeux sur l'ange qu'il serrait dans ses bras et qui venait de l'enlacer en retour. Un infime trouble passa dans les yeux de l'Ombre: comment cela, "un souvenir assez déplaisant avec quelqu'un d'autre"? Si Elhil associait le mot "désagréable" au fait d'embrasser son amant, ce dernier avait bien fait de prendre son temps. La situation était peut-être plus complexe que ce que Vincent pensait. Après tout, que savait-il de l'Indien, que savait-il de sa vie et de sa mort? Qu'il avait été chanteur et qu'il s'était suicidé. Rien de plus. Et pour la première fois, l'ancien médecin avait enfin la présence d'esprit de se demander ce qui avait pu conduire un garçon si beau et si gentil à se donner la mort. Avec cette crainte, sourde et soudaine, de rouvrir lui-même la plaie d'Elhil en cherchant à l'aimer.

Cette fois-ci, le baiser que le jeune indien déposa dans le cou de son aîné ne suffit pas à totalement balayer les doutes de celui-ci. La caresse des lèvres fines d'Elhil était pourtant aussi sincère que douce, mais Vincent n'en craignait pas moins le rôle qu'il commençait à jouer dans la vie de l'ancien chanteur. Réprimant le frisson (et la nouvelle salve d'envies peu recommandables) qu'induisait ce baiser, l'Ombre retint le menton de son cadet pour sonder une nouvelle fois son regard pers, en quête d'un détail qui aurait pu assombrir ces yeux pourtant emplis d'adoration. Le visage de l'Indien était d'une telle perfection, sa peau légèrement rougie par les récentes émotions était si attirante. Et ce sourire, cet exquis sourire qui réchauffait l'âme glacée de Vincent plus qu'aucun autre ne l'avait jamais fait...

Incapable de se retenir davantage, le Français attira tout contre lui le corps désiré pour embrasser avec une avidité difficilement réprimée ces lèvres au goût sucré. Etreinte qui ne dura qu'une seconde, avant qu'il ne décidât de déguster la saveur de la tendre gorge du jeune indien. Salé de la sueur, satisfaction profonde de sentir les frissons de plaisir que l'on tire à l'autre. Les lèvres de Vincent parcoururent le cou d'Elhil de bas en haut, s'arrêtant sous l'oreille pour retourner sceller cette bouche qui attirait le chef des Ombres comme un aimant. Il sentait l'inexpérience de son cadet, et cela ne l'exaltait que davantage. Il s'amusa à titiller gentiment la langue de l'Indien, caressant ses lèvres par petites touches diaboliquement électrisantes. Ses bras se resserrèrent davantage autour du torse qu'il plaquait déjà contre lui plus étroitement que de raison tandis qu'il approfondissait encore son baiser. Oh, qu'il pouvait adorer cette intense impression d'être devenu indispensable à un être aussi magnifique qu'Elhil...

Le souffle court, légèrement étourdi par son audace et son désir, Vincent consentit enfin à relâcher son emprise sur la bouche de la jeune Ombre. Avec une tendresse inconcevable, il attira la tête de l'Indien au creux de son épaule, savourant la caresse des cheveux blonds sur ses paupières fermées. Sa main avait repris son lent mouvement cajôleur dans la nuque de son cadet, dont chaque tressaillement était une récompense pour Vincent. Les yeux toujours clos, il souffla dans l'oreille d'Elhil:


"Si je te faisais peur, ou si tu ne voulais pas de ce que je t'offre... tu me le dirais, n'est-ce pas?"

La voix de Vincent avait une tonalité étrange. C'était celle d'un homme qui a l'estomac contracté par l'appréhension d'une réponse que pourtant il doit absolument connaître. Il refusait que son désir fût douloureux pour Elhil, et il préférait encore que l'Indien le repoussât clairement, quitte à laminer le coeur déjà en morceaux du Français, plutôt que d'imposer ses envies à cet être auquel il avait déjà l'impression de tenir plus qu'à tout autre chose.

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MessageSujet: Re: /!\ La danse des colchiques...   Lun 13 Fév - 21:11

Oui, c'était absolument différent.
Avec lui, il y avait eu certes des caresses, des baisers, mais ils avaient été empreints d'un désir platonique, de fausseté. C'était comme s'il avait joué la scène finale d'un film, dont il connaissait déjà le dénouement. Elhil avait joué la comédie pour la dernière fois, à la perfection…
Il ne s'était offert à Jalal qu'en cadeau d'adieu, ou peut-être aussi pour lui faire mal…

Elhil raffermit sensiblement son étreinte, comme pour dissuader ce souvenir de revenir le hanter, alors qu'il connaissait enfin une définition plus véridique de l'Amour et du Désir. Il aurait du se taire, ne pas parler et laisser s'exprimer son corps. Il n'avait pas voulut vexer Vincent, loin de là… mais il avait ressenti le fugace et étrange besoin de lui répondre avec franchise, même si cette dite réponse restait assez vague. Ce lieu, cette situation même était un peu comme un exutoire contre ses réminiscences douloureuses, cette peine qui était restée ancrée dans sa chair comme une dague…
Plus rien n'importait. Jalal, ou qui que ce soit d'autre. Son monde de trahison s'était évanouit dans la brume tendre de cette singulière rencontre…
Maintenant il ne restait que lui, Vincent, le beau Français, doux, patient et prévenant…
Ce dernier venait de saisir avec douceur son menton, pour plonger son regard anthracite dans le sien, comme interrogatif. Un petit sourire tendre se dessina sur les lèvres d'Elhil. Ses yeux mêlant les couleurs du ciel et des prairies luisaient, se plongeant et s'unissant à la nuit profonde de ceux de Vincent. Il avait déversé dans son regard, une nouvelle fois, tout son amour, son exaltation, et ce désir encore timide qui adoucissait sensuellement le moindre de ses traits. Parce qu'il ne voulait pas que l'ancien interne pense qu'il n'avait pas apprécié leur premier contact. Au contraire. Il n'avait jamais pensé qu'il pourrait se sentir aussi comblé à Hollow Dream…
L'Aryen laissa docilement Vincent reprendre ses caresses, en lui arrachant un baiser où l'on sentait une ferveur maîtrisée. Il ne cherchait pas à la forcer, et en cela Elhil lui était infiniment reconnaissant…
Dès que son amant partit à l'attaque de sa gorge, le blond étouffa plusieurs gémissements lascifs tandis que le Français parsemait de baisers cette zone particulièrement érogène chez lui. Ses mains se déplacèrent jusqu'à sa nuque pour le caresser tendrement ou glisser ses doigts dans sa chevelure aile- de-corbeau, en répliques encore hésitantes. Il frémissait avec délice, se laissant emporter par cette cotonneuse vague grisante qui alanguissait la moindre fibre de son corps échauffé.
Il avait besoin de lui. Plus que n'importe quoi ici bas. Plus que la peur de ses victimes, plus que la chaleur de cet anémique soleil sur sa peau. Parce qu'il se sentait vivant. Peut- être même plus vivant qu'il ne l'avait été avant son coma…
De nouveau il sentit ses lèvres de velours frôler les siennes avant de s'y lier dans audacieux baiser. Un ballet de leurs langues s'engagea, leurs lèvres s'unissant, ne se délaissant que pour revenir avec encore plus d'insistance.
Les gémissements langoureux d'Elhil restaient confinés dans sa gorge blanche, franchissant à peine ses lèvres visitées. Il répondait à son baiser avec toute la tendresse du monde, se laissant presser contre lui, comme s'il espérait se fondre dans son corps pour échapper à jamais au froid cruel et mordant de la solitude. Ne plus jamais être seul. Ce serait si beau…
L'Aryen se blottit contre le torse de l'Ombre, suivant avec une rêverie énamourée le mouvement régulier de sa poitrine lorsqu'il respirait. Ses paupières s'abaissèrent sur ses yeux, alors qu'un sourire, aussi délicat qu'un papillon rosé venait orner ses lèvres. Il était toujours en proies à d'exquis frissons lorsque la main fine du Français venait frôler sa nuque, laissant ses cheveux fins et éthérés se promener le long de sa peau pâle dans une caresse tout aussi troublante.
La voix délicieuse de Vincent s'éleva alors que son souffle venait chatouiller son oreille. Enième frémissement. Mais il était aussi dû aux paroles et au ton employés par son aîné…
L'Indien ouvrit les yeux, se décala avec sa lenteur habituelle du torse de Vincent pour se hisser légèrement à hauteur de son visage, le contemplant muettement. Son visage fin n'exprimait rien d'autre qu'un amour démesuré, mêlé d'une douceur tout aussi immense. C'était tout ce qu'on lisait dans ses yeux pers, dans le sourire dessiné sur ses lèvres.
L'une de ses mains s'éleva pour frôler délicatement la joue de Vincent, ses doigts décrivant une ligne invisible de sa tempe, suivant la ligne de sa mâchoire pour venir se poser sur les lèvres ô combien désirables du meneur des Ombres.
Que répondre? Il y avait une multitude de formules ardentes et passionnées qui lui venaient à l'esprit pour exprimer ses émotions toutes aussi nombreuses et inextricables. Non, bien sûr que non, il n'avait pas peur. Comment craindre une telle tendresse, une telle attention?
La gorge serrée, Elhil continua un bref instant de fixer éperdument son bien-aimé, ses doigts arachnéens suivant une danse rêveuse et aimante sur sa peau laiteuse.
Le silence installé entre eux deux faisait reprendre son intensité au concert des oiseaux, juste au-dessus de leurs têtes. Un hymne à la vie, à l'amour? Il voulait y croire. Etait-ce aussi pour ces deux choses que les colchiques dansaient avec le vent?
Des larmes montèrent lentement, mais sûrement, aux yeux pers d'Elhil. Aucune ne se déversa sur les lignes harmonieuses de ses joues, mais elles donnaient un éclat étrange à ses yeux d'habitude ternes et sans vie.

"Vincent…"

Sa voix trahissait également son émoi. Elle vibrait, belle et fragile à la fois…
La jeune ombre se blottit soudainement contre le Français, nouant ses bras fins autour de son cou et enfouissant son visage au creux de son épaule.
Il était heureux. Bien trop heureux pour pouvoir supporter cette vague déferlante de sentiments. Mais il ne voulait pas qu'il cesse, qu'il s'arrête, qu'il parte en laissant le froid l'envahir de nouveau. S'il ne conservait pas cette crainte sourde de souiller cet endroit merveilleux de sa présence, il se donnerait à Vincent immédiatement, juste pour sentir plus intimement encore cette singulière attention qu'il lui portait…et pourtant…

"Tu m'offres bien plus que ce que je mérite…"

Sa phrase fut achevée dans un murmure à peine audible, et assourdi contre la peau de Vincent. Il ferma ses yeux lentement, en l'étreignant éperdument. C'était égoïste, mais il le désirait. Juste pour lui, rien qu'à lui…et il souhaitait tant le lui prouver, de la meilleure façon qui soit…
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MessageSujet: Re: /!\ La danse des colchiques...   Mar 14 Fév - 0:47

Un sourire se fraya un chemin dans l'esprit moribond du Français, repoussa ses doutes empoisonnés pour venir fleurir sur ses lèvres, sous les délicats doigts d'Elhil. Vincent. Un nom que l'ancien interne avait toujours estimé relativement banal, sans véritable intérêt. Il avait même envisagé d'en changer après son "suicide" à Hollow Dream, mais il avait abandonné faute d'inspiration. Comme il avait eu tort de déprécier ce prénom, qui maintenant prenait une saveur si agréable dans la bouche d'Elhil. Vincent aimait cette manière que le jeune Indien avait de le nommer, avec sa pointe d'accent hindi qui semblait alors au chef des Ombres le summum de la délicatesse et de la douceur.

Le jeune être tant désiré retourna se blottir au creux de l'épaule de son aîné, là où il semblait être le mieux tandis que Vincent se sentait envahi d'un désir de protection qui défiait l'imagination. Caresses et doux contacts se succédèrent, comme si les dernières paroles d'Elhil les avaient enfin pleinement justifiés. Dans un recoin de son esprit, le Français s'étonna de cette chaleur, de cet amour sans bornes qui semblait s'être installé si rapidement entre eux. Ils étaient des Ombres, ils n'étaient plus en vie à défaut d'être physiquement morts. Ils étaient froids, tristes, seuls. Pourquoi, comment un tel changement était-il possible? Peut-être était-ce l'échange mutuelle de leurs sentiments positifs qui les rapprochait tant, peut-être était-ce la vie si intense qui régnait dans cette clairière. Oh, et puis après tout peu importait.

Sans que Vincent n'en ai vraiment conscience, ses caresses s'étaient faites moins lentes, placées plus judicieusement. Il ne s'en rendit compte que lorsqu'Elhil lui répondit, et qu'il sentit la légère main de l'Indien se glisser sous son manteau pour suivre à travers le tissu de son gilet la ligne du creux de ses reins. Les yeux noirs s'abaissèrent, rencontrèrent les yeux pers. La main droite de Vincent alla effleurer la nacre de la joue de l'ancien chanteur, en une muette interrogation qui brûlait de toute son intensité dans son regard anthracite. Vraiment? Etait-il vraiment sûr de sa demande? Son autre main se faufila à nouveau dans le dos d'Elhil, mais plus bas, bien plus bas sur les hanches que précédemment. La réponse que lui renvoya le corps fin de l'aryen fut extrêmement claire pour Vincent, et il dut déployer un effort de volonté sans précédent pour se retenir et ne pas prendre immédiatement ce qu'on lui offrait, ne pas laisser échapper d'un seul coup tout cet ardent désir qui le dévorait de l'intérieur. D'autant plus qu'il y avait encore quelque chose dans les yeux d'Elhil, une minuscule hésitation qui subsistait depuis leur rencontre et dont le chef des Ombres soupçonnait la nature...

Vincent inspira longuement, en homme qui voulait être certain de maîtriser ses pulsions. Avec douceur, il écarta Elhil le temps de se lever un peu et de se rassoir plus bas, sur un carré d'herbe plus confortable que la racine et pratiquement dépourvu de fleurs qu'ils auraient pu abîmer. Conscient que son attitude devait troubler le jeune Indien, Vincent invita Elhil à venir se rasseoir à ses côtés. Lorsqu'il lui parla cette fois-ci, il le fit presque sans le toucher pour ne pas l'influencer, tout juste avec une vague caresse sur la peau délicate de son visage.


"Ecoute-moi bien mon ange, je n'ai pas l'habitude de parler, mais je ne veux pas qu'il y ait de malentendu entre nous alors je serai explicite. Hors de cette clairière, je ne pourrais t'offrir mon affection. Jamais. J'ai trop d'ennemis, et je ne souffrirai pas que tu courres le moindre risque par ma faute. Même le manoir est contre-indiqué. Pour nous deux, il n'y a qu'ici, que ce merveilleux endroit qu'on ne peut trouver par hasard. Ce n'est pas un lieu que l'on peut souiller d'un acte d'amour, c'est notre refuge, notre seul et unique refuge. Donc si tu veux me demander... ou plutôt m'accorder quelque chose, fais-le ici et maintenant. Ou si tu ne te sens pas prêt, sache que tu as tout ton temps, et que rien ne t'empêche de remettre ceci à plus tard. Nous seront simplement obligés de revenir ici. Je ne choisirai pas pour toi, Elhil. Je peux attendre. Mais..."

Il s'arrêta avant d'achever, comme si sa voix s'estimait trop sollicitée en une seule fois. La dernière phrase qu'il avait voulu prononcer n'avait cependant pas besoin de l'être. Elle se lisait en lettres incandescentes dans le charbon de ses yeux. "Tu n'imagines pas à quel point tu es désirable, mon ange."

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MessageSujet: Re: /!\ La danse des colchiques...   Mer 15 Fév - 21:10

Le tissu était doux, agréable au toucher. En l'effleurant du bout des ongles, il ressentait avec délice de petits frissons électrisant lui parcourir les doigts.
Mais il voulait bien plus que caresser ces étoffes presque agaçantes. C'était sa peau qu'il désirait sentir sous ses mains soudainement devenues aventureuses. Il avait déjà connu l'indicible honneur et la joie de pouvoir apprécier la douceur de ses mains de pianiste et de son beau visage. Mais il en voulait plus; ce désir, cette avidité irriguait sournoisement son corps d'un feu inextinguible, anesthésiant son esprit bercé d'amour pour lui empêcher toute réflexion censée.
Des frémissements, quelques gémissements, une respiration chaude et haletante.
Elhil se sentait comme saoul, déjà enivré alors qu'il n'avait fait que mouiller ses lèvres dans cet alcool aux nombreuses dénominations. Il voulait que cette impression de félicitée dure toujours, que jamais on ne l'arrache aux bras de Vincent…que ce petit et fragile rêve égaré au milieu du cauchemar s'éternise.
Ses mains s'étaient glissées sous le manteau du Français, redessinant les lignes finement ciselées de son corps, trop, bien trop couvert de ces vêtements noirs et blancs. Mais cessant alors de se cantonner à son torse, elles s'aventurèrent avec une timidité contenue plus bas sur son abdomen. Il suivit avec une lenteur ostensible la ligne du creux de ses reins, ne marquant une pause dubitative que lorsque son regard croisa celui de Vincent.
Il craint l'espace d'un instant d'être repoussé, mais la main arachnéenne de l'ancien interne frôlant son visage dissipa cette appréhension comme une feuille au vent, ne lui laissant que l'impression d'un voile chaud et doux venait emmailloter son cœur.
L'Aryen se plongea avec délice dans les gouffres noirs et sans fond qu'étaient les yeux du Français. Il aimait –et enviait?- ses yeux, parce qu'ils rayonnaient littéralement de vie, qu'ils pouvaient parler à sa place et exprimer une multitude d'émotions que rien d'autre chez lui ne trahissait. Et peut-être aussi que contrairement à eux, ses propres yeux n'étaient que des miroirs rouillés, qui étaient demeurés ternes dès son arrivée à Hollow Dream. Il avait les yeux d'un mort, et cela le terrifiait.
Ce fut la main gauche de Vincent qui l'arracha à ses pensées et sa contemplation. Une main qui ne s'était pas placée n'importe où, par ailleurs. Sous la surprise, un tressaillement sillonna son échine, déclenchant la naissance d'un singulier mais doux brasier dans ses entrailles qui le fit caler son bassin . Ses lèvres s'entrouvrirent et frôlèrent celles à la suave saveur de son bien-aimé alors qu'il élevait légèrement la tête.
Est-ce que cela voulait dire qu'il le voulait aussi?
Son cœur s'emballa dans sa poitrine, dansant à un rythme fou pour exprimer toute son allégresse, même si une minuscule part de lui refusait toujours de croire à une telle chose.

Elhil sentit Vincent le repousser doucement, et il n'offrit aucune résistance, s'écartant docilement de son amant pour le laisser s'installer plus confortablement sur l'herbe tendre qui épousait les racines du vénérable chêne.
Le regard d'Elhil se détacha momentanément du Français pour scruter la si magnifique clairière où ils se trouvaient. Même en milieu de journée, il n'y avait jamais beaucoup de lumière pour éclairer cette maudite vallée, mais avec la lente approche de la nuit, le paysage se nimbait d'un voile gris et maussade, allongeant et entremêlait les ombres jusqu'à ce qu'elles forment enfin les ténèbres. Mais la fin du jour n'était pas encore là, heureusement.
Le blond reporta son attention sur Vincent, et s'agenouilla sagement auprès de lui, réprimant avec le peu de sang-froid qui lui restait son envie grandissante de goûter encore et encore à cette peau blanche et satinée. Il voulait plus que tout l'aimer, lui procurer ce même bien-être qui avait soudainement sublimé son âme à l'en rendre quasi humaine…
Après une fugace caresse sur sa joue, son bel amour se mit à parler, élevant sa voix suave qui se mêlait comme harmonieusement au chœur inlassable des passereaux au-dessus de leurs têtes.
Mais malgré cette incomparable douceur dans son ton, Elhil sentit son sourire s'estomper manifestement dès la première phrase de Vincent.
"Hors de cette clairière, je ne pourrais t'offrir mon affection. Jamais."
Elhil abaissa son regard subitement, plissant discrètement ses lèvres en faisant mine de contempler avec intérêt l'herbe caressante qui tapissait le sol.
Au fil du discours du Français, les phrases s'ajoutaient dans son esprit pour entreprendre une sorte de danse macabre. Alors…"après", quand ils rentreraient au Manoir…il n'y aurait rien? Ils devraient faire comme autrefois, ne s'échangeant jamais plus qu'un mot ou un regard en l'espace d'une semaine? Cette clairière, ce refuge, comme il disait…serait-ce le seul lieu où il pourrait l'aimer? Rien que d'imaginer tout cela, son cœur se serrait douloureusement.
C'était injuste. Même s'il savait que c'était égoïste de penser ainsi, il ne voulait pas attendre, se cacher ou faire semblant.
Comme cette envie qu'il avait eut de chanter, il souhait rester indéfiniment auprès de son aîné, et même si cela était impossible.
Impossible.
Le brun avait laissé une phrase en suspens, mais l'Aryen fixait toujours attentivement cette mince bande de verdure qui les séparaient, plongé dans ses pensées.
Il comprenait la décision de Vincent. C'était un sage jugement. Bien trop sage à son goût, cependant.
Lui était maintenant face à un choix. Attendre, ou s'offrir ici et maintenant. Les deux étaient paradoxalement tentantes. D'une part, il voulait regagner sa chambre pour pouvoir pleurer tout son saoul, et d'autre part…la seule idée de laisser échapper cette chance incroyable de partager un moment intime avec Vincent lui nouait le ventre.
Ce choix ressemblait perfidement à un atroce dilemme.

Un doux sifflement d'oiseau parvint à ses oreilles, aux nuances aussi complexes que simples, si agréable à écouter… Il avait longtemps pensé que les oiseaux étaient les émissaires du paradis. Cet endroit était un paradis. Un impitoyable paradis.
Ses yeux pers remontèrent lentement, faisant pénétrer dans son champs de vision les jambes, le torse, puis enfin le visage du Meneur des Ombres. Un si beau visage, et de si beaux yeux, qui brûlaient présentement d'une ferveur troublante…
L'Indien esquissa un sourire frêle mais pourtant plein d'amour, sans bouger d'un pouce ni émettre la moindre réplique.
Puis ses mains arachnéennes s'élevèrent au niveau du col ourlé d'une fine bande de fourrure de son manteau, pour le faire glisser de ses épaules jusqu'au sol, dévoilant le torse finement ciselé gainé d'une texture noire moirée qui s'ajustait étroitement à sa silhouette en laissant ses bras nus. D'un vague geste de main, il déposa son survêtement par-dessus la racine qu'occupait précédemment Vincent, sans détacher une seule seconde son regard du sien.
Puis il s'approcha à quatre pattes, d'une démarche féline et immanquablement empreinte de sa lascive lenteur gestuelle. Il se glissa ainsi auprès du Français, avant de s'installer sur son bas-ventre, calant ostensiblement leurs bassins l'un contre l'autre.
Ses lèvres ne firent que frôler celles du brun, dans un baiser évanescent et presque inexistant, puis il prit la parole, sa voix se faisant langoureusement murmurée alors qu'il le dévisageait avec une tendresse infinie:

"Je crois…que ce sera très difficile pour moi…d'attendre, et de faire comme si de rien n'était…"

L'Aryen se retint d'ajouter "pourtant, je suis très bon comédien", et laissa ses lèvres sucrées s'égarer une nouvelle fois sur le visage de son bien-aimé, jouant futilement avec sa bouche, en titillant sa commissure pour une nouvelle fois s'écarter, et déclarer dans un souffle chaud:

"Parce que…Je suis amoureux de toi, Vincent."
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MessageSujet: Re: /!\ La danse des colchiques...   Jeu 16 Fév - 1:11

Il aurait fallu être aveugle en plus d'être stupide pour ne pas percevoir la déception que les paroles de Vincent suscitaient chez Elhil, et l'ancien interne subit l'air attristé de son jeune compagnon comme un coup au visage. Il aurait dû se douter que l'Indien n'avait pas songé à cet aspect des choses, et ne pas l'aborder de manière aussi directe. Mais de toute façon il était trop tard. Le chef des Ombres ramena à lui la main qui flattait le visage d'Elhil et il se détourna avec un soupir. Lui qui voulait prendre garde de ne pas promettre à son bien aimé quelque chose qu'il ne pouvait lui offrir, voilà qui était réussi.

"Pardonne-moi."

Que pouvait-il dire d'autre? Il ne pouvait pas se raviser et se qualifier de paranoïaque, sa raison savait très bien qu'il faisait ce qui était le plus judicieux. Mais ses sentiments hurlaient d'indignation devant une telle résolution: alors quoi, il ferait semblant de ne pas voir Elhil lorsqu'ils se croiseraient au manoir? Non, bien sûr que non. Vincent s'estimait froid, mais pas - plus au point de pouvoir se détourner volontairement du jeune Indien. Cela c'était au-dessus de ses forces. Rien qu'en cet instant, ce si bref instant, il n'aimait pas quitter le bel aryen des yeux, comme si ce dernier allait en profiter pour fuir.

Le Français releva vivement la tête, mais évidemment Elhil était toujours là, si parfait petit ange aux ailes brisées... Il lui sourit, et Vincent ne put que faire de même, malgré sa soudaine certitude que le jeune homme allait lui dire non. Qu'il aimait ce visage pâle lorsqu'un sourire franc venait l'illuminer. La joie d'Elhil allait au-delà de la beauté, elle paraissait même indigne d'être désirée tant elle était pure et rare. Interrompre ce sourire d'un baiser était un crime, mais un crime si jouissif...

Vincent ne comprit pas tout de suite le geste d'Elhil lorsque celui-ci porta ses mains aux revers de son manteau. Se sentait-il déjà gagné par le froid, si peu de temps après la fin de leur étreinte? Puis le tissu anthracite glissa, découvrant le velours de la peau encore légèrement ambrée des bras du jeune Indien. Le Français sentit ses lèvre s'entrouvrir, mais aucun son n'en sortit. Il n'osait réagir, incrédule de voir Elhil décider finalement le contraire de ce que sa déception annonçait. Le manteau s'envola hors de son champ de vision, qui restait figé sur le corps si fin et délicat que lui dévoilait l'ancien chanteur. Suave et tendre promesse que ce torse divinement moulé de noir, que ces bras fins si parfaitement prolongés par des mains qui semblaient des oeuvres d'art et que Vincent avait l'impression de voir pour la première fois.

Ce fut Elhil qui prit l'initiative, tirant son aîné de l'immobilité de pierre dans laquelle ce retournement de situation l'avait plongé. Il se laissa faire lorsque le jeune Indien le poussa délicatement en arrière, contre l'écorce lisse du chêne. Sans esquisser le moindre geste, il vit son jeune amant s'installer sur son bas-ventre à présent dégagé, confondre leurs hanches et leur taille dans un éclair de chaleur, qui traversa Vincent de part en part pour s'échapper par sa gorge en un profond soupir. Il sentit les longs doigts se perdre dans sa chevelure sombre, les bras blancs venir se nouer autour de son cou avec la grâce de deux gorges de cygnes. Ces délicates lèvres dont la simple vision le rendait ivre de désir vinrent jouer avec les siennes, Elhil usant et abusant de sa position légèrement surélevée pour effleurer la bouche de son aîné sans lui accorder de véritable baiser. Les yeux clos, la tête légèrement en arrière, le Français ne put retenir un léger gémissement de divine frustration. Il était déchiré entre le désir de mettre fin à cette torture et de retenir ces lèvres fantomatiques, et celui de laisser l'Indien continuer son jeu encore un peu, encore un tout petit peu...

Les paroles sucrées qui allèrent alors se loger dans son oreille eurent raison de ses derniers doutes. Oui Elhil était d'accord, et même plus: il le demandait. Peut-on réellement tomber amoureux de quelqu'un en si peu de temps? A cet instant, Vincent aurait répondu par l'affirmative sans la moindre hésitation. Ils étaient des Ombres, pas des humains. Les émotions positives leurs étaient interdites, et le chef des Ombres comprenait vaguement pourquoi. La puissance de la joie, du désir... Les humains ignoraient de telles choses, bêtement préoccupés qu'ils étaient par leur vie trop courte et cette mort si effrayante qui guettait le moindre faux pas pour les happer. Mais les Ombres, elles, n'avaient pas à craindre ce genre de futilités. Alors Vincent su que ses belles paroles tombaient à l'eau. Jamais il ne serait capable de se passer d'Elhil, jamais il ne serait capable de renoncer à l'amour qu'il éprouvait pour lui, à cette merveilleuse drogue. Jamais il ne pourrait l'ignorer s'ils se croisaient au manoir.


"Oh, Elhil..."

Les mains de Vincent allèrent se placer sur les joues de l'Indien avec une vivacité qui trahissait sa fébrilité, et il mit fin au jeu aguicheur en scellant avidement cette bouche qui allait finir par le rendre fou si elle continuait à le titiller plus longtemps sans s'offrir à lui. Puis ses bras se dénouèrent et passèrent sous les épaules d'Elhil, ses doigts découvrant sans trop y croire les délicats replis du torse de l'ancien chanteur. Parfait, si parfait... Ses mains se glissèrent sous le tissu moulant, caressant avec délicatesse cette peau plus douce que tout ce dont Vincent avait pu rêver. Le corps d'Elhil était chaud, anormalement chaud si l'on se rappelait de sa race, mais cela le Français n'y prêtait guère attention. Il était dans un état d'ivresse bien trop avancé pour s'arrêter à de pareils détails.

Son étreinte se raffermit, retrouva enfin l'assurance que le revirement d'Elhil lui avait ôtée, et ses bras continuèrent leur remontée le long du dos de son jeune amant, entraînant avec eux ce si frustrant tissu noir qui paraissait bien rêche en comparaison du trésor qu'il dissimulait. Vincent acheva son mouvement et consentit à relacher brièvement les lèvres du jeune homme, le temps de le débarasser définitivement de son fin vêtement. Ce ne fut que pour mieux les rattraper, ramener contre lui ce corps tant désiré qui acceptait enfin de s'offrir. Le Français avait l'impression que son abdomen était fait de braises, et ce n'était pas peu dire. Les lèvres de Vincent trouvèrent celles du jeune Indien, les relâchèrent pour plonger vers la base de sa gorge, jusque sur la clavicule, puis remontèrent vers le tendre cou que le Français devinait déjà particulièrement sensible chez son cadet. Chaque gémissement, chaque frémissement de ce dernier se communiquait à son propre corps et l'embrasait davantage, même en étant atténué par cette barrière de tissu que Vincent trouvait de plus en plus énervante.

Il se força à ralentir, à espacer davantage ses baisers. Pas de précipitation, il ne voulait pas tout gâcher. Laissant pour quelques secondes les rênes à Elhil, il le relâcha pour aller dénouer le foulard qui lui paraissait étrangler sa propre gorge, puis il en profita pour se délester de son trop encombrant manteau, qu'il laissa négligemment tomber sur l'herbe à côté d'eux. Lui qui n'avait jamais aimé découvrir son corps trop glabre, voilà qu'il se maudissait d'avoir opté pour un costume qui comptait tant de pièces différentes. Comme pour se consoler, sa bouche retourna taquiner la gorge de son cadet, mordillant gentiment lorsqu'elle ne goûtait pas par petits coups de langue électriques. Et entre deux baisers, qu'il s'efforçait de prolonger le plus possible, Vincent se sentit obligé de murmurer:


"Je t'aime, Elhil. On trouvera un moyen, un meilleur moyen, c'est promis..."

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MessageSujet: Re: /!\ La danse des colchiques...   Ven 17 Fév - 12:19

Le feuillage fourni du chêne bruissait agréablement au-dessus d'eux, laissant un pâle jeu d'ombres et de lumière fade dessiner des motifs étranges sur leurs peaux.
Elhil sentait le dos de sa main placée sur la nuque effleurer de temps à autre la surface polie de son écorce, sans douceur, ni réelle rudesse.
On lui avait dit, il y a bien longtemps, que les arbres possédaient un don d'empathie…si quelqu'un souffrait près d'eux, ils ressentiraient eux-même cette douleur.
Est-ce qu'il pouvait en être de même pour un indicible bonheur?
L'Indien ferma lentement ses yeux, poursuivant avec la même agaçante retenue de parsemer les lèvres de son amant de petits baisers furtifs. Il espérait sincèrement faire cadeau à l'Arbre-Roi de cette joie intense, jubilatoire, qui faisait danser son cœur dans sa poitrine…qu'il sache que même dans cette sinistre vallée où il régnait en ambassadeur de la vie, il pouvait subsister tout comme lui des fragments de ce qu'on appelle couramment l'Amour.

Elhil entendit son diminutif soufflé par Vincent, et reposa son regard tendre sur lui, avant que de belles mains de pianiste ne viennent encadrer son visage pour sceller ses lèvres aux siennes dans un baiser ardemment désiré et attendu. Le blond lui répondit avec douceur, introduisant sa langue avec une délicate gaucherie dans sa bouche pour la sonder, trouver son homologue et le titiller presque avec amusement. Les yeux pers de l'ancien chanteur languissaient sous ses paupières devenues étrangement pesantes, laissant ses cils frémissants effleurer la peau rosée de ses pommettes comme deux délicates ailes de papillons dorés.
Une caresse sur son torse lui arracha un long et exquis frisson. Les mains de Vincent s'aventuraient sous la fine texture de son vêtement, entraînant le tissu avec elles dans l'optique de l'en débarrasser. Chaque frôlement, chaque avancée était marqué par un frémissement délicieux, et parfois ponctués d'un gémissement de plaisir confiné entre leurs lèvres unies.
Ils ne se séparèrent qu'un très bref instant, le temps pour Elhil d'ôter complètement son haut pour le laisser choir sur son manteau abandonné sur la racine.
Son torse glabre et au teint uniformément pâli par le morne soleil d'Hollow Dream était à présent à nu, à peine voilé par sa longue et fluide chevelure blonde qui cascadait de part et d'autre de ses épaules. A peine fut-il libéré de cette entrave de tissu que Vincent l'attirait de nouveau contre lui pour reprendre leur baiser, avant que ses lèvres chaudes ne décident d'attaquer sa clavicule, puis de remonter vers sa gorge tendre, lui arrachant immanquablement d'incontrôlables frissons et sursauts de plaisir.
Puis le Français ralentit la cadence de leurs caresses, et entreprit de se défaire de son survêtement et du foulard qui barrait perfidement l'accès à son cou. Elhil le regarda faire avec une discrète et indéchiffrable étincelle dans ses prunelles, se mordant machinalement la lèvre déjà rougie par leurs fervents baisers.
Il lui faudrait sans doute beaucoup de temps pour saisir le poids démesuré de ses actes présents comme futurs. Certes, il était de notoriété publique chez les Ombres qu'Elhil était plus porté sur les contacts que la moyenne de ses congénères, mais de là à s'attirer les faveurs de Vincent, l'inaccessible et si majestueux meneur de leur race…
Qu'importe la raison, la bienséance ou la sagesse.
Il était heureux ainsi, auprès d'un être aussi formidable que Vincent. Il donnerait tout pour que rien, ni le temps, ni les ennemis de son bien-aimé ou quoique ce soit d'autre ne vienne troubler ce brasier qui s'était allumé dans son cœur.
Vincent avait continué de répandre dans son cou des baisers troublants, des frôlements insupportables, le faisant gémir, haleter sous cette vague exaltante de plaisirs charnels.
Puis la voix du Français vint caresser son oreille. Et ses quelques mots murmurés eurent l'effet d'une bombe, ou plutôt d'un feu d'artifice dans le cœur de l'Aryen. Il ne devait pas exister chose plus douce que d'entendre quelqu'un vous dire "je t'aime"…
Elhil émit une sorte de gémissement proche du ronron en enlaçant tendrement son amant de ses bras nus et nichant sa tête au creux de son cou.
Il resta un instant ainsi, immobile, à savourer en lui-même l'extrême euphorie dans laquelle cette toute petite phrase le plongeait si aisément. Une promesse, de l'espoir, un mot d'amour…
Comme émergeant d'une rêverie des plus exquises, Elhil se décala légèrement du torse de Vincent, pour y promener ses mains arachnéennes et agiles, qui avec de nombreuses caresses et gestes lents, entreprirent de déboutonner son gilet et l'en délester. Ensuite, il s'attaqua au col de sa chemise, faire sauter les boutons un à un, avec une lenteur démente et prenant plaisir à caresser son torse à travers le fin tissu blanc.
Dans son interminable entreprise, il amorça un léger mouvement de bassin, le frottant sciemment contre celui de son amant en déclenchant par la même occasion un véritable incendie dans son bas-ventre et rendant ses gestes plus fébriles, empressés.
Une fois que la chemise eut rejoint les autres vêtements délaissés par leurs propriétaires, le blond resta un moment figé, contemplant doucement le torse enfin dévoilé que peu pourraient se vanter d'avoir vu. Il se pencha en avant, de longues mèches blondes ruisselant dans son mouvement jusqu'au buste pâle et glabre et colla ses lèvres sur la gorge blanche de son amant, puis déposa un autre baiser au creux de sa clavicule avant de s'attarder sur ses pectoraux, mais dévalant inexorablement les lignes habilement ciselées du bout des lèvres, avec cette sempiternelle et langoureuse lenteur dans ses mouvements.
Ses mains elles s'étaient agrippées délicatement à sa ceinture, sans chercher à la déboucler mais y demeurant seulement, comme par sourde provocation.
Il voulait faire sentir à Vincent tout l'amour qu'il lui portait. Que le Chêne, que les colchiques danseurs en soient les témoins, qu'ils puissent ressentir cet inébranlable sentiment mais si improbable en de tels lieux se mêler étroitement à la Vie qui régissait cette minuscule clairière…
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MessageSujet: Re: /!\ La danse des colchiques...   Dim 19 Fév - 21:47

Troublant renversement des rôles. Depuis la première seconde où Vincent avait senti le corps d'Elhil contre le sien, depuis la première caresse, le premier baiser, le Français n'avait eu d'autre crainte que de brusquer son cadet. Il avait soigneusement pesé chaque geste et chaque parole de peur d'effrayer ce si bel ange qui était venu trouver refuge dans ses bras. Et voilà qu'à présent c'était lui, le si impatient et si confiant Vincent, qui se laissait entraîner par l'Indien dans un manège qu'il ne maîtrisait plus guère. Et ses réflexes avaient beau revenir rapidement, il y avait si longtemps qu'il n'avait pas enlacé quelqu'un de la sorte...

Une caresse plus appuyée d'Elhil sur son torse encore drapé de tissu le ranima quelque peu et ses mains retournèrent délicatement se nicher dans l'avalanche de cheveux blonds qui dissimulait la nuque de la jeune Ombre. Pour l'instant c'était encore l'Indien qui avait l'initiative, mais le désir qui brûlait plus intensément à chaque seconde le corps de Vincent ne lui laissait pas la possibilité de rester calme. Ses lèvres vinrent gentiment glisser sur la tempe et la mâchoire de l'aryen, tandis que celui-ci commençait à déboutonner les vêtements de son aîné avec une lenteur plus qu'exaspérante. Lorsque le gilet rendit enfin les armes et qu'Elhil s'attaqua à sa chemise, Vincent ne put retenir un gémissement, qu'il étouffa dans la gorge blanche qu'il embrassait. Diabolique petit angelot qui prenait son temps, tout en sachant très bien quel tendre supplica il infligeait à son impatient amant...

Alors que les dernières boutonnières prenaient tout leur temps pour céder, Elhil changea légèrement de position, dans l'esquisse d'une langoureuse danse qui confondit un bref instant leurs bassins. Eclair brûlant, vive morsure du désir. Vincent sursauta, et son bras droit alla instantanément se criper autour des reins du jeune Indien. Le Français eut un hoquet qui ressemblait à un rire: si Elhil recommençait ce genre de taquinerie, il allait craquer, c'était pratiquement certain. Il utilisa son autre main pour arracher les quelques boutons qui résistaient et se débarasser de sa chemise. Il était si avide sentir la peau du jeune Indien contre la sienne...

Mais encore une fois, les lents gestes de son amant eurent raison de sa hâte, et Vincent consentit à maîtriser encore un peu les langues de feu qui incendiaient son bas-ventre. Les mains posées sur les hanches de l'aryen, il détailla amoureusement les traits fins penchés sur lui. La bouche d'Elhil vint caresser sa gorge enfin découverte, puis descendit le long de son torse, l'obligeant à se mordre la lèvre inférieure. Il bouillait de céder, de briser ce rythme si frustrant, et dans le même temps... La langue du jeune Indien franchit la frontière invisible de sa taille, et cette fois-ci Vincent se sentit obligé de l'arrêter. Avec douceur mais fermeté, ses fines mains capturèrent le visage d'Elhil. Il se pencha sur lui avec un délicieux sourire, son pouce passant gentiment sur la pommette de l'Indien.


"Si tu continues comme ça, je vais finir par faire une bêtise..."

Autre baiser, étonnamment calme et maîtrisé. L'air de rien, Vincent se pencha encore, en retenant Elhil dans ses bras. Puis dès qu'il le put, il ramena ses jambes sous lui pour achever son mouvement et allonger la jeune Ombre sur le dos, sur le manteau jeté "si négligemment" de côté quelques minutes auparavant. Le sourire du Français s'accentua tandis que les obélisques de ses yeux étincelaient de plus belle. Comme s'il estimait que c'était à son tour d'user de gestes excessivement lents, il retira doucement les bottes de son cadet, avant de faire de même pour les siennes. Puis il s'allongea aux côtés du jeune homme, sa jambe gauche passée entre les siennes, ses reins échauffés calés contre sa hanche.

Apparemment désireux de marquer une petite pause, il resta ainsi quelques secondes, plongé dans l'observation de ces beaux yeux pers tandis que ses doigts jouaient distraitement avec une mèche blonde. Que le jeune homme était beau ainsi, sa volupteuse chevelure rayonnant sur le tissu noir du manteau, son visage délicatement tatoué par les ombres des branches protectrices du vénérable chêne... Vincent prit tout son temps pour déguster cette image quasi divine, la graver dans sa mémoire et dans son coeur au mépris de la mort qui tentait de s'y imposer. Le bien-être et le plaisir d'Elhil lui parurent alors encore plus désirables que sa propre satisfaction, et son tendre sourire se fit joueur.

Sans transition apparente, sa main se coula le long du cou d'Elhil, alla caresser le torse dénudé tandis que sa bouche venait mordiller le creux de la clavicule opposée. Les caresses se firent plus appuyées sur le flanc du jeune Indien tandis que les lèvres de son aîné amorçaient à leur tour une lente descente le long du corps finement profilé. Les pectoraux, le ventre, si tendre et si blanc que Vincent y marqua un léger arrêt. Puis la taille, les hanches. Chaque signe de plaisir que le jeune Indien laissait échapper comblait son aîné, qui y trouvait la motivation pour se retenir encore, mettre la barre toujours plus haut... Vil et honorable désir d'amener l'autre aux confins de la jouissance, de l'entendre gémir et soupirer d'aise.

Les mains de pianiste du meneur des Ombres s'attaquèrent sans trembler à la ceinture d'Elhil. Le Français redressa légèrement la tête pour darder un regard incandescent vers le visage de son amant, avant de faire glisser l'indésirable habit le long des cuisses de la jeune Ombre, en entraînant les sous-vêtements dans le même mouvement, jusqu'au point où Elhil pouvait s'en débarasser tout seul. Petit coup de langue au creux de l'aine, comme un point d'orgue dans la provocation, puis Vincent remonta jusqu'au visage pour remercier du bout des lèvres l'ancien chanteur de se montrer à son tour aussi patient. Il n'avait pas osé défaire sa propre ceinture en premier, tellement elle lui semblait la dernière barrière capable de réprimer la dévorante envie qu'il avait de cet ange adoré.

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MessageSujet: Re: /!\ La danse des colchiques...   Sam 4 Mar - 15:27

[dsl pr ce monstrueux retard T_T]

Une lente dégringolade. Très lente, peut-être trop. Ses lèvres frôlaient, agaçaient la peau liliale de Vincent, redessinant les reliefs soigneusement ciselés de son torse et imprimant dans sa mémoire chaque détail de sa physionomie, comme s'il voulait l'apprendre par cœur, le conserver dans ses pensées le plus précisément possible, tel un second lui, un ange protecteur et aimant qui chasserait les corbeaux de la solitude et la rancœur.
Chaque réaction du Français, le moindre tressaillement, le moindre gémissement jugulé alimentait ce vif brasier qui était né dans son propre corps, et le poussait lentement mais sûrement aux summums de la satisfaction charnelle.
Ses lèvres, maintenant assistées d'une langue encore timide, jouaient sur le nombril de Vincent presque rêveusement, lui faisant savourer longuement le goût de son amant…
La ligne noire de la ceinture allait bientôt couper le territoire satiné de sa peau, freinant ou stoppant son infernale descente. Mais avant même qu'il ait pu délibérer sur sa poursuite–qui n'était pas insignifiante pour lui- deux mains, si belles, si douces vinrent encadrer son visage. Il releva son regard pers pour croiser celui paradoxalement si sombre et si lumineux de Vincent, s'y noyant avec délectation. Cependant, la phrase articulée par le Français fit apparaître de discrètes tâches rosées sur ses pommettes. L'ivresse du moment qui l'abrutissait, ou encore cette indéfectible naïveté que lui avait laissée son adolescence l'empêchaient peut-être de cerner exactement le sens de ses paroles –bien qu'il en eut une assez vague idée.

Le nouveau baiser offert par Vincent coupa aussitôt court à ses interrogations, et il ferma langoureusement les yeux en se laissant porter par la douceur indéfinissable de son étreinte. Aussi docile qu'une poupée, il se laissa étendre sur la veste, esquissant même un étrange et fin sourire tandis que son amant le délestait de ses bottes avant de s'occuper des siennes. Son regard quitta Vincent un instant pour s'élever vers la voûte sylvestre qui les abritait inutilement des anémiques rayons d'un tout aussi hypothétique soleil mourant. Si cela était possible, il figerait le temps et l'espace autour de cette clairière pour que rien ni personne ne l'éloigne de Vincent. Même s'il ne s'agissait sûrement que d'un simulacre, cette puissante impression de vie qui le pénétrait à chaque baiser, chaque caresse, était devenue indispensable, comme une drogue salvatrice dans ce monde chaotique et morne dont il était prisonnier.
Parfaitement détendu, il ne bougea pas d'un pouce, se laissant dériver sur les vagues chaudes du plaisir. Il sentit Vincent s'étendre à ses côtés, et son regard se poser longuement sur lui. Elhil détacha ses yeux bleus-verts des feuillages du chêne pour le couler vers le Français, et lui adressa un sourire doux. Une mèche de ses cheveux blonds avait été capturée par la main de Vincent, et avec laquelle il jouait distraitement sans cesser de le dévisager. Loin d'en être gêné, le jeune Aryen lui rendait la pareille, détaillant, ou plutôt dévorant des yeux son visage altier aux traits exceptionnellement détendus et pleinement expressifs, sa chevelure aile de corbeau si soyeuse au toucher, ses épaules si habilement ciselées par le "Créateur", ce torse qu'il n'avait pas suffisamment exploré à son goût et qui se prolongeait par un bassin tout aussi captivant et des jambes encore gainées de leur pantalon noir, dont l'une s'était glissée entre les siennes pour raviver plus que de raison cet ardent brasier dans ses entrailles.

Elhil entrouvrit ses lèvres lorsque Vincent plongea vers lui pour reprendre leurs étreintes et caresses. Sa clavicule mordillée par l'ancien interne lui arracha quelques gémissements étouffés, et il rejeta légèrement la tête en arrière, exalté par ces délicieux frissons électriques que le moindre frôlement lui procurait.
Tandis que les mains du Français, suivies de ses lèvres entamaient elles aussi une descente exaspérante de lenteur sur son torse, l'Indien glissa ses mains arachnéennes vers les épaules de Vincent, se coulant sur ses omoplates en laissant ses ongles de nacre glisser sur sa peau en y dessinant d'éphémères sillons clairs qui rosissaient très légèrement lorsqu'un frisson plus troublant que les autres venaient lui faire perdre le contrôle de son corps l'espace d'une seconde.
Plus le Français descendait, plus son souffle se faisait court, haletant et ponctué de gémissements lascifs, presque plaintifs devant la lenteur avec laquelle son amant s'occupait de lui. Et ses réactions ne se cantonnaient pas à l'inflexion de sa voix… un véritable incendie s'était déclarait dans son bas-ventre, du au flux sanguin soudainement centré vers dans cette partie de son anatomie. Il articula faiblement le prénom du meneur des ombres lorsque ce dernier commença à déboucler sa ceinture et amorcer un mouvement pour le défaire de son pantalon. Les yeux de Vincent s'ancrèrent dans les siens, sans qu'il puisse en retour s'en détacher, comme hypnotisé par ces soleils noir anthracite.
La caresse du tissu fuyant ses cuisses le fit frissonner, et il se débarrassa de ses derniers vêtements avec quelques vagues mouvements de jambes, qui en profitèrent d'ailleurs pour frôler Vincent avec une criminelle innocence. A présent, son désir n'était plus dissimulé par ses si frustrantes barrières aux douces étoffes, et le baiser de Vincent au creux de l'aine lui arracha un long frémissement d'exaltation qui se fit ressentir.
Son aîné remonta vers son visage, et scella ses lèvres aux siennes. Porté par un élan indescriptible, il encadra fermement sa nuque de ses mains blanches et approfondit fiévreusement leur baiser, sa langue explorant avec avidité l'intimité buccale de son amant alors que ses jambes ondulaient lascivement contre son corps.
Lorsqu'il fut au bord de l'asphyxie, il rompit le baiser pour reprendre son souffle, contemplant le si beau visage du Français. Ses mains le quittèrent pour caresser tendrement sa gorge, sa clavicule, et dégringola bien vite son torse pour que ses doigts viennent se nouer autour de cette ceinture haïssable. Un léger cliquetis, un glissement de cuir. Ses mains s'activèrent encore, faisant glisser avec une lenteur presque cérémonieuse les remparts de vêtements, frôlant ostensiblement son entrejambe pour le simple plaisir de le sentir contre sa peau ses réflexes. Une fois qu'il fut débarrassé de ces ultimes vêtements, Elhil noua ses mains dans son dos et l'attira contre lui dans une étreinte douce, savourant le contact entre leurs peaux nues. Il poussa un soupir d'aise avant de relever légèrement ses genoux, encadrant de ses cuisses le bassin de Vincent à présent collé au sien. Le feu brûlant en lui devenait insupportable, et était haletant, grisé par ces sensations brutes et pures qu'il n'avait pas eut le temps de connaître de son vivant. C'était presque douloureux d'attendre…
Presque suppliant, Elhil croisa le regard le Vincent qui le dominait. Ses si beaux yeux noirs…
L'Aryen allongea le cou pour l'embrasser plus doucement, puis fit dans un murmure chaud:

"Vincent..."
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MessageSujet: Re: /!\ La danse des colchiques...   Dim 5 Mar - 0:52

Perdu quelque part au-dessus du septième ciel, Vincent trouva vaguement le moyen d'être soulagé qu'Elhil se décidât rapidement à lui ôter son pantalon. Il s'était juré d'attendre le dernier moment et de laisser l'initiative au jeune Indien, mais Dieu que c'était dûr... Alors que ses derniers vêtements cessaient de l'importuner et qu'il pouvait enfin savourer pleinement le contact de la peau d'Elhil contre la sienne, l'ancien interne sut soudain que toutes ses craintes se révélaient infondées. Bien sûr qu'il savait quoi faire, bien sûr qu'il savait parfaitement ce que son jeune amant attendait de lui.

Le désir guidait avec une assurance surprenante ses baisers et caresses, il lui dictait aisément l'allure à laquelle il devait laisser descendre sa main le long du flanc d'Elhil, glisser sur la hanche et la fesse, contourner la cuisse et la relever légèrement pour la sentir contre son propre côté. Son autre main restait au niveau du visage du jeune Indien, comme pour canaliser légèrement cette fougue inattendue avec laquelle le jeune Indien cherchait le contact de sa bouche et entremêlait leurs langues de manière si avide qu'elle en devenait douloureuse. Et ces bras autour de son dos, ces ongles qui passaient sur sa peau en la griffant presque tant le désir qui les muait était intense...

Vincent étouffa un énième gémissement dans le cou d'Elhil. Il subissait le contact brûlant des cuisses et de l'entrejambe de son amant comme autant de terribles invitations qu'il ne pouvait plus se permettre de repousser. Il n'avait pas besoin du souffle brûlant qu'il identifia comme son nom: de toute façon il n'était plus capable d'attendre. Il devait serrer les dents tant la jouissance qui dévorait son ventre se faisait oppressante.

Incapable d'articuler le moindre mot, il se redressa légèrement et planta une dernière fois son regard noir et éperdu d'amour dans ces si belles prunelles bleu-vert. Puis, tout en ajustant d'une rapide et ferme caresse
la position d'Elhil et la sienne, il parvint enfin à se fondre en lui, d'un unique et lent mouvement des reins. Les lèvres de Vincent s'entrouvrirent tandis que ses paupières se fermaient avec une lascivité qui n'avait d'égale que l'infinie jouissance qui transparaissait dans son gémissement. Mais il rouvrit bien vite les yeux: impensable pour lui de perdre de vue le visage d'Elhil, de ne pas inscrire en lui chacune de ses expressions. Il accepta de se tordre un peu le dos pour capturer les lèvres rosées dans les siennes en un fugitif baiser, tandis que son bassin entamait de lui-même la simple et langoureuse danse qu'il réclamait.

Comment décrire ce qu'il se produisait dans l'esprit de Vincent? Feu d'artifice, vague de feu, tornade de plaisir... Belles formules, mais trop fades, bien trop fades. L'osmose n'était pas que physique, et le mouvement de ses hanches qui s'accordait à celui des reins d'Elhil n'était que la concrétisation d'un échange d'une intensité encore plus inconcevable. La jouissance de l'un devenait des émotions vives que dans son trouble l'autre absorbait sans vergogne, avant de les retourner à son amant sous une autre forme. Privilège d'Ombres, d'êtres qui n'étaient pas conçus pour l'amour et qui devaient certainement ce magnifique cadeau au majestueux arbre qui les dominait. Pas difficile de comprendre pourquoi ces créatures ne s'adonnait d'habitude jamais à ce genre d'échange: Vincent avait l'impression que son coeur miné allait lâcher d'un instant à l'autre tant l'escalade d'émotions malmenait son corps. Pour la première fois depuis trente ans, il cria, de douleur ou de plaisir lui-même n'aurait pas su le dire.

Puis vint le sommet, l'instant que l'ancien humain aurait aimé rendre éternel, interminable. Elhil, son Elhil n'était rien qu'à lui, et lui-même ne comptait plus que parce qu'il se fondait dans son si bel amant. Peu importait que le jeune Indien le griffât, de toute façon il ne sentait plus rien qui n'était jouissance. La lumière, l'herbe, les oiseaux au-dessus d'eux... Parfait, tout était parfait. Vincent avait l'impression de ne jamais avoir connu quelque chose d'aussi vif et admirable que cet acte pourtant presque banal qui consistait à jouir en l'air aimé.

Hélas le temps ne tarda pas à reprendre son court, et toute la tension accumulée dans le corps en sueur de Vincent s'évanouit avec le trop bref instant. Haletant, tremblant, ce fut tout juste s'il eut l'impulsion d'entraîner Elhil avec lui pour s'allonger sur le côté et rester encore un peu en lui, le sentir lové contre son torse et se donner l'illusion derrière ses paupières closes qu'en ne se séparant pas tout de suite de son ange il pouvait capturer encore un tout petit peu de ce bonheur inégalable. Ne pas penser à la minute qui suivrait. Rien n'avait d'importance. Juste Elhil. Rien qu'Elhil.


"Merci mon amour... merci..."

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MessageSujet: Re: /!\ La danse des colchiques...   Lun 6 Mar - 12:44

Elhil eut un hoquet étranglé. De surprise, de douleur, de plaisir? Ce pouvait être tout et rien à la fois. Rien n'importait à présent… Ses paupières s'abaissèrent langoureusement sur ses yeux alors qu'une onde chaude et douce parcourait tout son être, comme à la surface d'un lac, pour irriguer chaque fibre de son corps de cette jouissance sans nom.
Pourtant il y avait aussi de la douleur, qui tirait légèrement ses traits. Cette intrusion tant souhaitée en lui, bien que menée avec une douceur et une lenteur honorables, lui faisait mal. Mais de la douleur à la douceur, il n'y avait qu'une lettre…
Il sentit un baiser de Vincent sur ses lèvres, et il ouvrit les yeux pour contempler, muet d'amour, ce visage transfiguré par le plaisir qu'ils s'offraient mutuellement. Il aurait souhaité à cet instant pouvoir baiser chaque parcelle de sa peau subtilement rosie et luisante de sueur, pour s'en imprégner à jamais, pour pouvoir évoquer cette troublante vision quand viendrait cet abominable instant où ils devraient rentrer au Manoir, chacun de leur côté…
Le Français amorça un mouvement de son bassin, son membre allant et venant dans ce chaud fourreau de chair. Les mains crispées dans le dos de Vincent, la taille instinctivement cambrée, le jeune Indien avait de plus en plus de mal à réprimer ses gémissements, ses soupirs qui se faisaient plus sonores.
Le premier inconfort laissait peu à peu place, à chaque coup de reins, à une vague de sensations inexprimables, au-delà de tout ce qu'il avait crut connaître auparavant. Sa tête lui tournait, comme s'il ne s'était que trop abreuvé du divin nectar de l'amour. Dans son esprit, c'était une véritable tempête; il avait autant l'impression d'être vide qu'assommé par d'innombrables pensées confuses, contradictoires et absurdes.
Ses gémissements se faisaient toujours plus expressifs, se mêlant à ceux de Vincent qui brisait une bonne fois pour toute son image d'incurable silencieux, tandis que ses mains arachnéennes caressaient fiévreusement la nuque et la noire chevelure de son amant, cela étant les seuls mouvements cohérents qu'il puisse exécuter.

Certains disaient que l'orgasme était comme "atteindre le Nirvana". C'était faux, puisque le Nirvana n'était que la vacuité totale, le plus profond détachement du soi…ce qu'Elhil éprouvait à cet instant précis était bien au-delà d'un quelconque Nirvana ou autre paradis.
Un hoquet mourut dans sa gorge alors qu'il rejetait la tête en arrière, grisé par cette incomparable, si douce chaleur qui mordillait délicieusement ses entrailles à n'en plus finir. Il se libéra contre le ventre du Français, comme si la digue qui contenait toutes ses émotions s'était brisée d'un coup. Son corps frémit intensément lorsque se fut au tour de Vincent, et il resta haletant, les membres comme anesthésiés alors que son amant venait se coucher contre lui, sans se retirer. Elhil s'accorda un temps pour reprendre son souffle, tenter vainement de mettre de l'ordre dans ses pensées, en gardant les yeux clos, comme s'il était sur le point de s'endormir.
Seule la voix de Vincent le tira de sa torpeur. Si caressante voix…
Elhil bougea légèrement la tête et ouvrit lentement ses yeux pers pour les plonger dans ceux de Vincent. Un tendre sourire, infiniment doux et sincère naquit sur ses lèvres rosées de l'Indien. Oh non, ce n'était certainement pas au Français de formuler des remerciements…mais plutôt à lui. N'importe qui d'autre l'aurait laissé se noyer éternellement dans sa peine, alors que Vincent lui, lui avait permis de respirer, au moins une fois.
Le blond lui répondit par un délicat baiser sur sa joue, puis sur ses lèvres, avant de se blottir un peu plus contre lui. Il se sentait bien. Vivant? Oui, parfaitement. Heureux? Plus qu'il ne l'aurait jamais cru.
Après un vague instant de silence, il éleva à son tour la voix, bien qu'elle fut comme d'habitude à peine plus articulée qu'un murmure:

"Je me sens bien…"

Après ce petit et singulier aveu, l'Indien remua légèrement ses épaules nues et glissa une main vers son ventre pour toucher avec une innocente curiosité sa propre semence qui le maculait. Il se prit à esquisser un mince sourire troublé. Voilà, il n'était plus vierge. Enfin, si ce genre de choses pouvait encore compter dans ce monde onirique…puisque son corps était devenu poussière il y a bien longtemps, quelque part en Inde, pouvait-il vraiment déclarer cela…?
Laissant ses interrogations de côté pour qu'elles ne viennent plus troubler cet instant de félicité inégalable, l'Indien enfouit tendrement son visage dans le cou de son amant, parsemant sa gorge blanche de baisers pour savourer son léger goût salé par la sueur, ou y confondant juste leurs peaux, uniquement pour sentir un peu de cette chaleur à la fois familière et étrangère se mêler à la sienne.
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