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 Stabat Mater...

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Elhil
Ombre vacillante - fatal uke larmoyant
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Temps passé à Hollow Dream : 10 ans
Date d'inscription : 30/12/2005

MessageSujet: Stabat Mater...   Lun 26 Juin - 20:20

Debout, la Mère des douleurs,
Près de la croix était en larmes,
Quand son Fils pendait au bois.

Alors, son âme gémissante,
Toute triste et toute dolente,
Un glaive la transperça.

Qu'elle était triste, anéantie,
La femme entre toutes bénie,
La Mère du Fils de Dieu !


L'Eglise était parfaitement silencieuse. Comme d'ordinaire, pourrait-on dire…sauf qu'il restait là des traces évidentes d'un affrontement qu'on pouvait commodément qualifier de violent. La porte à deux battants avait été tout simplement arrachée, et des débris de bois appartenant vraisemblablement à un banc arraché jonchaient le sol de l'allée centrale. Ce ne pouvait être que le travail subtil d'une Chimère…
Les faciès grimaçants de gargouilles sculptés aux corbeaux de la charpente semblaient vouloir narrer avec l'avidité de petits démons tous les combats qu'ils avaient bien pu observer depuis leurs perchoirs. Cependant, l'autre démon près de l'autel n'avait aucunement envie de savoir ce qu'il avait bien pu se dérouler entre ces murs blanchis à la chaux…
La croix qui ornait le mur était si simple. Taillée de bois, sans aucun détail ou ornement particulier. Si vieille. Il était presque miraculeux qu'elle n'ait pas encore cédé aux assauts du temps –ou de ses visiteurs belliqueux- et qu'elle continue de surplomber l'autel. Ce dernier était tâché d'un sang vieux. Des années, des décennies devaient s'être envolées depuis qu'il avait coulé, encore chaud, sur la noirceur de sa pierre polie…Des feuilles au vent, de la poussière d'éternité. Tout s'écoulait et suivait un rythme de destruction. Seule la vitesse variait. Certaines choses passaient vite, si vite qu'elles en étaient ridicules. D'autres lentement, si lentement que même l'espoir de fin finissait par s'éteindre à jamais…

Deux hautes et étroites fenêtres vitrées encadraient la croix, et l'anémique lueur du jour y plongeait ses longs doigts pour dessiner des rectangles clairs sur le sol grisâtre. Mais comparée à la pénombre qui siégeait de l'entrée de l'Eglise aux premiers bancs, toute cette lumière semblait d'une pureté rare. Tout ça n'était qu'illusion, une suite d'impressions trompeuses, de mirages fourbes. Une illusion qui maudissait chaque centimètre carré de cette vallée aux Rêves Creux.
Elhil laissa la lumière caresser son visage, n'en tirant aucune sensation de chaleur. La lumière existait toujours, mais ténue et froide. La vie existait toujours, mais en lambeaux fragiles. C'était Hollow Dream, là où rien n'était absolu, un enfer triste qui tenait parfois plus d'un purgatoire et d'autre fois prenait de sourds accents de paradis.
Debout à l'extrémité de l'allée principale, face à l'autel et comme plongé dans la contemplation de la croix, l'Ombre n'avait pas esquissé un seul mouvement depuis son arrivée sur les lieux.
Une arrivée hasardeuse –si le hasard avait une quelconque place dans ce monde…- sur laquelle il ne se posait guère de questions. Il avait quitté le Manoir des Ombres, et avait longuement erré dans les bois. En passant par la clairière de l'Eveil, il avait eut la vague surprise de tomber sur un nouveau venu. Une étrange quinquagénaire vraisemblablement d'origine sud-américaine qui s'était mise à hurler, juste en le voyant. Il avait eut du mal à comprendre ses phrases et autres prières balbutiées à toute vitesse, mais en avait machinalement conclu qu'il était pour elle une sorte de démon venu la punir pour les méfaits qui devaient la hanter lourdement, vu son angoisse palpable. Un démon…enfin une personne qui le percevait sous un angle plus proche de la vérité…
Il n'avait donc pas eut à ouvrir la bouche pour la terroriser puis se nourrir des vives émanations de peur qu'exhalait la femme, et il l'avait laissé en vie. Par lâcheté.
Même si par définition, il n'était plus qu'un fantôme pétri de rancœur, tuer, ôter la vie à un humain restait du domaine de l'intouchable. Mais il avait été remarquablement gêné face à cette femme.
Car pour la première fois depuis sept ans, il avait pensé à sa mère.
Son image s'était imposée à son esprit lorsque cette Chilienne l'avait regardé avec ces yeux noyés de terreur mêlée de dégoût. Pourquoi…?

Elhil ferma brièvement les yeux, laissant le jour blafard nimber sa longue chevelure blonde d'un éclat irréel.
C'était sa mère qui l'avait fait débrancher. Sans pouvoir expliquer pourquoi, il le savait, il en était aussi sûr que s'il avait entendu sa voix sèche presser les infirmiers de lui retirer l'assistance respiratoire. Et il était passé d'Humain à Ombre, après sept jours d'espoir vain.

Dans le chagrin qui la poignait,
Cette tendre Mère pleurait
Son Fils mourant sous ses yeux.

[…]

Elle vit l'Enfant bien-aimé
Mourir tout seul, abandonné,
Et soudain rendre l'esprit.



Le Stabat Mater était la seule prière qu'il connaissait de la religion chrétienne, même si elle n'était pas la plus populaire de toutes. Il se souvenait vaguement l'avoir lue au gré de ses lectures adolescentes, et qu'elle l'avait marquée en plus de le laisser profondément perplexe.
Si sa famille avait adopté depuis de longues générations le bouddhisme en tant que règle de vie, il avait su rester ouvert aux autres religions dans une quête uniquement culturelle. Il savait que le prophète Jésus avait été tué par son propre peuple… Or cette prière faisait prendre une dimension profonde, voire étrange à la mort de cet homme. Une mère qui voyait son fils mourir. Une mère qui souffrait de le voir ainsi torturé. Une mère qui aimait son enfant.

Tout cela lui semblait si lointain et si proche à la fois. Elle restait ancrée dans sa chair, cette trahison dont il était coupable et victime. Mais il n'y avait plus prêté attention pendant sept ans…Maintenant…


Sa main trouva instinctivement le chemin de sa poche. Il était comme à sa vieille habitude habillé de ses vêtements noirs dans lesquels il avait trouvé la mort, réservant ses quelques autres vêtements -dénichés au fil du temps- à l'intimité tombale de sa chambre. Ses doigts diaphanes finirent par rencontrer l'or glacé d'une montre à gousset. Un présent de Vincent, portant l'initiale latine de son prénom. La seule chose matérielle en sa possession qui avait la valeur d'une vie.
Une ombre de sourire passa furtivement sur ses lèvres.
Maintenant, il connaissait un instant de bonheur. Enfin. Mais être amoureux du Chef des Ombres apportait sa dot de réflexions abyssales et tortueuses.
Être amoureux…en voilà une drôle d'idée pour un monstre.


Un frisson titilla la nuque de l'Aryen, dont les muscles se crispèrent un bref instant. Avait-il bien entendu un bruit sourd, vers l'entrée béante de l'Eglise?
Se maudissant de s'être laissé allé à une rêverie d'autant plus dangereuse qu'il était un parfait intrus en plein village humain, il se recomposa soigneusement son masque de douce neutralité avant d'esquisser un lent volte-face, s'attendant à faire face à un gardien humain ou un quelconque autre résidant du village. S'il avait de la chance –ce dont il doutait fort-, ce ne serait qu'un simple courant d'air charriant de fins débris de bois brisé…

[ Evil smile libre!]
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Rosélio
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MessageSujet: Re: Stabat Mater...   Dim 2 Juil - 23:20

Quelle douce errance que celle à laquelle s'abandonnait le lieutenant des ombres... Comment, cette petite chose malingre, à la chair rongée par une maladie inconnue, cet enfant à moitié mort était l'un des sous-chefs de Vincent, cette créature charismatique et mystérieuse? Quelle rigolade, regardez-le, il ne remplit même pas sa chemise blanche trop grande pour lui et laissant entrapercevoir une épaule dont la blancheur aurait pu être immaculée si elle n'avait été envahie par de sinueuses arabesques, lierre tenace et repoussant, son pantalon noir à la coupe droite ne tenant que grâce à une ceinture de cuir. La chétive silhouette fit quelques pas, se découpant dans l'ouverture des immenses battants de l'entrée, ses pieds nus se posant silencieusement sur le sol glacé. Tout comme son coeur, tout comme sa chair, cadavre pittoresque, restes d'une humanité déchue. Oui, il était une ombre, vague reflet d'un garçon qui avait vécu ailleurs, dans un autre monde qui lui paraissait presque plus infâme que Hollow Dream, un des seuls peut-être à se plaire dans ce village macabre, qui ne regrettait pas la terre et ses couleurs criardes.

Et surtout ces yeux, de toutes les couleurs, de toutes les formes, ces yeux immondes qui se posaient sur lui, le transperçaient tels des glaives insupportables, le dévorant bien plus que cette diabolique maladie. Il aurait fini par les faire sauter à la petite cuillère de leur orbite, il aurait forcé les médecins à bouffer l'outil de leur vision impudique. Il avait failli réussir une fois, s'étant jeté sur l'infirmier à la face défigurée par le dégoût que lui inspirait Rosélio, plantant ses ongles dans la paupière refermée, mince défense contre les doigts avides de faire exploser ces deux sphères globuleuses et irrévérencieuses. Il ne permettrait plus qu'on lui manque de respect... Malheureusement deux hommes s'étaient emparés de lui, le prenant chacun sous un bras et le soulevant du sol, petit bonhomme gesticulant et criant, furieux qu'on ne le laisse exécuter sa vengeance contre ce malotru. D'ailleurs, à se débattre comme un fou, il avait balancé un de ses pieds en plein dans le mâchoire du malheureux infirmier, entendant avec plaisir un craquement sinistre se produire.

Il eut droit à la camisole de force, les docteurs presque terrorisé en le voyant en proie à un fou rire qui paraissait ne jamais devoir s'arrêter en ayant sous les yeux le spectacle sanguinolent du jeune garçon qu'il avait agressé. "Ah ah ah, quelle triste mine il a! Il ne fait pas plus fière figure que moi à présent!"
Puis les seringues avaient eu raison de lui, s'immisçant dans sa chair et faisant pénétrer le sommeil, marchands de sables de la science... Puis il avait été transféré dans une autre cellule, prison capitonée, considéré comme un individu dangereux, lui, ce petit être innocent, ce martyr qui souffrait au nom du progrès. Mais ils n'avaient jamais su ce qu'il avait, et maintenant c'était trop tard, il était crevé là-bas, et ses bourreaux n'auraient jamais les réponses à toutes leur questions.


"Ah, pauvre Christ, pauvre crétin surtout, tout pardonner à ceux qui t'ont fait tant de mal, prendre sur toi tous les péchés du monde et finir en pantin grotesque sur une croix de bois. Décidément, t'es une bonne poire mon pauvre vieux. Personnellement, j'..."

Le regard du lieutenant tomba alors sur une autre personne, et la voix cristalline et flûtée s'éteignit, laissant un silence pesant s'installer et les hérésies mourir dans sa gorge. Tiens donc, l'église n'était pas vide? Il aurait dû s'en douter, combien d'imbéciles d'humains se réfugiaient dans le lieu sacré dans l'espoir d'échapper à ce qu'ils supposaient être le Purgatoire pour rejoindre le Paradis. Ah la la, nul doute que l'inconnu l'attaquerait s'il n'appartenait pas au clan des ombres et surtout s'il était chrétien. Il voudrait châtier la "créature impie" certainement. Quelle ironie, après tout ce qu'ils lui avaient fait subir, ils le considéraient comme un monstre. Heureusement, sa bien-aimée, sa douce princesse ne l'avait pas accompagné, et il n'aurait pas à la protéger de l'ennemi. Vérifiant que sa rapière se trouvait bien à son côté, Rosélio prit un air indolent en enfouissant ses mains dans les poches de son pantalon qui traînait légèrement au sol, un peu trop long en plus d'être ample, puis planta ses prunelles dans celles de l'inconnu et lança d'une voix claire:

"A qui ai-je l'honneur?"
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Elhil
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MessageSujet: Re: Stabat Mater...   Ven 14 Juil - 16:40

Tandis qu'Elhil se retournait, il se préparait mentalement à faire face à toutes les possibilités de rencontres.
Plus probablement, ce serait une sentinelle chargée de la sécurité du village Humain, ou peut-être un autre qui tissait son espoir sur le métier de la foi…Puis venaient les créatures. En général, ces dernières ne se gênaient aucunement pour se balader non loin du refuge des humains –un moyen efficace de les plonger constamment dans la crainte d'une rencontre mortelle. Mais la seule personne qu'il aurait souhaité voir à l'entrée de l'Eglise n'était ni plus ni moins que Vincent…cependant, la simple idée d'espérer le voir faisait ricaner sournoisement le Corbeau qui le hantait, et il préférait encore taire toutes pensées –positives comme négatives- que de supporter ses acides sarcasmes.

Lorsque l'Indien posa ses yeux pers sur Rosélio, il ne lui en fallut pas plus pour le reconnaître. Un physique aussi singulier ne saurait laisser planer aucun doute sur son identité. C'est le lieutenant de Vincent, Rosélio…
Il n'arrivait pas à lui donner un âge physique précis, et de toute manière la notion de vieillesse était complètement déréglée à Hollow Dream. Physiquement, Rosélio semblait plus jeune , mais concrètement, il était plus âgé que lui d'une dizaine d'années environ.
Quant au reste, sa physionomie avait quelque chose de troublant. Et troublant était un euphémisme de poids. La première fois qu'il avait croisé le lieutenant, il était resté muet de surprise. Il fallait avouer qu'un garçon aussi frêle, aux longs cheveux incolores et aux yeux couleur soleil, dont la peau était veinée d'étranges volutes bleuâtres…ce n'était pas exactement banal.
Mais le temps faisait son travail avec soin, et tout le monde finissait plus ou moins rapidement à s'habituer à la curieuse physionomie de Rosélio. Pour Elhil, cela avait été assez rapide autant qu'il puisse en juger, mais en sept années, il n'avait jamais adressé directement la parole à cette Ombre.

Rosélio avait élevé la voix. Elhil haussa légèrement les sourcils en assimilant ses paroles avec un sourd étonnement. Il n'était pas de confession chrétienne, mais les propos du lieutenant avait de quoi surprendre, voire choquer…l'Indien mit cependant en sourdine ses valeurs platement humaines sur les religions lorsque le nouveau venu s'interrompit en posant son regard doré sur lui.
L'Aryen resta immobile à soutenir le poids de ces yeux félins plantés sur lui, les muscles sensiblement plus détendus qu'auparavant. Quoiqu'en dise le Corbeau, il n'avait pas grand chose à craindre de Rosélio…c'était une Ombre, tout comme lui.

La question du lieutenant lui arracha une sorte de sourire qui ressemblait à un discret spasme musculaire, tant il était fugace...Il n'était pas si étonnant que Rosélio ignore qui il était, après tout il avait su se faire remarquablement discret ces dernières années –du moins le croyait-il.

Il éleva avec sa lenteur habituelle sa main droite à son front légèrement incliné avant de l'ôte, comme s'il avait voulut se signer mais n'en avait fait qu'une vague ébauche. Cela faisait partie, avec certaines habitudes vestimentaires ou l'usage de sa langue natale, des habitudes dont Elhil peinait –ou tout simplement refusait- à se défaire. Lorsqu'il saluait des personnes (et ces occasions restaient rares), il le faisait toujours ainsi.

"Elhil…"

Son ton était resté aussi doux et bas que d'habitude, gardant un léger accent hindi. Il avait un peu hésité avant de répondre à la demande de Rosélio. Non pas qu'il ne voulait pas lui adresser la parole, mais il restait vaguement mal à l'aise à l'idée d'engager une "conversation" sans savoir avec exactitude comment il devrait se comporter avec lui.
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Rosélio
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MessageSujet: Re: Stabat Mater...   Ven 14 Juil - 23:33

[HJ: Je préviens, certains propos peuvent choquer les âmes sensibles ou heurter les plus jeunes, donc mieux vaut sauter ce message si vous n'êtes pas un adepte des scènes peu ragoutantes. Ah oui, aussi, malgré les comparaisons ou opinions du perso, je ne suis pas fasciste.]

Un étrange signe, peut-être un salut, ou encore une esquisse de signe de croix, avant que l'inconnu laisse entendre sa voix _fort agréable, il devait bien le reconnaître. Elhil... ça sonnait bien. Mais c'était peu courant. S'approchant, lentement, ses pieds ne faisant aucun bruit sur le sol, tel un spectre visitant par curiosité un lieu saint sans déranger le silence ambiant par aucune plainte, Rosélio planta ses prunelles dans celle de l'ombre. La meilleure compagnie qu'il pût espérer parmi les êtres qui ne peuplaient pas son esprit: un allié. Restait à voir si celui-ci saurait le divertir ou éveiller sa sympathie par un discours digne d'intérêt. Si l'on s'en tenait à la personne de l'indien, il avait de quoi attirer n'importe qui, mais le lieutenant était fidèle au songe qu'il avait épousé, et se souciait peu de détailler le physique avantageux de son interlocuteur.

Soudain, un détail vint heurter l'esprit juvénil: qu'est-ce qu'une église faisait dans un pareil endroit? Non mais franchement, c'était comme si le diable s'était amusé à narguer Dieu en précipitant les fidèles, touristes égarés sur son territoire, dans ce simulacre de lieu saint. A quelle fin? Peut-être tout simplement pour faire un remake de Oradour sur Glane et se divertir en voyant les langues de feu venir lécher lubriquement les corps des femmes, des enfants innocents et des vieillards impuissants, enfermés dans ce qu'ils croyaient leur dernier refuge pour échapper à l'horreur, leurs ongles se plantant dans le bois et laissant de sinueux sillons, leurs cris déchirant l'atmosphère et vous glaçant les sangs. Comme une ombre se serait régalé par la terreur qui aurait émané de ces êtres, les mères dévorées par les flammes voyant le cadavre flétri de leurs enfants déformés par l'incendie dévorant avant de mourir dans d'atroces souffrances. Quel charnier ce serait si les ombres réussissaient à remplir la chapelle de leurs ennemis et les voir brûler vifs.

Certes, on pouvait faire plus original, mais il resterait bien assez de brebis égarées pour pouvoir s'amuser à les dézinguer ou encore voir les limites de sa créativité dans la torture. Déjà qu'il n'avait pas accompli toutes celles existantes, aussi bien physiques que mentales. Cet épisode serait simplement un nettoyage grossier, un premier déblayage pour faire disparaître un bon nombre de microbes et saletés. Après, il fallait garder quelques humains pour se sustenter, et d'autres pour faire joujoux. Et enfin, il resterait les nouveaux venus qui viendraient grossir les rangs du bétail. Il laisserait Méraziel s'occuper de jouer au barbare avec les chimères, et se chargerait de tâches bien plus spirituelles, telles que décupler les techniques visant à faire naître l'effroi afin que chaque ombre sache comment tirer le maximum d'effroi des comateux et apprenne à jouer avec la nourriture.

Puis revenant à l'amant insoupçonné de son vénéré chef, il reprit la parole, se disant qu'il serait pas mal de faire connaissance et meubler ces instants de solitude.


"Enchanté Elhil. Je me nomme Rosélio, mais vous devez déjà le savoir. Si je puis me permettre: qu'est-ce qui vous amène dans cette église? Vous n'insultiez pas le Christ j'espère, ça ferait beaucoup à encaisser d'un coup comme provocations gratuites pour le pauvre bougre."
*Quoiqu'il doit être maso pour se charger des fautes des autres.*

Bon, d'accord, on voyait peu de monde s'adresser à une statue clouée sur une croix de bois, mais le jeune garçon n'était pas comme qui dirait au courant de toutes les moeurs répandus chez les gens que l'on disait sain. Et de plus, son interlocuteur était peut-être encore plus créatif que lui dans bien des domaines et pourrait le surprendre. L'anorexique déglingué ne demandait qu'à apprendre et à développer des inventions de toute sortes, pour peu que cela égaye les secondes qui défilaient si lentement loin de sa douce. Il ne manquerait plus qu'il se languisse et passe pour un amant éperdu ou un être faible et fragile.
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Elhil
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MessageSujet: Re: Stabat Mater...   Ven 21 Juil - 12:41

Quelle étrange atmosphère…
Dans un lieu théoriquement saint, qui semblait avoir essayé une terrible tempête de haine il y a peu de temps, deux fantômes se retrouvaient par hasard. Fantômes, ou plutôt les ombres de personnes qui avaient été vivantes autrefois. L'un comme l'autre avaient été brisés dans ces fameuses vies, à des degrés différents cependant. Il en devenait presque compréhensible que Rosélio préférât Hollow Dream à la terre de son passé, cette vallée morte où la vie et tout ce qui s'en rapprochait était une chose rare et terriblement fragile…

Elhil plissa légèrement les lèvres en sentant la progression de Rosélio le long de l'allée centrale plus que ne la voyant, son regard pers flottant dans le vide sans s'accrocher à un élément particulier du décor.
Les fâcheuses habitudes dont avait su le désarmer Vincent revenaient au grand galop…Eviter de croiser le regard de Rosélio –déjà troublant en soi- devenait instinctif, et la motivation et l'envie manquaient pour qu'il réprime ce réflexe.

"Enchanté Elhil. Je me nomme Rosélio, mais vous devez déjà le savoir. Si je puis me permettre: qu'est-ce qui vous amène dans cette église? Vous n'insultiez pas le Christ j'espère, ça ferait beaucoup à encaisser d'un coup comme provocations gratuites pour le pauvre bougre."

L'Indien se permit de hausser vaguement les sourcils. Il ne savait pas comment réagir, mais garder le silence ne serait certainement pas une bonne idée. Après tout, Rosélio était le lieutenant de Vincent, et il devait faire preuve d'un minimum de déférence à son égard. Malheureusement, il n'était pas bavard et il doutait d'être particulièrement efficace pour meubler ce début de conversation.
Ce qu'il faisait dans l'église…bonne question. Mais il préférait l'éluder, ne sachant lui-même pour quelle raison il avait décidé de mettre les pieds dans ce lieu étrange.
Ses yeux pers remontèrent sur la croix nue et humble qui ornait le mur au-delà de l'autel. Quant à insulter le Christ…Loin de lui cette idée, surtout qu'il n'avait aucun droit de juger aussi négativement un homme fondateur d'une religion qui n'était pas la sienne, mais celle de nombreux autres. Par inversion, il serait sans doute embarrassé, voire offensé si quelqu'un s'était offert la liberté d'insulter Siddhârta Gautama sans connaître son histoire sur le bout des doigts.
Mettant une nouvelle foi de côté ses pensées, il éleva posément la voix sans cesser de fixer le crucifix:

"L'insulter, non…Il m'inspire plutôt de la compassion."

…Et de l'envie. Mais il aurait été trop délicat d'expliquer le pourquoi de ce sentiment à Rosélio, aussi préféra-t-il chasser de détail de sa réponse. Pourquoi de l'envie? Parce que le Christ, lui, même s'il avait vu un peuple entier le haïr, ses disciples le trahir ou le renier, même s'il avait souffert le martyr et expiré comme un bandit en haut d'une croix, il avait pu garder le sentiment que, même si le monde s'effondrait, sa mère l'aimerait toujours. Sans le connaître, Elhil sentait que ce sentiment était nanti d'un pouvoir flamboyant…

Pourquoi repenser à sa mère, après toutes ces années? Elle, elle avait sûrement du l'enterrer avec un sourire soulagé accroché aux lèvres, et avait enfin recommencé à vivre heureuse. Non, vraiment, cela ne servait à rien de penser à elle…L'Aryen esquissa un sourire amer et furtif, écartant définitivement ces réflexions maussades de son esprit.
Maintenant et contrairement à ce qu'il avait pu imaginer lors de son arrivée à Hollow Dream et au Manoir des Ombres, il goûtait à un peu de bonheur. S'il pouvait, il resterait toujours auprès de Vincent, ne serait-ce que pour le voir, l'entendre parler même à quelqu'un d'autre que lui…
Enfin des pensées positives! Et quelles pensées…Tel un parfait adolescent énamouré, Elhil resta un long moment à se laisser dériver sur une image de son bien-aimé, faisant mine de contempler la croix fixée au mur alors que les traits de son visage s'étaient sensiblement adoucis et qu'un voile de rêverie avait été tiré sur ses prunelles claires.
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