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 Chant d'Automne

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Rosace D
Invité



MessageSujet: Chant d'Automne   Dim 12 Nov - 1:50

Des pas flottants, des pas dansants. Ils l'avaient menée là. Elle qui errait sans se soucier de rien. Elle qui mourrait sans plus souffrir de rien. Solitude. Ce n'était qu'une malade mentale parmis tant d'autres. Pour elle, ce n'était pas grand chose.
Elle s'avança, reine de tristesse. Posa ses mains sur la rembarde. Fit voler son regard loin. Aussi loin qu'il le pouvait. Aussi loin que ses pensées.
Elle avait presque l'impression de les voir. Les grands arbres aux feuilles rouges orangées. Parfois dorées. Encore un peu vertes. Elles tombaient. Des pluies colorées. Des rêves pour les yeux.
Ce qu'elle nommait Automne d'or.
Avant. Avant qu'elle ne perde tout. Avant qu'elle ne perde la tête. Avant qu'il resurgisse dans sa vie.
Elle était morte.
Rien n'était beau maintenant. Tout était gris, tout était noir. Quelques petits détails insignifiants étaient blancs. Pas assez pour arracher un sourire à l'ancienne psychologue. Pas assez pour lui rendre sa splendeur d'avant.
Elle tendit son buste en avant, tira son cou et sa tête en arrière. S'étira de tout son long comme le faisaient les chats. Sauf qu'ils le faisaient sur le sol, à plat. Et elle, au bord du vide.
Qu'avait-elle à perdre ?
Elle ferma les yeux, les ouvrit.
Vit une fois de plus la vérité. Ce n'était pas un rêve. Ou alors, il était vieux. Et elle ne s'échapperait pas.
Des arbres nus. A perte de vue. Des petits chemins, de petits animaux... Mais même eux. Ici, tout était dangereux. Elle haïssait tout. Elle ne pouvait même pas vivre sa mort en paix.
Mais elle ne s'en plaignait pas. Elle faisait son travail.
Si cela était un travail.
La première fois qu'elle l'avait vu, elle avait faillit pleurer. Il était beau, il était seul. Encore dans toute la splendeur de sa rage naissante contre les humains.
Et elle avait sut que ce serait lui qui les guiderait. Qui la guiderait.
C'était ainsi. Ca ne s'expliquait pas.
Par après, elle ne l'avait plus vu souvent.
Oh non... Et elle c'était montrée blessée par ce fait.
Mais il avait ses devoirs.
Elle les siens.
Elle n'était pas réellement une combattante. Ou si peu. C'est pour cela qu'elle avait contribué à l'avancement des recherches des Ombres. Elle espionnait. Elle écoutait. Et forcait parfois.
Voila comment cela marchait.
Elle était une veuve noire qui attendait que les mouches viennent dans ses filets. Une lumière trop vivre pour être vraie qui attendait les papillons de nuit au détour du chemin.
Attirante, douce, gentille.
Quelle belle facade.
Alors que derrière, elle était plus monstrueuse que bien des êtres.
Calculatrice, froide. Elle ne parlait jamais sans raison.
Elle avait passé ce stade.
A nouveau, ses yeux se forcèrent. Fermer, ouvrir. Tout cela sans pleurer.
Sans se laisser envahir par la douleur qu'elle ne doit plus ressentir.
Elle ne s'en donnait pas le droit, malgré ses airs d'âme en peine.
Un coup de vent souffla une douce mélodie au-dessus de sa tête. Sa longue robe noire, resserrée à la taille par une ceinture de dentelle qui retombait par après au-dessus de la jupe, claqua à ses chevilles.
Ses longues manches amples, resserrées de la même façon sous ses épaules, se retroussèrent un instant sur une peau trop claire.
Grisatre même.
Plus rien de naturel.
Ses cheveux devant son visage, elle se cachait de tous et de tout. Même d'elle-même. Elle ne pouvait plus supporter.
Et puis, on ne voit pas un visage, il est facile de se laisser abuser... Oui...
Perdue dans ses pensées, elle vint toute seule.
Sans qu'elle le lui ait réclamé, juste pour accompagner le vent aux sons douloureux.
Comme si le corps devait s'occuper indépendament de l'esprit.

"Et qui tombent sans un bruit
Je vois disparaître ta vie
Dans un ciel encore rougit

Ne pars pas, Automne, je t'en prie.

Et qui fanent sans douleur
Je vois l'ode de ton malheur
Dans un ciel sans couleur

Ne pars pas, Automne, pour mon coeur.

Et qui volent dans la brume
Je vois glisser ta plume
Dans un ciel d'amertume

Ne pars pas, Automne, sous la lune.

Et je suis morte par toi
Je vois ton heure de trépas
Dans un ciel qui n'est pas là

Ne laisse pas l'hiver faire sa loi.

Ne le laisse pas dans mon coeur..."


Aussi légère que sa porteuse. Aussi douce qu'une caresse. Aussi belle que la vie. Aussi triste que la mort...
Les yeux rivés vers le ciel, l'Ombre solitaire chantait...
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