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 Hurlements des damnés

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MessageSujet: Hurlements des damnés   Ven 30 Déc - 20:30

Dans la forêt, un cris terrifiant résonne. Un cri de terreur, de peur irrépressible. Un long son strident qui déchire les tympans de l'humaine qui se trouve là. Mais celle-ci continue à avancer. Elle ne sait pas pourquoi d'ailleurs. Simplement, elle n'aime pas être avec les autres êtres de son espèce. Elle n'est pas ici depuis très longtemps. Quelques jours, peut-être deux semaines à tout casser. Au début, elle ne comprenait pas bien ce qu'était ce monde. Elle se souvenait juste qu'avant, elle était une jolie jeune fille. Obéissante et courtoise, cachant à ses parents l'existence d'un petit ami qui chaque soir avant qu'ils ne se quittent la gratifiait d'un chaste baiser. Puis elle se rappelle que sur le chemin du retour, la tête dans les nuages, celle-ci rencontra l'avant d'un énorme 4x4. Un flash lumineux, car c'était le soir, les phares du véhicules avant l'oubli. Et le réveil dans ce village qui semble oublié depuis une époque lointaine.Une femme un peu plus agé qu'elle qui l'acceuille, et qui lui explique, alors qu'elle regarde un peu partout d'un air hébété, ce qu'est Hollow Dream. Et depuis, c'est la fuite sans fin pour échapper aux créatures qui veulent sa mort. Les attentes pendant la nuit, quand on ne dors presque pas au cas où il y aurait une attaque. Les patrouilles, une arme à la main -alors qu'elle en a une sainte horreur- pour essayer de retrouver les nouveaux arrivants. La terreur ambiante et la méfiance, car certaines créatures ressemblent de façon troublante à des être humains. On parle de cette chimère encore plus féroce que les autres, Cold, ou de cette mystérieuse et implacable Ombre, Vincent. Dans d'autres circonstances, ce serait des légendes urbaines, mais pas quand on voit les cadavres horriblement déchiqueté qui traine parfois dans le village. Comme celui qu'elle a vu sur son chemin en venant se perdre pour quelques instants dans les bois...

Le cri retentit à nouveaux. Non, décidemment, elle ne devrait pas se trouver ici. Quelque chose cloche dans ces bois, comme une menace ambiante. Elle ferait mieux de retourner dans la relative tranquilité du refuge humain. On y est serré et on y étoufe, mais au moins on n'y risque pas de perdre sa pseudo-vie. Mais au moment où elle se retourne pour partir en courant, elle voit qu'elle est perdue. Tout les chemins se ressemble ici. Peut-être est-ce par ici, ou par là. Elle cours sur quelques dizaines de mètres, puis se retourne. Non pas par là. Dans cette direction, plutôt. Ou non, peut-être... Elle ne se souvient pas. Elle crie "Au secours !", mais personne ne répond. Elle doit se rendre à l'évidence, elle est perdue.


"Que fais-tu donc, mon enfant ?"

La voix qui vient de résonner à ses oreilles est sombre et glaciale. Un étrange froid s'empare de la jeune fille. Aussitôt elle se retourne, et son arme se retrouve comme par magie dans sa main. Elle regarde dans tout les sens, mais apparemment elle est seuls dans cette forêt lugubre.

"Qui est là ? Montrez-vous, sinon je n'hésiterais pas à tirer !"

Un souffle passe derrière sa nuque, et elle se retourne immédiatemment. Mais elle ne voit rien. Juste un petit scintillement dans l'air. Un liquide chaud coule dans son dos. Elle y appose sa main, la ramène, et constate avec horreur que c'est son propre sang.

"Que d'arrogance, jeune fille. Tu te doit d'être courtoise quand tu te promène sur mes terres."

S'en sera bientôt trop pour la pauvre fille. Elle ne supporte pas la vue du sang. Déjà, devant le cadavre, il y a quelque minute, elle était pétrifiée. Mais là, elle ne connait pas la gravitée de la blessure. Elle n'a pas de douleur, et pourtant elle sent qu'un long et chaud flot écarlate coule dans son dos. Et cette voix, qui lui demande le respect. Ses terres ?

"Qui... Qui êtes-vous ? Que me voulez-vous ? Je n'ais rien fais, hje vous le jure, je ne faisait que me balader tranquillement."

Cette fois ci, la voix résonne à ses oreilles, tout contre elle. Elle sent les mains de son interlocuteur tout contre sa taille, et pourtant elle n'ose bouger d'un pouce.

"Allons, tu ne sais réellement pas qui je suis ? Voyons, tu dois bien t'en douter. Tu sais bien au fond de toi que ce que t'on raconté tes semblables est faux. Le coma, ce village... Si sombre et lugubre. Tu ne sais pas qui je suis ? Je te donne un petit indice. Notre pêre à tous m'a exilé il y a de cela bien des millénaires pour avoir voulu le détroner. Cela ne te dit rien ?"

Elle se crispe alors que les mains gelés parcourent son corps, touchant ses chairs comme s'il ne sagissait que d'un vulgaire tissu. Car maintenant elle sait qui est collé à elle.

"Oui, mon enfant. Je suis bien l'Archange Noir, et tu es dans mon royaume."

Alors elle se retourne, et son cris est jumeau à celui qu'elle entendait il y a quelques minutes. Elle s'effondre, vidée de toute substance, alors que son agresseur se délecte des ses peurs les plus profonde. Puis Meraziel se rematérialise doucement, en contemplant avec un sourire le corps aux yeux fixe et vide devant lui. Un rire morbide emplis alors toute la forêt, et les oiseaux de proie s'envole terrifiés.

[Ouvert aux vivants (slurp) et aux morts (ohhh)]
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Vincent
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MessageSujet: Re: Hurlements des damnés   Sam 31 Déc - 2:24

"Meraziel, allons..."

Une voix calme et blasée qui résonnait à la fois comme un reproche et comme un amusement. Une voix à la résonnance étrange, qui n'avait pas l'habitude d'être employée. Lentement, Vincent s'extirpa du bosquet dans lequel il attendait jusqu'à présent. Il aimait à se promener dans ces bois, dangereusement près de la tanière des Chimères. Et s'il était depuis longtemps habitué aux cris de désespoir des humains, en entendre un si proche de lui l'avait attiré, le malheur des vivants faisant toujours ce qui se rapprochait de son bonheur. Mais évidemment, si c'était Meraziel qui était à l'origine de ce hurlement, il n'y avait plus grand chose à tirer de la proie...

Les yeux sombres de Vincent s'attardèrent un instant sur le corps inerte de la jeune fille, avant de lâcher un soupir las. Non pas qu'il en voulût à Meraziel (il lui avait parlé, ce qui était déjà une superbe preuve d'estime), mais il trouvait que l'Archange Noir faisait preuve d'un manque de raffinement en s'attaquant à des proies aussi faciles. Selon Vincent, il était bien plus excitant de passer de longues heures à harceler une même victime, à la pousser à bout lentement, à se délecter par petites inspirations de son angoisse de plus en plus virulente... Etrange reconversion pour un jeune interne désireux de sauver le plus de vies possible.

Le chef des Ombres releva la tête vers son lieutenant et lui demanda d'un signe de tête parfaitement compréhensible s'il avait relevé une autre proie dans les parages: Vincent n'avait pas encore pris son déjeuner.
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MessageSujet: Re: Hurlements des damnés   Sam 31 Déc - 3:52

La voix résonna étrangement aux oreilles de Meraziel. Il n'avait pas l'habitude d'enendre son chef parler comme cela. Non, il n'avait pas l'habitude de l'entendre parler tout court. Il s'inclina légèrement devant la seule Ombre qu'il arrivait à respecter.

"Maitre Vincent..."

Il détailla au passage l'Ombre. Et repassa en vue ses souvenirs. Leur rencontre, alors qu'ils poursuivaient la même proie. Quelque chose qui aurait pu virer à l'affrontement. Puis un pacte de non-agression qui ne fut pas formulé, pour enfin arriver à la fidelité totale. L'Archange Noir avait tué pour son maitre, il serait encore prèt à le faire. Il releva les yeux et regarda vers le Sud-Ouest.

"Un groupe de Chimère chasse les humains à quelques kilomètres d'ici, et ils ont trouvés une proie. Mais en allant vite vous pourriez fort bien voler aux Bêtes leur déjeuner."

Il s'avança vers un arbre creux, s'accroupit et récupéra dedans ses lames, qu'il installa à ses avants-bras. Puis il prit une petite arbalète à rechargement automatique et la rangea dans son dos.

"Pour ma part, j'aimerai tater de ce genre d'énergumène aujourd'hui."


Dernière édition par le Dim 1 Jan - 20:53, édité 1 fois
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Vincent
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MessageSujet: Re: Hurlements des damnés   Sam 31 Déc - 17:41

Un infime sourire vint se graver sur les lèvres de Vincent tandis qu'il acceptait d'un signe de tête la proposition que lui faisait Meraziel. Patient, il accorda à l'Ombre tout le temps nécessaire à la préparation de cet arsenal qu'il persistait à emmener partout où il allait. Vincent n'était pas armé, pour sa part il préférait cultiver le pouvoir destructeur de ses mains. Qui aurait pu croire que les cours d'anatomie qu'il avait suivis avec tant d'attention dans une autre vie lui serviraient un jour en combat... Le tracé mystérieux des nerfs le fascinait, tout comme cette capacité qui était sienne de court-circuiter tout un système nerveux à la simple condition de plonger ses doigts intangibles au bon endroit...

Tout en se mettant à marcher aux côtés de Meraziel, Vincent avait sorti son éternel pendentif à la chaînette brisée et le retournait pensivement entre ses doigts. Son regard survola la forêt, puis il s'arrêta un instant sur son adjoint. Le chef des Ombres n'avait jamais demandé à Meraziel de l'appeler maître, et il avait été d'autant plus flatté de l'entendre le faire spontanément. L'Archange Noir s'était ainsi attiré le respect de son chef, voire même une sorte d'amitié. De temps à autres, Vincent s'interrogeait encore sur l'issue du combat qui avait failli les opposer. Question intéressante, à la réponse incertaine. Le chef des Ombres se savait particulièrement vicieux et hargneux au combat, mais Meraziel ne l'était pas moins et Vincent ne se donnait qu'un minuscule avantage en cas de confrontation: il était plus patient. Tellement patient qu'il lui était déjà arrivé de suivre un humain pendant trois semaines pour le harceler et le vider de son énergie vitale jusqu'à ce que mort s'en suive.

Il interrompit d'un seul coup sa marche, son bras habillé de noir s'étendant avec grâce devant Meraziel. Dans le silence épais des bois de l'Ouest résonnaient à présent des bruits de course, pas et respirations saccadées. Une étincelle de contentement s'alluma dans les yeux d'encre de Vincent: un humain à "dévorer" et quelques Chimères à exterminer, que demander de plus?
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MessageSujet: Re: Hurlements des damnés   Lun 2 Jan - 1:04

Après avoir enduit d'une poudre sombre ses armes qui luisait par trop dans le soleil qui filtrait entre les arbres, Meraziel suivit lentement le chef des Ombres. Ils se faufilèrent sans paraitre déranger une brindille ou faire le moindre bruit sur les feuilles sèches. Enfin ils arrivèrent à quelques pas du chemin que les prédateurs utilisaient pour traquer leurs proies. Celle-ci, un homme entre deux âges qui avaient manifestement des difficultés à courir si vite, apparaissait déjà au loin. Il n'y avait pas de doute, c'était un homme mort. Mais les deux Ombres préféraient de loin leur propre façon de tuer à celle plus barbare des Chimères qui arrivaient.

Meraziel fit un signe à Vincent, lui indiquant qu'il préférait attaquer d'en haut. Il grimpa adroitement le long du chène sans feuille, utilisant un ancien lierre pour s'appuyer quand les prises faisaient défauts, rendant son corps partiellement immatériel pour pallier au manque de discrétion. Il s'installa sur une branche maitresse, perdue entre les innombrales extrémités de l'arbre, et se rendit aussi invisible que possible en attendant les quelques adversaires qui devaient arriver. Et enfin il les vit au bout du chemin.

L'humain passa sous lui, mais il ne s'en occupa pas. Il était pour son maître. Ce qui arrivait quelques mètres plus loin était d'autant plus intéressant. La première chimère avait le faciès d'un vautour, un bec commençait à se former à la pointe de ses lèvres, et la supérieure se fondait déjà avec son nez. Ses bras emplumés se terminaient par trois griffes acérées. Son cri perçant agressa le oreille de Meraziel, qui fit une grimace. Derrière lui venait un être encore très humain, mais dont la particularité était d'avoir une bouche surdimensionnée qui pouvait s'ouvrire tout grand pour pouvoir déchirer de grands lambeaux de chair de ses puissantes dents. Le troisième, qui fermait la marche, avait une constitution bien plus robuste et pesante. Il était couvert de poils bruns et des griffes remplaçaient ses bras, tel un ours. Ils s'élançèrent avec une vigueur renouvelée en voyant que l'humain n'en pouvait plus. Meraziel s'apprètat à bondir, attendant un signe de Vincent.
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MessageSujet: Re: Hurlements des damnés   Lun 2 Jan - 15:16

Vincent laissa son adjoint se volatiliser sans même le suivre du regard. Meraziel était digne de confiance et savait parfaitement bien chasser, le chef des Ombres ne l'aurait pas accepté en tant que lieutenant dans le cas contraire. Vincent n'avait pas la moindre envie de garder tout le temps un oeil sur ses subordonnés. Examiner la stratégie de chasse de son allié aurait alors été insultant, sans compter qu'un regard perdu vers les arbres aurait attiré l'attention sur l'embuscade qui se préparait.

Le chef des Ombres s'écarta du chemin, son corps vêtu de noir gagnant en transparence jusqu'à presque se confondre avec les jeux de lumière du sous-bois. L'humain arrivait sur lui, éreinté, avec au fond de l'oeil l'éclat maladif de la proie qui puise dans ses dernières ressources alors qu'elle se sait condamnée. Il n'était plus tout jeune et sa viande avait certainement beaucoup perdu en tendresse. L'avantage de se nourrir de l'âme, et non du corps.

D'une détente fulgurante, Vincent jaillit au milieu du chemin forestier tout en retrouvant en un clin d'oeil son apparence normal. Sa main saisit le col de l'humain avec la précision d'une serre, l'arrêtant net au milieu de sa course. Tétanisé, l'homme tourna vers lui son visage hagard et rougit par la course. Il ne comprenait pas encore qu'il venait de tomber de Charybde en Scylla.

Le chef des Ombres le jaugea un bref instant de son regard d'obélisque avant de s'intéresser aux Chimères, qui venaient de s'arrêter à une petite dizaine de mètres de lui, juste sous la ramure d'un grand arbre qui ombrageait à lui tout seul une entière portion du chemin. Vincent ne put retenir un sourire méprisant en découvrant cette brochette si représentative de l'inesthétisme profond des Chimères. Cela ne leur suffisait pas d'être des brutes sans cervelles, il fallait en plus que leur apparence suive...

"Lâche-le, il est à nous."

La voix, grondante et menaçante, s'était échappée des crocs de celui qui possédait un orifice buccal si horriblement hypertrophié. La menace provoqua un gémissement de l'humain et Vincent sentit une courte décharge d'angoisse remonter le long de son bras pour se répandre dans ses veines. Un demi-sourire naquit sur ses lèvres. Provoquées, les Chimères s'apprétaient visiblement à se jeter sur lui lorsque celle qui semblait croisée avec un ours les arrêta soudain, les yeux écarquillés:

"Attendez... je... je crois que c'est leur chef..."

Ce fut comme si un coup de vent glacial avait balayé le chemin. L'humain poussa un cri de désespoir et Vincent encaissa une véritable marée de terreur, si forte qu'elle lui donna presque le tournis, comme s'il avait bu trop vite un excellent vin. Quel délice... et voilà qu'à cette angoisse si pure se joignaient des effluves au violent goût de gibier, de la peur en provenance des Chimères qui ne savaient pourtant pas encore que leur mort était suspendue juste au-dessus de leurs têtes. Le sourire de Vincent se fit irrépressible tandis que d'un simple coup d'oeil il invitait Meraziel à descendre se servir. Le repas allait être un festin.
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MessageSujet: Re: Hurlements des damnés   Lun 2 Jan - 23:52

Meraziel regarda les trois Chimères qui passaient en dessous de lui avec un air quelque peu impatient. L'humain était "cuit à point", mais eux méritaient qu'on s'attarde un peu sur leur préparation. Il arma son arbalète, et songea à faire feu sur une des trois cibles faciles qui se présentait sous lui. Mais à la réflection, cela n'en valais pas la peine. Il y avait sans doute bien d'autres moyens d'extirper de ces choses infâmes toutes la sève et la terreur qu'ils pouvaient contenir.

Il prit dans son grand manteau un carreaux spécial et l'arma doucement, sans un bruit. Il fit d'abord un petit signe à Vincent pour que celui-ci se couvre les yeux, puis il visa entre les trois monstres, et tira. Une forte lumière apparut et les déconcerta. Le rapace, en particulier, hurla de douleur car ses yeux avaient été complètement brulés par le flash. Il n'effectua pas un mouvement quand le carreaux lui cloua le bras à un arbre. Et quand son jumeau acheva de le crucifier. Mettant un masque morbide devant son visage, Meraziel bondit sur les Chimères, ses deux lames brandit tel l'apparition de la mort incarnée.

Pour les trois Chimères, la surprise fut totale. Mais celle-ci n'avait pas un très bon gout aux yeux de Meraziel. Tout de suite après vint la peur, et l'Archange Noir s'en délecta. Le rapace cloué à l'arbre et aveugle ne bougeait plus, du sang s'écoulant lentement de ses deux bras perforés. Pourtant, les effluves de terreur qui s'échappaient de lui ne laisaient aucun doutes quand à son état réel. Le fauve aux grandes dents, de loin le pluus courageux des trois, se jeta sur Vincent, alors que l'ours approcha prudemment Meraziel. Il était soulagé de ne pas avoir affaire avec le chef des Ombres, dont il connaissait la réputation de tueur implacable, mais affronter cet être tombé du ciel, qui avait si facielemnt désarmés un des siens, ne lui plaisait pas beaucoup non plus. Il tenta une attaque directe et puissante de ses longues griffes, mais son adversaire évita sans mal le coup, bloquant l'attaque d'une de ses lame, tandis que l'autre s'approchait à grande vitesse de sa jambe droite.
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Vincent
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MessageSujet: Re: Hurlements des damnés   Dim 8 Jan - 21:09

Vincent fut favorablement surpris par la Chimère à la bouche si monstrueuse, si bien qu'il la laissa porter son coup sans faire mine d'esquiver. La créature poussa un rugissement de triomphe, mais ses ongles acérés ne rencontrèrent que le vide froid d'une Ombre intangible. L'humain, qui n'était plus soutenu par la main transparente de Vincent, s'effondra à genoux sur le chemin, secoué de sanglots. A moitié vidé de son énergie vitale, il n'était plus en état de faire le moindre mouvement. Vincent se désintéressa donc de lui pour pivoter sur ses talons et opposer un sourire goguenard à la Chimère. Celle-ci, ivre de rage de voir ses compagnons maltraités par cette autre Ombre tombée du ciel, cracha avec hargne:

"Bats-toi espèce de lâche!"

Coup de griffe dans le vide qu'était la poitrine de Vincent.

"Allez, bats-toi!"

Autre coup de griffe. Vincent leva les yeux au ciel: ces Chimères de bas étage étaient d'un prévisible... Elles restaient amusantes, mais malheureusement jamais dans la durée. Alors que les griffes enragées s’abattaient sur lui pour la troisième fois, le chef des Ombres se glissa au travers du corps de l’adversaire pour déboucher dans son dos sans faire le moindre effort. Ahurie par cette soudaine vague de froid qui lui avait gelé les entrailles, la Chimère n’eut pas le temps de se retourner pour se défendre. Vincent avait repris sa forme ordinaire et il avait déjà pivoté sur lui-même, son long manteau virevoltant autour de lui comme les ailes d’une immense chauve-souris. La main de l’Ombre fondit sur la Chimère et frappa, seulement avec l’index et le majeur. En une seconde, trois coups. Bras droit, bras gauche, lombaires. Trois nerfs sectionnés aussi sûrement que par un scalpel. Grande Bouche poussa un glapissement de surprise mêlé d’horreur avant de s’étaler de tout son long. Ennuyeux tellement cela avait été facile.

Toujours le même demi-sourire aux lèvres, Vincent fit craquer ses doigts tout en contemplant cette forme frémissante, clouée au sol faute de pouvoir se relever avec les quelques muscles fonctionnels qui lui restaient. La Chimère poussa un autre rugissement furieux et s’efforça de se débattre, mais qui peut lutter contre son propre corps ? Et petit à petit la peur perçait sous la rage, l’angoisse du paralytique prenait forme, émanait de chaque parcelle de Grande Bouche dont les cris prenaient des accents désespérés. Vincent ferma les yeux et inspira avec délice, avant de jeter un coup d’œil vers Meraziel. Non pas qu’il pensât que son lieutenant avait besoin d’aide, mais il était curieux de voir quelle nouveauté artistique l’Archange avait inventée. La crucifixion était du plus bel effet, mais Vincent la trouvait un peu classique.

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MessageSujet: Re: Hurlements des damnés   Lun 16 Jan - 0:59

Le Rapace était terrifié, ça se sentait. C'était même délectable. Les effluves de terreurs revigoraient Meraziel, et sans doute Vincent avec. Les Chimères ne pouvaient pas gagner, pas avec cette source de nouriture juste à coté. La lame de Meraziel ne s'était pas enfonçée assez profondément dans la patte de l'ours. Même si le sang coulait à gros bouillons, le monstre pouvait toujours se mouvoir. Et frapper. L'Archange Noir évita un puissant coups de griffe qui aurait pu lui arracher la tête, puis il riposta d'une attaque éclair, ce qui eu pour effet d'ouvrir un large blessure sur le poitrail de l'Ours. L'appréhension de celui-ci se fit plus forte. Il savait qu'il n'avait aucune chance. Compte tenu de son poid, de sa blessure et de son inférioritée numérique, sa fin était proche. Pourtant il s'acharnait avec toute l'énergie du désespoir, portant de puissants coups de taille dont la puissance n'était pas illusoire. Mais enfin il n'en pouvait plus, et il se laissa tomber au sol. Une lueur rageuse dans l'oeil, il contempla celui qui lavait abattu comme rien, et qui se penchait maintenant vers lui.

"N'ais crainte, mon amis. Nous nous reverrons dans mon royaume, l'enfer incandescent."

Ces mots eurent un effet dévastateurs sur ce qui restait du mental de la chimère. En effet, avant d'arriver à Hollow Dream, elle était un prêtre, un homme pieux et juste. Se dire qu'il avait parcouru tout ce chemin pour finir là où il avait toujours redouter d'aller provoqua un aflux de peur irrépressible. Et ce n'est pas de ses blessures qu'il mouru, mais par le pouvoir vampirique de l'Ombre.

"Amusant..."

Meraziel se retourna pour contempler son maitre qui s'abreuvait des émotions de sa proie, elle-même clouée au sol. Il choisit de ne pas le déranger, le temps que Vincent dispose de Grande Bouche et du Rapace.
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MessageSujet: Re: Hurlements des damnés   Dim 29 Jan - 23:32

[Milles excuses, mon retard est d'autant plus impardonnable qu'il relève de la distraction pure et simple... ^^" Allez, un peu de sadisme pour faire passer tout ça.]


Vincent leva les yeux au ciel en secouant la tête de droite à gauche: ce Meraziel et son numéro d'envoyé de Lucifer... Mais bon, à sa décharge son attitude était plaisante, et elle venait de se révéler d'une efficacité redoutable sur la personne de Patte d'Ours. Le chef des Ombres avait toujours éprouvé une certaine jouissance (enfin, toute relative) à voir ainsi s'effondrer un esprit, à sentir un être se dissoudre dans les affres de la terreur et de la souffrance mentale. Et rien que pour lui avoir offert ce spectacle, l'Archange méritait une récompense. Peut-être pas l'humain - Vincent avait trop faim. Mais au moins le Rapace, aveugle et si élégamment cloué à son tronc d'arbre.

L'Ombre s'interrogait encore sur la valeur du présent qu'il allait faire à son subordonné lorsqu'un froid aigu transperça sa cheville gauche. Il ne cria pas, mais une fugitive grimace passa sur ses traits de marbre. Sourcils froncés, il baissa les yeux pour découvrir que Grande Bouche, bien que moribond, avait trouvé le moyen de ramper sans l'aide de ses membres jusqu'à pouvoir déchirer de ses longs crocs la chair qui était à sa portée. Combatif jusqu'au bout. Voilà qui était hautement appréciable.

Vincent rendit sa cheville intagible le temps de se dégager de l'étreinte du monstre. Il saignait, mais ce n'était pas un problème. Il s'inquiétait davantage du cuir maltraité de sa botte. Il s'accroupit, l'air serein tandis que sa main droite se faufilait à une vitesse ahurissante sous la mâchoire de Grande Bouche pour aller la saisir à la gorge. La Chimère émit un glapissement rageur, mais il était trop tard. Déjà l'air ne parvenait plus à ses poumons, n'oxygénait plus son cerveau.


"Tu t'es bien battu. Tu pourras donc dire à Satan que c'est le chef des Ombres qui t'envoie à lui."

La créature ne parut pas excessivement heureuse de l'honneur que Vincent lui faisait en lui adressant la parole. Il faut dire que l'angoisse de ne plus pouvoir respirer l'étouffait plus sûrement que la main de l'Ombre, si violemment qu'elle avait déjà suffit à l'ancien interne pour refermer sa blessure à la cheville. Bien malin celui qui aurait pu dire si la Chimère décéda à cause du manque d'oxygène ou de l'énergie que Vincent lui volait. Le chef des Ombres serait bien tenté de prétendre que ce fût les deux en même temps. Puis l'être fantômatique se releva, essuyant de son mouchoir blanc sa main souillée de sueur de Chimère. Il eut un signe de tête pour Meraziel, un léger sourire aux lèvres: l'Archange n'avait qu'à se servir à loisir sur le Rapace, après tout c'était lui qui l'avait chassé.

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MessageSujet: Re: Hurlements des damnés   Sam 25 Fév - 2:24

Une expression boudeuse se peignit sur le visage de Meraziel. Aprés les paroles de son maître, il ne pouvait plus jouer à son traditionnel numéro de maitre des enfers. Vincent était cruel de lui voler son jouet. Mais il lui donnait le Rapace. Un amusement contre une friandise, le marché était équitable. C'est donc avec un sourire de déférence qu'il salua son supérieur, et se dirigea vers la créature crucifiée, dont la vue semblait revenir. Trop tard, Meraziel lui creva les yeux d'un geste sec. Hurlement de douleur, les sensations exudés avaient un goût sombre et fort. Pas le rance d'un humain enterré depuis longtemps dans une tombe. Sortant un scalpel de sa ceinture, l'Archange le fit courir sur la peau de la Chimère, déchirant doucement les muscles, alors que la souffrance paralysait peu à peu le supplicié.

"Ca risque de durer longtemps, maître Vincent. Je ne voudrais pas vous retenir."

Rhétorique inutile, bien entendue, car le chef des Ombres agissait comme il le voulait, sans considération du milieux ambiant. Non, il fallait juste que la Chimère sache qu'elle allait souffrir pendant plusieurs jours et nuits. Rapace comprit apparemment, car son coeur déjà rapide se mit à tripler de vitesse. Effluves de peurs qui faisaient courber de Plaisir son bourreau.

"Oui, ça va durer même très longtemps. Son âme ne va pas sortir immédiatement, n'est-ce pas mon petit ?..."

Pour toute réponse, le corps crucifié se tordit dans un craquement sourd, les flèches qui le tenaient à l'arbre explosèrent et il tomba sur Meraziel. Sans vie. Doucement, l'Ombre se releva, déplaça du pied le corps qui le génait et s'en revint vers le maître.

"Finalement, ce fut nettement plus court que prévu. Que faisons-nous, maintenant ?"
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Vincent
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MessageSujet: Re: Hurlements des damnés   Mar 7 Mar - 0:15

Vincent ne put retenir un rire dépourvu de toute joie lorsque Meraziel écarta d'un coup de pied boudeur la carcasse de son jouet prématurément cassé. Non pas que le chef des Ombres se moquât de son lieutenant - cela ne lui serait pas venu à l'idée. Il trouvait simplement risible cette fragilité des Chimères les plus récentes. Meraziel n'avait pas eu de chance: avec une petite dizaine d'années post-mortem de plus, Rapace serait devenu un repas absolument délectable, un bon gibier au goût aussi fort qu'appréciable. Pas comme l'humain, que Vincent avait tué sans presque s'en rendre compte tellement l'âme suppliciée de l'homme se disloquait de terreur.

Lentement, le chef des Ombres promena son regard anthracite aux alentours, avant de se choisir un arbre mort convenablement couché au bord du chemin. Il écarta son manteau d'un geste ample avant de s'asseoir, l'air toujours aussi contemplatif. Il semblait étrangement en accord avec ce paysage gris, entité surréaliste échappée d'un vieux film en noir et blanc. Puis, comme s'il s'était soudainement décidé, ses iris sombres vinrent soudainement se braquer sur son lieutenant. Il parla d'une voix calme et posée qui annonçait clairement qu'il ne se répéterait pas:


"Meraziel, ce n'est pas pour rien que je suis venu me nourrir sur ton territoire. J'ai besoin de toi, et vite."

Il s'accorda une petite pause, comme si sa voix trop rarement utilisée n'admettait d'un certain nombre de mots à la suite. Il croisa les bras tout en continuant à fixer son interlocuteur de son insondable regard.

"J'ai surpris des rumeurs selon lesquelles Cold et Mary Mallone auraient eu une petite discution à une fenêtre du refuge, il y a peu. Si tu sais quelque chose à ce sujet, je te serais très reconnaissant de me l'apprendre. Dans le cas contraire, je pense qu'une enquête serait la bienvenue."

Son discours employait des termes relativement neutres, mais son ton marquait très clairement son inquiétude: quelque chose qui relevait du pressentiment lui indiquait qu'il y avait anguille sous roche. Pourquoi le chef des Chimères négocierait-il avec la meneuse des humains? Une coalition? Non, quelle idée: les créatures ne pouvaient collaborer avec les humains, c'était du délire. Mais pourquoi, alors?

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MessageSujet: Re: Hurlements des damnés   Mar 25 Avr - 22:49

"Une discussion ? Comment ces deux-là peuvent-ils discuter ? Après tout ce temps à s'être entretués..."

Meraziel s'adossa à un tronc d'arbre. Dans cette position, il réfléchissait ben mieux. Si les Ombres se retrouvaient face à une coalition, ce serait extrèmement néfaste. Pour commencer, le manoir n'avait aucune caractéristique d'une position défensive. On pouvait, si l'on était un peu doué, enrer et sortir comme dans un moulin. De plus, les Ombres n'avait pas la force numérique et le pouvoir nécessaire pour combattre deux adversaires à la fois.

"Si ce que vous dites est vrai, maître Vincent -et je ne met pas en doute vos paroles-, nous sommes devant un des plus graves problème que nous ayons rencontrés. Peut-être le pire."

Il y aurait toujours des Ombres, de toute façon, mais Meraziel se fichait pas mal de la pérénité de son espèce. Ce qui le concernait, c'était sa survie, ainsi que celle de ses camarades qu'il estimait. Peu de monde en vérité. Mais dans un sens, il était responsable des Ombres à ses ordres indirects.

"C'est entendu, je vais aller trainer du coté de ce qu'ils nomment pompeusement le Refuge. J'en saurait vite beaucoup plus sur leurs intentions."

Sur ce, et après un salut bref et courtois, il disparut entre les arbres.
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MessageSujet: Re: Hurlements des damnés   

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Hurlements des damnés
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