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 /!\ Interrogations et rencontre dérangeante

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Mary Malone
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MessageSujet: /! Interrogations et rencontre dérangeante   Ven 4 Aoû - 13:14

Une mince silhouette se dirigeait d'un pas rapide et régulier vers l'ancienne bibliothèque. On était en plein jour, mais le brouillard persistant empêchait les rayons solaires de réchauffer l'atmosphère. Aussi, le jour était-il d'une pâleur et d'une luminosité maladive. La silhouette était enroulée dans une cape noire et jetait de fréquents coups d'oeil autour d'elle. Enfin, elle parvint au seuil du bâtiment et s'arrêta un instant pour observer les lourdes portes de bois sculptés. Elle poussa les lours battants et pénétra dans la bibliothèque.

Après un coup d'oeil général rassurant quand à la présence d'éventuels intrus, la silhouette se débarassa de sa cape, révélant ainsi une jeune femme au teint cuivré et aux longs cheveux noirs brillants. Elle était d'une beauté stupéfiante, exotique. Elle portait un pantalon de cuir noir, très moulant et un débardeur rouge sang. Ses yeux verts, félins détaillaient la pièce. Il y avait un fouillis indescriptible dans cet endroit. Les livres jonchaient le sol, les tables qui servaient habituellement à consulter tranquillement un ouvrage étaient disloquées, retournées.

La jeune femme soupira. Elle ne savait pas exactement ce qu'elle était venu faire ici. Elle avait trop de questions en tête. Et elle savait que cette bibliothèque avaient d'étranges facultés. Mary Malone, meneuse des humains, doutait. Elle était troublée, c'était visible, mintenant qu'elle pouvait cesser de se dissimuler derrière son masque de chef.

Elle n'était pas certaine que cette alliance avec les Chimères soit une bonne chose. Comment faire confiance à ces créatures? En temps normal, jamais elle n'aurait accepté. Mais Cold était venu la voir après l'épisode de l'église... Rien que d'y penser, la colère embrasait son coeur! Maudit Vincent!

Décidée à ne plus penser à ceci, elle se promena parmi les étagères. Peut-être que la bibliothèque lui fournirait d'elle-même des réponses, sans qu'elle ait besoin de connaître les questions. Faible et utopique espoir. C'est alors que son pied tapa contre une pile de magazines et de revues. Curieuse, elle s'accroupit et prit celui du dessus. C'était une revue médicale. Revue qui parlait d'un jeune interne. Son coeur manqua un battement en reconnaissant l'homme. Furieuse, elle jeta la revue.


- "Mais qu'est-ce que tu me veux à la fin!"

Elle avait crié, excédée! Evidemment, elle était seule et cela ne servait à rien sinon à évacuer sa colère. Ou à la signaler aux créatures rodeuses. Elle perdait tout son bon sens! Ce qui la mettait vraiment en colère, ce n'était pas le fait qu'il se soit permis de l'embrasser, mais bel et bien le fait qu'elle y ait pris goût. Et depuis, ce baiser tournoyait dans sa tête, sans relâche, la rendant folle. La jeune femme se laissa tomber à terre et poussa un gros soupir qui avait des allures de sanglots retenus. C'était épuisant de se montrer fort tout le temps. Surtout lorsqu'on avait ses propres tourments. Et elle ne pouvait en parler à personne. Elle n'osait pas. C'est donc assise par terre, les bras entourant ses jambes ramenées contre sa poitrine, que l'ombre la trouva.

[A toi Vincent Wink ]
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Vincent
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MessageSujet: Re: /!\ Interrogations et rencontre dérangeante   Ven 4 Aoû - 17:17

Lorsque l'on est mort et que l'on dispose donc de l'éternité pour exécuter ses plans, il est tout naturel d'apprendre le sens du mot "patience". Certes, ce concept semblait franchement passer au-dessus de la tête des Chimères, mais les Ombres étaient de meilleures élèves. Vincent en particulier, et il n'en était pas peu fier. Son record personnel s'établissait à douze jours, douze jours à se dissimuler dans un coin de la chambre d'une humaine pour mieux dévorer la moindre de ses angoisses.

La pauvre fille avait passé deux semaines de cauchemar, se sentant perpétuellement observée, toujours épuisée... d'autant plus que ses nuits se résumaient à l'attente fébrile de son approche à lui. Lui, le monstre qui avait découvert par elle ne savait quel moyen que son propre père abusait d'elle dans ses plus jeunes années, le monstre qui prenait un immonde plaisir à venir rôder près d'elle la nuit tombée pour caresser fugitivement son visage baigné de larmes, avec des gestes qui ressemblaient cruellement à ceux de son géniteur. Elle en était même venue à souhaiter que l'intrus passe à l'acte une bonne fois pour toute. Mais Vincent n'était qu'un joueur, un pervers qui n'éprouvait nullement le besoin de faire souffrir physiquement pour contenter sa faim. Il s'était délecté de l'angoisse de cette jeune fille, et lorsqu'elle avait commencé à perdre la raison, il l'avait achevée. Les âmes délitées par la folie n'avaient aucun intérêt gustatif, et le Français n'était pas du genre à jouer avec la nourriture.

Puis Mary Malone était arrivée, et Vincent avait été au regret d'abandonner ce genre de harcèlement: il n'était plus aussi simple de se dissimuler dans le refuge des humains. Pour cela comme pour beaucoup d'autres détails, le chef des Ombres était on ne peut plus excédé par l'insensée témérité de la jeune métisse. Enfin quoi, si les humains se trouvaient en sécurité à Hollow Dream, où allait-on?... Il était donc peu dire que l'ancien anesthésiste était content de sa petite taquinerie au sein de la vieille église. Quel délice pour lui de sentir cette impertinente jeune femme en position instable, de réaliser qu'elle ne se cambrait pas que d'horreur sous son baiser et que même si c'était par le biais de la rage et de la honte, il pouvait avoir une emprise sur elle... Elle lui avait tiré dessus, elle avait osé le blesser, et il n'avait pas l'impression de lui avoir rendu la monnaie de sa pièce. Oh non. La dette que Mary Malone avait envers lui ne pouvait être remboursée par un simple baiser volé.

La patience. Patience de surveiller attentivement le refuge humain, dans l'attente d'un faux pas. Vincent ne laissait ses subordonnés s'en charger que pour aller se nourrir ou rendre visite à Elhil, ses deux seules nécessités vitales. Le reste passait après cette obsession que la métisse avait fait naître en lui. Il la voulait, il n'attendait que le moment où il pourrait à nouveau sceller ces lèvres des siennes pour en aspirer tout l'espoir et la joie de vivre. Il ne ferait que rétablir un équilibre rompu par Mary: les humains étaient des proies, et ils n'avaient pas à se rebeller.

Deux semaines après le début de sa surveillance, Vincent put enfin saisir une occasion de se retrouver seul à seul avec la jeune femme. Embusqué derrière les fenêtres opaques du Cardinal's Jail, il l'avait vue se faufiler hors du refuge pour remonter la grand rue en rasant les murs. Précautionneux, il avait accordé un maximum de transparence à son corps toujours vêtu de noir avant de lui emboîter le pas. Jusqu'à la bibliothèque. En la voyant entrer dans le vieux bâtiment, Vincent ne put retenir un sourire satisfait: c'était un endroit parfait pour un petit tête-à-tête. Il se faufila jusqu'à l'entrée et il venait de traverser la porte, lorsqu'il entendit un bruit de papier froissé accompagné d'un cri qu'il crut bien (à raison) adressé à lui-même... avant de réaliser qu'il était toujours presque invisible et que Mary n'avait décemment pas pu déceler sa présence.

L'ancien interne fit quelques pas dans la petite salle, un peu surpris de trouver sa proie tant convoitée dans un tel état d'égarement. Ce n'était pas drôle s'il ne pouvait pas lui-même détruire une à une toutes ses défenses... Vincent récupéra une apparence plus visible, mais toujours intangible: il n'avait pas envie de se prendre une balle d'entrée de jeu. Souriant d'un air gourmand, il émergea de l'ombre, en faisant sciemment craquer le parquet pour marquer sa présence. Son regard croisa celui de Mary, et il se demandait s'il allait parler ou pas lorsque son pied à peine palpable rencontra le cadavre d'une revue dont le contenu avait visiblement déplu à son dernier lecteur. Amusée, l'Ombre ramassa le magazine dans l'intention manifeste de demander à Mary ce qui avait pu l'énerver à ce point-là dans ce pauvre tas de papier, lorsqu'il trouva lui-même la réponse à sa question.

Vincent perdit son sourire quand son regard tomba sur la une de la revue. Les gros titres parlaient de coma, d'une "expérience folle". En haut, la mention "février 1990". La photo devait plutôt dater de 1983, pas plus, un an avant la mort du modèle. L'Ombre se rappelait vaguement du journaliste qui l'avait prise, après une interview qui avait duré deux bonnes heures pour finalement être résumée en dix lignes à la fin d'un article sur le coma carus. Evidemment, Vincent n'était alors q'un simple étudiant un peu plus brillant et passionné que la moyenne, il n'était pas encore décédé en tentant d'appliquer ses théories. L'ancien interne haussa les épaules et rejeta la revue aux pieds de Mary, tout en disant d'un ton neutre:


"Je n'ai jamais apprécié cette photo."

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MessageSujet: Re: /!\ Interrogations et rencontre dérangeante   Sam 5 Aoû - 15:25

Ce fut un craquement qui la tira de sa méditation sinistre. Son coeur manqua un battement alors qu'elle prenait conscience qu'elle n'était plus seule dans la vieille bibliothèque. Oh Seigneur... Comment avait-elle pu se montrer assez négligente pour baisser ainsi sa garde? Il n'y avait plus qu'à trouver un moyen de s'en sortir maintenant... Alors, Ombre ou Chimère? Elle opta pour la première : les Chimères n'avaient pas la subtilité nécessaire pour approcher si doucement. Cependant, elle aurait préféré avoir affaire à ces dernières : le Pacte les empêchait d'attaquer l'humaine. Enfin... en théorie.

Mary releva légèrement la tête et croisa le regard charbonneux de Vincent. Elle ne savait pas si elle devait rire ou pleurer de voir ainsi celui qui la mettait dans un tel état. Ce n'était pas possible! Il devait la suivre pour apparaître exactement à ce moment! Vincent souriait de la voir ainsi sans défenses. Puis, son pied rencontra le magazine et alors qu'il perdait son sourire, Mary retrouvait le sien. C'était assez amusant de le voir perdre ainsi de sa superbe. Il haussa les épaules et jeta le magazine, s'exprimant d'une voix neutre. Un peu trop neutre d'ailleurs.

La jeune femme détailla l'Ombre, notant au passage que celle-ci n'était pas tout à fait tangible. Son sourire s'accentua. Vincent... Quel dommage qu'il soit son ennemi et surtout... mort. Un brillant étudiant en médecine, beau gosse pour ne rien gâcher. Oui, la vie jouait de sales tours.

La métisse se releva alors gracieusement, dans une attitude décontractée. Enfin en apparence. Parce qu'à l'intérieur, elle était plus que tendue. Elle avait deux pistolets à sa ceinture, mais ses mains ne s'en approchèrent pas. pas encore. Au lieu de ça, elle s'adossa à une bibliothèque et croisa les bras, un sourire moqueur aux lèvres.


- "Tu es difficile Vincent. On ne peut pas tout avoir. C'est déjà bien beau d'avoir son nom et sa photo dans les tabloïds... Ah la célébrité..."

Son regard vert était rivé dans celui de Vincent.

- "Même la célébrité post mortem est toujours bonne à prendre..."

Son sourire disparut, remplacé par une expression dure.

- "Qu'est-ce que tu fais ici? Cela t'amuse de me suivre? Tu n'as rien d'autre à faire? Une pauvre âme à terroriser?"
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MessageSujet: Re: /!\ Interrogations et rencontre dérangeante   Lun 7 Aoû - 0:25

L'Ombre ne bougea pas d'un pouce lorsque l'humaine se releva - on ne pouvait pas le toucher, qu'aurait-il pu craindre? Elle était aussi belle que dans son souvenir, belle de manière insolente avec ce débardeur rouge vif qui tranchait avec le deuil perpétuel de la petite ville. Sans parler de ses yeux verts, littéralement brûlants tant ils étincelaient de vie et d'espoir. Elle plaisait à Vincent, elle lui plaisait beaucoup. Pas comme il appréciait l'apparence d'Elhil (oh non, de loin pas de cette manière), mais plutôt... comme le tigre à l'affut pouvait apprécier les fines lignes du corps de la biche qu'il guettait. Mary était belle à ses yeux parce qu'elle était en vie, parce qu'elle pensait sérieusement qu'elle se réveillerait un jour. Elle était tout sauf "une pauvre âme à terroriser". Et c'était pour cela qu'il la voulait.

Vincent cessa de caresser la jeune femme du regard pour baisser les yeux jusqu'au magazine qui gisait toujours à ses pieds. Il n'aimait effectivement pas cette photo, mais tout cela était si loin à présent... Il n'avait absolument plus rien à voir avec ce garçon naïf qui souriait d'un air coincé à l'appareil photo. Plus rien à voir avec ce gamin capable de se laisser stupidement pousser dans la Saône par une bande de sales gosses. Avec cet idiot qui croyait vraiment pouvoir abattre les murs d'Hollow Dream à lui tout seul.


"Il te fascine, n'est-ce pas?"

Il avait parlé d'une voix basse, faussement douce, tout en désignant le magazine d'un geste du menton.

"Lui. Korbaz. Le gentil, mignon, intelligent ex-futur docteur Korbaz. Ton tendre époux doit lui ressembler, je parie."

Il ne fallait pas s'appeler Sherlock Holmes pour remarquer l'alliance qui ornait la main gauche de la métisse. Elle la portait donc au moment de l'accident (quel qu'il soit) qui l'avait amenée dans cette charmante vallée. D'ailleurs, Mary était bien le genre de femme à ne jamais ôter cette bague. Comme c'était touchant. Vincent faillit se mettre à rire, mais il se retint. Ricaner sans que votre cible ne comprenne pourquoi n'avait aucun intérêt. Il se contenta de continuer à sourire, en dévisageant la jeune femme par en-dessous, en dardant sur elle son pénétrant regard noir. Cela valait bien la peine de parler, cette fois.

"Manque de chance, il est mort. Mais tu n'as pas besoin de le regretter, il t'aurait déçu. Lui n'aurait jamais osé t'embrasser, dans l'église."

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MessageSujet: Re: /!\ Interrogations et rencontre dérangeante   Lun 7 Aoû - 14:44

Le sang de Mary se figea dans ses veines aux paroles de Vincent. Elle avait d'abord haussé un sourcil à la question de Vincent, son sourire revenu. Fascinant? Oh oui, il l'était. Ce jeune médecin qui avait eut le courage de défier l'inconnu pour découvrir ce qu'il nous cachait. Dommage que l'expérience ait mal tourné... Il s'en était sûrement fallu de peu pour qu'elle soit un franc succès. Oui, elle avait admiré ce jeune interne brillant. Elle l'admirait toujours d'ailleurs. L'interne, pas l'Ombre.

Maintenant, il exercait sur elle une attraction irrésistible, mélange de fascination et d'horreur. Elle détestait autant sa présence qu'elle la désirait... la haïssait justement à cause de son désir. Il la révulsait, parce qu'il avait gâché son talent, parce qu'il n'avait pas su résister au désespoir. Cela la décevait. En d'autres circonstances, nul doute qu'ils se seraient bien entendus... Dans la vie réelle, en tant que confrères. Pas ici, pas alors qu'ils étaient des ennemis mortels...

L'allusion à son mari lui glaça le sang. Avant de faire flamber sa colère. Comment osait-il seulement se comparer à son époux? Le regard vert brilla plus fort sous l'effet de la colère. Il se croyait donc malin avec ses grands discours et ses faux regrets? Machinalement, elle porta sa main droite à son annulaire gauche, jouant avec l'alliance. Elle prit une profonde inspiration, chassant ainsi la colère. Elle réussit même à sourire.


- "Tu te trompes. Vous ne vous ressemblez pas... Jamais il ne serait devenu une Ombre... pas assez lâche pour cela."

Elle cessa de jouer avec son anneau. Provoquer ainsi l'Ombre était un jeu dangereux. C'était même suicidaire. Pourtant, elle n'arrivait pas à s'en empêcher. Et cela semblait aussi amuser Vincent de la provoquer ainsi. Elle savait qu'il la voulait. Parce qu'elle était sans doute la plus difficile à avoir. S'il y arrivait, sa victoire n'en serait que plus éclatante... et succulente.

- "C'est bien un comportement typiquement masculin de désirer ainsi ce qu'on ne peut avoir. Trouve-toi une autre proie Vincent. Tu ne m'auras pas. Ou alors, c'est moi qui t'aurais."

Le sourire de la métisse se fit plus détendu. Presque... malicieux? Il voulait jouer? Très bien, elle relevait le défi et rentrait dans son jeu. Il allait voir qu'il venait de trouver un adversaire à sa taille...
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MessageSujet: Re: /!\ Interrogations et rencontre dérangeante   Lun 7 Aoû - 21:54

"Oh, Mary... loin de moi l'idée de me comparer à ton mari. Korbaz lui était semblable, oui. Moi, je joue dans la catégorie supérieure."

Il ponctua sa phrase d'un sourire goguenard, tout à fait conscient d'user les nerfs de son interlocutrice à chaque mot qu'il prononçait de sa voix posée. Et cela lui plaisait évidemment au-delà de l'imaginable. Sauf sur un point. Le visage de Vincent retrouva ses traits de marbre, tandis qu'il ajoutait sur un ton soudain moins joueur:

"Tu ignores tout des raisons qui peuvent pousser une âme à renoncer au réveil. Tout comme tu ne sais rien de la puissance que l'on peut trouver dans ce sacrifice."

Tout en parlant, il avait croisé dans son dos ses fines mains d'artiste et s'était avancé d'un pas supplémentaire. Ses insondables iris restaient plantés dans le regard de Mary comme s'il cherchait à dévoiler le fin fond de son âme, comme s'il voulait connaître le moindre de ses secrets, le plus sombre de ses fantasmes... et comme s'il en était vraiment capable. Il aimait la provocation quasi suicidaire de cette jeune femme, et dans le même temps il en était prodigieusement agacé: il n'y avait qu'une seule proie dans cette pièce, et l'Ombre ne prétendait pas à ce titre. Ah, elle voulait l'avoir? A sa guise. Par principe, Vincent prenait toujours le double de ce qu'il donnait. Et généralement, il demandait une avance considérable.

Il frappa à sa manière habituelle: vite, très vite, et de manière implacable. Son corps intangible retrouva soudain toute sa matérialité, pendant qu'en l'espace d'un battement de cil il franchissait la distance qui le séparait de Mary. Il aurait pu chercher les nerfs, frapper au cou. La paralyser pour mieux déguster sa terreur d'être impuissante. Mais c'était trop simple, et surtout la possibilité d'un échec était bien trop forte: cette diablesse à la peau d'ambre était bien capable de ne lui opposer qu'une rage méprisante s'il s'abaissait d'entrée de jeu à l'agresser de manière aussi radicale. Le jeu de Vincent en aurait été irrémédiablement gâché. Alors les mains de l'ancien interne restèrent tangibles, et au lieu de s'enfoncer dans la poitrine de l'humaine, elles allèrent saisir ses poignets pour la repousser contre l'étagère la plus proche. Le chef des Ombres se garda bien d'interrompre son élan, si bien qu'il se retrouva d'une seconde à l'autre pratiquement collé contre Mary, son corps drapé de noir à une pauvre dizaine de centimètres de celui de la métisse. Il baissa son visage vers la clavicule de la meneuse humaine pour lui souffler dans l'oreille:


"Tu me cherches, petite fille?"

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Mary Malone
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MessageSujet: Re: /!\ Interrogations et rencontre dérangeante   Mar 8 Aoû - 2:10

Mary fut ravie de voir l'air goguenard de Vincent disparaître quand elle l'accusa de lâcheté. Pour un peu, elle en aurait dit de plaisir. Il était insupportable d'arrogance et le plaisir de lui damer le pion était si tentant! Et le résultat jouissif! Avec un sourire en coin, la jolie métisse ne put s'empêcher de rétorquer :

- "La puissance? Oh oui, quelle merveilleuse puissance tu as l'a. Terroriser les humains, être tangible ou non. Condamné à cette misérable existence pour la fin des temps. Olala, tu ne peux pas imaginer comme j'envie ta "puissance", Vincent Korbaz."

Elle avait bien insisté sur les trois derniers mots, y mettant un accent moqueur et à la limite du mépris. Qu'il ne vienne pas lui parler de puissance. A quoi bon servait-elle quand on était mort? A rien du tout. Il se rapprocha d'elle, ayant pris soin de croiser les mains derrière son dos. Méfiante, Mary le dévisagea. On pourrait nterpréter ce croisement de main par une promesse de ne pas attaquer.

Seulement, Vincent était une Ombre et elle ne lui faisait absolument pas confiance. Et elle avait raison. A une vitesse ahurissante, il se jeta sur elle, ne lui laissant même pas le temps d'esquiver l'attaque. Elle se retrouva plaquée contre la bibliothèque, le souffle coupé par le choc. Et surtout, les poignets entravés par l'Ombre. Vincent qui la dominait de toute sa taille. Sans qu'elle puisse faire le moindre geste.

Il baissa la tête vers elle, son souffle venant lui caresser le creux de l'épaule, puis celui de l'oreille. Ce contact, aussi léger soit-il, la fit frémir. Et ce n'était pas de la peur. Non, loin de là. C'était du désir. Le désir d'une femme pour un homme trop séduisant, un homme qui était trop prêt. Un homme qu'elle ne devait surtout pas approcher!

Elle tenta d'échapper à la poigne de son assaillant, se débattant et gesticulant, mais sans le moindre résultat. La jeune femme était folle de rage d'être ainsi impuissante. Elle leva son regard vert, brillant de fureur, vers Vincent. Pourtant, la colère aveugle ne lui servirait à rien. pire, il s'en nourissait. Cette pensée anihila sa rage, ne laissant qu'un mépris glacial. Elle ne se débattait plus.


- "Petite fille?"

Sa voix était étrangement calme et caressante. Charmeuse. La force ne servirait à rien. Restait la ruse.

- "Allons... Tu ne daignerais pas t'interesser ainsi à une simple fillette Vincent. Tu nous insultes tout deux..."

Elle rapprocha son visage de celui de l'Ombre et murmura, séductrice :

- "Et crois-moi, je sais faire bien plus de choses que les petites filles..."
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MessageSujet: Re: /!\ Interrogations et rencontre dérangeante   Sam 12 Aoû - 1:04

Vincent n'aimait pas provoquer la colère de ses proies. La rage avait un méchant goût de viande âcre, la saveur d'un vin qui tournait au vinaigre. Aucune Ombre ne pouvait se délecter d'une émotion aussi infâme, à moins de mourir de faim. Ce qui n'était évidemment pas le cas du chef des fantômes en cet instant. Lui était d'humeur à rechercher le goût franc et agréable de la terreur, les enivrants effluves de l'angoisse. Sans oublier ces petites émotions exotiques qui se dégustaient toujours avec plaisir, comme le regret le plus sincère. Ou le plaisir le plus coupable.

Si la fureur de Mary était tout à fait évidente (pas besoin d'être une Ombre pour la déceler...), ce n'était pas elle qui intéressait Vincent. Oh non. Lui, il voulait l'intense culpabilité, le désir déraisonné que la jeune femme refoulaient à grand peine. Il les sentait avec son coeur figé dans le froid et les remords, il les devinait dans l'odeur salée de la sueur qui perlait soudain sur la peau ambrée de la métisse. Ce corps plein de vie lui faisait diablement envie, mais ce n'était rien en comparaison du désir qu'il avait du petit trésor émotionnel dissimulé sous ces formes appétissantes. Vincent voulait l'ensemble, sans concession, sans pitié. Il voulait faire sienne la meneuse des humaines, et lui apprendre que l'arrogance des mortels était toujours châtiée en cette brumeuse vallée.

Le terrible désir de l'ancien interne fut néanmoins tempéré par la soudaine mise en sourdine de la colère de Mary, et il reprit un peu conscience de la situation: il ne traquait pas une proie ordinaire. Il amorça un infime mouvement de recul pour pouvoir renvoyer son regard vert à la métisse, et son sourire amusé s'accentua. Mais c'est qu'elle savait se faire aguicheuse, la diablesse... Elle avait décidé de jouer sur le plan de l'astuce, ce qui était tout à son honneur. D'ailleurs Vincent avouait sans honte que s'il avait été un être masculin basique, il serait tombé dans le panneau sans même prendre le temps de réfléchir. Mais voilà, lui non plus n'était pas quelqu'un d'ordinaire.


"Et crois-moi, je sais faire bien plus de choses que les petites filles..."

"Voilà qui est prometteur."

Elle s'était elle-même approchée de lui, et il ne laissa pas passer pareille audace. Son torse alla soudain chercher le contact de la poitrine drapée de rouge de la jeune femme, et ses lèvres scellèrent sans vergogne cette bouche tentatrice trop sciemment offerte. Le brusque accès de désir qu'il déclencha ainsi dans le corps de Mary fut un somptueux rappel de la détonation qu'il avait réussi à y provoquer, dans l'église. La métisse était nettement moins surprise ce coup-ci, mais sa culpabilité n'en était pas moins très perceptible...

Vincent appuya légèrement son baiser, comme s'il demandait à la jeune femme la permission d'aller au-delà du simple contact entre leurs lèvres... et soudain il fut à un mètre de la métisse, ses yeux sombres pétillant d'une funeste malice, les bras en croix à hauteur de ses épaules. Chacune de ses belles mains blanches détenaient l'une des armes de Mary, en les tenant par l'arceau de la détente comme s'il s'agissait d'objets particulièrement ignobles.


"Tut tut tut... je veux bien jouer, ma douce, mais pas si tu conserves en permanence ces frustres atours à ta ceinture..."

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MessageSujet: Re: /!\ Interrogations et rencontre dérangeante   Sam 12 Aoû - 20:51

[Ouh le jeu se corse là^^ Mwahahaha]

Mais qu'est-ce qu'elle était en train de faire? A trop vouloir tenter le Diable, elle risquait bien de se perdre elle-même, elle n'en avait que trop conscience. Oui, mais voilà, raison et pulsions se livraient un duel acharné dans la tête et le coeur de meneuse humaine. La raison lui hurlait qu'elle ne devait pas faire ça, qu'elle ne pouvait pas trahir ainsi son mari. Elle l'aimait, ça c'était certain, mais cela faisait des mois et des mois que son corps voluptueux, né pour les caresses, n'en avait reçu aucune.

Et son corps la trahissait visiblement. Elle ne réflechissait plus et elle ne tenta pas d'endiguer la vague de désir qui la submergea quand Vincent s'empara de ses lèvres. La culpabilité était bien là, flottant aux limites de sa conscience, mais elle ne l'écoutait plus. Seigneur... que c'était bon de sentir à nouveau son corps s'embraser. Amour et désir étaient deux choses différentes et si elle aimait son époux, il n'en était pas moins vrai qu'elle désirait Vincent. Autant que lui la désirait, même si leurs motifs étaient différents.

Le baiser prit brutalement fin et il fallut quelques secondes à la jeune femme pour comprendre ce qui venait de se passer. Les implications de ce que disait Vincent lui parvinrent à travers son cerveau embrumé par le désir. Elle le regarda fixement, détenant ses armes, sa seule protection contre l'Ombre. Un sentiment de panique tout à fait légitime en se retrouvant ainsi désarmée et vulnérable l'étreignit, mais elle se fit violence pour le repousser.

Non, elle ne lui donnerait pas ce plaisir. Elle ne lui offrirait pas sa peur. Sa panique passagère fit place à nouveau à la colère de s'être laissée aller ainsi et surtout de s'être laissée berner. Ses yeux verts pétillèrent de fureur, avant qu'elle ne retrouve son calme. Elle avait apprit à maitriser ses émotions. On ne devenait pas médecin en paniquant à tout bout de champ. Elle avait des nerfs d'acier. Vincent venait de remporter la première manche. Bien. Elle remporterait la prochaine. Un sourire éclaira son visage tandis qu'elle haussait les épaules.


- "Cela te rendrait-il nerveux Vincent? Tu m'excuseras, mais les rues ne sont pas très sures. On risque toujours de faire une mauvaise rencontre."

Encore ce ton léger et ironique. L'ironie était sa meilleure arme, de même que son sang froid désormais. Elle se rapprocha doucement de lui.

- "Aurais-tu peur de moi?"

Elle se rapprocha encore, jusqu'à ce que sa poitrine voluptueuse effleure celle de l'Ombre.

- "Je me suis toujours demandée jusqu'à quel point les Ombres perdaient leur humanité. Ne ressens-tu donc aucun désir physique pour moi Vincent? Est-ce vraiment le pannel de mes émotions qui te fera jouir? Jusqu'à quel point n'es-tu plus un homme?"

Soudainement, sa main vint se plaquer sur l'entrejambe de l'Ombre, pour ponctuer ses derniers mots. Elle ne l'avait pas quitté des yeux et son sourire était toujours accroché à ses lèvres.
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Vincent
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MessageSujet: Re: /!\ Interrogations et rencontre dérangeante   Dim 13 Aoû - 19:01

Elle avait émergé du néant, escaladé les nerfs de la métisse à une vitesse folle. L'Ombre en avait senti le goût puissant lorsqu'elle avait échappée à Mary, en un tourbillon incontrôlable qu'aucun mortel n'était capable de dompter. Vincent, lui, l'avait fait. Il avait saisi la terreur de la jeune femme comme un garçon vacher attrape un impétueux veau au lasso, et il l'avait dévorée avec toute l'avidité propre à sa race de vampires. Un frisson proche de la stimulation érotique était remontée le long de sa colonne vertébrale et il avait passé une langue gourmande sur ses lèvres, ses yeux noirs encore plus emplis de convoitise. Un délice, un véritable délice. Comme prévu: la peur des gens courageux était difficile à obtenir, mais elle n'en était que plus délectable. Même si la bouffée d'angoisse qui avait submergée la métisse était aussi enivrante que frustrante (si peu, si peu de peur...), Vincent eut l'air tout à fait satisfait. Il ne s'était pas trompé en imaginant à quel point venir à bout de cette femme lui serait jouissif.

Puis l'angoisse devint colère, et le Français constata avec amusement que Mary était tout à fait ulcérée de s'être fait prendre de la sorte. Tant mieux. Il lui fallait comprendre qu'elle n'avait pas à se risquer sur un terrain qu'elle ne maîtrisait pas. Goguenard, l'ancien interne la laissa reprendre ses moyens tandis qu'il gravait dans sa mémoire la délicate saveur fautive qu'il avait sentie sur cette bouche suave. En trente ans de torture psychologique assidûe, Vincent était devenu expert dans l'art de débusquer les peurs les plus secrètes des humains, ces phobies que parfois eux-mêmes ne se connaissaient pas. Et il sentait quelque chose de ce potentiel dans le baiser - dans les deux baisers qu'il avait volés à Mary. Il était persuadé que dans les tréfonds de son inconscience, la jeune femme se souviendrait toujours du désir venimeux qu'elle portait à cet odieux fantôme, même si elle s'éveillait en ayant perdu le souvenir d'Hollow Dream. Vincent sentait que quoiqu'il arrive, y compris si elle lui échappait, il la marquerait (il l'avait déjà marquée) à vie. Et l'idée de s'immiscer dans les souterrains de la vie de couple de Mary, de hanter ses nuits et ses fantasmes sans qu'elle ose seulement se l'avouer... cette idée était un orgasme à elle toute seule.

Mis en confiance par sa petite victoire, Vincent resta aussi immobile que tangible lorsque la métisse s'approcha de lui. Il ne risquait rien: il avait les armes, et dans le cas où elle détiendrait encore son ridicule petit bâton, jamais elle ne parviendrait à le déployer assez promptement pour en porter un coup au fantôme. Mary s'approcha encore, et encore, et le sourire railleur de Vincent se teinta d'incrédulité. Elle recommençait?... Une légère méfiance passa dans le regard de l'ancien anesthésiste, qui mit néanmoins un point d'honneur à ne pas reculer. De toute façon, il n'avait pas d'échappatoire tant qu'il restait matériel: il était déjà presque adossé à l'étagère à gauche de l'allée.


"Aurais-tu peur de moi?"

Vincent lui répondit en levant les yeux au ciel. Il ne fallait pas exagérer... même s'il devait bien avouer que cette seconde approche ne le mettait pas à l'aise. Il n'aimait pas qu'on le touche (sauf si "on" s'appelait Elhil, bien entendu), pas sans qu'il ait fait le premier pas. Les bras toujours écartés, il dévisagea intensément la jeune métisse pendant qu'elle débitait son petit laïus sur le désir masculin. L'Ombre eut envie de l'interrompre d'une phrase salace qui l'éclairerait sans détour sur la libido de son adversaire, mais Mary réagit la première. Et elle non plus ne semblait pas vouloir y aller par quatre chemins.

Il sursauta. Combien de fois avait-il tressailli de la sorte en trente ans? Jamais à cause d'un humain, ça c'était certain. A sa décharge, en trente ans, nulle âme n'avait jamais osé porter la main sur lui de manière aussi imprévisible et déloyale... Vincent eut un mouvement de recul qui lui fit heurter l'étagère qu'il côtoyait, et quelques revues supplémentaires dégringolèrent sur le vieux plancher, tandis qu'il fixait sans comprendre l'air mutin de la jeune femme capable de glisser si impunément la main entre ses cuisses. Et son pas en arrière n'y avait rien changé, au contraire. Mary savait très bien ce qu'elle faisait, et Vincent se rendit compte qu'elle devait parfaitement sentir que sous ses doigts, l'Ombre réagissait aussi implacablement que n'importe quel être humain mâle...

Cette constatation lui fit l'effet d'une claque, et l'expression stupéfaite de Vincent se transforma soudainement en une rage des plus virulente. Ses yeux d'obélisques semblèrent devenir plus noirs que noirs, trous abyssaux ouverts sur le gouffre de rancoeur qu'était l'esprit de l'Ombre prise en défaut. Comment avait-elle osé...? Nom de Dieu, il avait passé le stade de se faire manipuler par une femelle simplement parce qu'elle était appétissante! Il envoya valser les deux armes de Mary, une à chaque bout de l'allée, et sa main gauche enfin libre alla saisir la jeune femme sous la mâchoire tandis que les doigts de l'autre écartaient de son pantalon cette insupportable chaleur de vivant. Elle avait marqué un sacré point en lui faisant un coup pareil - le grand Vincent laissé bouche-bée par une caresse habillement placée, voilà une anecdote qui allait valoir son pesant d'or dans la communauté humaine... Mais contrairement à Mary, le chef des Ombres était mauvais perdant.

Pratiquement nez à nez avec la jeune femme, il chercha quoi dire, sans trouver de mot capable d'exprimer tous les tourments qu'il promettait à cette fichue métisse. Jusqu'à ce qu'il aperçoive du coin de l'oeil l'un des magazines qui venaient de tomber de l'étagère. Un couple posait fièrement sur l'une des pages, en tête de manchette, et malgré la distance Vincent n'eut aucun mal à reconnaître la femme qu'il étranglait à moitié. Sans oublier les noms qui servaient de légende à la photographie... Apparemment, la vallée désirait donner un petit coup de main à l'un de ses émissaires...

Un sourire carnassier vint se peindre sur les traits marmoréens du chef des Ombres, qui reporta toute son attention sur Mary. Il l'embrassa à pleine bouche, brutalement, comme pour faire passer dans ce baiser toute la fureur que lui avait apporté le fait de se faire prendre à son propre jeu. Et Vincent se fit violence pour forcer la main de la métisse à retourner contre son entrejambe. Les mots qu'il sussurra contre le visage de la jeune femme le furent d'un ton déformé par la concupiscence et le vice:


"Quitte à m'accorder ce genre de gâteries, si tu m'appelais Julien?..."

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MessageSujet: Re: /!\ Interrogations et rencontre dérangeante   Lun 14 Aoû - 15:45

Mary repoussait impitoyablement et résolument la petite voix qui lui hurlait d'arrêter le jeu. Cela allait trop loin! Cependant, elle n'écouta pas et rejeta la voix de la Raison. Seule comptait la Vengeance. Il l'avait humilié et il jouait de ses désirs et aspiration comme un violoniste de son instrument. Elle n'était pas une proie facile et elle était décidé à le lui montrer. Quitte à se perdre...

Quelle ne fut pas son plaisir en voyant Vincent sursauter, totalement pris au dépourvu par ce geste inattendu. Sursauter et surtout reculer. Eh bien quoi? Le grand Vincent, le chef des ombres, avait-il peur de ce que cette main faisait surgir comme réactions chez lui. Elle fut ravie de voir qu'il réagissait à ce contact comme tout homme normalement constitué. Oh, si seulement elle pouvait se l'alliéner pour ensuite le repousser impitoyablement et le faire souffrir de ce rejet. Comme cela serait doux...

Soudain, une main de fer lui saisit la machoire, tandis qu'une autre écartait sa main. Le coeur de la métisse fit une embardée. Il était fou de rage, cela se voyait à son regard de charbon. La tuerait-il simplement dans un accès de colère? La rage lui ferait-elle perdre toute raison? Il la fixait, et l'étranglait à moitié. Le regard de l'Ombre se détourna légèrement pour revenir se planter de plus belle dans celui de Mary. malgré elle, elle frissona en voyant son regard. Il avait une idée derrière la tête, c'était certain.

Il l'embrassa violemment, conquérant et maître de la situation, ce qui la destabilisa un moment. De plus, sa main était à nouveau posée sur la bosse qu'elle avait suscitée par ce contact intime. Il frola son visage et murmura quelques mots qui firent s'aggrandir les yeux verts d'horreur et d'incrédulité. Sa réaction ne se fit pas attendre et plutôt que de rester figée par le choc, sa main libre partit en direction du visage de Vincent et le frappa violemment. Comment osait-il? Comment pouvait-il parler ainsi avec ce ton... écoeurant. Le jeu était allé trop loin et malheureusement, vincent le remportait haut la main avec cette dernière réplique déloyale.


- "Lâche-moi! Tu n'auras rien de moi, ni mon corps, ni mon âme, ni mes sentiments, rien du tout, si ce n'est le dégout et la haine!"

Elle avait sifflé ces mots d'une voix véhémente et respirait fortement. Sa poitrine se soulevait au rythme de ces inspirations trop rapprochées. Elle aurait du savoir qu'elle ne pouvait pas gagner contre quelqu'un qui vivait ici depuis des décennies et qui avait perdu toute humanité!

- "Et il me semble que ces émotions ne sont pas particulièrement succulentes, n'est-ce pas? Un bien piètre repas à vrai dire...

Sa voix était moins sifflante et elle tentait de retrouver son sang froid tant bien que mal. Elle avisa elle aussi la revue qui l'avait ainsi trahie. Maudite bibliothèque! Maudite ville et surtout maudite Ombre!
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MessageSujet: Re: /!\ Interrogations et rencontre dérangeante   Mer 16 Aoû - 18:33

La créature s'attendait à une réaction violente de la métisse, mais peut-être pas à ce point-là. Lorsque la meneuse humaine lui envoya sa main dans la figure, la tête de Vincent partit si violemment sur le côté qu'il sentit ses vertèbres cervicales craquer. Tandis que Mary s'arrachait à sa prise, il esquissa un pas légèrement titubant en arrière, sans oublier de redevenir intangible le temps de reprendre ses esprits. La jeune femme s'était-elle rendue compte qu'elle avait fermé le poing avant de frapper? Il était prêt à parier que non. L'ombre porta une main à sa lèvre inférieure et inspecta d'un air songeur le sang sombre qui s'affichait sur l'extrémité de ses doigts. Elle cognait fort... Bon, un solide crochet de ce genre n'aurait pas suffit pour ouvrir la lèvre d'une Chimère, mais le problème ne se posait pas: si les doigts qui avaient enserré la gorge de Mary avaient été ceux d'une Chimère, à cette heure les humains n'auraient plus été menés que par un puzzle 1000 pièces.

Vincent fit jouer sa mâchoire pour s'assurer qu'elle était bien en place, avant de redevenir palpable comme si de rien n'était. Il souriait, carnassier. Oh non, il n'était pas un de ces monstres brutaux tout juste bons à démembrer les humains. Sa rage s'effaçait déjà; elle se cristallisait dans sa poitrine et allait grossir la masse de rancoeur qui étouffait déjà son coeur décédé. D'accord, il n'aurait pas Mary aussi facilement. Mais si elle pensait qu'il allait renoncer pour une unique déconvenue, elle était bien loin du compte. Au contraire: il lui était insupportable de rester sur un échec. Et même s'il avait dû se prendre un monumental coup de poing en pleine face, il avait repris le contrôle de la situation, et rien n'avait davantage d'importance.


"Tu sembles seulement comprendre que je ne plaisante pas."

Il resta immobile, sûr de sa supériorité. Les armes à feu de Mary étaient loin, et dans ce couloir étroit formé par les étagères, Vincent avait l'avantage absolu de la vitesse. Avec des gestes qui avaient déjà retrouvé toute leur assurance, l'ancien interne se baissa pour saisir l'opportune revue. Il avait repris son ton lancinant habituel, celui qui proclamait haut et fort que la parole était décidément quelque chose de bien frustre:

"Je t'aurai. Peut-être que je t'ai déjà, pour une simple raison: je suis là, et ton Julien non."

Son sourire s'était un peu atténué, comme s'il se contraignait à être sérieux pour convaincre une enfant d'une chose simplissime.

"Dis-moi ma toute belle, depuis quelques temps, à qui penses-tu le soir avant de t'endormir?..."

Il tourna le magazine vers Mary pour tapoter d'un index moqueur la photo de Julien, avant d'abaisser la revue et de poser la main sur sa propre poitrine, là où un coeur humain avait autrefois battu. Sa tête légèrement penchée sur le côté explicita la réponse qu'il attendait mieux que ne l'aurait fait la plus direct des phrases.

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MessageSujet: Re: /!\ Interrogations et rencontre dérangeante   Jeu 17 Aoû - 15:05

Mary regarda avec un plaisir non dissimulé Vincent s'essuyer la lèvre. Elle l'avait surpris par cette attque brutale. A vrai dire, elle s'était surprise elle-même. Elle 'navait pas réfléchit et avait frappé d'instinct. Ce n'était pas très malin et surtout, elle avait serré le poing, causant ainsi plus de dégats qu'une fierté de mâle outragé. Et surtout, elle s'était causé plus de dégats à elle-même. Ses phalages la lançaient, même si elle aurait préféré mourir que de montrer cela à Vincent. Néanmoins, elle faisait aller doucement ses doigts, se rassurant ainsi sur leur état. Apparemment rien de cassé ou de déboité.

Le sourire carnassier de Vincent lui fit passer son sentiment de triomphe et elle déglutit péniblement. Allons bon, qu'est ce qu'il lui réservait encore ce maudit! Elle pouvait presque voir les rouages de son cerveau tourner et faire germer une idée cruelle dons son esprit retors. Ils n'étaient pas à égalité dans ce combat là. Elle lui était inférieure et ils le savaient tout deux hélas.

C'est alors qu'il prit la parole, rompant le silence oppressant qui s'était installé. Sauf que maintenant, c'était le coeur de Mary qui était oppressé. Les paroles de Vincent sonnaient comme un glas, figeant le sang de la fougueuse métisse. Nonchalent et paraitement calme, il se baissa et ramasse la revue qui lui avait valu une lèvre enflée. Malgré elle, il attisait sa curiosité. Ou voulait-il en venir? Elle avait l'impression que son coeur pesait comme du plomb dans sa poitrine.

Et il porta l'estocade. De simples mots qui avaient de terribles accents de vérité. Les yeux de Mary s'étrécirent devant ses paroles. Deux sentiments se livraient un combat acharné dans sa poitrine. La résignation et la tristesse d'une part, qui la poussait à abandonner le combat et à se laisser tomber au sol, enfouissant son visage entre ses mains et pleurant à chaudes larmes. Et à nouveau, la colère contre Vincent qui osait ainsi jouer avec ses émotions, comme un virtuose de son violon. Et virtuose, il l'était, indéniablement.


- "Va au diable, Vincent!"

Le ton de la jeune femme était cassant et dur, vibrant de colère contenue. Elle se força à se détendre et ajouta :

- "Tu avais raison. Tu n'as rien à voir avec Julien. L'homme peut-être, mais pas l'Ombre."

Elle parvint même à sourire.

- "Confidences pour confidences, je t'admirais Vincent. Une jeune homme brillant qui a eu le courage d'aller voir au delà de ce qu'on savait. Et qui s'est perdu. Oui, tu as été un modèle pour la jeune fille que j'étais et c'est même un peu à cause de toi que je suis devenue médecin."

Elle soupira, faussement décue.

- "Quel dommage vraiment. Tu était promis à un si bel avenir. Si tu avais réussi, tu aurais gagné la notoriété et la reconnaissance de tes pairs. Je t'imagine avec un femme splendide, folle de toi et des enfants adorables, fiers de leur papa. Et maintenant, regarde-toi..."

Un sourire cruel ourla les lèvres pleines de la jeune femme.

- "Tu n'es plus que l'ombre de toi-même (héhé notez le jeu de mot^^), dévoré par la rancoeur et l'envie. Condamné pour l'éternité à ta vie de solitude et de désespérance. Une existence sans aucune saveur, sans aucun attrait. Ce n'est pas une vie ça. Juste de la survie. Non vraiment, tu es pathétique et tu ne m'inspires au mieux que de la pitié et au pire un profond dégout."
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MessageSujet: Re: /!\ Interrogations et rencontre dérangeante   Mar 12 Sep - 20:20

Vincent haussa un sourcil: en voilà une décidément peu prompte à tirer des enseignements de ses erreurs... Elle attaquait à nouveau avec les même arguments, les même insultes. Et le pire, c'était que ça marchait. Les Ombres haïssaient qu'on les mette face à leur passé, c'était ce qu'elles détestaient le plus au monde. Mis à part, peut-être, le fait de parler de leur statut de fantôme survivants, et non plus vivants. Sans cesse remuer le couteau dans la plaie comme Mary le faisait était insupportable, pour Vincent comme pour tous ses semblables, et si l'ancien interne n'avait pas été si absorbé par sa chasse et la nécessité de ne pas craquer...

Heureusement pour la traque de la créature (et pour la survie immédiate de l'humaine), le chef des Ombres n'était plus tout à fait semblable à ses subordonnés depuis que l'Arbre des bois de l'Ouest s'était mêlé de sa non-vie et de ses sentiments. Quelques années auparavant, il aurait vécu comme une blessure à la poitrine l'idée qu'effectivement, il aurait pu être heureux de son vivant, qu'il aurait pu se faire aimer de ses pairs. Mais à présent, tout était différent. Mary se trompait: son ennemi était certes reclu dans une vallée de cauchemar jusqu'à la fin de l'éternité, il y était bien étouffé de remords et de rage, mais il n'y était plus seul. Le désespoir qui le minait petit à petit avait trouvé des yeux pers dans lesquels se diluer. Et au lieu de souffrir de la violente attaque de la meneuse humaine, Vincent sourit: si elle continuait à assaillir cette porte si bien gardée par Elhil, Mary allait céder avant lui.

Car c'était un fait, elle cédait. L'Ombre avait touché au but en introduisant Julien dans la conversation. L'époux de Mary lui manquait avec une cruauté que Vincent était ironiquement tout à fait en mesure de comprendre, et même si c'était lâche d'user de cette faiblesse, c'était efficace. La créature sonda attentivement le regard vert qui lui faisait face, et bien vite son étude se révéla concluante. Quelque part dans ce courageux esprit, les murailles commençaient à s'effondrer. La tentation de se rouler en boule sur le parquet pour pleurer avait fait son apparition, et elle progressait lentement dans l'âme épuisée de la métisse. Ce n'était pas le moment de précipiter les choses. Encore un peu de patience, un tout petit peu de patience...

Vincent laissa tomber la revue maudite qui lui avait offert un si beau retournement de situation, et il leva lentement les mains à hauteur de sa taille, paumes vers l'extérieur. Son rictus affamé s'atténua pour devenir un sourire presque doux. Puis il fit un pas en avant, son regard d'obélisque toujours planté au fin fond de celui de Mary. Elle aurait pu détaler, mais la créature se doutait qu'elle ne le ferait pas. Pas avec ces envoûtants yeux noirs noyés dans les siens.


"Qui de nous deux est le plus seul, ma toute belle?..."

Son approche était vigilante, mais constante. En un sens, cette manière terriblement lente qu'il avait de se déplacer était presque plus inquiétante que les mouvements vifs et brutaux qui étaient siens quelques minutes auparavant. Vincent était en train de gagner cette petite confrontation, il pouvait prendre son temps, et il tenait à ce que la jeune femme le sache aussi bien que lui. Sa main droite s'envola avec la légèreté d'une plume pour passer sur la joue ambrée, tandis que ses prunelles d'encre étincelaient de désir avec une intensité hypnotisante. Sans approcher son visage de celui de Mary, il murmura d'une voix aussi douce qu'empoisonnée:

"Pourquoi ne te laisserais-tu pas faire? Je saurai comment ne pas te faire mal, je crois même que tu y trouveras du plaisir. Tu n'en as pas envie? Enfin te reposer, enfin oublier tes tourments et ta peur."

Il fit un autre pas, presque indécelable, et ses lèvres argentées soufflèrent:

"Parce que si je ne suis plus qu'un fantôme damné, toi tu auras toujours peur, Mary. Je sais de quoi je parle. Même si tu te réveilles, tu passeras ta vie à avoir peur, à craindre la mort et ses ténèbres. Je peux t'offrir l'immortalité, si tu me le demandes. Et à défaut, je peux te promettre le repos."

Sa main alla vivement mais sans brutalité retenir la nuque de la métisse et il l'embrassa à nouveau, avec cette dangereuse lenteur qu'il avait adoptée. Son bras libre encercla en un éclair la fine taille de la jeune femme et il l'attira à lui sans lui laisser le choix, tandis que sa langue caressante quémandait l'autorisation de pousser le baiser un peu plus loin. Assez loin pour ôter à Mary toute envie de fuite. Pour lui faire oublier qu'elle faisait face au plus grand menteur de la vallée.

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MessageSujet: Re: /!\ Interrogations et rencontre dérangeante   Sam 16 Sep - 19:46

Mary était sur ses gardes, cherchant à deviner les pensées tortueuses qui cheminaient dans l'esprit tordu de l'Ombre. Cette petite guerre psychologique commençait à devenir lassante, surtout parce qu'elle commençait à céder du terrain. Elle devait trouver un moyen de partir. Le temps jouait contre elle et plus il passait, plus Vincent prenait l'avantage. Et ça, c'était une catastrophe!

Le bruit du livre qui tombait sur le sol arracha la métisse à ses pensées et elle jeta un regard d'animal traqué à l'Ombre. Piégée. Elle était irrémédiablement à sa merci. Elle eut un mouvement infime de recul quand il leva doucement les bras. Son changement d'expression ne la rassura pas, bien au contraire. A nouveau son esprit retord avait élaboré un plan. Et elle se retrouvait captive du regard noir, comme la pauvre souris face au serpent charmeur.

Et c'est pour cela qu'elle ne bougea pas alors qu'il se rapprochait d'elle, avec une lenteur infinie mais inexorable. Il savait qu'il la tenait et savoir qu'il s'en délectait la rendait malade. Et pourtant, elle restait immobile, les paroles de Vincent se glissant tel un poison dans l'esprit pétrifié de mary. Même quand il lui effleura la joue, elle ne broncha pas. Elle attendait, son corps semblant de pierre et son esprit comme anesthésié. Il lui semblait que réflechir devenait plus difficile, tandis que la voix envoûtante se faisait charmeuse.

Et elle écouta ses paroles. Elle savait qu'elle ne devait pas, qu'elle perdrait son âme à écouter l'Ombre damnée. Et pourtant... Pourtant, ses paroles s'infiltraient insidieusement dans son esprit, sappant son énergie et son désir farouche de s'accrocher à la vie. pourquoi se battre en effet? Elle était épuisée... Tellement fatiguée de lutter, encore et toujours. L'immortalité, le repos...

Il s'empara alors de ses lèvres pleines de vie et gonflées de désir. Et elle céda à cette étreinte, comme à chaque fois. Le sulfureuse jeune femme se languissait des caresses des hommes et son corps la trahissait encore. Vincent aurait pu gagner... Sa méthode était bonne, subtile et machiavélique à souhait. Il semblait lire dans l'âme de Mary et y rechercher tout ce qui pouvait lui petre utile afin de le retourner contre elle. Ca aurait du marcher...

Et pourtant... Un cri d'enfant. La grossesse qui avait été merveilleuse, qui avait scellé l'amour entre Mary et Julien, l'accouchement, simplifié par les péridurales, et le moment où elle avait posé la petite tête de la fillette sur son sein. Sara. Non, pour elle, elle devait revenir, pour que cette enfant ne soit pas sans mère. Mary avait trop souffert de perdre la sienne. Elle voulait revoir sa fille. Elle voulait l'élever, lui apprendre ce qu'elle devait savoir sur ses origines indiennes, la voir devenir femme. Tous ces moments qu'elle ne vivrait jamais en écoutant Vincent.

Alors et avec douceur, elle repoussa l'ancien interne. Plus de colère. Juste un amour infini pour ce petit bout d'elle qui la gardait en vie. Plus de résignation, plus de rage. Tous ces sentiments néfastes avaient disparus. Restait une détermination farouche et calme en même temps qui se lisait dans le regard vert.


- "Tu es dangereux Vincent. Un séducteur comme rarement il m'a été donné d'en voir. Et sans doute un amant formidable qui m'aiderait à me perdre. Ton offre est alléchante."

Elle sourit, calme et sûre d'elle, pour la première fois depuis cette rencontre. Peut-être venait-elle de reprendre l'avantage en n'offrant au fantôme que de l'amour pur et inconditionnel. Peut-être...

- "Mais tu me vois au regret de la décliner."

Et elle s'écarta.
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MessageSujet: Re: /!\ Interrogations et rencontre dérangeante   Dim 24 Sep - 19:51

Nul contact physique, nulle caresse n'aurait pu procurer semblable excitation au chef des Ombres. Rien ne pouvait égaler la jouissance infinie du fantôme qui sent sa proie s'effondrer contre lui, qui écarte délicatement les dernières défenses de l'esprit harcelé pour enfin se repaître de sa fatigue, de son désespoir, de ses doutes et frayeurs. Les paupières de Vincent frémirent de plaisir tandis qu'il goûtait pleinement la saveur de cette bouche offerte, et qu'il parvenait enfin à se glisser dans l'âme de sa combattive opposante. Qu'il était doux de la voir enfin céder, de déguster le nectar de lassitude que son courage était devenu. Enivré par cette rare émotion, l'ancien anesthésiste en croyait à ses propres mensonges. Il avait eu l'intention de laisser Mary s'en aller, vidée d'elle-même, pour que ses idiots de subordonnés comprennent au mieux la condition qui était la leur dans cette vallée. Mais peut-être qu'il n'irait pas jusqu'à briser cette splendide jeune femme. Il pourrait la garder pour lui. En faire une Ombre, qui sait? Mais Elhil risquait de mal le prendre... Alors, pourquoi ne pas savourer l'âme de la métisse par petites rasades, pendant des jours, des semaines? Oh oui, régulièrement venir s'abreuver à cette source chèrement acquise, voir petit à petit la délicieuse créature oublier jusqu'au nom de son gentil petit époux, pour finalement s'évanouir elle-même dans un néant exempt de toute espérance. Mary valait bien une disparition aussi douce et langoureuse que celle-ci...

Puis Vincent sentit que quelque chose n'allait pas. L'appétit pervers qui aiguisait ses sens n'était plus le seul instinct qui se développait en lui, et cette nouvelle sensation ne lui plaisait que moyennement, vu les circonstances. C'était une onde de chaleur, profonde et rassurante, qui parcourait son échine en redressant au passage les cheveux de sa nuque. Un calme qui appelait inévitablement l'image d'Elhil. Vincent n'était nullement habitué à plonger de la sorte dans une vague d'amour pur, et il n'avait jamais ressenti pareil trouble qu'avec son bel Indien. En fait, il avait l'hallucinante impression que ce qui se glissait dans son esprit moribond au milieu des émotions de Mary était encore plus intense que cette passion dévorante qu'il entretenait à l'égard de l'ancien chanteur... mais c'était impossible...

Rien n'aurait pu préparer l'Ombre à la profonde félicité qui explosa alors dans l'ensemble de son corps. Un tel amour, un lien aussi vif et puissant que celui qu'il lisait dans l'esprit de la métisse démonta complètement les structures de son impitoyable esprit de prédateur. Et au-delà de son statut de vampire des sentiments, au-delà de sa condition de fantôme, Vincent était un être masculin absolument incapable de saisir l'étendue de l'amour fusionnel qui naît au court d'une grossesse. Hébété, l'ancien anesthésiste se laissa repousser sans réagir, tellement secoué qu'il comprit à peine que Mary venait de mettre fin à leur baiser sans qu'il y consente. Une partie de lui se mit à bouillir d'indignation, mais elle était trop reculée pour faire réagir le corps soudain en sueur de l'Ombre. Vincent se sentait mal, la bibliothèque semblait tanguer dans son champ de vision obscurci. Alors que l'humaine lui parlait d'une voix douce, il recula jusqu'à pouvoir s'appuyer sur une étagère, de peur de s'écrouler.

Il comprit lorsque son regard anthracite croisa les yeux verts de Mary. Il appartenait à une race qui n'était pas conçue pour abriter des sentiments positifs, encore moins un amour aussi intense. Une telle émotion anihilait purement et simplement l'énergie négative des Ombres, les laissant dans un état de faiblesse qui pouvait s'assimiler à de l'hypoglycémie. Vincent ne parvenait à entretenir sa relation avec Elhil que parce que le jeune Indien brûlait d'une flamme semblable à celle de son aîné, et que le constant échange de leurs sentiments leur procurait une force semblable à celle qu'ils tirait de leurs victimes. Mais là, l'ancien interne avait servi de déversoir à la passion la plus fusionnelle qui soit, et le moins que l'on puisse dire, c'est que son corps en avait pris un sacré coup.

Destabilisé, mais toujours revanchard, Vincent s'humecta la lèvre inférieure, goûtant au passage à son propre sang, avant de souffler d'une voix presque stable:


"Tu ne sais pas à quoi tu t'exposes en me repoussant. Depuis combien de temps es-tu ici, huit mois? Neuf? Tu es médecin; tu dois savoir qu'après trois mois, le coma devient permanent..."

Mais le coeur n'y était plus. L'Ombre ne se sentait vraiment pas bien, et il lui vint soudain l'idée glaçante qu'il ne parviendrait peut-être pas à maintenir son intangibilité en cas de besoin. Bon Dieu, cette saleté d'amour maternel l'avait complètement vidé! Une étincelle passa dans les iris d'encre, et Vincet siffla avec une jalousie perceptible:

"Quoiqu'il arrive, tu ne retrouveras jamais ton petit, tu m'entends? Tu vas mourir ici, Mary! Toutes les créatures de cette vallée veulent ta peau! Et même si tu te réveilles un jour, est-ce que tu crois vraiment que ton enfant va continuer à t'aimer comme avant? Pendant au moins un an, on lui aura présenté maman comme un légume. Comment veux-tu qu'un être aussi jeune réagisse lorsqu'on lui dira que le légume parle de nouveau, qu'il était seulement en vacances au lieu de s'occuper de lui?!"

Vincent se redressa, stimulé par sa hargne et sa honte de s'être fait ainsi prendre au piège. Il s'efforçait de dissimuler au maximum les tremblements qui gagnaient ses membres, peu désireux de voir les rôles se renverser complètement. Il était encore le prédateur, et il tenait à ce que Mary le comprenne. Son sourire carnassier refit son apparition, et s'il était atténué, il n'avait rien perdu de son animosité.

"De toute façon, il est trop tard. J'ai lu dans ton âme, ma chère petite Mary, et j'ai laissé ma carte de visite pendant que je faisais le tour du propriétaire. Peut-être qu'aujourd'hui, tu es assez forte pour me repousser - et forte, tu l'es, tu sais aussi bien que moi que tu ne m'intéresserais pas dans le cas contraire. Mais je vais revenir, ma belle. Chaque nuit, dès que tu te laisseras aller à dormir, je vais revenir. Et le plus fort, c'est que je n'aurais même pas besoin de me déplacer: ton esprit fera le travail tout seul."

Ses propres paroles lui redonnaient confiance en lui, et malgré son état physique qui allait en empirant, il sentait qu'il gagnait sans doute assez de terrain pour donner le change. Du moins, il l'espérait.

"Oh oui, tu vas repenser à ce que je t'ai dit. Tu vas en rêver, toutes les nuits, jusqu'à ce que tu craques et que tu viennes toi-même me voir. Tu vas comprendre que j'ai raison. Parce que mon petit doigt me dit que même si tu parviens à sortir d'ici, tu m'emporteras avec toi. Et j'irai même jusqu'à dire que ton si charmant bambin le sentira sans peine, que sa maman ne rêve pas de son papa lorsqu'elle se retourne en gémissant au milieu de la nuit."

Il était vicieux, limite salace. Mais il en avait vraiment besoin, sur ce coup-là.

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Mary Malone
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MessageSujet: Re: /!\ Interrogations et rencontre dérangeante   Sam 14 Oct - 14:37

Elle avait failli se perdre, vraiment et totalement, séduite par les paroles mensongères et insidieuses, par l'aura de dangerosité de Vincent, par ce petit goût d'interdit qui l'attirait tant, par ce physique à se damner. Elle l'avait abreuvé par sa lassitude et sa nouvelle passivité, avait cessé de combattre, envoutée. Tout aurait pu être terminé pour elle. Et ce fut une enfant qui la sauva.

Penser à Sara lui avait redonné du courage et l'espoir. Pour ce petit bout de fille, elle devait revenir et redevenir sa maman. Dieu, qu'elle l'aimait ce petit ange! Petit ange qui la sauva aujourd'hui, petit ange qui devint ange gardien, gardien de son âme et de son espoir. Jamais elle ne saurait à quel point, elle venait de sauver Mary. Cet amour pur et sans concession permit à la métisse de se sortir des griffes de Vincent.

Elle fut un peu surprise d'ailleurs de le voir se faire repousser sans réagir. Et surprise de voir son air hébété. Il recula sous ses paroles, plus pâle que jamais. Elle le regarda attentivement, décelant en lui des signes de malaise, qui seraient peut-être passés inaperçus chez quelqu'un de normal, mais Mary était médecin et savait regarder et interpréter. Et c'est ce qu'elle fit. Cet air hagard, cette pâleur, cette sueur... Vincent venait d'être confronté à des émotions inédites qui l'avaient rendu malade. Interessant... très intéressant même. Ainsi venait-elle de retourner l'arme des ombres contre elles-même.

Elle savait qu'elles adoraient se nourrir des émotions des humains : peur, colère, terreur, rage, tout ce qu'elles suscitent si facilement. Mais l'amour... Personne n'envoie de l'amour à une Ombre, personne n'en ressent face à elle. Personne n'a un petit ange qui veille sur elle... Mary sourit, satisfaite d'avoir trouvé ce point faible, tout à fait par hasard. Vincent tenta encore une attaque. Son sourire ne vacilla pas et elle se contenta de répondre :


- "C'est vrai. Et pourtant, les miracles existent et tu le sais. Des gens qui semblaient perdus et qui reviennent mystérieusement parmi les vivants. Ca existe. Et j'en ferais partie, parce que je me bats pour cela, parce que j'ai l'espoir un jour de serrer ma fille dans mes ras et de la voir grandir."

Elle avait parlé d'un ton de calme assurance. Ce n'était pas un désir désespéré de se convaincre, juste l'énoncé d'un fait indéniable et évident. Elle avait gagné et il perdait petit à petit. Il suffisait de voir l'éclat dans ses yeux noirs et de déceler la jalousie dans sa voix. Ses paroles étaient véhémentes et faisaient mal, comme autant de lames de couteau plongées dans la chair tendre de la meneuse humaine. Et pourtant, elle ne cillait pas et croisa même les bras, d'un air tranquille.

- "Allons, Vincent, tu perds ton calme là et ça en devient ridicule. Tu ne sais rien de l'amour, tu ne peux donc pas comprendre. Si tu le pouvais, tu ne proférerais même pas ces paroles insensées."

Il se redressa et méfiante, elle recula, décroisant les bras, les yeux étrécis, s'attendant à une riposte physique plutôt que verbale. Il reprenait confiance en lui. SI moralement, c'était le cas, son corps ne suivait pas tout à fait. Même s'il était doté d'une forte volonté, il ne pouvait pas tricher avec son corps. Et son corps était malade. Elle fronça les sourcils à ses paroles qui ne laissaient pas de place au doute. Il savait qu'il l'attirait, comme une flamme attire un papillon. Et à trop se rapprocher de la flamme, elle risquait de se brûler les ailes.

Elle serra les points sous les sous entendus salaces de Vincent, tandis qu'une bouffée de colère l'envahissait. Elle se reprit aussitôt. Non, c'est ce qu'il voulait. Une émotion négative et il reprendrait trop de forces, anéantissant ainsi son avantage si chèrement acquis. Elle lui opposa une émotion sereine et se permit même un sourire indulgent, comme celui d'une mère face à un enfant particulièrement buté. Un sourire qui l'énerverait sûrement. Plus il se mettrait en colère, plus elle lui opposerait une attitude de calme sérénité. C'était son seul avantage.


- "Allons Vincent, ça y est là tu es ridicule. Il y a une différence entre le désir et l'amour. Je te désire, c'est vrai. Tu m'attires, sans doute à cause du danger et de l'interdit. mais le désir est tellement éphémère... Alors que l'amour est éternel. Je te désire, mais j'aime Julien. Quand je sortirais d'ici, tu ne seras plus qu'un pauvre fantôme, un chasseur de pauvres hères, coincé ici pour l'éternité. Et moi, j'aurais à nouveau l'amour des miens. Quand je penserais à toi, ce ne sera qu'avec pitié."

Elle avait énoncé cela avec une voix douce, presque complaisante. Elle se dirigea vers ses flingues et les ramassa, les rangeant tranquillement dans leurs étuis. Puis, elle se tourna vers Vincent.

- "Moi aussi je peux t'offrir le repos éternel... Une petite balle bien placée et finie ton existence de misère..."

Elle haussa les épaules.

- "Une offre qui tiendra toujours."

Elle repoussa une mèche de cheveux et reprit, presque'avec regret :

- "Au revoir Vincent. Ceci n'est pas la fin, mais juste le commencement. Nous sommes loins d'en avoir fini tous les deux..."
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Vincent
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MessageSujet: Re: /!\ Interrogations et rencontre dérangeante   Dim 29 Oct - 14:24

Un court, très court instant, Vincent eut envie d'être une Chimère. Il eut envie de bondir à la gorge de Mary, comme dans l'église, de l'envoyer à travers les étagères et de lui faire comprendre ce que le mot "terreur" signifiait. Il eut envie de la voir souffrir, de faire disparaître cet insultant sourire de son visage, d'effacer définitivement cette étincelle d'espoir qui le brûlait à chaque fois qu'il croisait son regard vert. Elle était belle, elle était en vie. Et comble de malheur, elle était assez intelligente pour avoir compris que si Vincent lâchait le meuble auquel il se cramponnait, il allait tomber à genoux avant d'avoir eu le temps de faire un pas vers elle.

Mais l'ancien anesthésiste n'était pas une Chimère, et ce fut ce qui le sauva. Bien qu'ulcéré par les réponses nonchalantes de l'humaine, il se bougea pas, se murant dans un silence apte à mettre en valeur son attitude de fauve blessé. Il se tenait à l'étagère des deux mains, immobile, son visage trop pâle exempt de la moindre expression. Seul ses iris semblaient en vie, fixés sur la métisse comme s'ils voulaient la tuer d'un simple regard. Ce qui n'était tout compte fait pas si éloigné que ça du désir de Vincent. Mais il n'était pas assez aveuglé par la rage pour commettre la folie d'attaquer Mary de front, alors même qu'elle ramassait tranquillement ses armes. Si elle décidait de tirer, il devait avoir conservé assez d'énergie pour se rendre immatériel, et le moindre mouvement risquait d'achever ses maigres forces.

Elle avait gagné. C'était insupportable à constater, mais ce duel-ci, c'était elle qui le remportait. Un partout.

Les paroles de la meneuse humaine étaient insultantes, presque autant que celles de Vincent, et lorsqu'elle évoqua le fait de lui flanquer une balle entre les deux yeux pas pure pitié, l'ancien médecin faillit bien commettre la pire erreur de sa non-vie en l'attaquant de front. Mais lui aussi avait un ange gardien, un ange improbable, aux ailes blessées et humides de larmes. Il avait un regard à aimer, un sourire à adorer. Une raison de continuer.

Mary ne savait rien de la véritable vie de son adversaire, Emily comme Elhil étant des secrets bien gardés. La jeune femme aurait mis n'importe quelle Ombre au supplice en lui jetant de la sorte que les fantômes ne connaissaient rien à l'amour, mais pas Vincent. Parce qu'un délicieux rire teinté d'un indéfectible accent hindi protégeait son coeur obscurci. Alors la créature se contenta de renvoyer son sourire à Mary, en un reflet aussi calme qu'acerbe. Elle avait gagné ce coup-ci, mais ce n'était qu'une petite victoire négligeable. Il était mieux armé qu'elle dans cette sinistre vallée, et le temps jouait en sa faveur: il avait réussi à l'embrasser, il avait exploité le désir qu'il avait su faire naître dans l'esprit de la courageuse humaine, et maintenant il lui suffisait d'attendre que cette graine grandisse, qu'elle envahisse lentement les parts d'ombre refoulées par la jeune femme. L'échec de sa présente tentative lui resterait longtemps en travers de la gorge, mais tôt ou tard, il gagnerait, amour maternel ou pas. Et comme il l'a déjà été signalé, Vincent était extrêmement patient.


"A qui parles-tu de repos éternel, petite fille? L'éternité est déjà mienne, et même si c'est une triste alliée, elle est redoutable. Je te l'ai déjà dit à l'église: quoi que tu fasses, quelle que soit l'arme que tu trouveras pour me repousser, je t'aurai."

Très précautionneusement, il ramassa le magazine par lequel tout avait commencé, cette revue médicale qui avait fait sa une sur un doctorant timide et un tant soit peu obsessionnel. Il jeta un dernier coup d'oeil à ce visage qui avait été sien, avant de jeter l'hebdomadaire aux pieds de Mary. Cela lui rappellerait peut-être à quel point son ennemi pouvait se montrer obstiné. Le sourire qui fit alors son apparition sur les lèvres de Vincent ne s'encombrait pas de la honte d'avoir perdu, ou d'un accès de rage peu approprié. Il était juste confiant. Atrocement confiant.

Il se força à faire disparaître son corps. L'effroyable brûlure qui le parcourut des pieds à la tête le fit grimacer, mais il tint bon: autant s'assurer une sortie digne de ce nom. Intangible, translucide, il lâcha l'étagère qui de toute manière n'avait plus aucun poids à soutenir et se laissa glisser vers la sortie. Alors qu'il passait à côté de la métisse, l'une de ses mains s'égara sur l'intérieur de la cuisse gaînée de cuir en un courant d'air glacial, et un murmure gelé vint échouer dans l'oreille de Mary:


"Je t'aurai."

Et le chef des Ombres, perclut de crampes, ivre de frustration et de rancoeur, prit soin de claquer la porte en sortant.

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